22/02/2010 à 20h11

Ces candidats aux régionales qui ont eu affaire à la justice


Ali Soumaré n'est pas le seul à avoir eu des démêlés avec la justice. Revue des candidats passés par la case tribunal.


Jean-Paul Huchon en conférence de presse à Paris, le 1er février (Benoit Tessier/Reuters)

Le Parti socialiste s'est-il planté en confiant la tête de liste aux régionales dans le Val-d'Oise à Ali Soumaré, un candidat ayant eu affaire à la justice ?

En fin de semaine dernière, le maire UMP de Franconville, Francis Delattre, traitait Ali Soumaré de « délinquant multirécidiviste » dans un communiqué, l'accusant d'avoir eu plusieurs fois affaire à la justice. S'il a effectivement déjà été condamné, Ali Soumaré conteste une partie des accusations par la voix de son avocat.

Cette affaire n'est pourtant pas un cas isolé. Sans revenir sur le passé d'Alain Juppé, quels sont les candidats aux régionales qui ont eu affaire à la justice ?

A gauche

Au PS, les commentaires sur le cas Ali Soumaré sont prudents. Et pour cause : la récente condamnation du président sortant du conseil régional d'Ile-de-France a divisé le parti. En appel, Jean-Paul Huchon avait échappé à la peine d'inéligibilité.

Des militants, comme ceux de l'association Anticor, estiment que tout élu condamné devrait être banni de la vie politique.

Jean-Paul Huchon (tête de liste PS en Ile-de-France) : 6 mois de prison avec sursis, 60 000 euros d'amende, mais sans peine d'inéligibilité pour « prise illégale d'intérêts », pour avoir passé des contrats entre la région et trois sociétés qui employaient sa femme, alors qu'il présidait la collectivité locale.


Ségolène Royal

(tête de liste PS en Poitou-Charentes) :
en 2008, après douze ans de procédure, l'ex-députée du Poitou a été définitivement condamnée à indemniser deux anciennes attachées parlementaires qu'elle n'avait pas payées pendant plusieurs semaines au moment des législatives de 1997.

Maxime Gremetz (tête de liste Colère et Espoir en Picardie) :

  • 20 000 francs d'amende et 1 franc symbolique pour outrages envers des policiers en 1998
  • 2 ans d'inéligibilité pour violences avec armes, pour avoir forcé un barrage de policiers et de gendarmes dans un meeting politique en 1998
  • 50 000 euros d'indemnisation à quatre anciens collaborateurs pour licenciement abusif en 2005

A droite

A l'UMP, les instances dirigeantes semblent avoir été plus circonspectes dans leur sélection de candidats pour les régionales. Condamné dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris, Alain Juppé n'est pas tête de liste en Aquitaine. Pas plus que Jacques Chirac, toujours sous la menace d'un procès pour la même affaire.

Le parti présidentiel a pourtant pris le risque de désigner André Santini comme tête de liste dans les Hauts-de-Seine, là où il s'est fortement démarqué de l'ancien ministre UMP de Guyane, toujours en détention provisoire pour une affaire de marchés truqués.

André Santini (tête de liste UMP dans les Hauts-de-Seine) : mis en examen pour « prise illégale d'intérêts », « faux et usage de faux », et « détournements de fonds publics » dans le dossier de la Fondation Hamon, il a négocié avec la juge d'instruction pour ne pas être entendu pendant la campagne électorale.

Léon Bertrand (en 3e position sur une liste divers droite en Guyane) : incarcéré en Martinique depuis fin novembre 2009, après avoir été mis en examen pour « favoritisme et corruption passive » dans une affaire de marchés publics. Il est présent sur une liste divers droite, l'UMP ayant donné son investiture à la liste emmenée par le maire (ex-PS) de Cayenne.

Ailleurs

Bien sûr, le PS et l'UMP n'ont pas l'apanage des élus condamnés. Le Front national a une longue expérience en la matière, à la fois pour avoir gagné beaucoup de procès intentés aux journalistes, mais aussi parce que son candidat en région Paca a été condamné à plusieurs reprises... et pas seulement pour des délits relevant de ses écarts de langage.

Jean-Marie Le Pen (tête de liste FN en Paca) :

  • 10 000 francs d'amende pour outrage avec le jeu de mots « Durafour crématoire », visant le ministre de la Fonction publique en 1990
  • 3 mois de prison avec sursis, 8 000 francs d'amende et un an d'inéligibilité pour violences sur personne dépositaire de l'autorité publique contre une députée PS des Yvelines
  • 10 000 euros d'amende pour provocation à la discrimination raciale, pour des propos tenus sur les musulmans, en 2004 dans le journal Rivarol : « D'autant que quand je dis qu'avec 25 millions de musulmans chez nous, les Français raseront les murs, des gens dans la salle me disaient, non sans raison : “'Mais M. Le Pen, c'est déjà le cas maintenant”. »
  • 3 mois avec sursis et 10 000 euros d'amende pour « complicité de contestation de crimes contre l'humanité », pour avoir dit dans un entretien à Rivarol en 2005, que l'occupation allemande en France n'avait « pas été particulièrement inhumaine ».

Photos en page d'accueil : André Santini à Paris, en février 2007 (Benoit Tessier/Reuters) ; Jean-Marie Le Pen à Nice le 22 février (Eric Gaillard/Reuters)

A l'intérieur de l'article : Jean-Paul Huchon à Paris, le 1er février (Benoit Tessier/Reuters) ; Ségolène Royal à La Rochelle le 16 janvier (Regis Duvignau/Reuters).

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  • Hervé de Montmartre
    Hervé de Montmartre
    Dessinateur de Presse
    • Posté à 20h38 le 22/02/2010
    • Internaute
      Dessinateur de Presse
  • j_314159
    j_314159
    Vivant, pour l'instant.
    • Posté à 21h40 le 22/02/2010
    • Internaute
      Vivant, pour l'instant.

    Excusez-moi, mais il y a surtout un problème moral profond, qui implique un choix de société.
    L'éternelle passivité des français se payent quand vient le temps de désigner nos représentants politiques.
    Un homme a le droit de voir ses crimes « pardonnés », lorsqu'il a purgé la peine que la société lui a infligé, par le biais des lois qu'elle a voté, mais quand il s'agit d'un homme politique, c'est différent.
    On ne peut pas absoudre les méfaits de ceux qui profitent de leur condition d'élu pour détourner des fonds, prendre des intérêts illégaux, et j'en passe.

    Désolé de vous ressortir le couplet de l'herbe verte ailleurs, mais il est des pays où des représentants de l'état sont contraints de démissionner pour une note de frais de 20 euros non justifiée ! La pression populaire y existe, et elle ne passe pas forcément pas la violence. Mais à force de tout excuser au « pays des droits de l'homme » (sic ! ), on ne sait plus à partir de quand un homme doit être privé de toute confiance politique et privé de son éligibilité.

    L'île de France est le pire des exemples : aucun des deux principaux partis ne présente de liste exempte de soupçons, alors les uns voteront UMP contre les gauchos et les autres voteront PS contre Sarko...

  • Philippe Leclercq
    Philippe Leclercq
    dilettante
    • Posté à 23h11 le 22/02/2010
    • Internaute
      dilettante

    Je crois qu'il faut distinguer : il y a des hommes qui ont connu quelques dérapages, et il y a des hommes politiques qui ont profité de leur fonction pour déraper.
    S'il est anormal de trouver les seconds briguant un nouveau poste, de nouvelles responsabilités, il est par contre parfaitement normal que des candidats, issus de la société civile, puissent avoir un passé judiciaire. Ils représentent cette société dont ils son issus, et, après tout, cette société n'est-elle pas constituée, entre autres, de gens ayant un passé judiciaire ?

  • mel ting pot
    • Posté à 00h11 le 23/02/2010

    Pourquoi un citoyen qui a exprimer sa colere de facon réprehenssible et non démocratique ,qui est juger, purge sa peine et Qui finalment prend la voix la plus démocratique qui soit pour exprimer et appliquer ses idées (l'election ) serait il montré du doigt ?
    Je trouve au contraire cela dés plus constructif.

    Je ne parle meme pas de ce qui est mentioné dans l'article, si les justiciables ou soupsonés devaient ne plus faire de politique en France ont aurais des politiques plus jeune de 30ans et surtout plus sains .En attendant meme regle pour tout le monde.

    l'UMP risque bien d'obtenir l'effet inversse de son action c'est a dire la mise en lumiere d un jeune de cité qui va attirer les voix de ceux pour qui il represente un changement c'est a dire eux meme.

  • Michel P.
    • Posté à 00h31 le 23/02/2010

    Je suis entièrement d'accord avec l'association « Anticor » qui proclame que tout élu de la République condamné pour malversation financière avec l'argent public doit être immédiatement déclaré « inéligible à vie ». on ne redevient pas « honnête » après « X » mois ou années d'inégibilité. Il en est de même avec les positions de conflits d'intérêts » qui permettent de « magouiller » ou « tripoter incestueusement » l'argent public et l'argent privé. A quand une telle loi dans la Constitution Française. ?

  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant répond à oliezekat
    journaleux - blogueur
    • Posté à 03h27 le 23/02/2010
    • Internaute
      journaleux - blogueur

    Des fiches STIC mal renseignées, explique le premier secrétaire du PS du Val d'Oise :
    Lien
    au sujet de l'homonymie…

  • steed1
    • Posté à 09h03 le 23/02/2010

    Hé ben mon vieux ! si on devait déballer tout le linge sale sur la place publique il ne resterait pas grand monde de propre !
    c'est une campagne au ras du caniveau que nous propose la droite.
    Et ils savent très bien ce qu'ils font : associer le costume de « délinquant multirécidiviste » à un candidat noir de peau c'est le griller définitivement sur la place publique, c'est la racaille au PS. Heureusement qu'il n'est pas juif et que les boches sont partis !

  • theshadedcucumber
    • Posté à 10h54 le 23/02/2010

    Tout ceci est bien beau, mais vous oubliez de tenir compte d'un élément essentiel (pour nos hommes politiques) :

    - tous les politiques que vous citez ont été condamnés pour des infractions ou délits commis dans le cadre de leurs fonctions politiques !

    Donc, pour les politiques, ce n'est pas très grave. Et pour cause : ils sont tous susceptibles de commettre un jour les mêmes infractions ou délits ! Ils n'ont donc aucun intérêt à taper sur les petits copains, ou même sur les adversaires politiques, sachant qu'ils se retrouveront peut-être à la place de ces petits copains ou adversaires politiques dans 1 an, 5 ans, 10 ans...

    Pour les politiques, un délit commis dans l'exercice de ses fonctions, ce n'est pas grave. Une prise illégal d'intérêt ? Une broutille ! Ne pas payer ses salariés ? Normal ! Corruption passive ? C'était pour s'amuser !

    Ali Soumaré, lui, a commis des délits en dehors de toute fonction politique. Et ça, c'est très très grave !

    Plus sérieusement, je suis favorable à une inéligibilité définitive des politiques qui ont été condamnés par la justice. Sauf pour des délits très mineurs de type petit excès de vitesse par exemple. Mais pour les sujets énoncés dans l'article, il devrait y avoir inéligibilité totale. Car les hommes politiques doivent être propres. Plus propres que vous et moi (alors que c'est souvent l'inverse...). Pour une raison simple : ils sont appelés à gérer les fonds publics, donc l'argent de tous. Et cela requiert à mon sens une probité totale.

    En clair, je suis contre la présence d'Ali Soumaré sur les listes PS, mais également contre celle de tous les autres hommes et femmes politiques condamnés, de droite ou de gauche.

    Par ailleurs, je suis également gêné par la présence de personnes mises en examen sur les listes. Même ça pose un autre problème, puisque l'on doit respecter la présomption d'innocence et donc, logiquement, accepter qu'ils puissent se présenter tant qu'ils n'ont pas été condamnés (ils sont peut-être réellement innocents après tout). On pourrait peut-être prévoir qu'ils soient contraints de quitter leurs fonctions s'ils viennent à être condamnés après l'élection ?