29/08/2009 à 14h21

A La Rochelle, le discret Hollande n'en pense pas moins



François Hollande à l'université d'été du PS à La Rochelle (Audrey Cerdan/Rue89)

(De La Rochelle) Fini les médiatiques arrivées en scooter pour François Hollande. C'est à l'arrière d'une voiture que l'ancien premier secrétaire a rejoint cette année l'université d'été du PS à La Rochelle. Il se veut désormais discret, au point qu'il n'est pas apparu le premier jour, lors de la séance d'ouverture. Les Delanoë, Fabius, Royal, Aubry étaient présents et au premier rang. Pas lui.

Il n'en fait plus mystère : après onze années passées à la tête du Parti socialiste, il entend peser sur la présidentielle de 2012, jusqu'à jouer sa carte personnelle. En silence. Tout juste osait-il lancer en janvier sur Canal + :

« On ne doit jamais renoncer a priori, ni même prétendre a priori. (...) Il faut faire ce qu'on a à faire, il faut être là, travailler, et moi je suis dans une démarche de travail. (...) Il y a une élection en 2012, il faut s'y préparer, nous verrons bien qui, comment. »

Ses amis, eux, ne se privent pas de parler à sa place et ne dissimulent pas son envie. Sans que l'intéressé ne le leur reproche, bien entendu.

Problème, toutefois, la stratégie du « reculer pour mieux sauter », maniée également par les autres poids lourds du parti, ne lui profite pas. En tout cas dans les sondages. Il plafonne généralement autour des 5 %.

« Choisir le candidat socialiste avec les électeurs socialistes »

Discret ne veut cependant pas dire absent. Il n'hésite pas à montrer ses réticences à certaines décisions de la nouvelle direction du parti. Beaucoup ont vu la patte de François Hollande dans les difficultés du PS à imposer un candidat parachuté, Henri Weber, aux dernières européennes dans le Centre, région de sa Corrèze, dont il dirige le conseil général.

Idem concernant le débat qui agite actuellement les socialistes : les primaires. Toujours par le biais de ses amis, il a fait connaître ses réserves. Malgré la prise de position vendredi de Martine Aubry, il a réclamé ce samedi davantage encore de clarté :

« Ce qui est important, c'est d'être clair sur le principe. Le principe, c'est de choisir le candidat socialiste avec les électeurs socialistes. (...) Il faut que ce soit clair que ce sera pour désigner un candidat socialiste et pas un autre candidat.

Je suis désolé, le Parti socialiste, il choisit encore un candidat socialiste. Et quand il n'y a pas de candidat socialiste, c'est plus difficile pour gagner. On l'a vu en 2002. » (Voir la vidéo)

La nuance avec Martine Aubry est ténue, mais François Hollande exige qu'elle soit levée. La nouvelle première secrétaire a parlé d'un « candidat du Parti socialiste », alors que lui exige un « candidat socialiste ». Il exclut catégoriquement tout rassemblement avant le second tour, derrière un autre candidat qu'un membre du PS, même en cas d'accord sur un projet commun.

De toute façon, il en est certain, ces potentiels partenaires ne souhaiteront pas non plus être absent du premier tour de la présidentielle :

« N'allons pas demander aux autres ce qu'ils ne veulent pas. »

Il faut dire qu'il s'agit d'un très récent converti aux primaires. Il y a exactement un an, quasiment jour pour jour, il ne cachait pas, dans les colonnes de Libération, son opposition totale à un processus ouverts à tous les électeurs :

« La désignation du candidat du PS à la présidentielle doit relever de ses adhérents. Sinon, que restera-t-il de l'autorité du PS et de sa capacité à porter un projet collectif ? »

« La social-démocratie n'assume nulle part son identité »

Sa position aujourd'hui martelée sur la méthode à adopter, reste à affirmer une ligne politique avec tout autant de clarté. Longtemps considéré comme l'homme du consensus lorsqu'il dirigeait le PS, il clame désormais haut et fort sa ligne social-démocrate, notamment dans une tribune publiée sur Slate.fr, au lendemain de la défaite des sociaux-démocrates aux européennes :

« Chaque déconvenue trouve nationalement son explication. Mais la coïncidence des échecs fait sens. La social-démocratie n'assume nulle part son identité :

  • la critique du marché,
  • le réformisme comme instrument,
  • une volonté de préserver les biens publics,
  • le compromis social comme contribution à l'intérêt général,
  • une stratégie de croissance solidaire,
  • un système de prélèvements qui incite aux bons comportements et dissuade les prédateurs,
  • un internationalisme qui n'oublie pas les nations,
  • et surtout une unité dans l'action et dans la proposition à l'échelle du continent. Celle qui a manqué depuis trop d'années. »

Il aura l'occasion d'en reparler lors de sa véritable rentrée politique, cet automne, et l'organisation d'un séminaire de travail avec ses partisans. Il a d'ailleurs créer une « association » (pour ne pas dire un courant), « Répondre à gauche », pour se faire. Histoire de se préparer à être un peu moins discret.


François Hollande à l'université d'été du PS à La Rochelle (Audrey Cerdan/Rue89)

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  • adaunis
    • Posté à 15h21 le 29/08/2009

    Après mon petit marché, j'ai trainé mes « guêtres » marines, sur la place dont on cause, en grève de rien, lieu d'une hypothétique concorde.

    A 11 heures ce matin, ils étaient tous et toutes là Africains mes frères, mes camarades, enfin celles et ceux qui ont un parti pris à prendre à bon prix.
    Oh, « elles et ils avaient le teint halé, le ciel se mirait dans leurs prunelles ».
    Ils revenaient de vacance, comme 99% des français, et 48% de celles et ceux qu'ils représentent.
    Nan, je re-déconne !
    Cueilli au pif, (aucun gadget offert) :

    C. Bartelone ; « Le parti doit être un mélange de talents et de génération. »
    « Vals ; j'ai parfois des désaccords avec lui, et ne partage pas sa philosophie. »
    « Il faut donner aux Français un mode d'emploi. »

    Huchon ; « Représenter la société comme elle est. »

    Et « Françouais », sous une forêt de perches et caméras, (sur que son hâle à lui ne venait pas de Hollande), a fait le buzz de la matinée.

    « Le Modem ?
    La balle est dans leur camp ».
    « Il faut un accord sur le projet, la procédure, et la stratégie. »
    C'est Françouais, qui était la vedette ce matin sur le parvis de l'Encan.
    Quand, je pense qu'ado, pour mon argent de poche, j'ai trié le poisson à l'intérieur !

    Vous faites des soldes sur la Rue, pour la vente de poisson rance ?

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 16h18 le 29/08/2009
    • Internaute
      non connue

    A l'intérieur du PS, Hollande existe encore.
    A l'extérieur, il existe surtout chez les journalistes, et à droite.
    Alors une primaire à gauche, c'est sa retraite anticipée.

    Mais peu importe.
    - Il faut quelqu'un qui sache monter un bon programme. Il a fait montre d'impéritie en la matière.
    - il faut quelqu'un de charismatique, et pas seulement devant les journalistes. C'est loin d'être son cas.
    - il faut quelqu'un qui ait le sens des réalités politiques. Là il est fort, car il a réussit a gérer le clivage constitutionnel.
    Résultat : recalé.