
« Le Fond de l'air est rouge » de Chris Marker, les années rebelles

Des images de Potemkine, teintées rouge sang, font lien avec des signes de victoire ou de protestation des manifestations contre la guerre du Vietnam, puis sur les marches où plonge le landau d'Eisenstein, il semble qu'on retrouve assise une jeune manifestante de 68.
» Le Fond de l'air est rouge » [diffusé mardi soir sur Arte, à 23h00] commence par une leçon de montage, qui est à la fois une illustration du titre choisi par Chris Marker en 1977, et un commentaire visuel de son projet en lui-même : raconter en trois heures dix années d'histoire de la gauche mondiale, de la mort du Che en 1967 à la rupture du Programme commun en 1977, comme le journal intime d'un magnifique échec. C'est la mort et la mélancolie qui dominent ce paysage révolutionnaire de crépuscule, telle une chronique lyrique de la défaite d'une idée et des disparitions successives des grands héros de la révolte.
La diffusion, puis l »édition DVD, du » Fond de l'air est rouge » surgit au moment où la France, et pas seulement la gauche, se souvient de Mai 68, quarante ans plus tard, trente années après le film de Marker. Et l'heure n'est plus à la mélancolie, à cette tristesse créatrice telle que l'a conçue Chris Marker. D'un côté, ce sont plutôt des accents nostalgiques et revendicatifs, ceux des » anciens » , des témoins, qui reprennent rituellement tous les dix ans le postulat commémoratif : 68 a changé la France, tirons-en quelques bonnes leçons pour ne pas trop changer au présent. De l'autre, on entend le scepticisme, le discours de l'oubli volontaire, voire celui de la liquidation d'un héritage présenté comme indigne, celui où puiserait une France qui ne voudrait pas travailler, qui s'opposerait à la modernité libérale, qui mettrait de la rigidité là où le pouvoir en place voudrait voir souplesse, fluidité, circulation et communication accélérées.
Un regard historique au ras de l'archive
Hors de ce double discours de filiation et de refus, voici quelques voix isolées refusant les idées convenues, quelques livres au milieu d'une floraison de mots creux, et ce sont généralement des historiens et des historiennes (1) qui, avec une certaine myopie volontaire du regard, replongent dans les archives et les événement pour faire voir, à nouveau frais, un mouvement dont la plupart des interprétations n'ont pas encore été données.
Chris Marker, d'une certaine façon, a initié cette tendance-là : le regard historique sur les années 68, au ras de l'archive et de l'image, même s'il l'a proposé à sa manière : en poète du montage des plans et du rapprochement des images. C'est pourquoi ce » Fond de l'air est rouge » en édition DVD est un retour plus que bienvenu, indispensable à la chronique de ces quarante ans de Mai 68.
Les images de Potemkine reviennent comme un leitmotiv tout au long de la première heure du » Fond de l'air est rouge » , intitulée » Les Mains fragiles. 1. Du Vietnam à la mort du Che » . Elles sont montées successivement avec trois enterrements, ceux des morts de Charonne en 1962, celui de Gilles Tautin, à Flins en 1968, celui de Pierre Overney, dont le cercueil est porté par de jeunes maoïstes au poing levé en 1972, image devenue classique de la fin du militantisme maoïste en France. Ce sont les événements morbides d'une génération qui donne un sens à son histoire dans l'Histoire.
En novembre 1977, lorsque sort » Le Fond de l'air est rouge » , Chris. Marker a 56 ans. Le grand documentariste vient de traverser dix années de militantisme, dont plus de trois entièrement consacrées au travail sur son film somme. Il a donné naissance en décembre 1967 au collectif SLON (Société de Lancement des Œuvres Nouvelles, en russe » éléphant » ), coopérative de cinéastes et d'opérateurs illustrant les conflits sociaux en cours et réalisant des » magazines de contre-information » , puis au Groupe Medvedkine réunissant des » cinéastes ouvriers » .
Le second disque du DVD d'Arte, intitulé Sixties, propose heureusement certains des films témoins de cet art formidablement juste de l'engagement chez Chris Marker : » A bientôt j'espère » (avec Mario Marret) qui fonde le » film d'usine » propre aux années 68, Puisqu'on vous dit que c'est possible sur l'aventure autogestionnaire des ouvriers de Lip, ou » La Sixième face du Pentagone » (avec François Reichenbach), pamphlet libertaire et estudiantin sur l'action directe des jeunes américains anti-impérialistes.
» Après tout, c'est peut-être bien ça la dialectique ? »
Pour » Le Fond de l'air est rouge » , commencé après le coup d'Etat militaire au Chili, le 11 septembre 1973, Marker utilise nombre de documents et de rushes issus de ces deux collectifs, qu'il rapproche d'images d'actualité. Marker définit lui-même son travail comme un « montage des attractions », étincelles politiques (la société du cinéaste se nomme ISKRA - » étincelle » en russe) produites par la confrontation des images du passé et du présent, de la fiction et du document, des silences, des sons, des huit voix off et du commentaire, des témoignages et du direct, de la couleur et du noir et blanc, de l'amitié et des adversités.
Ce travail considérable empile et soude les images les unes aux autres comme une forme de » montage feuilleté » : avers et revers d'une même réalité, montrés ensemble, qui restituent de la profondeur aux événements, loin du sens univoque que prend toute réalité lorsqu'elle est présentée par exemple par l'information-spectacle télévisuelle. Marker explicite ce projet en disant :
» J'ai voulu construire ce dialogue enfin possible entre toutes ces voix que seule l'illusion lyrique de 68 avait fait se rencontrer un court moment. Le montage restitue à l'histoire sa polyphonie. Chaque pas de ce dialogue imaginaire vise à créer une troisième voix produite par la rencontre des deux premières. Après tout, c'est peut-être bien ça la dialectique ? »
» Le Fond de l'air est rouge » est également polyphonique en ce sens qu'il s'apparente aussi bien à un travail collectif qu'à un journal intime, à la chronique de la » troisième guerre mondiale » vue par deux générations de gauche qu'à un collage d'actualités et de documents sous copyright rouge.
» Mai 68 et tout ça… »
Au début de la deuxième heure de film apparaît le général de Gaulle sur le petit écran. » L'année 68, je la salue avec satisfaction parce que… » Il disparaît d'un coup sans avoir pu finir sa phrase, comme si un brusque pied de nez de l'histoire s'était vengé de cette assurance gaullienne, jetant des dizaines de milliers d'hommes et de femmes de gauche dans les rues de cette année-là.
» Mai 68 et tout ça… » titre Marker, tandis que le visage de Daniel Cohn-Bendit prend la place et occupe la Sorbonne, le 3 mai : » Je crois que c'est la première fois que nous voyons cela… ! » Le film reste une heure sur les barricades du quartier latin, et le ton fait alterner évocation épique des élans et des amours insurgés avec la visite du folklore désormais suranné d'un petit musée de la révolution. C'est un moment d'histoire suspendue, porté par un espoir de changement social et une révolte sincère contre un ordre désuet, mais c'est aussi le comble des illusions de la gauche et le paroxysme de ses tensions et de ses divisions.
En fait, la bataille est déjà perdue, mais ni la gauche ni les étudiants ne veulent le savoir, ainsi que le commente Marker :
» Les appareils politiques traditionnels ont déjà commencé de sécréter les anticorps qui leur permettront de survivre à la plus grande menace qu'ils aient rencontrée sur leur chemin. Et, comme la boule de bowling de Boris Karloff dans Scarface qui abat encore des quilles sur sa lancée alors que la main qui l'a jetée est déjà morte, toutes ces énergies et ces espoirs accumulés dans la période montante du Mouvement aboutiront à l'éclatante et vaine parade de 1968, à Paris, à Prague, à Mexico, ailleurs… »
» Béjart-Vilar-Salazar… » : une erreur historique de 68
Ce malentendu est illustré par le déplacement que le film opère de Paris à Avignon, de mai à juillet 1968, quand les insultes des jeunes gauchistes pleuvent sur Vilar, le fondateur et réformateur d'un festival qu'il avait lui-même offert à la gauche et à la jeunesse. Maldonne et mauvaise cible : » Le Mouvement a enfin trouvé son ennemi principal : Jean Vilar. Et par la même occasion le slogan le plus stupide d'une époque pourtant compétitive : » Béjart-Vilar-Salazar… »
Cette » erreur historique » de 68 est au cœur du projet de Marker, qui se sent solidaire de Vilar et vise, dans » Le Fond de l'air est rouge » , à réconcilier les générations de la gauche dans une mémoire commune, réparatrice même si elle est contradictoire. Il s'agit de se souvenir ensemble des espoirs et des échecs, comme une déploration collective, un récit des origines communément partagé. Ce film ouvre un espace de commémoration rouge dont 68 est la pierre de touche puisque l'année même de toutes les tensions et de toutes les contradictions.
Dix ans plus tard, quand sort » Le Fond de l'air est rouge » , la réconciliation est possible, la fracture peut être réduite. Toutes les voix off du film, celles de Signoret, Montand, Semprun, Périer, Debray, Marker lui-même, qui racontent et témoignent, appartiennent ainsi à la génération pré-68, celle qui a traversé le stalinisme, qui a milité contre la guerre d'Algérie. Ces voix d'une génération prennent en charge le récit de la suivante, celle qu'on voit à l'image, qui milite contre la guerre du Vietnam, dresse les barricades de 68, et va perdre ses batailles et ses illusions tout au long des années 70.
Marker est un père autant qu'un filmeur-monteur pour cette génération-là, qui n'est pas la sienne mais la suivante : son film est une forme de don de soi comme figure paternelle du Mouvement. Il y paterne les enfants de Mai 68. Et à travers cette offrande, il cherche sur le corps même de l'utopie qu'il donne à voir une manière de réconciliation des générations militantes. Comme à la veillée de la gauche, les souvenirs communs du grand conte rouge, dits au coin d'un feu moribond, sont ici racontés par les anciens.
L'aboutissement d'un geste mélancolique
Vient alors le temps des » Mains coupées » , seconde part du film qui sonne tel le tocsin de la gauche mondiale. Prague, Allende assiégé et acculé au suicide, le rêve chinois qui s'écroule lui aussi, le soviétisme se figeant en une maladie de rigidité froide, Castro lui-même qui trahit en justifiant tout, y compris les chars russes, le double échec de Mitterrand en 1974 et du Programme commun en 1977 : les heures finales du » Fond de l'air est rouge » sont teintes de ces désespérances.
L'identité de la gauche est-elle de perdre toujours ? Ce fatum semble, pour Marker, un héritage du cinéma et de la politique, réunis par les images de son film : du superbe héros populaire tragique à la Gabin, sortant des films plus souvent mort que vivant, aux lendemains qui déchantent de Mai 68, forcément suivi de juin et du retour de bâton d'une droite triomphant dans les urnes des pavés utopiques du quartier latin.
Fin 1977, quand il sort sur les écrans, ce film est l'aboutissement de cette geste mélancolique : le destin de la gauche semble d'être continuellement défaite, à la mesure même de ses rêves et de ses projets, qui ont été d'autant plus beaux qu'ils sont voués à l'échec, occultés, censurés, battus en brèche, déformés, enfermés, torturés, et jamais appliqués à un réel qui s'y dérobe. Mai 68, dans cette optique, est l'instant fétiche de cette histoire cultivant la défaite.
Une vision propre à 68 qui s'achève
Si bien que » Le Fond de l'air est rouge » -surtout rétrospectivement, vu depuis le début du XXIème siècle, époque radicalement différente qui a connu quinze ans de la gauche au pouvoir en France- signifie la fin d'une certaine histoire de la gauche, l'achèvement d'une vision du monde propre à 68. Histoire et vision qui placent au centre le communisme et sa critique, le stalinisme et ses dévoiements, le gauchisme et ses divisions, la gauche et son romantisme de l'échec assuré.
Une gauche qui, parce qu'elle est communiste, parce qu'elle est gauchiste, parce qu'elle est romantique, ne sait pas se maintenir au pouvoir si elle a su parfois le prendre, par audace et presque par surprise. Dans la dernière heure de son film, Chris Marker l'illustre en montrant en filigrane son amour des chats, icône féline car, précisément, » c'est un animal qui n'aime pas le pouvoir » .
Réunissant ces images de la gauche comme un roman-photo de la mélancolie historique, il semblerait presque que Marker laisse place nette pour d'autres images et une autre histoire. En ce sens, » Le Fond de l'air est rouge » , comme s'il avait enfermé une fois pour toute ces souvenirs dans un carton de vieilles photos jaunies, prépare par contre-exemple l'événement historique qui suivra : la victoire de François Mitterrand en 1981, premier président de gauche d'un pays qui n'y croyait plus, événement que le film instaure paradoxal, et même contradictoire, héritage de 68. Comme si la morale de cette fable pouvait s'énoncer ainsi : la gauche parvient enfin au pouvoir quand le fond de l'air n'est plus rouge.
(1) : Le livre des historiens et des historiennes de Mai 68 est : 68, une histoire collective, dirigé par Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel, aux éditions La Découverte, 2008. Les propositions historiennes les plus stimulantes viennent de Kristin Ross, Mai 68 et ses vies ultérieures, Complexe, 2005 ; Xavier Vigna, L'insubordination ouvrières dans les années 68, Presses Universitaires de Rennes, 2007 ; Michelle Zancarini-Fournel, Le Moment 68. Une histoire contestée, Le Seuil, 2008 ; Emmanuelle Loyer, Mai 68 dans le texte, Complexe, 2008.
► Le Fond de l'air est rouge de Chris Marker - 345 min. - Arte Vidéo - 24,99€ - diffusion sur Arte le mardi 15 avril à 23h.
► Rue89 est partenaire d'Arte pour la sortie du coffret DVD « Le fond de l'air est rouge » de Chris Marker. Pour en savoir plus, cliquez ici.
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De Christobal Colon
Scandalisé à 999% | 13H45 | 15/04/2008 |
Article terrible.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H35 | 15/04/2008 |
Chris Marker : rien à jetée ..
à Numerosix
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 17H30 | 15/04/2008 |
Bien vu !
Combien de temps j'ai passé à essayer de faire des « fondu-enchainé » avec mes p'tites diapos….Ce mec m'a foutu une de ces claques quand j'ai découvert son oeuvre !
C'était il y a longtemps ….dans les années bisextiles !
à Charles Mouloud
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 17H52 | 15/04/2008 |
Ha mon cher Charles .Ca fait plaisir, de commenter sur la Rue avec des complices
Et le plus fou , pour la claque, c'est de revoir avec « L » année des douze singes , » La Jetée » dont Terry Gillian s'est inspiré trente ans après ..
à Charles Mouloud
De compte supprimé 24
| 18H39 | 15/04/2008 |
J'en ai encore les joues toutes rouges, Charles Mouloud. Ma couleur préférée.
Je revisionne régulièrement tous les films de Chris Marker (en particulier ceux des Groupes Medvedkine à Sochaux tournés avant 68) en turbinant à l'atelier.
Chris Marker + Jean Rouch + René Vautier + Peter Watkins + Mnouchkine = je suis moins con à la sortie du cinoche.
PS à l'auteur de l'article : Super ! Encore ! Bravo !
à compte supprimé 24
De Tinhinane
Médiatrice scientifique | 20H46 | 17/04/2008 |
Et également ceux qu'il a fait avec d'autres, comme « Les statues meurent aussi » d'Alain Resnais, un bijou celui-là aussi
cf. http://www.fabriquedesens.net/Les-statues-meurent-aussi
à revoir ici :
http://www.dailymotion.com/video/xfukz_les-statues-meurent-aussi-chris-m…
De compte supprimé 23.01.09
15H28 | 15/04/2008 |
Très intéressant votre article . Mais du coup ça me suffit . Je n'ai pas trop envie de me plonger dans l'histoire d'une période que je n'ai pas connue .
Et puis le truc marrant , c'est de proposer à la vente un documentaire qui est une ode à l'insoumission par rapport à une société de consommation . On a toujours raison de se révolter nous dit Chris Marker . N'achetez pas le DVD … piratez-le … : -)
à compte supprimé 23.01.09
De compte supprimé 24
| 18H38 | 15/04/2008 |
Tu peux le faire sur eMule, Gateway, où la rebellitude des proprios d'ordis à 2000 € s'exprime tout autant que la faucheman-attitude. (Authentique : 90% des machines qui passent entre mes mains ont un logiciel P2P installé, et comme j'en fais ~500/an…)
Les copies ne sont pas terribles, ceci dit, et si j'avais des ronds en quantité, j'en refilerai un maximum à tous les Chris Marker possibles.
à compte supprimé 24
De compte supprimé 23.01.09
20H27 | 15/04/2008 |
Je ne suis pas trop fana d'eMule . Je préfère les ng bin .
Sur alt.binaries.french-tv ou sur alt.binaries.documentaries.french , il y a souvent des reprises d'Arte et comme je n'ai pas la télé , c'est un moyen de voir les docs de cette chaine .
De SAMSA
Ecrivain (inutile de le signaler) | 17H15 | 15/04/2008 |
Ce FOND DE L'AIR contre L'AIR FÉTIDE DU TEMPS.
Merci, Antoine de Baecque.
.
De ppfri
19H06 | 15/04/2008 |
en farfouillant tout à l'heure je suis tombé sur un brillant échange littéraire entre LO et la LCR (http://www.lcr-rouge.org/spip.php ? article1146) et après le lecture de cet excellent article je me demande si certains fossoyeurs ont compris que la cérémonie est terminée depuis longtemps … l'esthétique radicale d'un Chris Marker ne la rendant que plus flamboyante ! ! !
dommage de ne pas avoir la télé, Arte me manque mais j'achèterai prochainement ce DVD.
De Terence
19H42 | 15/04/2008 |
La phrase que je préfère c'est celle-ci : « vote le plus rouge possible, cela aura toujours le temps de pâlir. »
à Terence
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 05H10 | 16/04/2008 |
Mon grand père maternel, vieux coco disait : » Bois du rouge , çà rosira bien assez tôt ! »
à Charles Mouloud
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 05H15 | 16/04/2008 |
Ha ben on est la France qui se lève toi , aujourd » hui .
Bonne journée CM
De zut
08H23 | 16/04/2008 |
Bravo pour l'article !
Bravo aussi pour le service public, qui diffuse un documentaire, un vrai, et pas une docu-fiction, mais à une heure très discutable (23h-2h).
Voir un ouvrage d'une telle qualité est-il interdit à « la France qui se lève tôt » ?
De Alexandrassi
Journaliste | 08H18 | 17/04/2008 |
Pour ceux qui comme moi l'aurait raté à la télévision, je conseille de regarder également le « 68 » de Patrick Rotman :
http://internationalnews.over-blog.com/article-18651788.html
IN : Un documentaire qui couvre de façon exhaustive tous les grands événements de l'année 1968 à travers le monde, en passant par les barricades à Paris, le massacre de la place des Trois Cultures à Mexico (qui fit plusieurs centaines de morts) avant les jeux Olympiques, les assassinats de Martin Luther King et de Bob Kennedy, l'intensification des bombardements au VietNam et le printemps de Prague, sur fond de musique rock. Excellentes images.
Extrait de : http://www.leblogtvnews.com/article-18538122.html :
« De Washington à Saïgon, de Rome à Mexico, de Paris à Prague, une vague de révolte secoue le monde. 68 propose un travelling arrière dans le Viêt-nam en guerre, Prague en liberté et occupé, Paris en contestation, l'Amérique en rébellion. 68 raconte Dubcek et Guevara, De Gaulle et Cohn-Bendit, Luther King et Bob Kennedy. 68 est une plongée dans le tourbillon d'une année mouvementée avec des images couleur exceptionnelles, et sur des musiques de Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrisson, Bob Dylan et bien d'autres.
Patrick Rotman a voulu aborder cette période sous un angle nouveau : le contexte international. Il lui paraissait nécessaire de sortir de l'Hexagone pour comprendre ce qui s'était réellement passé, cette année-là, en France et ailleurs. “Pour la forme, j'imaginais un film en couleur où la musique tiendrait une place prépondérante. Un film bâti sur le même principe qu'Eté 44, c'est-à-dire uniquement constitué d'archives sans aucun témoignage car je savais que l'iconographie sur cette époque était riche et recèlerait de belles surprises. ‘
De Alexandrassi
Journaliste | 08H22 | 17/04/2008 |
Et j'oubliais celui-ci, également excellent :
Mai 68 : Grands soirs et petits matins - William Klein (1h30) :
http://internationalnews.over-blog.com/article-18623241.html
Commentaire d'ACRIMED : « L'Arsène, sous le titre “ Grands soirs et petits matins : le film que France Télévision a décidé de censurer ! ” rapporte :
“ La chaîne de télévision publique ARTE, qui a acquis les droits du film de William Klein sur ‘Mai 68’, avait prévu de le diffuser en prime-time. Mais, pour ne pas donner des idées aux manifestants de ‘Juin 2008’, la programmation du film a été annulée in-extremis.
Mai 68 : les pavés parisiens sont aux mains des étudiants et des ouvriers. Derrière sa caméra, le célèbre photographe William Klein filme, et collectionne des dizaines d'heures de rushes pris sur le vif des événements. 1978 : dix ans plus tard, à partir de ces rushes, William Klein monte un film qui reste à ce jour l'un des documents les plus précieux sur Mai 68. 2002 : la chaîne de télévision publique ARTE achète les droits du film de William Klein, l'édite immédiatement en DVD. (http://www.acrimed.org/article1125.html ? var_recherche=1968%20william%20k…)