En attendant Strauss-Kahn, ses amis préparent le terrain
Avant un hypothétique retour de DSK pour les primaires, Moscovici et Patriat défendent le projet social-démocrate à La Rochelle.
(De La Rochelle) C’est plus qu’une interrogation, déjà une espérance. Pour certains, quasiment une assurance. Dominique Strauss-Kahn reviendra-t-il de son exil américain pour disputer les primaires socialistes en 2011 ? A l’université d’été du PS, la présence du sujet est aussi patente que l’absence de l’intéressé.
Remplie, il y a deux ans, de chabichou et de supporteurs de Ségolène Royal, la même salle de L’Oratoire a accueilli cette année à La Rochelle la réunion du club Besoin de gauche, dirigé par Pierre Moscovici.
Certes moins nombreux, les strauss-kahniens affichent une ferveur au moins égale. Le député du Doubs, entouré également du député-maire de Sarcelles François Pupponi ou de la députée socialiste d’Indre-et-Loire Marisol Tourraine, milite pour une candidature du directeur général du FMI.
Sans oublier François Patriat, sénateur et président socialiste de la région Bourgogne, qui a déjà lancé un appel solennel à une telle candidature dans une tribune publiée fin avril dans L’Express. Lui n’imagine pas une autre issue :
« Je ne connais pas de responsable politique français, à ce niveau de responsabilité, à ce niveau de réflexion, qui lorsqu’il voit l’attente qu’il a suscité dans notre pays, n’y pense pas avec beaucoup de bienveillance et d’envie. » (Ecouter le son)
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Une « attente » illustrée encore par un sondage paru jeudi dans Le Nouvel Observateur. En cas de second tour à l’élection présidentielle entre DSK et Nicolas Sarkozy, le premier l’emporterait avec le score faramineux de 59% des voix.
« Il n’est pas là dans le cambouis tous les jours »
Le même François Patriat met toutefois en garde : attention à ce que ces vents favorables ne tournent pas. L’éloignement de Dominique Strauss-Kahn pourrait l’handicaper à mesure que la campagne interne prend de l’ampleur. Les socialistes ont jusqu’au mois de juin pour faire connaître leur candidature, mais lui souhaite une déclaration plus hâtive de son mentor :
« L’absence de DSK, aujourd’hui en France, est à la fois un atout et un handicap. Un atout parce qu’on le voit sous un angle sans doute un peu idéalisé. Un handicap parce qu’il n’est pas là dans la bagarre et dans le cambouis tous les jours. [...]
Pour l’instant, il est nettement au-dessus de la mêlée, je crois que c’est le moment d’en profiter, pour conforter cette avance, pour la concrétiser dans l’esprit des Français. » (Ecouter le son)
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« Personne n’est autorisé à parler en son nom », tempère François Pupponi. Pour son successeur à Sarcelles, « il faut attendre qu’il prenne sa décision en conscience. » Et comme (se préparer) à gouverner, c’est prévoir, Pierre Moscovici a déjà prévenu, dans une tribune publiée mercredi dans Le Monde, qu’il était « déterminé à porter les couleurs » sociales-démocrates en cas de défection de leur leader.
« Nous sommes la colonne vertébrale du parti »
Surtout, dans un cas comme dans l’autre, ils entendent dès aujourd’hui préparer le terrain pour permettre aux idées sociales-démocrates de triompher. Pour le député du Doubs, la défaite de DSK dès la primaire socialiste de 2006 ne provenait que d’un manque d’assurance :
« Nous étions dominés par l’idée qu’on ne représentait pas l’histoire du parti. Mais je ne crois pas que nous représentons l’aile droite du PS. Au contraire, nous en sommes la colonne vertébrale, car nous portons le projet de transformation de la société. »
Et de dégainer plusieurs pistes dudit projet, quitte à se démarquer parfois des positions passées ou actuelles du Parti socialiste :
- Sur les relations entre le travail et le capital. « Il faut un compromis de gestion des relations entre le travail et le capital. Il y a une erreur que les socialistes ont souvent commise : négliger les relations avec les syndicats. »
- Sur la répartition des richesses. « Etre de gauche, ce n’est pas esquiver les efforts. En 2012, il faudra stopper la spirale des déficits. Nous serons contraints de proposer des efforts au pays. Mais il faudra retrouver une justice fiscale, pour que les moyens pauvres ne payent plus pour les très pauvres. »
- Sur la sécurité des citoyens. « Nous devons avoir une conception large de la sécurité. La sécurité, c’est la sécurité sociale professionnelle, alimentaire, sanitaire, des biens et des personnes. Il faudra notamment s’interroger sur ce qui n’a pas marché dans la police de proximité. »
« Il nous reste encore beaucoup de travail pour redonner foi en l’avenir et lutter contre une société de la peur », conclut Pierre Moscovici. De quoi s’occuper en attendant de savoir si Dominique Strauss-Kahn choisira ou non de mettre fin prématurément à son mandat de directeur général du FMI, qui ne s’achève officiellement qu’en 2012.
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menuisier
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DSK ne sera pas candidat car si c’était le cas, il perdrait.
Le candidat PS pour gagner doit apparaître comme étant de rupture.
De rupture par rapport Sarkozy bien évidemment, mais également par rapport au système (même si ce n’est que de façade).
Hors, DSK ne peut prétendre être le meilleur sur ces deux tableaux.
Représentant la très haute bourgeoisie de gauche, il est ressenti comme faisant partie du même monde que Sarkozy, l’ami de Bolloré.
Le carnet d’adresse de DSK est au moins aussi bien garni en sommités du CAC40 que celui de S.
Qu’il le veuille ou non de plus, il doit son poste au FMI à ce dernier.
Sa candidature représenterait une inflexion à gauche, non une rupture.
Directeur du FMI, saluant le plan grec, il va avoir du mal à convaincre sur sa volonté de changer le système alors même que celui-ci, devenu fou nous mène à la ruine.
Nous sommes à un tout petit moins d’un an des primaires, au plus court.
Qu’il se déclare, et ce délai sera amplement suffisant pour que la baudruche sondagière se dégonfle devant ses contradictions.
Si le PS veut gagner, c’est Aubry et c’est tout.




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