29/08/2009 à 20h35

Quand le PS place l'individu au centre de son débat d'idées

Julien Martin | Ex-Rue89


(De La Rochelle) « Penser l’avenir, c’est une responsabilité politique. » C’est aussi l’intitulé de l’un des ateliers, ce samedi à l’université d’été de La Rochelle, car selon Christian Paul, qui dirige Le laboratoire des idées du Parti socialiste, « il n’y aura pas en 2012 d’alternance politique, si nous n’avons pas élaboré de projet de société ».

Un projet « à distinguer du projet présidentiel ». Et la « crise du système néolibéral est peut-être l’occasion historique d’inventer un nouveau modèle », pour le député de la Nièvre. Un nouveau modèle qui placerait l’individu au centre dudit projet, alors même que les formations de gauche sont plutôt habituées à parler d’abord collectif.

« Nous devons tenir compte des individualités », ne pas nier l’individualisation de la société, afin d’aider chacun à trouver « sa place dans la société », confirme le sociologue Michel Wieviorka. Une démonstration également étayée par un autre invité de l’atelier, Jacques Lévy, géographe :

« Ce qui apparaît dans l’idéologie traditionnelle comme antinomique - plus de société ou plus d’individu - doit en fait être considéré comme complémentaire, comme se renforçant mutuellement. »

« Dépasser l’expertise du meilleur d’entre nous »

Troisième chercheur à intervenir, le biologiste Jean-Claude Ameisen explique enfin que « chacun des acteurs doit lui-même se poser des questions, agir par lui-même ». Puisque, pour revenir à une conclusion plus classique :

« Quand on réunit toutes les expertises, on dépasse même l’expertise du meilleur d’entre nous. »

Et de prendre en exemple l’origine de la création de Médecins sans frontières, qui s’opposait aux règles qui régissaient la Croix-Rouge : « Vouloir soigner tout le monde et se taire. »

On observera dimanche si Martine Aubry, au premier rang de l’assistance, a pris bonne note de cette ébauche de « projet de société » dans son discours en forme de « propositions pour sortir de la crise ».

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  • Ernst_T_Tho
    Ernst_T_Tho
    ermite
    • Posté à 22h55 le 29/08/2009
    • Internaute 59906
      ermite

    At last ! Au moins l’intention est-elle louable puisqu’il s’agit bien de penser enfin un projet de société digne de ce nom plutôt que d’imaginer un énième slogan publicitaire pour gagner des voix, le temps d’une élection… Le mot est lâché : responsabilité. Ainsi, loin des échanges d’opinions subjectives ne dépassant pas le niveau de commentaires sportifs partisans éructés autour d’un verre ou d’une table de réunion isolée dans un quelconque local municipal du fin fond de nos banlieues ou campagnes, il s’agit officiellement d’établir objectivement ce qu’est l’actuelle société française pour déterminer les meilleurs moyens de lui donner un autre avenir que la dictature, l’asservissement ou le chaos.

    Dans une formation « politique » que j’ai bien connue, il a été absolument impossible d’engager le moindre débat sur une question aussi cruciale que l’individualisme naturel et la place à réserver à l’individu dans le système socio-culturel que cette formation entendait substituer radicalement, par la force, à celui actuellement institutionnalisé. « Tout le monde est beau, tout le monde il est gentil… sauf les capitalistes ! », que je m’entendais répondre quand je demandais benoitement comment serait gérée la concurrence inéluctable entre congénères, certes artificiellement hypertrophiée aujourd’hui, mais non moins naturelle et même nécessaire. Au moins, là, la question semble posée. Mais gare… !

    Quand je me souviens du discours exclusivement marketing de M. Aubry, vendredi dernier, qui n’a eu de cesse d’insister sur la refondation du réseau populaire de son parti, et sur l’initiation d’une consultation de la base visant indubitablement à recueillir ses doléances afin de façonner une image et un « programme » faisant davantage « démocratie participative », j’ai peine à croire que les réflexions profondes des uns l’emporteront sur le payant populisme des nombreux autres.

    De toute façon, rien n’indique dans le passé récent du P.S. que la réflexion dont il est question dans cet article débouchera forcément sur un résultat positif, car si je puis me permettre de réagir aux propos apparemment tenus par le professeur M. Wieviorka, s’il ne faut évidemment pas nier l’individualisation ou individuation de notre société, il ne faudrait pas non plus en faire une fatalité, nier les conséquences hautement pathologiques de ce développement pour tenter de s’y adapter coûte que coûte. Notre salut, à nous autres humains, réside bel et bien dans une délicate alchimie entre individualisme et holisme, et ce n’est certainement pas en nous laissant aller à un effet de contre-balancier, les extrêmes se succédant brutalement sans laisser de place au moindre équilibre, que nous parviendrons à la bonne combinaison.

    Aussi l’individu est-il une indéniable réalité universelle contemporaine et vouloir le fondre dans un troupeau uniforme serait catastrophique, mais force est de constater que son caractère intransigeant et totalisant (« C’est MON choix ! Vous tous DEVEZ le respecter… QUEL QU’IL SOIT ! ») est au cœur de la crise de civilisation que traverse le village mondial, et non pas seulement la province gaulo-hongroise de l’empire occidental.

    Trouver la solution de ce casse-tête de notre propre composition, c’est déjà à n’en pas douter tout un programme ! Mais ensuite le faire comprendre et admettre à l’ensemble de l’espèce avant que celle-ci ne tombe dans ses propres pièges… bon courage ! Je l’écris sincèrement, sans arrière-pensée, car impatient de voir déjà la première étape franchie par un quelconque parti, je demeure néanmoins extrêmement sceptique à court terme : les mauvaises conditions, inéluctables, ayant tendance à susciter l’exaltation et l’action, celles-ci se substituent aisément à toute raison ; de là à ce que l’humanité ne se montre un tant soit peu consciente et responsable qu’une fois qu’elle sera au fond du trou qu’elle s’est creusé…

  • Saheyus
    Saheyus
    Nightfall, quietly it crept and (...)
    • Posté à 23h19 le 29/08/2009
    • Internaute 28231
      Nightfall, quietly it crept and (...)

    Pourquoi « Penser l’avenir » ? Quel rapport avec l’individu ? Si c’est vraiment là le thème, pourquoi pas : « Penser l’individu, c’est une responsabilité politique » ?
    Je trouverai ça moins creux, moins bêtement inodore et consensuel.

    Mais à part ça, l’initiative est louable. C’est surtout un bon moyen pour reconnaître la part d’anarchie et de libertarisme inhérent au socialo-communisme.
    Mais de ce que j’ai vu dans cet article... ce projet se limite-t-il à un « Tout le monde a quelque chose d’intéressant à dire » ? C’est essentiel, certes. Le droit égal de chacun a émettre son opinion, le refus des leaders, tout ça...

    Mais ce n’est pas non plus la totalité du problème.
    Il y a aussi la question du formatage des individus par l’éducation, en vue de « produire » des travailleurs qui « correspondent » aux « besoins » de la société. Il y a la question du refus des lois par certaines personnes, parce qu’elles n’ont pas participé à leur adoption, ou parce qu’elles les jugent profondément injustes. Il y a... beaucoup d’autres choses à dire sur les individus.

    « Ce qui apparaît dans l’idéologie traditionnelle comme antinomique - plus de société ou plus d’individu - doit en fait être considéré comme complémentaire, comme se renforçant mutuellement. »

    Je dirais même pire. Ce sont les individus qui forment la société.
    DONC, sans individualité, pas de société.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 00h53 le 30/08/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Bon jusque là, ce ne sont que des mots, mais prononcés justement.
    L’individualité n’est pas un thème nouveau, au PS, d’ailleurs. J’avais déjà vu des vidéo de conférences sur un site. Ou des écrits.

    Mais j’ai l’impression qu’ils manipulent ça comme un problème plutôt que comme une solution. Et notamment pas encore comme une solution pour se faire entendre..des gens de l’extérieur.

    Le malade s’est levé de son lit, et esquisse ses premiers pas de convalescence.

  • ja_pi2002
    ja_pi2002
    libre parleur et libre dans ma (...)
    • Posté à 08h07 le 30/08/2009
    • Internaute 88642
      libre parleur et libre dans ma (...)

    cela semble tellement éloigné des petits rancoeurs et des petites luttes de courant et d’influence, qu’on ne sait plus trop quoi penser. Alors, maintenant, on en revient à une reflexion philosophique de l’équilibre entre la masse, le peuple, et l’individu,
    il en aura fallu du temps, c’est vrai que les idéologies passées, ont proné le Peuple contre l’individu, et celles-là poussées au paroxysme ont vu un soviétisme donner naissance à l’exacerbation de la libre entreprise, et de l’autre une europe de l’ouest, championne des Libertés, réduire l’individu dans un mode de vie bien déterminé, dans des shémas de société gravés dans le marbre. Seul Peut-être Sarkozy, dans l’éternelle contradiction de la Politique représente le symbole de la révolution au delà des clivages politiques : l’individu face au déterminisme logique.
    Celui-là n’aurait jamais dû être Président, Jeune, de famille d’origine étrangère, frondeur, remuant, pro américain, ....
    alors, si tout le monde s’y met, alors oui, nous allons changer un peu les grandes règles du jeu de notre vie, un petit espoir, mais je cherche les nouveaux Camus et Sartre, et il n’y en a pas beaucoup.

  • zénon denon 84
    • Posté à 08h43 le 30/08/2009
    • Internaute 30028
      Bonne

    Et jusqu’ici ,il le plaçait ou ,l’individu , ?

  • YVANBACHAUD
    YVANBACHAUD
    Porte parole www.ric-france.fr
    • Posté à 16h00 le 30/08/2009
    • Internaute 24559
      Porte parole www.ric-france.fr

    Bonjour,
    On peut lire dans un article qu’à La Rochelle :
     » la maire de Lille a énuméré une batterie de mesures radicales pour corriger les dégâts du capitalisme financier et réformer le système en profondeur,... »

    Mais cela ne sert a RIEN si le PS ne commence pas par mettre à l’ordre du jour de l’assemblée nationale, une proposition de loi en faveur du référendum d’initiative citoyenne, (souhaité par 82 à 88 % des Français) qui lui permettrait de tenter d’abroger tout ou partie des loi les plus néfastes et de proposer DIRECTEMENT aux Français ces propositions alternatives.

    Pour le NON cumul c’est la même chose LIONEL JOSPIN avait déjà fait adopter une loi en sa faveur MAIS parce qu’il savait qu’elle serait refusée au Sénat dont l’avis conforme est obligatoire en la matière...ASSEZ d’hypocrisie.

    Le PS va t il demander a ses militants s’ils veulent une proposition de loi en faveur du RIC pour placer sous contrôle l’Etat SARKOZY ?

    Rappelons le constat des deux finalistes a la présidentielle.

    - S.ROYAL, après des centaines de rencontres avec les citoyens en dressait le bilan sur son site « Désirs d’avenir » en présentant plus de cent propositions.
    On pouvait lire :
    « Une nouvelle présidence »
    Remontée des débats
    Les citoyens veulent prendre la parole plus souvent et plus directement pour décider eux-mêmes.(…) »

    ET N.SARKOZY :
    à la fin de son investiture a évoqué ce « peuple français qui ne veut pas que l’on décide à sa place, et qui par-dessus tout ne veut plus que l’on pense à sa place…“ ]i ( Voir extrait vidéo SUR SITE DU RIC dans vidéos choc )

  • Asse42-
    Asse42-
    Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
    • Posté à 19h38 le 30/08/2009
    • Internaute 25124
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

    Houlà mais ce n’est pas de droite ça ! hein ? Ben oui pendant la campagne présidentielle c’est ce dont elle nous parlait Ségolène Royal : de responsabilité individuelle. Qu’est-ce qu’elle a ramassé de la part de ses camarades !

    Heureux de voir qu’elle continue à irriguer le parti.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 20h28 le 30/08/2009
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    La démocratie participative, c’est quand tous les sujets réfléchissent autour du roi qui tranche. C’est les syndicats à l’Elysée, qui « participent » aux décisions du schtroumpfissime.

    C’est quand les chefs y gèrent la vitrine, et que les petites gens font tout le reste.

    « » L’instrument théorique du cléricalisme est la recherche du « bien commun » dont l’encyclique définit ainsi le contenu : « C’est le bien du “ nous-tous ”, constitué d’individus, de famille et de groupes intermédiaires qui forment une communauté sociale ». Tout le corpus du corporatisme est ainsi rappelé. Le pape rajoute : « Dans une société en voie de mondialisation, le bien commun et l’engagement en sa faveur… (c’est) d’en faire, en quelque sorte, la préfiguration anticipée de la cité sans frontières de Dieu ».
    « La vérité de la mondialisation comme processus et sa nature éthique fondamentale dérivent de l’unité de la famille humaine et de son développement dans le bien. Il faut donc travailler sans cesse afin de favoriser une orientation culturelle personnaliste et communautaire, ouverte à la transcendance, du processus d’intégration planétaire. Il faut en corriger les dysfonctionnements ».
    « la gouvernance de la mondialisation doit être de nature subsidiaire …, cependant cette autorité devra être exercée de manière subsidiaire et polyarchique ».

    La subsidiarité, est une formule du droit canon, et a été employée pour la première fois dans une encyclique qui s’appelle « Quadragesimo anno », formulée en 1931 pour le 40ème anniversaire de la 1ère encyclique sociale de Léon XIII qui s’appelait « Rerum Novarum »,. Ce principe a été défini par son auteur de la manière suivante « Que l’autorité publique abandonne donc aux groupements de rangs inférieurs le soin des affaires de moindre importance où se disperserait à l’excès son effort. Elle pourra dès lors assurer plus librement, plus puissamment, plus efficacement les fonctions qui n’appartiennent qu’à elle parce qu’elle seule peut les remplir. Ces fonctions sont : diriger, surveiller, stimuler, contenir, selon que le comportement et les circonstances ou la nécessité l’exigerons ». « »

    Extraits de Caritas in veritate, de Benoît XVI, commentés par C. EYSCHEN.

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