20/01/2010 à 16h09

« Besancenot enfonce le NPA dans un isolement », pour le PCF



Fini l'heure du grand rassemblement à la gauche de la gauche. En annonçant ce mercredi sa propre candidature au nom du NPA pour les régionales en Ile-de-France, Besancenot confirme la fracture avec le Front de gauche, qui réunit PCF et Parti de gauche de Mélenchon. Tête de liste de ce Front de gauche dans la même région, le communiste Pierre Laurent estime « regrettable » cette décision, dans un entretien à Rue89.

Que pensez-vous de la candidature d'Olivier Besancenot ?

En s'engageant personnellement, il confirme malheureusement le choix qui est d'enfoncer le NPA dans une stratégie d'isolement, au lieu du rassemblement que nous lui avons proposé. Je pense que c'est une décision regrettable par rapport au besoin d'unité de la gauche de transformation sociale. (Ecouter le son intégral)

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Qu'est-ce qui a empêché le PCF, le PG et le NPA de se présenter unis aux régionales ?

La question qui fait débat, c'est est-ce que nous voulons une gauche réellement transformatrice, c'est-à-dire qui porte des objectifs de rupture avec la politique de la droite très brutale aujourd'hui, mais qui considère que nous pouvons porter ces objectifs jusqu'au pouvoir, que nous pouvons les porter dans des majorités régionales. [...]

Nous nous voulons justement une gauche du possible, une gauche qui rende possible la transformation sociale tout de suite. Je crois que c'est notre volonté d'engagement dans les majorités régionales qui a fait débat avec le NPA. Le NPA dit que rien n'est possible dans ces majorités. Nous ne le pensons pas. [...] (Ecouter le son intégral)

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Il n'y a donc pas de différences programmatiques entre Olivier Besancenot et vous ?

Je crois que ce n'est pas justement sur le programme qu'il y a le plus de différences. Il y a beaucoup de propositions qui sont communes. Nous nous retrouvons dans beaucoup de mobilisations sociales en commun. [...] Je crois qu'il y aurait suffisamment de commun pour construire des choses ensemble.

Après peut-être, une des choses qui nous différencie, c'est que, nous, nous insistons beaucoup sur la question du pouvoir que doivent retrouver les salariés sur les choix financiers dans les entreprises. [...] (Ecouter le son intégral)

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Peut-on imaginer une alliance au second tour, si vos scores respectifs le permettent, entre le Front de gauche et le NPA en Ile-de-France ?

[...] Il faudra bien se rassembler avec l'ensemble des forces de gauche pour battre la droite. Toute autre combinaison risquerait de conduire inévitablement à la victoire de la droite dans les régions. Et je crois qu'aucune des forces de gauche ne le souhaite. Toutes les forces de gauche seront devant l'exigence de se rassembler au second tour. (Ecouter le son intégral)

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La suprématie à gauche du Parti socialiste ne peut-elle donc être contestée que par Europe Ecologie ?

Ce serait une erreur de considérer que la question qui se pose à gauche est de savoir qui du Parti socialiste ou d'Europe Ecologie sera en tête entre ces deux forces-là, parce que ce serait renoncer à faire grandir dans la gauche une réelle ambition de transformation.

La démarche qui est la nôtre avec le Front de gauche, qui est justement un rassemblement sans exclusive, est en train de progresser. Pas dans toutes les régions, [...] mais c'est en train de progresser. [...] (Ecouter le son intégral)


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  • Noari99
    Noari99
    Fêtard et scandaleux !
    • Posté à 16h37 le 20/01/2010
    • Internaute
      Fêtard et scandaleux !

    Ce qui dérange le plus Pierre Laurent, à mon avis, c'est que Besancenot est beaucoup plus médiatique que lui et qu'avec ce genre d'adversaire il va passer inaperçu. Il défend sa place, c'est l'instinct de survie.
    Par contre, c'est vrai que Besancenot est très médiatique mais un peu trop en fait. Il étouffe son parti. Aucun autre membre du NPA n'est visible. Je pense qu'il y a un compromis à trouver entre l'incommensurable cacophonie du PS et l'enfermement du NPA.

  • Kroston
    Kroston
    auxiliaire de vie
    • Posté à 16h43 le 20/01/2010
    • Internaute
      auxiliaire de vie

    Le PCF n'a pas tardé à contre-attaquer. Il faut dire que je comprends Pierre Laurent, bureaucrate de toujours ne jouissant guère d'une grand popularité auprès des militants, et uniquement tête de liste aux régionales du fait de Marie-George qui prépare sa succession.

    Cependant, je ne vois pas en quoi la candidature d'Olivier Besancenot enfonce le NPA dans l'isolement étant donné qu'en Ile de France, la rupture était déjà consommée.

    Faut-il aussi parler des régions où des alliances avec le NPA et le Front de Gauche n'ont pu avoir lieu du fait du refus du PCF de faire alliance avec le NPA comme en Franche-Comté (Lien) où le PCF semble vouloir se la jouer solo ?
    On pourrait également parler de la stratégie à géométrie variable du PCF qui va dès le premier tour avec les sociaux libéraux du PS dans cinq régions quitte à laisser de côté ses partenaires du Front de Gauche.

    Quant au programme, peut-être y-a-t-il de nombreux points communs, mais reste qu'effectivement le NPA ne souhaite pas servir de caution aux politiques libérales du PS et donc il lui paraît impossible de participer aux éxécutifs avec le PS.

    Faut-il rappeler qu'en Ile de France, 3 vice-présidents sortants appartiennent au Front de Gauche et que parmi eux, on trouve Daniel Brunel, en charge de la formation professionnelle, du développement économique et de l'emploi et qu'il est donc le principal maitre d'oeuvre des subventions régionales au patronat francilien et qu'il est par ailleurs l'ordonnateur de la priorité absolue donnée à l'apprentissage. Comme on peut, le constater, du social avant tout.
    Voilà ce qu'essaie maladroitement de masquer Pierre Laurent en accusant le NPA de sectarisme, ce double-jeu qui est de se faire élire sur des propositions et ensuite de faire le jeu du social-libéralisme pour conserver des postes aujourd'hui nécessaire à la survie du PCF.

    Alors M. Pierre Laurent si nous nous intéressions un peu plus aux propositions à faire pour améliorer la vie des franciliens et particulièrement celle des classes les plus défavorisées au lieu de nous proposer des effets de manches digne d'un avocat on ne peut plus maladroit.

  • neric38
    neric38
    un autre monde est possible
    • Posté à 16h48 le 20/01/2010
    • Internaute
      un autre monde est possible

    Stratégie d'isolement ?

    J'appellerais plutôt ça de la constance des les idées ! Ce que les girouettes du PC ne sont pas capables d'appréhender !

    C'est bien beau de se déclarer anti-capitaliste quand on a participé à la plus grande vague de privatisation sous le gouvernement Jospin sans broncher !

    Les instances dirigeantes du PC sont prêtes à tout pour récupérer le ministère des anciens combattants ou autre poste peu glorieux dans un gouvernement socialiste pour essayer d'exister !
    Ca me désole de voir les militants de ce parti se faire rouler dans la farine par leurs dirigeants plus préoccupés à assurer leur carrière !

    Le mérite du NPA, c'est d'être cohérent, pas d'alliance avec le PS, un parti de centre droit, avec qui il ne partage rien !

    J'ai longtemps voter pour le PC, mais j'en ai eu marre de les voir baisser leurs pantalons devant les socialistes ! Avec le NPA ça ne devrait pas arriver de si tôt !

  • Kroston
    Kroston
    auxiliaire de vie
    • Posté à 16h59 le 20/01/2010
    • Internaute
      auxiliaire de vie

    Pour ceux qui continuent de penser que le NPA refuse tout pouvoir, vieille légende urbaine que continue de distiller ses détracteurs, je vous conseille la lecture de la réponse d'Alain Laffont, membre du NPA en Auvergne, à un texte pamphlétaire de Michel Onfray : Le mégaphone et le cambouis.

    Lien

  • N.Ivanov
    N.Ivanov
    flamme de chambre
    • Posté à 17h35 le 20/01/2010
    • Internaute
      flamme de chambre

    Mouais... Il y a deux objectifs fondamentaux, mettre en oeuvre une politique sociale, et au moins réguler le tout puissant marché à défaut du grand soir, mais aussi et d'abord faire barrage à la droite.
    Rassemblée l'extrême gauche peut créer des surprises. La constellation des groupuscules ne peut-elle n'être que stérile.

    Que fera Besancenot si il peut se maintenir au 2e tour ? Puisqu'il ne veut pas d'alliance avec les « forces de gauche », tenter le coup et donner la région à Pécresse ? Se retirer avec ces habituelles consignes de vote : « battre la droite » sans appeler à voter pour le PS ou Europe-éco ?
    Dans les 2 cas la stratégie se révèle perdante.

    Une alternative réellement à gauche, je signe. Réunis ils pourraient réaliser quelques belles surprises, se frotter au test de la pratique du pouvoir à une échelle autre que municipale.

    Besancenot me rappelle Electre, qui dans sa soif de justice, sa quête absolue de vengeance, accepte toutes les conséquences. Lui ne veut pas faire de concessions, refuse tout pragmatisme, peut-être espère t'il surfer sur les prochaines vagues électorales et se forger une image d'irréductible.

    En attendant, les chances de son parti, sont, pour toutes les échéances à venir, nulles. Le vote de gauche se disperse.
    La droite se porte bien, pas trop menacée par des unions, qui comme chacun sait « font la force ». L'on peut même se demander si, ne parvenant pas à s'entendre avec ses voisins de sort, le NPA, spéculons un peu, prenant le pouvoir, saurait se mouvoir dans le cadre démocratique. En démocratie, même élu, il faut savoir composer, faire des compromis, sans se compromettre, ce que ne sait pas faire Sarkozy qui n'est que le président de son camp.
    Spéculons toujours, j'imagine Besancenot au pouvoir et des barricades de buffets Louis XV dans le XVIe.

    Besancenot, la sympathique mais inutile Arlette de ce début de siècle ? Je lui souhaite bien mieux, mais sa stratégie me laisse perplexe.

  • LienRag
    LienRag répond à Veilleur
    • Posté à 18h39 le 20/01/2010
    • Internaute

    C'est le grand problème de la gauche française, résumé par Politis au moment des comités unitaires : on ne peut rien faire sans le PCF, mais on ne peut rien faire avec lui...

    Pourtant nombre de militants sont sincères, et c'est un des rares partis où l'on peut encore compter sur les « petites mains » nécessaires à toute mobilisation politique ne se limitant pas au « coup » médiatique.