01/03/2010 à 19h49

Sarkozy ne fait (presque) pas campagne aux régionales

Julien Martin | Ex-Rue89

Aux dires de Sarkozy, ce n’est pas « le rôle du Président ». Dans les faits, il s’affiche aux côtés des candidats UMP.

La réponse du chef de l’Etat avait pourtant été aussi limpide que la question de la présentatrice du JT de 20 heures, le 26 janvier sur TF1. « Est-ce que vous allez vous impliquer dans cette campagne ? », interrogeait Laurence Ferrari. Nicolas Sarkozy rétorquait :

« Non ! Le rôle du président de la République n’est pas de faire campagne pour les présidents de région. » (Voir la vidéo à la 17e minute)

La « nationalisation » des régionales qui se dessinait lors de son intervention devant le conseil national de l’UMP, le 28 novembre, pouvait donc apparaître comme une option abandonnée. Cela aurait été mal connaître Nicolas Sarkozy. L’omniprésident préfère se contredire que de laisser les autres agir à sa place.

Quatre petits jours après l’interview sur la première chaîne, lors du conseil national de l’UMP, la composition des listes est officialisée sous les sifflets de nombreux militants. Le président de la commission des investitures, Jean-Claude Gaudin, la justifie par le desiderata du... chef de l’Etat :

« C’est le prix à payer pour l’union dès le premier tour, voulue par Nicolas Sarkozy, pour créer une dynamique pour le second tour. »

Les réformes à fort potentiel polémique sont aussi repoussées à l’après-régionales. Il y avait déjà la création de la taxe carbone et la réforme territoriale, il faut y ajouter l’interdiction de la burqa et la réforme des retraites. Et que dire de l’enterrement de première classe du débat sur l’identité nationale...

Le plus flagrant reste cependant le propre agenda de Nicolas Sarkozy. Depuis le début du mois de février, le chef de l’Etat prend un soin tout particulier à se déplacer et à s’afficher aux côtés des candidats de la majorité.

En Corse, le 2 février

Le chef de l’Etat part débattre du « thème du développement durable » sur l’île de Beauté, où l’UMP est alors à peine derrière la gauche dans les sondages. Au premier plan sur la photo lors de la visite de la visite du village Carbuccia, Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo et Camille de Rocca Serra, président de l’Assemblée de Corse et candidat de la majorité.


Sarkozy, Borloo et Rocca Serra le 2 février en Corse (Philippe Wojazer/Reuters)

Dans le Centre, le 9 février

C’est cette fois dans la région de son secrétaire d’Etat au Commerce que le président de la République va réfléchir à « l’avenir des territoires ruraux ». Par chance, Hervé Novelli est aussi la tête de liste de l’UMP dans cette région que la majorité rêve ouvertement de remporter. Et se trouve juste derrière Nicolas Sarkozy quand il prend un café.


Sarkozy et Novelli le 9 février à Souday (Eric Feferberg/Reuters)

En Guyane, le 18 février

Etre maire de Cayenne depuis moins de deux ans n’empêche pas Rodolphe Alexandre de reléguer les membres du gouvernement au second plan quand Nicolas Sarkozy vient en visite en Guyane. Exit les Marie-Luce Penchard et autres Rama Yade, il montre même la voie au chef de l’Etat. Rien à voir, bien sûr, avec le fait qu’il soit également le candidat de la majorité présidentielle.


Alexandre et Sarkozy le 18 février à Cayenne (Eric Feferberg/Reuters)

Valérie Pécresse reçue mardi à l’Elysée

On attend maintenant de voir qui sera aux côtés de Nicolas Sarkozy mardi en Picardie ou jeudi pour son déplacement « en province sur le thème des Etats généraux de l’industrie », dont la destination exacte est pour l’heure gardée sous le sceau du secret par l’Elysée.

Pour l’Ile-de-France en revanche, le chef de l’Etat ne s’embarrasse pas de tant de précautions. Ce lundi est parue dans la revue « L’Architecture d’aujourd’hui » une interview de Nicolas Sarkozy sur le Grand Paris. Et mardi, le président de la République recevra tout simplement à l’Elysée la candidate régionale Valérie Pécresse et toutes les têtes de liste départementales de la majorité.

Difficile justement de donner tort à l’une de ces têtes de liste départementales, l’UMP Axel Poniatowski qui concourt dans le Val-d’Oise. Fraîchement désigné secrétaire général adjoint de l’UMP, il déclarait à Rue89 déjà le 24 janvier 2008, à l’occasion d’un autre conseil national de l’UMP :

« Celui qui fait office de président de l’UMP, c’est le président de la République. [...] Dans tous les cas, toutes les décisions importantes se prennent à l’Elysée. Je ne peux pas être plus précis. » (Voir la vidéo)

Photos : Sarkozy, Borloo et Rocca Serra le 2 février en Corse (Philippe Wojazer/Reuters) ; Sarkozy et Novelli le 9 février à Souday (Eric Feferberg/Reuters) ; Alexandre et Sarkozy le 18 février à Cayenne (Eric Feferberg/Reuters)

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  • sevinilud
    sevinilud
    GAULOIS
    • Posté à 19h53 le 01/03/2010
    • Internaute 27066
      GAULOIS

    qu’il voyage, au moins ça dépoussière les casernes de crs. personne ne doutait qu’il fasse campagne, un mensonge de plus et un coup dur pour les élus locaux ump car il est de notoriété publique que là où il passe les sondages trépassent.

  • a déménagé le 4 février 2011
    • Posté à 20h04 le 01/03/2010
    • Internaute 51971

    Sarkozy est conscient de la déroute annoncée de l’UMP (enfin, il faut l’espérer) et sa crainte que cette élection se transforme en plébiscite contre lui (enfin, il faut l’espérer - bis) le rend un tantinet frileux...

  • phantasus
    phantasus
    pilote d'éléphants
    • Posté à 20h07 le 01/03/2010
    • Internaute 71191
      pilote d'éléphants

    qu’il s’affiche surtout qu’il s’ affiche vu sa cote de popularité, déjà UMP le candidat part avec un handicap mais là il lui remet 20 mètres sans rien faire à priori on ne passe pas la rivière des tribunes donc tout va bien

  • xavier-xavier
    xavier-xavier
    muntagnolu
    • Posté à 20h33 le 01/03/2010
    • Internaute 23086
      muntagnolu

    En Corse, notre Président ne se mêlant pas du tout de la campagne des régionales ne s’est pas contenté de poser sur la photo avec la tête de liste UMP, de réunir à huis clos les militants UMP pour resserrer les boulons, d’annoncer 2 milliards d’euros de crédits pour la Corse.

    Deux cadors de l’UMP se disputant la présidence de l’exécutif - en cas de victoire évidement ! -, il a dû en effet lui même trancher sur la répartition des postes en faveur de son ami Camille.

    Deux élues UMP se disputant la deuxième place (on leur avait d’ailleurs promise à toutes les deux) il a là aussi dû trancher, lors d’une entrevue à l’élysée, Lien, indiquant à la gagnante « qu’il avait informé le comité d’investiture de sa décision ».

    Bref il s’est mêlé de tout, mais sans faire campagne naturellement.

  • Nicolas Brousse
    Nicolas Brousse
    Etudiant à Paris
    • Posté à 21h27 le 01/03/2010
    • Internaute 118
      Etudiant à Paris

    En même temps, il n’est pas anormal que le Président s’implique dans la campagne des régionales. Après tout, les sondages donnent le PS gagnant sur l’ensemble du territoire et il s’agirait plus d’un vote sanction contre la droite qu’un vote en faveur programme des candidats en question. Et si votre sanction il y a, c’est le président lui-même qui en est responsable ! Alors, c’est à lui d’intervenir car les candidats ne peuvent défendre des erreurs commises directement par l’Elysée. Comment expliquer aux électeurs que, sous Sarkozy, leur pouvoir d’achat n’a pas augmenté ? Comment les raisonner quand le chômage ne fait que grimper d’années en années ? Au passage, comment leur faire digérer la lourde dette qu’ils devront rembourser dans les décennies à venir ? Bien que nous traversions une crise financière jamais vue, l’heure est au bilan. Et ce dernier est loin d’être bon. Sarkozy l’a dit à sa conférence de presse, en janvier 2008 : « C’est moi qui porte les coups ». Et c’est vrai, c’est lui qui les porte. Et il les portera de nouveau, une fois les régionales passées.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 22h11 le 01/03/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Aux dernières municipales, les candidats de droite étaient tellement gênés par l’effet repoussoir de Sarkozy que beaucoup on viré le sigle UMP de leurs bulletins, et ont refusé la venue de Sarko ou ses proches, par peur de perdre.

    Mais là, ils sont tellement sûrs de perdre, qu’ils préfèrent qu’on identifie bien leur raclée à la présence de Sarkozy.

    Le monde politique est hypocrite et cruel...

  • defix
    defix
    Dessins de presse pas chers, (...)
    • Posté à 01h15 le 02/03/2010
    • Internaute 6431
      Dessins de presse pas chers, (...)

    A l’approche des régionales, c’est promis cette année, motus et bouche cousue, surtout pas de surenchère verbale, encore moins au Salon de l’Agriculture.