20/02/2010 à 15h22

Parlons Net : le match des réseaux sociaux UMP et PS


Le match des nouveaux réseaux sociaux entre la Coopol et les Créateurs de possibles a eu lieu vendredi à Parlons Net, le club de la presse Internet de France Info dont Rue89 est partenaire. A droite, Thierry Solère, secrétaire national de l'UMP à l'Economie numérique. A gauche, Benoît Thieulin, fondateur de la Netscouade, l'agence Web conceptrice du projet du PS.

Chacun des deux protagonistes a explicité la vision de son propre réseau social et critiqué celui de son adversaire, chiffres à l'appui. Un mois et demi après leur lancement, l'UMP revendique 7000 membres et 1300 initiatives sur les Créateurs de possibles, quand le PS affiche 20 000 inscrits et 3500 évènements organisés via la Coopol. (Voir la vidéo)

Des sites lancés trop tôt ?

Thierry Solère (UMP) : « Je ne vous dis pas que ce choix a été le bon -ce n'est pas le mien d'ailleurs- mais je crois qu'il y a le besoin dans un parti politique en France pour 2012 d'avoir un réseau social qui soit connecté avec Facebook, qui permettra de mobiliser des centaines de milliers de Français pendant la campagne. Cet outil-là, vous pouvez pas non plus le sortir six mois avant.

L'UMP a peut-être, si elle a fait une erreur, lancé cet outil en affichant que tout de suite des centaines de milliers de Français allaient être dessus. Ca c'est prévisible que ça n'allait pas marcher. Les Français sont sur Facebook et c'est là où se passe aujourd'hui la campagne des régionales. »

Benoît Thieulin (PS) : « La stratégie qui a été déployée a été de se dire : on commence d'abord à faire le plein sur la communauté de militants du PS qu'on connaît et, pendant quatre mois, on a bouillonné en interne pour faire en sorte que lorsqu'on a ouvert vis-à-vis de l'extérieur, il y ait déjà une dynamique communautaire. »

Projet contre communauté ?

Benoît Thieulin (PS) : « Les Créateurs de possibles, ce n'est en fait pas vraiment un site de réseau social. En réalité, c'est beaucoup plus un site de débat, de mobilisation et de pétition sur les fameuses “initiatives”. Le fait d'appeler les citoyens à faire remonter des problèmes de vie pratique, c'est une très bonne idée, mais de collectivité territoriale, de commune. »

Thierry Solère (UMP) : « Le PS a fait un outil à destination de ses militants. C'est un outil de mobilisation de campagne électorale. Alors que pour les Créateurs de possibles, la philosophie est d'ouvrir au maximum de monde, d'ouvrir aux Français. D'ailleurs, les Créateurs du possible, ce n'est pas très “brandé” UMP partout. »

Le coût des réseaux sociaux ?

Benoît Thieulin (PS) : « On est sur un prix qui est deux fois moins élevé que celui de l'UMP. L'UMP avait dit 500 000 euros, on est plutôt à la moitié pour la Coopol. »

Thierry Solère (UMP) : « Moi, je ne suis pas professionnel, je suis un élu. Ce n'est pas moi qui fait les tarifs. »

Les différences avec Facebook et Twitter ?

Thierry Solère (UMP) : « Autant les Français sont dessus en masse, autant Facebook n'offre pas à ce stade toutes les fonctions qui permettent à un candidat à une élection présidentielle de mobiliser des centaines et des millions de Français autour de sa campagne électorale. »

Benoît Thieulin (PS) : « Il faut être présent sur Facebook et sur Twitter parce que c'est là où sont les gens. Quand on parle de millions de personnes que l'on peut toucher, c'est sur Facebook, c'est sur ces réseaux sociaux-là qu'on sera capable de pouvoir toucher des électeurs de base ; il faut y être présent. Mais ce n'est absolument pas exclusif de toute autre forme d'organisation qu'on peut faire sur Internet. »

Barack Obama, l'inspirateur ?

Thierry Solère (UMP) : « On voit l'expérience Obama aux Etats-Unis. Il s'est servi des réseaux sociaux remarquablement bien au moment de la campagne présidentielle américaine, pour mobiliser les Américains et en faire des acteurs de cette campagne. »

Benoît Thieulin (PS) : « Il y a un autre sujet, celui de l'organisation logistique. Une campagne, ce sont des moyens d'organisation. (...) La révolution d'Obama, c'est d'avoir réfléchi à un outil dans lequel en fait il n'y a plus de cybercampagne. Il y une campagne tout court avec des terrains physiques et des terrains numériques. »

La pratique des politiques ?

Thierry Solère (UMP) : « Ils se sont peut-être pas appropriés les Créateurs de possibles. Aujourd'hui, l'homme politique va là où sont les gens. Ils sont sur Facebook, et c'est tout à fait naturel quand vous êtes candidat dans une région, si vous savez que vous avez sur votre région X centaines de milliers de personnes qui sont sur Facebook, d'essayer de les regrouper par centres d'intérêts. Et ça marche très vite. »

Benoît Thieulin (PS) : « Un compte Facebook, un compte Twitter, c'est lié à la pratique personnelle des politiques. Et là, on bute sur un autre sujet, qui est la moyenne d'âge des politiques et leur rapport aux technologies, qui est plutôt faible dans notre pays. »

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  • nord.mand
    • Posté à 15h48 le 20/02/2010

    La CooPol a surtout pour mérite (ou inconvénient selon le camp) de démontrer la puissance du réseau des soutiens de Ségolène Royal.

    Ceux-ci ont littéralement mangé, dévoré, avalé le site en question.

    Les militants PS aubrystes et autres courants y sont inexistants.

    Bob

  • Beat Koala
    • Posté à 16h21 le 20/02/2010

    Ces deux sites (je n'ose parler de réseaux sociaux) ne sont ils tout simplement pas destinés à capter les idées des électeurs ? Pour avoir jeté un coup d'oeil à celui de l'UMP, j'avoue m'être bien amusé : le site est faussement jeune, faussement dynamique, très UMP en fait. De toute façon comment croire sérieusement que ce parti souhaite réellement s'impliquer sur le net alors qu'il lui a déclaré la guerre ?
    Certaines initiatives des « créateurs de possibles » (le nom à lui seul vaut son pesant de cacahuètes) sont d'ailleurs à mourir de rire : combien d'opposants - déguisés ou non - parmi les 7000 adhérents revendiqués ?

    Sinon comme cela a été relevé plus haut, vive la langue de bois entre nos deux amis. La politique politicienne se porte bien.

  • mystigris
    mystigris
    ...
    • Posté à 16h46 le 20/02/2010
    • Internaute
      ...

    Il ne faut pas oublier un point très important sur ce sujet.
    L'UMP part avec un handicap immense qu'elle aura beaucoup de mal à rattrapper, si elle y parvient un jour.

    Elle a totalement détruit son image sur le net en faisant le forcing pour Hadopi et Loppsi 2.
    Les internautes intéressés par la politique ont tous suivi ces débats avec passion et découvert à quel point l'UMP pouvait être entêtée et obtue, dogmatique (anéfé refusé...)

    Ca me fait bien rigoler de voir l'UMP qui espère developper un reseau sur le net avec l'image monstrueuse qu'elle s'est fabriquée.

    Pour toute une génération d'internautes quelle que soit leur couleur politique d'ailleurs (de l'extrême gauche à l'extrême droite), l'UMP est un parti hostile au net, qui se dresse contre internet.

    Tant que l'UMP n'aura pas une attitude plus ouverte en terme de politique, sur le net, elle se ramassera lamentablement dans toutes ses initiatives sur ce média et c'est tout à fait logique.

    Qui voudrait s'impliquer sérieusement dans un parti qui a fait le forcing pour instaurer la Hadopi...

    Je pense que l'UMP ne l'a pas encore vraiment réalisé en fait.
    Ils s'en doutent un peu, puisqu'ils ont justement fait un réseau autour d'initiatives, présenté comme apolitique (c'est faux mais sur le principe, c'est ce qu'ils disent) et non pas un outil plus orienté sur le militantisme comme la coopol. Mais je crois qu'ils n'ont pas encore compris à quel point le malaise est profond.

  • mystigris
    mystigris répond à Benjisite
    ...
    • Posté à 17h56 le 20/02/2010
    • Internaute
      ...

    Je n'ai pas parlé de connaissance d'internet mais du fait que l'UMP affiche une hostilité revendiquée à l'encontre d'internet.
    A travers sa politique (Hadopi, Loppsi etc) et dans ses déclarations :

    Lefebvre :
    « L'absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? Combien faudra-t-il de morts suite à l'absorption de faux médicaments ? Combien faudra-t-il d'adolescents manipulés ? Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ? »

    Jacques Myard :
    « la vérité est que le réseau internet aujourd'hui est totalement pourri. Et quand je dis pourri, c'est que peut-être nous avons tous dans notre réseau internet des chevaux de Troie qui vont se réveiller peut-être dans un an, peut-être dans 18 mois, peut-être demain matin. C'est un réel problème.

    J'espère que l'on va prendre conscience de la nécessité de nationaliser ce réseau, et d'avoir la capacité de mieux le maîtriser, les Chinois l'ont fait. »

    Chantal Brunel :
    « Rien ne justifie que l'on cherche à préserver la liberté de l'internaute ».

    etc