28/06/2011 à 11h09

Aubry candidate à la primaire PS pour le jour le plus rose

Mathieu Deslandes | Journaliste Rue89


Baudry sur la déclaration de candidature de Martine Aubry.

L’histoire retiendra-t-elle la nuit d’orage inaugurale ? La primaire socialiste s’est ouverte ce mardi matin. Rue89 vous fait vivre cet événement toute la journée.

Trois principaux compétiteurs, trois temps forts :

  • Martine Aubry s’est déclarée candidate à 11h30 à Lille ;
  • François Hollande a passé l’après-midi à faire campagne dans le Pas-de-Calais, sur les terres de Daniel Percheron... un ennemi historique de la Première secrétaire ;

11h30 : Martine Aubry candidate

Elle dit « moi », elle dit « je veux ». C’est nouveau. Seule sur la scène de Saint-Sauveur, ancienne gare lilloise reconvertie en lieu culturel, Martine Aubry se lance. Un drapeau français, un drapeau européen, un fond bleu horizon, « mes chers compatriotes » pour commencer. (Voir la vidéo)

Au début, elle est émue, bafouille un peu. « La France a rendez-vous avec la démocratie, c’est-à-dire avec elle-même ». Elle reprend des thèmes et des formules utilisées ces derniers mois lors des conventions de présentation du projet socialiste :

  • « On ne gouverne pas en opposant les Français entre eux » ;
  • « Redonner à chacun le goût de l’avenir et d’un destin en commun » ;
  • « Rendre à la France sa force, son unité, sa sérénité. »

Puis lâche la formule attendue :

« J’ai décidé de proposer ma candidature à l’élection présidentielle. »

Rien d’extraordinaire dans ce discours. Un hommage à « Lille, que j’aime tant, qui m’a tant donné et qui m’a tant appris ». Une référence à sa « famille », qui lui a transmis ses « valeurs » (« la morale, le sens de la justice, le goût des autres, le courage »), une autre, plus précise, à son père, Jacques Delors (« L’Europe, c’est presque dans mes gènes, est un combat de toujours »). Puis elle en revient à « la France ».

De façon assez convenue, elle fait rimer « liberté » avec « égalité », enchaîne sur un hymne à la fraternité et à la laïcité, « une valeur inestimable que nous devons protéger précieusement ».

Elle assure qu’elle a vu, en parcourant le pays, un « désir d’agir » (clin d’œil à Ségolène Royal ?) « pour que partout en France les choses changent ».

« Tout ne pourra pas être possible tout de suite »

« Tout ne pourra pas être possible tout de suite », prévient-elle avant d’aligner ses promesses.

Elle annonce une France « innovante, compétitive, écologique », où la justice et « l’indépendance des médias » seront restaurées, l’insécurité « réellement » combattue, la décentralisation « réelle », des « services publics rénovés et attentifs à chacun », une « fiscalité redevenue juste ». Une France, aussi, qui retrouvera « son poids et sa voix ». Elle promet de « nouvelles conquêtes » (« l’égalité des droits », la culture « mise à l’avant »). Puis, en haussant la voix :

« Il faut oser la démocratie jusqu’au bout. »

Elle assure qu’elle sera « une présidente qui préside ». Première condition pour le devenir : le rassemblement. Elle lance un appel « aux hommes et femmes de gauche, aux écologistes, aux humanistes » à la soutenir dans cette primaire. Et, avant de scander « Vive la République, vive la France », elle prend « l’engagement de la victoire en 2012 ». (Voir le Wordle, ou nuage de mots selon leur emploi, du discours de Martine Aubry. Cliquer pour agrandir)



Le Wordle, ou nuage de mots selon leur emploi, du discours de Martine Aubry.

Sept mois après Ségolène Royal, qui avait annoncé sa candidature dans un entretien à La Nouvelle République du Centre-Ouest et à Centre Presse, trois mois après François Hollande, qui s’était déclaré au soir de sa réélection à la tête du conseil général de Corrèze, Martine Aubry les a donc rejoints dans la course, en respectant le calendrier qu’elle avait fixé. Elle a parlé treize minutes. Elle est « enthousiaste ».

17h : François Hollande dans le bassin minier

Martine Aubry ? « Nous ne nous gênons pas, nous nous complétons. Nous avons le même projet, nous avons les mêmes engagements, et nous avons chacun, chacune, nos méthodes, nos démarches, nos manières de faire, nos priorités. »

Voilà pour la réaction de François Hollande à la déclaration de candidature de la maire de Lille. En campagne dans le Pas-de-Calais, dans le bassin minier, il assure :

« Nous ne sommes pas dans un exercice de confrontation, nous sommes dans un exercice de clarification et de conviction. »

« Hollande ? Prenez un sucre. Et mettez-le dans un verre d’eau... »

Dans la matinée, sur BFMTV, il avait expliqué que le sens de la primaire socialiste devait être de se demander quel candidat pouvait « gagner au second tour face à Nicolas Sarkozy » et ensuite présider.

Lequel Sarkozy, après avoir fait mine de le craindre pour installer sa candidature à l’époque où il redoutait celle de DSK, disserte désormais sur son insignifiance :

« Hollande ? Prenez un sucre. Et mettez-le dans un verre d’eau... »

19h : Ségolène Royal invente l’interview-Twitter

Sur son compte Twitter, Ségolène Royal avait posté ce message, lundi en fin d’après-midi :


Provoquer un tel afflux de questions, c’est se donner le choix de celles auxquelles on va répondre. Elle en a reçu plusieurs centaines, qui balayent tous les registres :

Le politicien :

  • Pourquoi ne pas prendre l’initiative de proposer un « débat conciliateur » à la télévision entre vous, Hollande et Aubry ?
  • Que diriez vous d’une alliance avec Eva Joly et JL Mélenchon ? La pensez vous réalisable, efficace et cohérente ?
  • Dans le cas d’un échec à la primaire, pourriez-vous vous présenter en candidate libre, en dehors de l’appareil socialiste ?
  • Que seriez-vous prête à concéder au Centre ou au Front de Gauche en cas d’alliance ?
  • Bien joué le désir d’agir de Martine ?
  • Vous ne vous sentez pas un peu responsable du desamour des français pour la politique transformée en panier de crabes sauce caviar ?

Le programmatique :

  • L’Allemagne vient d’annoncer sa sortie du nucléaire pour 2022 vous avez parlé de 40 ans pour la France peut on accélérer cette sortie ?
  • Cannabis : pourriez vous changer d’avis ? Savez vous que les jeunes fumeur qui vous soutiennent attendent avec impatience ce changement ?
  • Que deviendra la loi Loppsi 2 ?
  • La surpopulation carcérale indigne de la République. Avez-vous des idées pour agir vite ?
  • Quels dispositifs pour maitriser la hausse du logement et sa part dans le budget des ménages ?
  • Vos principales mesures à l’adresse des quartiers populaires ?
  • Oseriez vous demander la déchéance de nationalité pour les évadés fiscaux (les gros) ?
  • Comment relancer la production industrielle en France et en Europe ?
  • Vous avez toujours défendu une organisation décentralisée de la République, qu’elles sont vos propositions fortes ?
  • Comment lutter contre les Banksters alors qu’ils ont des moyens puissant de déstabilisation (monnaie, dette, crédit) ?
  • Quel projet allez vous proposer pour que l’UE soit enfin une Europe des citoyens ?
  • Quelles relations avec l’Afrique, les pays arabes, le pourtour méditerranéen ?
  • Quelle sera la position de la France concernant l’OTAN ?
  • Quel est votre avis sur les massacres en Côte d’ivoire ?

Le personnel :

  • Vos enfants, quels sont vos rapports avec eux ? Qu’est-ce qu’ils vous font découvrir du monde d’aujourd’hui ?
  • Quelle est votre expérience de vie (même intime) la + marquante ?
  • Est ce que votre compagnon a réalisé d’autres chefs d’oeuvre sur le web après désirs d’avenir ?
  • Votre cambrioleuse a été condamnée. N’avez vous pas souhaité la rencontrer et comprendre ses motivations ? Et peut-être lui pardonner ?

Le régional :

  • Vous estimez-vous responsable du niveau élevé de stress au travail au sein de votre Région ?
  • Pensez-vous que Heuliez pourrait un jour développer la voiture sans permis électrique ?

Le potache :

  • Ségo, avoue, t’as le seum contre Martine ?
  • T’as les boules t’as les glandes t’as les crottes de nez qui pendent ?
  • Qu’est-ce que tu penses de Justin Bieber ?

Autant que ses réponses, son choix de questions sera révélateur.

Une primaire-test

Aubry, Hollande, Royal : tous trois sont conscients de s’engager dans quelque chose d’inédit. C’est la première fois en France qu’un parti laisse à ses « sympathisants » le soin de désigner son candidat à l’élection présidentielle.

Spectacle d’affrontement ou légitimité redoublée ?

Les sympathisants sont des gens qui ne font pas du tout partie de la vie du parti, ils sont inconnus des responsables de sections. Au PS, c’est un renoncement majeur à ce qui a été son mode de fonctionnement depuis sa création : la maîtrise des décisions par les militants.

Ce changement, adopté dans la douleur à la rentrée 2009, est à la seule rénovation de taille qu’a su s’infliger le Parti socialiste pour espérer remporter enfin l’élection présidentielle après ses échecs de 1995, 2002 et 2007.

Cette primaire a valeur de test : si elle se déroule sans accroc particulier, d’autres mouvements politiques pourraient s’inspirer de ce nouveau processus de désignation. Mais les socialistes restent très partagés à son sujet :

  • certains, comme Claude Bartolone, craignent l’effet catastrophique du spectacle de l’affrontement entre les différents candidats, et, remake de 2007, l’impossible rassemblement autour du vainqueur de la compétition interne choisi en octobre ;
  • d’autres pensent en revanche que le candidat socialiste s’engagera dans l’élection présidentielle avec une légitimité redoublée par cette onction populaire.

Lâcher de poulets dans la Sarthe pour Nicolas Sarkozy

Jusqu’ici, rien ne s’est passé comme prévu :

  • Solférino avait prévu une primaire ouverte à tous les partis de gauche, mais pas un n’est entré dans le jeu ;
  • pendant plusieurs mois, l’hypothèse d’une « primaire de confirmation » a eu un certain succès : il s’agissait de faire en sorte que DSK soit le seul « grand » candidat. Et puis « l’affaire du Sofitel » est arrivée ;
  • c’est ainsi que deux vieux opposants à ce mode de désignation, Aubry et Hollande, s’en retrouvent aujourd’hui les favoris.

Et pendant ce temps-là... Nicolas Sarkozy était en visite dans la Sarthe, sur les terres de François Fillon, pour parler sécurité alimentaire, assister à un lâcher de poulets et mettre en scène les « excellentes relations » qui, assure-t-il, règnent au sommet de l’Etat. Et tenter de faire de l’ombre au discours de Martine Aubry. Impossible d’en douter : la campagne pour 2012 a bien commencé.

Cet article sera régulièrement mis à jour au cours de la journée.

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  • Blue_tail_fly
    Blue_tail_fly
    Dans l'Air du Taon
    • Posté à 11h24 le 28/06/2011
    • Internaute 123618
      Dans l'Air du Taon

    Qu’est-ce qui va leur prouver que dans les « sympathisants » il n’y a que des sympathisants ? Et s’il y avait des malveillants pour fausser leurs élections ?

  • Gilles31
    Gilles31
    Gaucho
    • Posté à 11h29 le 28/06/2011
    • Internaute 57081
      Gaucho

    Et les militants PS, ils comptent ?

    A Toulouse je n’en vois jamais dans les rues en train de differ, ou alors très rarement. Et il parait que la distribution de tract est dorénavant sous-traitée

    Et quand on voit l’état des sections PS dans l’Hérault et les Bouches du Rhône (mon département de naissance), on comprend mal comment des gens politiquement alertes y iraient, sauf par intérêt carriériste (postes bien gras etc etc)

    Au moins dans des partis comme LO, NPA, PC, PG .... on voit des militants et des vrais. Même si on est pas d’accord avec eux, ils pensent autrement qu’en terme de carrière personnelle.

  • Rebel Yell
    Rebel Yell
    Je pose une question.
    • Posté à 11h45 le 28/06/2011
    • Internaute 127333
      Je pose une question.

    Drapeaux mêlés de la France et de l’EU, fond bleu ciel, pupitre indiquant la date et le lieu (pour les vidéo), accroche sur le site web de la candidate...

    Mais pas une seule référence visuelle au PS ou à la gauche !

  • rrrobotom
    rrrobotom répond à kiki le chien
    Sea lover
    • Posté à 12h40 le 28/06/2011
    • Internaute 70782
      Sea lover

    Les primaires socialistes c’est la démocratie dans la démocratie. Chose que les umpistes ne connaitrons pas car ils sont tous soumis à leur roi. Rosse, rouge, rose ou verte ce sera une belle journée. L’essentiel est que tout le monde reste uni autour du candidat qui sera élu au terme de ces primaires.

  • lehmann
    • Posté à 12h59 le 28/06/2011
    • Internaute 105988

    démarrage d’une machine à perdre

  • Cosette
    Cosette répond à Caniveau89
    Délinquante amoureuse
    • Posté à 13h11 le 28/06/2011
    • Internaute 33774
      Délinquante amoureuse

    Je préfère une présidente qui va au « manège à bijoux » et qui se fringue chez Kiabi , à un guignol bling bling en Rolex !

  • Rebel Yell
    Rebel Yell répond à Gilles31
    Je pose une question.
    • Posté à 13h45 le 28/06/2011
    • Internaute 127333
      Je pose une question.

    @ Gilles31 :

    Oui mais, sauf si j’ai loupé un épisode majeur, là on en est aux primaires : il faut commencer par convaincre les sympathisants « de gauche ».

    J’ai l’impression que Martine Aubry a mentalement déjà passé cette étape car la mise en scène semble soutenir un discours fait à la France. J’ose aller plus loin en disant que le décor est précocement très présidentiel.

  • Jaguar_
    Jaguar_
    Félin
    • Posté à 13h51 le 28/06/2011
    • Internaute 125154
      Félin

    Discours sans prise de risque aucune, beaucoup de langue de bois, faudra qu’elle sorte autre chose si elle veut être élue

  • Autruchette
    Autruchette
    Dieu est mort !
    • Posté à 14h02 le 28/06/2011
    • Internaute 134171
      Dieu est mort !

    Les français sont-ils prêts à élire une femme à la présidence de ce pays... Cette question me turlupine...

  • Abdelkrim
    Abdelkrim répond à Gilles31
    Homme libre
    • Posté à 14h07 le 28/06/2011
    • Internaute 97820
      Homme libre

    Il faut bien dire qu’il y a plus de voix à prendre au centre que dans les groupuscules d’extrême gauche, non ?

  • GBG
    GBG
    • Posté à 14h27 le 28/06/2011
    • Internaute 23494

    La fille fait ce que le père aurait dû faire...
    Un enfant ne peut rattraper le RDV manqué avec l’Histoire et son père et l’histoire de son père... Cette déclaration sonne faux...

  • Karavi
    Karavi
    imaginatrice
    • Posté à 15h05 le 28/06/2011
    • Internaute 113192
      imaginatrice

    « Rien d’extraordinaire dans ce discours »

    Qu’ aurait- il dû se produire ?
    Vous vous attendiez à ce qu’ elle fasse de l’ humour, peut- être un lapsus inoubliable, des fautes de français, qu’elle gesticule, qu’ elle se mette à chanter, à sautiller ou qu’ elle invective l’ adversaire...
    Eh bien non, elle ne s’ est pas disqualifiée...

    C’ est Aubry...

  • Bretagne
    Bretagne
    Sceptique
    • Posté à 16h43 le 28/06/2011
    • Internaute 74906
      Sceptique

    Comme les INDIGNOS exigeons une réforme radicale de la loi électorale en commençant par cette élection d’un Monarque tous les 5 ans. Exigeons aussi que les élus soient révocables par référendum si ils ont trahi leur électorat.

    Ecoeuré par ’’le coup de Lisbonne’’ je n’irai pas voté, et puis par le jeux des alliances, le joueur et toujours perdant ; « la Marine » a bon dos, on nous fera voter à droite ou pour une gauche de droite, Aubry n’était elle pas la plus proche de DSK ! ? ? ? ? Eléctions pièges à cons !

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 10h00 le 29/06/2011
    • Internaute 45067
      Littéral

    Le candidat rêvé du PS est en résidence surveillée à New York tandis que pour la désignation de celui qui doit vraiment porter les couleur de l’unique parti de gouvernement de gauche, on a choisi un mode électif à l’américaine pour départager les postulants à cette primaire sans précédent dans l’histoire politique française.

    Le président de la République est tellement déconsidéré après quatre années de pouvoir qu’il a décidé avec la complicité active du secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé, l’aiglon de Meaux, de tenter de discréditer, voire de saboter ce scrutin très inhabituel.

    Il est vrai qu’il parait si peu dans les manières françaises et dont personne ne peut dire s’il se perpétuera dorénavant afin d’éviter ce mal très français de la lutte destructrice des candidats à la candidature et qui a mis fin de facto aux partis politiques français qui sont devenus des officines d’influences et des machines à cash pour financer la douloureuse facture des campagnes et qui s’accroit indéfiniment.

    Depuis que la politique à l’estomac est la distraction favorite des français, un véritable feuilleton de télé-réalité aux inépuisables rebondissements est offert sous le couvert plein de componction du C.S.A. et avec la complicité sordide des sociétés de télévision plus que jamais véritable bras séculier du pouvoir politique déléguant au privé leur communication propagandiste.

    Surtout depuis l’apparition en force des troisième rôles, sans scrupules ni vergogne, âpre à la recherche des postes bananiers d’une république en déliquescence, et fort en gueule, d’une méchanceté inouïe, prêts au pire pour garder la faveur du public, qui adorent ces pitres.

    Leur popularité est leur seul viatique qu’ils monnayent dans d’interminables conciliabules d’antichambres de siège de partis et lors rencontres ostentatoires avec les conseillers de tous les palais de la république française, et qui tentent désespérément de coordonner un tohu-bohu invraisemblable, prix à payer du spectacle permanent qu’est devenu le champ clos étroitement national de la foire aux illusions des promesses vagues.

    Des jeux, des jeux, hurlent la foule, du moins, c’est ce qu’affirment des sondages, véritable révolution industrielle de la communication depuis l’avènement d’Internet et qui sont devenus la voix de la majorité si longtemps réputée silencieuse.

    Dévoilez-nous vos sentiments et vous aurez la chance de gagner un lot  ! est le dernier spam à la mode.

    Mme Martine Aubry, réticente à jouer l’écuyère dans ce cirque électoral, va quand même fouler le sable de l’arène.

    Hésitante quand au modèle à choisir, en France on est subjugué par les modèles étrangers, si peu sûr d’être encore quelque chose, elle a choisi avec sa perspicacité professionnelle de se présenter telle l’Obama française.

    Qui, en France plus qu’une femme est représentante d’une minorité discriminée et dont l’élection à la présidence serait la seule et véritable innovation.
    Un vrai chambardement, la fin de l’implacable coutume salique qui écarte insidieusement les femmes du pouvoir suprême.

    Les communicants de la candidate majeure à la candidature du PS n’ont pas fait dans la dentelle, ils plagient tout de la campagne du challenger métis qui l’emporta naguère à la primaire démocrate. Tout. Les couleurs, le style et jusqu’à l’utilisation de l’initiale patronymique, ce qui donne MA.

    Emma, nouvelle icône que donneras-tu, ô reine future  !
    Une nouvelle Éve politicienne  ?

    M A, cela sonne comme un titre d’une pièce de Nathalie Sarraute.
    Quelle tropisme !

    Martine est en campagne électorale !