
Sarkozy ou la panne culturelle
Il est devenu presque banal de le dire : la politique culturelle de la France est en panne. Depuis l'annulation du festival d'Avignon en 2003, le malaise est frappant. Echec évident mais étonnant au regard des efforts déployés au cours des siècles, puisque depuis Louis XIV, la culture est la grande affaire française, expression de la majesté du pouvoir et de la gloire du souverain. Si la culture, en France, sert une fois élu, une fois le pouvoir conquis (rarement pour être élu et conquérir sa part de gâteau), Nicolas Sarkozy a terriblement déçu de ce point de vue durant les premiers mois de son règne. Et la panne culturelle est aussi et désormais avant tout la sienne.
Une très forte baisse du soutien de l'Etat menace aujourd'hui la diffusion et l'action culturelle dans tous les domaines. Les représentants du spectacle vivant ont certes été in extremis calmés par une rallonge budgétaire sorti d'un chapeau de magicien au tout dernier moment, mais il ne s'agit là que d'un pansement sur une jambe de bois : les Frac dans le domaine de l'art, de larges secteurs du cinéma, de la musique et des cultures dites « urbaines », sont menacés de baisse de subventions à hauteur d'un tiers des investissements de l'Etat.
La mobilisation des professionnels de la culture
La situation est alarmante et a jeté dans la mobilisation une part notable de ces professions : le 11 janvier, le cinéma Saint-André des Arts, à Paris, recevait ainsi près de 300 professionnels de l'action culturelle cinématographique, ceux qui diffusent en France les films de qualité, qui réclament d'être entendus, respectés, aidés, et promettent d'ores et déjà de faire de la cérémonie des Césars, le 22 février prochain, l'occasion de se faire entendre de manière spectaculaire au niveau national. Les Césars 2004, souvenons-nous en, avaient sonné le glas du ministère Aillagon, défait par la crise des intermittents. Christine Albanel résistera-t-elle au mois de février ? Malheureusement, le malaise est plus profond qu'un simple poste de ministre de la culture, qui ne représente plus grand chose sur la carte politique contemporaine. Car si la culture française est en panne, c'est d'abord parce que, chez Nicolas Sarkozy, cette défiance à l'égard d'une culture, qu'elle soit classique ou avant-gardiste, associée à l'élitisme, à un monde coupé de la France réelle, est davantage qu'une pose de campagne électorale.
Un Président méfiant vis-à-vis de la culture
Cela semble chez lui un élément constitutif, psychologiquement et « culturellement ». La France a élu comme Président un homme profondément méfiant vis-à-vis de la culture, peu cultivé lui-même et fier de l'être, cultivant davantage les valeurs de l'ascension sociale, du travail, de l'effort, du nationalisme, de l'initiative individuelle, affichant les signes extérieurs d'un clinquant existentiel et d'une réussite matérielle de parvenu qui ne peuvent que choquer tout véritable homme de culture.
Même la langue qu'il parle est rebelle à la culture. La constitution ne précise certes pas de quelle qualité de langue française doit user le Président. Mais tout de même ! A l'écrit, Sarkozy n'innove guère, usant de la novlangue politique devenue malheureusement commune, qui associe les métaphores sportives, biologiques, sentimentales dans un cadre médiatico-administratif profondément normé, composant un sabir positif et volontaire, psychologisant et simplifié.
A l'oral, par contre, il se lance, parfois frénétiquement, dans une langue de la proximité, de la connivence, de la formule choc ou de l'emporte pièce. Ce n'est pas une langue dont la référence est la culture lettrée, ni l'histoire, ni même le bon usage, mais qui veut se faire complice, copine, spontanée, relâchée, tutoyante, « cette langue qui caractérise le verbe public du show-biz, par exemple dans les talk-show », analyse le linguiste Pierre Encrevé (Libération du 13 octobre 2007) ou le philosophe Alain Badiou (« De quoi Sarkozy est-il le nom ? “ aux ed. Lignes).
Les propositions ‘culture’ du candidat
Pourtant, parfois Sarkozy sait parler de culture. En quelques mois, il a ainsi mis en avant deux textes : les propositions ‘Culture’ de son Projet de candidat à la présidence, d'une part, puis, le 1er août 2007, une fois élu, la Lettre de mission adressée à Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication du gouvernement de François Fillon. Hyper-président, il s'occupe de tout, y compris de ce qui ne semble pas l'intéresser, et a placé la ministre de la Culture, issue du sérail chiraquien, sous la surveillance directe de son propre conseiller culture à l'Elysée, Georges-Marc Benamou, l'un de ces transfuges d'une ancienne gauche prête à tout pour fréquenter les allées du pouvoir.
Le premier budget de la culture de Christine Albanel, présenté le 26 septembre 2007, n'est pas mauvais en soi, près de 3 milliards d'euros, en progression de 3,2%, privilégiant le patrimoine, les arts plastiques, l'éducation artistique. Mais le ministère, passant sous les fourches caudines de la Révision générale des politiques publiques, programme d'audit qui vise au gain de productivité, à la réduction du nombre de fonctionnaires, au rétrécissement du périmètre de l'Etat, a finalement considérablement réduit ses investissements réels en matière de politique culturelle, soit une baisse des subventions, tous domaines confondus, de l'ordre de 20%. Il s'agit rien moins que d'aligner le fonctionnement public sur le modèle de l'entreprise privée et de la rentabilité à court terme, ce qui ne laisse pas d'inquiéter.
De Malraux et Lang à… Sarkozy
Dans ses textes sur la culture et sa place en France, Sarkozy ne manque pas de s'inscrire dans un double héritage : 1959 et la création du ministère par Malraux, puis ‘un second cycle politique, dans les années 80’, c'est-à-dire l'action de Jack Lang, sans le citer nommément. Revendiquant ces ‘acquis considérables’, il n'en constate pas moins ‘l'échec de la démocratisation culturelle’ : ‘De fait, notre politique culturelle est l'une des moins redistributives de notre pays. Financée par l'argent de tous, elle ne bénéficie qu'à un tout petit nombre.’
De là, le souhait qui ouvre chacun de ces deux programmes : ‘Je veux que la culture soit faite pour le peuple…’ Ce qui, après plus d'un siècle d'association presque obligée entre peuple et culture n'est guère surprenant et se colore de toutes les teintes du spectre politique. Viennent ensuite ‘mes priorités pour la politique culturelle’ : défendre la diversité culturelle, reprise de l'ambition chiraquienne de l'exception ; la valorisation du patrimoine, valeur refuge traditionnelle de la droite culturelle au pouvoir ; faire ‘entrer la culture et l'art dans les quartier’, volontarisme à l'égard des banlieues qui ressemble surtout à une rhétorique creuse, voire démagogique ; la rencontre du monde de l'art avec celui des technologies de l'information, champ de possibles ouvert par la récente révolution numérique et virtuelle qui, dans son exploration sarkozyenne, semble surtout une autoroute sans péage offerte au libéralisme culturel et aux principales entreprises de la culture de masse, parfois d'ailleurs dirigées par les proches amis du nouveau Président, tels Martin Bouygues ou Arnaud Lagardère.
Dans ses grandes lignes, ce programme culturel ne brille pas par son ambition. Sarkozy semble considérer que le monde de la culture n'est pas le sien, et se montre extrêmement prudent. Il cherche essentiellement à déminer un terrain hostile, à circonscrire le champ de ceux qu'il considère comme ses adversaires irréductibles et à annihiler par avance leurs attaques. Alors qu'il est souvent si offensif dans de nombreux domaines simultanément, n'hésitant pas à investir tout azimut le champ historique, Nicolas Sarkozy cantonne la culture à quelques classiques : la diversité, le patrimoine, les nouvelles technologies, la terre de mission des ‘quartiers’.
Un mouvement de fond plus ancien
De fait, la politique culturelle sarkozyenne, selon un mouvement de fond plus ancien qui s'accélère et s'amplifie, est pour l'essentiel laissée aux initiatives locales : ce sont les notables municipaux et régionaux qui s'en emparent et en gèrent désormais la plupart des crédits. Libéralisme bon teint au niveau national, patrimoine comme rappel de la grandeur passée, et localisme de la gestion et des décisions culturelles.
On sait que les artistes regardent avec méfiance cet ultime mouvement de transfert des responsabilités, pour de bonnes et de mauvaises raisons. Mais ils n'ont pas tout à fait tort, surtout en regard du népotisme, du clientélisme et de la démagogie en milieu de proximité, qui se manifestent souvent avec une discrétion remarquable, mais n'en sont pas moins les plaies de la délégation locale de la politique culturelle. Bientôt, le ministère de la Culture, allant jusqu'au bout de cette logique, ne gardera plus sa tutelle directe que sur quelques grands établissements nationaux. C'est une politique cohérente, mais qui n'est pas sans danger.
Malraux évoquait déjà la petitesse de la province, ‘mot hideux’ ; un demi siècle plus tard, les notables municipaux ou régionaux qui ont mis la main sur la culture n'ont pas forcément moins d'idées étroites. Mais ils ont de plus en plus de pouvoir, ce qui n'est pas sans danger pour l'indépendance des arts et le désintéressement des enjeux de culture. Tout se passe comme si, par le biais du local, la culture accessible avait remplacé la culture pour tous. Mais qu'est-ce que l'accès à la culture, dans bien des cas, si ce n'est toujours plus d'art pré-mâché et de discours communicant ? En tous les cas, on y constate davantage de facilités et d'événements frelatés que d'exigence véridique pour une culture partagée. Ce qui est annoncé comme un partage des compétences entre l'Etat et les collectivités locales masque dans de nombreux cas les dérives du populisme municipal et du clientélisme régional.
► Antoine de Baecque publie le 10 mars prochain : ‘Crises dans la culture française. Anatomie d'un échec’ (Bayard).
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89
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De ventrachou-rouge
côte sud Vendee | 10H40 | 21/01/2008 |
Avec un président qui va se goinfrer chez Johnny, c'est son concept de la culture ! !
Le pire c'est qu'il cherche à étouffer toute la créativité qui n'est pas à son gout.
à ventrachou-rouge
De pikasso02
11H52 | 21/01/2008 |
Je ne crois pas qu'écrire « Le pire c'est qu'il cherche à étouffer toute la créativité qui n'est pas à son goût » apporte de l'eau au moulin. Des preuves de ce que vous dites serait plus judicieux. Chacun est libre d'aimer qui il veut. Nous aurons bientôt une réponse par les émissions qui remplaceront les PUB. Pour l'instant, ce n'est pas Sarko qu'il faut critiquer, mais tous les Français qui n'ont que faire de la culture. La preuve par le peu de réactions aux articles culturels.
à pikasso02
De Brain Washin
16H40 | 22/01/2008 |
Completement d'accord ! ! !
Il est plus facile pour un artiste français d'exposer ou de faire valoir sont travail à l'étranger quand France.
De cooper59
pour la decroissance ! | 11H09 | 21/01/2008 |
les electeurs de Sarko , pour la plupart , n'en ont rien a faire de la culture , ce president leurs convient , le soir des elections : concert geant avec Mireille Matthieu , Enrico Macias , des danseuses et des choristes de la mort ! lol ! quand a Albanel , le jours ou elle va se prendre une greve des intermittents , on va rigoler ! attention , entendont nous bien , pour beaucoup d'artistes Sarko ou un autre ne change rien , ils se debrouillent tout seul depuis tres longtemps ( les musiciens en particulier) et la societé continuera a les considerer comme des martiens ! Bonjours a la Ministre de la Star Ac !
à cooper59
De re-belle
mère au foyer | 12H52 | 21/01/2008 |
d'après le figaro culture « des voix discordantes », la star'ac est en mauvaise passe ! ! ! …
à re-belle
De Crispus
13H46 | 21/01/2008 |
Mauvaise passe ? Bah, ils n'ont plus de bonnes gagneuses sans doute…
à cooper59
De Adarshini
Idéaliste | 19H05 | 21/01/2008 |
Beaucoup d'artistes sont intermittents du spectacle, et c'est ce qui leur permet de crouter quand ils préparent leurs spectacles.
Je ne suis donc pas tout à fait d'accord quand vous dites que lui ou un autre ne change rien pour eux. S'ils corsent encore le statut d'intermittent, c'est un paquet d'artistes qui vont dire adieu à leur statut. Et les seuls intermittents qui survivront seront : les techniciens de la star ac » (alors qu'ils pourraient avoir un statut de salarié)
: -(
De Sacha25
11H23 | 21/01/2008 |
Sarkozy n'a pas de problème culturel. Il n'y a qu'à demander au pape, lui,il sait
De PCM
X | 11H26 | 21/01/2008 |
Le recrutement du ministère de la culture traduit depuis des années cette pauvreté qui n'est pas seulement celle de Sarkozy mais d'une grande partie de l'UMP : on fait passer les copains et les fils de, le plus souvent bien médiocres. Mais ceci ne se limite pas à la seule culture, ce sont tous les domaines intellectuels qui sont torturés par ce système. La France sarkozienne est une escroquerie politique.
à PCM
De Tinhinane
Médiatrice scientifique | 18H23 | 21/01/2008 |
Ce fut malheureusement également le cas avec une certaine gauche. Le règne de la médiocrité ne date pas d'aujourd'hui.
à PCM
De Etruscobis
Enseignant retraité | 00H52 | 22/01/2008 |
Les media représentent abusivement la culture et il serait intéressant de faire l'arbre généalogique de nombreux intervenants quotidiens sur les telés et radios à grande écoute. On serait sans doute surpris de voir les dynasties en tous genres.
On y pense plus facilement en ayant un peu d'ancienneté d'écoute…
De skalpa
actif et militant ? | 11H35 | 21/01/2008 |
Bande de médisants ! ! ! !
L'omnhyperprésident compte sur la télévison pour réparer la culture : Sébastien, Cauet etc…
Voilà la culture du peuple ! ! !
Attention penser est dangereux
http://kprodukt.blogspot.com
De S.A.T.A.N
Etudiant | 12H00 | 21/01/2008 |
Sarkozy ou la panne culturelle…
Comme dit cooper59, les artistes ont très souvent été mis en marge de la société et arrivent à s'en sortir.
Sarko ne développera peut-être que la culture people mais l'exception culturelle française n'est pas seulement l'argent donné par l'Etat et passer un certain pourcentage de musiques et films français.
C'est aussi que la population française possède une culture générale moyenne relativement développée. Elle devrait se reprendre en main pour montrer que les star'ac & co ne les intéressent pas, si elle n'est pas déjà lobotomisée par la télévision et la communication de Sarko…
De plum-o-vent
12H02 | 21/01/2008 |
ce qui me désole dans l'ére sarkozienne c'est qu'en s'appuyant sur des « artistes » tels Bigard, Barbelivien et consorts il emporte l'adhésion des couches populaires. Ségolène Royal qui avait le soutien d'artistes de qualité était cataloguée candidate des « intellectuels parisiens » (comme aux Etats-Unis lors de la dernière présidentielle).
Je suis fille d'ouvriers et dans les années 60 nos professeurs nous proposaient chaque année un abonnement pour la saison au TNP (bon marché). J'en ai gardé un souvenir émerveillé, la qualité des acteurs et des spectacles, les trompettes qui annonçaient le début du spectacle, tout m'est resté en mémoire.
Aujourd'hui, faute de moyens, les milieux populaires n'ont que la télévision et malheureusement je crois qu'ils regardent plus facilement TF1 et la star ac que Mautpassant sur France2.
Je pense que tout est question de volonté politique, on peut offrir des spectacles de qualité et populaires. Mais ce n'est pas le but de Sarkozy, éviter de faire réfléchir le bon peuple c'est plus rentable.
à plum-o-vent
De ras-la-patience
15H33 | 21/01/2008 |
il y a surement toujours de bons professeurs comme ceux dont vous parlez, mais il ne peuvent plus vous proposer le même TNP, celui de Jean Vilar, qui, toute sa carrière a du se battre contre les politiques pour obtenir les moyens de la qualité qu'il souhaitait.
d'autres profs, oui, un autre Vilar, on attend toujours.
et s'il en existait un aujourd'hui, il n'est pas certain qu'il trouverait sa place !
à ras-la-patience
De Melba
10H08 | 22/01/2008 |
Allez voir les spectacles de Christian Schiaretti qui oeuvre à Villeubanne sous le sigle Vilarien de T N P. En espérant qu'on lui donne les moyens de continuer son magnifique travail. Si, il y a encore de belles choses au théâtre, malheureusement pas assez diffusées faute de moyens, c'est vrai
De Tinhinane
Médiatrice scientifique | 12H38 | 21/01/2008 |
Merci Antoine de Baecque et Rue 89 pour cet article très juste sur un sujet que désertent malheureusement de nombreux médias et pratiquement l'ensemble des partis politiques. Pour apporter d'autres éclairages et approfondir le débat je vous propose des liens ci-dessous.
Sur le site http://fabriquedesens.net ceux qui n'avaient pu écouter la série de documentaires de Martin Quenehen et Philippe Rouy, programmée sur France culture dans l'émission « Sur les docks » produite et coordonnée par Jacques Chevalier, « Rendre la culture au peuple : 50 ans de politique culturelle française », peuvent la lire grâce à leurs transcriptions intégrales.
- Les années Malraux : les chefs-d'œuvre dans la maison (1959-1969)
http://www.fabriquedesens.net/spip.php ? article5
- L'entre deux mai : création et créativité (1969-1981)
http://www.fabriquedesens.net/spip.php ? article129&var_mode=calcul
- Les années Lang : La culture sans frontière (1981-1993)
http://www.fabriquedesens.net/spip.php ? article130&var_mode=calcul
- Les années 1990 : la culture, le maire et la mondialisation (1993-2002)
http://www.fabriquedesens.net/spip.php ? article132&var_mode=calcul
- Les années 2000 : l'avenir est à nous
http://www.fabriquedesens.net/spip.php ? article133&var_mode=calcul
Je mets également à votre disposition les liens vers les transcriptions du colloque « La culture n'est plus un enjeu politique ? », initié par France Culture et Arte, qui s'est tenu, le vendredi 01 décembre 2006, à la Cinémathèque Française, quelques mois avant les élections présidentielles.
- Pourquoi le politique déserte-t-il la culture ?
http://www.fabriquedesens.net/spip.php ? article69&var_mode=calcul
- Le modèle culturel
http://www.fabriquedesens.net/spip.php ? article135&var_mode=calcul
- Révolution culturelle ?
http://www.fabriquedesens.net/spip.php ? article102&var_mode=calcul
- La culture n'est plus un enjeu politique ?
http://www.fabriquedesens.net/spip.php ? article103&var_mode=calcul
à Tinhinane
De re-belle
mère au foyer | 13H02 | 21/01/2008 |
à tinhinane : comme il y a rien à la télé ce soir j'ai de bonnes lectures ! ! ! …merci
à Tinhinane
De ras-la-patience
15H37 | 21/01/2008 |
un grand merci pour ces liens précieux, je vais me régaler.
De Tyb
(par ici, par là) | 12H46 | 21/01/2008 |
Personnellement je préfère presque ça, imaginer une culture officielle sarkozienne subventionnée me fait particulièrement frémir…
Et puis bon, elle a bon dos la culture, quand on voit l'état de la psyché artistique collective dans ce pays, c'est un peu facile de toute rejeter sur l'Etat, les radios et les chaines de télé.
La vérité c'est qu'à l'image des ventes de disque annuelles, la France ne vaut plus rien culturellement. ou presque. A part des milliers d'anonymes s'escrimant dans l'ombre à défendre leur vision, grâce leur en soit rendue, faites les vivre avec votre argent ou votre attention plutot que laisser d'hypothétiques subventions prendre votre place.
cf les jolies ventes de disques en France en 2007 2006 et 2005
http://www.disqueenfrance.com/classements/albums/classement_annuel.asp ? d…
http://www.disqueenfrance.com/classements/albums/classement_annuel.asp ? d…
http://www.disqueenfrance.com/classements/albums/classement_annuel.asp ? d…
à Tyb
De cooper59
pour la decroissance ! | 22H50 | 21/01/2008 |
cher Tyb , il faudrait vous interesser aux artistes un peu plus , si vous trouvez que des gens comme Alain Leprest , Matthieu Bogaerts , Loic Lantoine , La rue Ketanou , Mon coté punk , Pascal Comelade et plein d'autres ne valent rien culturellement , c'est que vous ne cherchez pas assez la qualité là ou elle se trouve ! si vous pensez trouvez systematiquement des artistes dignes de ce nom en allumant la radio ou le tv , je vous le dis tout net , arretez tout ! allez aux concerts , frequentez les petites salles , la culture ne se trouve pas souvent sur les autoroutes mediatiques , empruntez les departementales et vous verrez que la culture y a elu domicile ; pas besoin non plus de gros labels ni de multinationales universelle ! ils ne vendent plus de galettes ? pas grave , vive les labels independants et les petites salles qui n'ont jamais eté aussi en forme ! d'ailleurs beaucoup d'artistes de ce pays n'ont pas specialement envie de se retrouver dans un robinet a FM ! cordialement en attendant la chute definitive des banquiers de la culture !
De lesako
12H54 | 21/01/2008 |
Il ne s'agit pas, pour un homme politique qui aurait de la hauteur de vues, de s'entourer de personnages demandés, mais de personnages capables de propositions, de visions, de créations … le plus ahurissant, c'est que la France regorge de « trésors vivants », qu'elle ne sait -ou ne veut- plus valoriser.
Une politique culturelle ne s'adosse pas au seul succès commercial, sous peine de durer aussi peu que ce dernier.
De france renouveau
13H30 | 21/01/2008 |
« Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver ! »
De agathevelikotny
pigiste en province | 13H37 | 21/01/2008 |
ça, c'était pas la peine de le dire, tout le monde le savait…
à agathevelikotny
De france renouveau
13H55 | 21/01/2008 |
TU SAIS MEME PAS D'OU VIENT CETTE PHRASE QD JE LIS L'ARTCILE CA ME FAIT PENSER A CETE PHRASE ALORS APPRENDS DEJA A SAVOIR DOU CA VIENT TU L'OUVRIRAS APRES !
De elle-vessia
artiste visuelle | 18H12 | 21/01/2008 |
On se calme, c'est pas la peine de crier : on sait lire ! !
De Truf
18H21 | 21/01/2008 |
http://www.tatoufaux.com/spip.php ? article398 ? ?
De Thomas GREDAT
| 13H40 | 21/01/2008 |
Une tentation dont il faut se garder : attribuer à Sarkozy une régression culturelle qui est antérieure à son arrivée au pouvoir. L'attitude de Jack Lang à l'égard des tags n'était pas dénuée, loin s'en faut, de démagogie.
En revanche, votre remarque sur le rapport de Sarkozy à la culture le rappelle, il est à craindre que la tendance ne s'aggrave avec lui.
Vous parliez de Louis XIV, mais il ne faut pas oublier que sa politique culturelle était avant tout une politique de prestige. Dans la tirade finale de « Tartuffe », Molière ne consacre pas moins de quarante vers à l'éloge du « prince ennemi de la fraude ».
La démarche est d'ailleurs comparable chez Sarkozy. A ceci près que là où, pour se faire reluire, Louis XIV avait Racine, Molière et Le Vaux, Sarkozy a « Voici », « Gala » et « Paris-Match » !
Vous le dites « peu cultivé lui-même, et fier de l'être ». Personnellement, je n'en suis pas si sûr. Proclamer la fierté de son manque de culture n'est le plus souvent, qu'une façade destinée à (se) masquer un complexe profond. Pas forcément justifié, d'ailleurs.
Comme l'a dit Pierre Desproges : « La culture, c'est comme la confiture : moins on en a, plus on l'étale. » Au congrès de l'UMP, Sarkozy tente de charrier Tony Blair à propos de la bataille d'Austerlitz… à laquelle les Anglais n'étaient pas ! Rue89 fut le seul organe de presse à rapporter sa spectaculaire bourde à propos de Jane Goodall, spécialiste des chimpanzés, dont il a fait l'héroïne de … « Gorilles dans la brume » !
Je ne parle pas de sa sortie sur l'argent que l'Etat ne peut pas dépenser pour ceux qui perdent leur temps à faire des études de Lettres, que l'ancien étudiant dans cette discipline que je suis a appréciée à sa juste valeur.
Sa façon de s'exprimer, dont vous parlez, est un moyen de montrer qu'il casse la distance linguistique entre le Président et le peuple, donc qu'il est proche de ce dernier. Et il marque ainsi publiquement sa méfiance envers une culture jugée élitiste. Peu importe que De Gaulle ait connu de monumentales affluences à ses discours alors qu'il avait un langage châtié, du moins en public, et possédait un vocabulaire très riche !
Du reste, si la distance linguistique est abolie, la distance sociale, elle, demeure.
Culture élitiste que Sarkozy prétend rendre accessible au peuple ? Erreur ! Les élites sociales l'ont souvent confisquée, elles ne l'ont jamais créée.
Souffrance du nouveau riche qui critique ce qu'il n'atteindra jamais.
Sarkozy ne confisquera pas la culture, il la laissera s'appauvrir, en se persuadant qu'il suffit de porter une Rolex pour briller en société.
Parce que la culture, bien sûr, ne sert à rien d'autre !
à Thomas GREDAT
De re-belle
mère au foyer | 14H17 | 21/01/2008 |
à Thomas Grédat : pour les tags ou graffitis, je ne suis pas trop d'accord, beaucoup sont de véritables fresques urbaines ! ! ! … http://www.lavi2rue.com/graffitis.php , n'oublions pas que l'art dans ses nouveautés ont toujours été critiqués ! ! ! … meme les impréssionistes ! ! ! …mais maintenant très prisés et inestimables ! ! ! …
à Thomas GREDAT
De re-belle
mère au foyer | 14H33 | 21/01/2008 |
les fresques des grottes de lascaux l'ancètre des tags ? ? ? ! ! !