Quand « Royal l'opiniomane » disparaît des études d'opinion
Marine Le Pen devancerait tous ses concurrents, sauf Royal... pas testée ! Où est passée l’ex-« candidate des sondages » ?
Dimanche, on apprenait que Marine Le Pen battait Nicolas Sarkozy et Martine Aubry dans les intentions de vote au premier tour de la présidentielle de 2012. Ce mardi, on découvre que la présidente du FN devancerait aussi Dominique Strauss-Kahn et François Hollande. Jeudi, découvrira-t-on le score de « la fille de son père » face à Ségolène Royal ? La réponse est non.
Candidate aux primaires socialistes et finaliste de la dernière présidentielle, la présidente de Poitou-Charentes est la grande absente des hypothèses testées par l’institut Harris Interactive pour Le Parisien. Interrogé par Rue89, Jean-Daniel Lévy, directeur du département opinion dudit institut, se justifie :
« Je n’ai pas envie d’entrer dans ces débats : pourquoi n’a-t-on pas testé Arnaud Montebourg ? Pourquoi n’a-t-on pas testé Manuel Valls ? Pourquoi a-t-on mis Dominique de Villepin et pas Jean-Louis Borloo ?
Les enseignements de ces deux sondages sont clairs et c’est cela qui nous intéresse. Y a-t-il un score important de Marine Le Pen au premier tour ? Oui ! On entre dans un débat qui est perpétuel sur la méthode et on refuse de voir les vraies évolutions dans la société française. »
Ségolène Royal dit « ne pas s’occuper de ça ». Au micro de France Inter ce mardi matin, elle préfère expliquer qu’elle « travaille », qu’elle est « auprès des Français », n’accordant aucun crédit à ces sondages :
« Les sondages font partie d’une manipulation de l’opinion. Ceux qui commanditent ces sondages pensent qu’au fur et à mesure, ils vont finir par influencer l’opinion. Mais ça, ça fait des années qu’on le dit. Je m’exprimerai le temps venu avec la force que vont me donner les gens. » (Ecouter le son)
Royal_Sondages.mp3
« Le commentaire est totalement tronqué »
Spectre ou non d’un 21 Avril à l’envers, l’ancienne candidate socialiste à la présidentielle entend d’abord concentrer ses efforts sur les primaires socialistes d’octobre. Ses efforts, mais aussi ses attaques, notamment à l’encontre de l’interprétation d’un autre sondage, celui réalisé par l’Ifop et publié le 27 février dans Le JDD. L’hebdomadaire notait :
« La comparaison est cruelle pour Royal quand on reprend les chiffres du printemps 2006 par rapport à ceux d’aujourd’hui... Son potentiel électoral a fortement chuté, passant de 45% à 25%. Seuls 51% des sympathisants PS pourraient voter pour elle. »
« L’équipe de Ségolène Royal » avait alors immédiatement envoyé un communiqué pour « rétablir la vérité ». Considérant « le commentaire totalement tronqué », elle met en avant un chiffre « dans la perspective des primaires » :
« C’est le résultat donnant 51% des sympathisants PS prêts à voter pour elle, qui est le plus significatif. Le potentiel électoral de Ségolène Royal est donc quasiment intact. [...]
Nous comprenons parfaitement la volonté du pouvoir en place de jouer avec les sondages, à travers les médias “amis” et de tenter de manipuler la primaire socialiste. »
Ce à quoi Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion de l’Ifop, n’avait pas manqué de répliquer dans Les Echos :
« C’est une réaction classique : quand le thermomètre ne donne pas la bonne température, on casse le thermomètre. Lorsque, en 2006, avant les primaires socialistes, Le JDD publiait des sondages de notre institut disant que Ségolène Royal était la candidate préférée des sympathisants socialistes à 60%, elle ne s’était pas plainte ! »
« Le bilan annuel de la Sofres, je dévore ça ! »
Le temps où Ségolène Royal était caricaturée en « candidate des sondages » est loin, comme semble semble s’être éloigné l’intérêt qu’elle leur portait quand ils lui étaient favorables ; même si elle affirme avoir toujours privilégié les études portant sur les préoccupations des Français à celles sur les intentions de vote. En novembre 2006, Le Monde lui consacrait un portrait intitulé « Ségolène Royal l’opiniomane ». Extrait :
« Au début des années 1980, lorsqu’elle faisait partie des têtes chercheuses réunies par Jacques Attali pour travailler dans les soupentes de l’Elysée, puis lorsqu’elle devint conseillère de François Mitterrand, elle rendait régulièrement visite à Charles Salzmann, un ami intime du Président, chargé des études d’opinion. A cette époque, reconnaît l’ancien secrétaire général de l’Elysée, Jean-Louis Bianco, aujourd’hui porte-parole de Mme Royal, “on avait moins le nez dessus”. “J’étais la seule à m’y intéresser”, assure-t-elle. [...]
Quand d’autres se passionnent pour l’histoire des grands, afin d’y chercher leur propre reflet, la présidente de Poitou-Charentes, elle, déguste des courbes depuis belle lurette : “Le bilan annuel de la Sofres, je dévore ça ! Les publications de l’Ined, l’Institut national des études démographiques, je les dévore aussi !” »
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Sans Emploi
Sans Emploi
Depuis la sortie de ce sondage, on assiste au petit bal des faiseurs d’opinions, et certains se sont déjà tiré dans le pied.
La petite émission pédagogique de Chabot a encore donné au FN l’occasion de paraître fréquentable. Ceci dit, dans la france du ministère de la honte nationale, on peut dire que tout était prêt pour un entrée fracassante.
Les réprésentants politiques participent à un système aristocratique, et le FN semble jouer les trublions...
Le plus extraordinaire, c’est que Ségolène Royal a été attaquée sur tous les fronts, et que ses idées sont pourtant toujours aussi fortes au sein de la gauche.
Actuellement, les universités participatives travaillent de nouveau pour préparer la primaire. Et il est possible, malgré le poids des médias, qu’elle gagne la primaire.
La raison première de la fidélité de ses troupes vient d’une demande forte à gauche : La FIN DES ELEPHANTS...
Mais.. le petit jeu va continuer jusqu’à la claque des cantonales.




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