
Le cahier cinéma de Libération supprimé : tristesse
C'est un avis de décès qui est aussi un cri d'incompréhension. Tous, du moins beaucoup, nous aimons lire le mercredi et le jeudi Libération. Parce qu'on y trouve un cahier cinéma, puis un cahier livres, une dizaine de pages au centre du journal qu'on sait être un espace de critique mais aussi d'amour, une « défense et illustration » des films et des textes en quelque sorte. Or, il semble désormais que l'abandon du cahier cinéma soit actée au quotidien de la rue Béranger.
Le cahier livre, assure la direction du journal, sera maintenu.
C'est un gâchis. Personnellement, j'ai créé en avril 2002 le cahier cinéma de Libération, et durant plus de cinq années il fut un sanctuaire pour un cinéma d'auteur, qu'il faut ardemment et vaillamment défendre, semaine après semaine.
Cet espace existait, permettant critiques, reportages, portraits, comptes-rendus, chroniques, et les lecteurs de Libération y étaient fortement attachés. Le sacrifier est si absurde que j'imagine que beaucoup d'entre vous vont se faire un devoir d'écrire à Libération pour protester : réclamons la survie des cahiers livres et cinéma de Libération ! ► 12/7/07, rectificatif à la suite d'un appel de Libération. La direction de la rédaction de Libération nous fait savoir que seul le cahier Cinéma du mercredi est remplacé par une « super-séquence ». Elle assure que le cahier livres sera maintenu. Nous changeons en conséquence le titre et modifions un paragraphe du texte du blog d'Antoine de Baecque.
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De
08H19 | 12/07/2007 |
que va-t-il rester de LIBÉ si on supprime la culture ? comment LIBÉ peut il envisager l'opposition au nivellement culturel bas du front du gouvernement que nous n'avons pas élu sans ces pages qui sont la seule pensée de résistance …
supprimer la culture, c'est du sarkosisme pur et dur. supprimer ces pages, c'est se shooter dans le pied. La question qui reste sans réponse, c'est pourquoi …
De
16H50 | 18/07/2007 |
perso, j'achetais Libé tous les lundis et les mercredis pour les cahiers emploi (et les dessins de Vuillemin) et pour le cahier ciné. C'est comme ça que je suis venu à Libé et il m'arrivait donc de l'acheter d'autres jours quand je voyais un couv qui me plaisait… Que va devenir Libé désormais ? Un Monde (bis) ? J'ai l'impression que le direction veut vider de sa substance le vrai Libé que j'aime. Alors tant pis ! Je lirai rue89.com ou d'autres sites mais je n'achèterai plus le canard… Dommage !
De
17H37 | 18/07/2007 |
Oui, mais il faudrait que rue89 ouvre un petit coin « histoires de boulot » et qu'elle demande à Vuillemain de venir illustrer à chaud. Là, ce serait parfait.
Ce cahier emploi était vraiment une très bonne idée. Comme d'habitude, ça tenait à des journalistes qui savaient raconter s'en s'emmêler les pinceaux (y compris, bien sûr, Vuillemain, journaliste-dessinateur de presse).
De
08H32 | 12/07/2007 |
Je n'achète régulièrement Libération que le mercredi, pour le Cahier Cinéma. D'autres jours, parfois. Mais le mercredi est un rendez vous fidèle. J'ai gardé tous les cahiers depuis 5 ans. Ils sont sur une étagère, ils jaunissent lentement. De temps à autre, je vais y glaner une information. Sans eux, Libération n'a plus de battements de coeur.
Et puis Libé, c'est Daney. C'est le cinéma du quotidien. Le quotidien du cinéma. Celui qui est encore comme le lieu d'un enjeu politique. L'intelligence de percer dans les images contemporaines les reflets et les convulsions de notre époque. Une manière bien plus profonde de parler de l'actualité.
Où vont-elles désormais aller s'épancher, s'étaler, disgresser, les griffes et les plumes de Libé ?
Je suis écoeurée. Un peu comme si la petite musique du Cinéma de Minuit s'éteignait.
Vais-je encore acheter Libération ?
Un quotidien sans battements de coeur, c'est dégueulasse, c'est mort comme de la viande froide.
Anne F.
De
15H58 | 12/07/2007 |
Ah bon Antoine de Baecque a « créé » le Cahier Cinéma de Libération ? Première nouvelle que Rue 89 pourrait aisément vérifier (vu le nombre de transfuges de Libération)
Bravo en tout cas à l'équipe
De Yann Guégan 1836
Rue89 | 22H36 | 12/07/2007 |
Je ne suis pas un transfuge de Libération, mais li se trouve que j'y étais de passage quand le quotidien a lancé la cahier cinéma, sous la (bienveillante) férule d'Antoine. Ou alors c'est quelqu'un qui lui ressemblait beaucoup et portait le même nom.
Qu'est-ce qui vous fait ainsi douter de cette information ?
De
09H00 | 12/07/2007 |
Pauvre Libé !
De jour en jour, tu vires, tu sabres, tu minçis…
Si tu t'imagines
Qu'ça va qu'ça va qu'ça
Va durer toujours
La saison des a
La saison des a
Saison des amours
Ce que tu te gourres fillette fillette
Ce que tu te gourres
Les cahiers cinema et livres étaient les derniers charmes de cette jeune fille aujourd'hui quelque peu flétrie qui se donne des allures de rentière (n'est-ce pas madâââme de Rothchild..).
Et si vous supprimiez plutôt les pages économie et les cours de bourse qui concernent quoi ? 1% des lecteurs qu'il vous restent.
Les fantômes de Libé (merci Eric Aeschimann) doivent une fois de plus se retourner dans leur tombe…
De
09H32 | 12/07/2007 |
C'est triste, vraiment triste, de subir, de jour en jour l'anéantissement de l'esprit critique dans ce pays. Comme beaucoup, je n'achète plus Libération depuis l'arrivée de Joffrin, qui m'insupporte depuis des années. Je pressentais une fin, mais pas aussi triste : s'attaquer à la culture est la démonstration même de la perfidie de cet ignoble bonhomme ! A croire qu'il veut être dans les bonnes grâces du Président de certains français : la culture, ce n'est plus le point de vue d'un auteur - critique historien, cinéastes, écrivains - la culture aujourd'hui, c'est Polnareff et les paillettes, c'est le divertissement, ce qui dévie des véritables enjeux artistiques et forcément politiques de notre société.
De
09H47 | 12/07/2007 |
quel mépris !
C'est exactement ce qui conduit à ce genre de situation ! Vous décrétez ce qu'est la culture, en moquant ceux qui n'ont pas eu la chance ou l'opportunité de connaître ce qui se décide dans les salons. Ce n'est pas en décidant dans vote coin que Polnareff (par exemple) n'appartient pas à la culture que vous amènerez un lectorat à évoluer vers la soupe que vous voulez vendre
De
10H24 | 12/07/2007 |
Alors JUSTEMENT dans le cahier cinéma du 4 juillet, une chronique d'Olivier Séguret intitulé : « Leclerc et le Mépris » :
« L'actuelle campagne des hypermarchés Leclerc cherche dans ce spot à vanter sa prétendue dimension culturelle. Le film nous montre un couple de bobos urbains caricaturaux, en goguette, dans un village méridional splendide et isolé, où les habitants semblent figés dans un espace temps artistique et culturel lamentable….
Mais tandis qu'ils quittent le village gonflés de leur supériorité et de leurs certitudes, ses habitants quittent leur masque inculte et se livrent entre eux aux plus nobles activités…
A t on encore la possibilité de dire aux concepteurs de cette campagne … qu'elle véhicule une idéologie ignoble ? Qu'elle fait de la culture l'utilme et la pire des plateformes d'un affrontement social désespérant, qu'elle encourage une vision du monde où l'étanchéité des classes et des types serait immuable, où le rat des villes et le rat des champs n'auraient aucune chance de jamais communiqués, où tout le monde urbain comme provinciaux, serait prié de garder son petit porte-monnaie de culture bien caché chez soi ? …
Sous l'invention totalement factice de ce village xénophobe où l'étranger de la ville est non seulement détesté mais grugé puisqu'on lui offire le spectacle mensonger de l'ignorance culturelle pour mieux signifier ensuite que l'on en connaît tous les tours, c'est un concentré de haine sociale qui s'exprime. Ce que ce spot dit aux uns et aux autres, c'est qu'ils ont bien raison de s'ignorer, d'entretenir une suspicion mutuelle et des convictions respectivement erronées et qu'ils doivent même continuer ainsi à ne surtout rien échanger, sinon des regards de mépris, de dédain , de méfiance ou de narquoise commisération. Au nom de la culture et du bon marché. »
Et bien non, il ne pourra plus le dire bientôt…
De
11H12 | 12/07/2007 |
mouais il réfléchit trop…il se sent visé peut-être ?
je suis provinciale (de Nancy) et bien le mépris des parisiens est bien tangible, persuadés qu'en Lorraine on ne peut voir que Mission Impossible au cinéma, et que Johnny en concert. hé bien non. et puis ce spot m'a fait hurler de rire.
cela dit c'est bien dommage que libé supprime ses cahiers. au nom de quoi ? peut-être qu'eux aussi croient que s'ils veulent toucher un « lectorat populaire » il faut rabaisser la culture ? pauvres snobs du haut de leurs tours de verre.
De
09H42 | 12/07/2007 |
Vous n'avez pas l'air de vous rendre compte de l'attente du lectorat. Après avoir joué la gauche « intello », « bobo », Libé a oublié qu'elle pouvait toucher un lectorat plus populaire qui n'adhérait pas forcément à ce que vous proposiez (vous n'avez pas cherché à le former, non plus).
Alors , votre étonnement est-il réel ou feint ? Si il est réel c'est beaucoup plus grave !
De
10H09 | 12/07/2007 |
Ah oui, en effet, les films qui sortent sur 250 copies dans tout le pays le même jour, c'est de la culture de Salon… bien sûr.
De
10H32 | 12/07/2007 |
Bonnaud viré de France Inter, disparition des cahiers de Libé, ça commence à devenir difficile ! ! !
De cardamome
10H58 | 12/07/2007 |
Bon, du moment qu'ils gardent Edouard Launet…
De frmwa
11H43 | 12/07/2007 |
Il y eut un temps où on ne savait plus quoi ajouter comme carnets et comme suppléments avec le Libé en couleurs criardes, maintenant on ne sait plus quoi y supprimer. Comme on l'a fait remarquer, ces carnets étaient un peu des sanctuaires, dans le quotidien certes mais à distance du fracas de l'actualité. Bon, c'est comme le reste, la gauche et tout ça…
Face à TF1, TF2…. TFn, la presse écrite était un repère, maintenant il ne va bientôt plus y avoir que la jungle ou le marécage du Net. Et les mondes virtuels à la carte.
De
11H51 | 12/07/2007 |
Désolé mais la disparition de ces cahiers est une bonne nouvelle ! Depuis l'arrivée de Joffrin, Libé est redevenu un bon canard, cohérent, mordant et le graphisme épouvantable des cahiers jurait avec le reste du journal. La fin de ces cahiers ne signifie évidemment pas la disparition de la culture dans libé…
De
12H26 | 12/07/2007 |
July reviens ! J'ai adoré ce canard ! Depuis que Joffrin est là je ne l'achete plus ! ce type est un suppo de Sarko ! Hélas plus beaucoup de journaux de gauche. quelques amis se sont abonnés pour que libé vive..mais leur deception est grande !
Le seul truc qu'avait libe c'etait justement les cahiers litterature et ciné !
Tant pis ! ..ils sont trop cons !
De Valdo Lydeker
journaliste, auteur | 12H29 | 12/07/2007 |
Ce n'était plus tout à fait Daney, il y a eu des engouements ou des descentes assez « phénomènes de mode » mais c'est quand même une mauvaise nouvelle. C'est exactement la pente du Nouvel Obs qui était une référence intellectuelle (ne vous marrez pas) dans les années soixante dix, avant de devenir un Paris Match de gauche où la place de la culture est étique (et pas vraiment éthique, mais proportionnelle à celle des annonceurs culturels).
JOffrin s'est affirmé comme fossoyeur de réflexion sur la culture…
Pendant ce temps, là, on lance un supplément débile (next) sans aucun intérêt, comme les cahiers « tentations » qui ne sont que de la pub déguisée…
Si ça se confirme, j'arrêterais d'acheter Libé, ce que je faisais d'aileurs surout pur Pierre Marcelle. D'aillerus, les papiers culturels intéressants, ceux de Thibaudat notamment, sont sur Rue 89 !
Et, entre parenthèses, je trouve le graphisme du Chaier livres plutôt réussi.
De
12H53 | 12/07/2007 |
Incroyable ! Nouvel avis de décès. Quelle période de régression. En ce moment, on annonce sur le site du Monde que 77% des revenus des agriculteurs sont faits de subventions et Libé, dernier bastion culturel avec son cahier Ciné, serait prêt à brader les bijous de famille. Et Azoury, et Lefort, et Seguret, et les autres… Où va-t-on les lire maintenant ? Sur Rue 89 ? Avouez que ça aurait plutôt de la gueule.
Ou alors faites péter la pétition. Faudrait éviter de perdre Schneidermann et Libé la même année.
Qu'est-ce qu'on va faire le mercredi ?
De
14H15 | 12/07/2007 |
» Qu'est ce qu'on va faire le mercredi ? ? ? »
Ben… y a not » président qui veut nous faire tous bosser le mercredi et si possible en heures sup défiscalisées…
Désolé… je résiste pas…
Bad news for Libé. C'est aussi le grand ménage là-bas…
Note : il paraît que le texte de loi sur les heures sup » fait état de 500 amendements ! ! ! ! C'est vrai ? ? ? ? ( à Rue 89 )
De
13H00 | 12/07/2007 |
Le plus drôle, c'est de se voir reprocher un mépris à l'égard de la culture dite populaire ! Mais qui donc dispose du pouvoir, de l'argent, des plans marketing et d'un accès automatique aux mass media : la culture savante ou la culture dite populaire ? Qui l'emporte désormais ? Qui écrase l'autre ?
Quand bien même la culture savante mépriserait la populaire, ce serait de peu de poids à la surface de ce monde. Hélas pour nous !
De Valdo Lydeker
journaliste, auteur | 14H01 | 12/07/2007 |
@ l'auteur du poste de 13H :
Ne tombons pas dans le piège tendu par les libéraux populistes qui voudraient nous faire confondre la « culture » (abrutissement ? ) de masse véhiculée par l'audiovisuel et laculture populaire. La culture populaire, par définition, est issue du peuple et ça va des musiques traditionnelles au slam, du conte au blues, de l'art brut au graph..
Rien à voir avec les produits formatés du divertissement de masse.
à Valdo Lydeker
De
15H18 | 12/07/2007 |
cela dit n'opposons pas « culture » et « divertissement ».
J'espère que vous ne vous forcez pas à voir et à lire des trucs qui vous ennuient juste pour faire bien.
et il y a des choses qui ne sont pas « de masse » (à dire avec tout le mépris qu'il convient)que je trouve très divertissantes.
et puis on peut aimer les films d'auteur et ne pas cracher sur un bon gros Spiderman.
De
17H12 | 12/07/2007 |
moi, ce qui m'ennuie c'est cette merde à chier qu'on nous refile tous les jours…. on ne lit pas des choses qui nous ennuient juste pour faire bien. C'est débile de penser cela. C'est même pervers…
De
14H10 | 12/07/2007 |
C'est effectivement lamentable et incompréhensible, le cahier cinoche de Libé était le vrai défricheur de tendances dans la presse généraliste. Quel gâchis, quelle tristesse ! Joffrin est un abruti et son cahier Next pue vraiment.
Si cette nouvelle se confirme, j'arrête de filer mon fric à Rotschild illico.
De
14H42 | 12/07/2007 |
Je viens de regarder le long et passionnant documentaire de Gérard Guégan intitulé : « Toutes les histoires de dragon ont un fond de vérité ». Ce film raconte l'histoire du quotidien Libération mais surtout la crise majeure et déterminante qu'a connue le journal en 1981. Quand Serge July et d'autres décident l'arrêt du journal pour sa remise en question. Il y aura des maintenus, des démissionnaires et des licenciés. Je me souviens qu'à l'époque en tant que lecteur, je soutenais ceux qui partaient de Libé parce qu'ils estimaient que c'était se renier que d'y rester dans les nouvelles conditions imposées par July. L'avenir leur donnera raison quand on voit aujourd'hui la déliquescence de Libération qui n'en finit pas de mourir. J'avais 13 ans quand j'ai commencé à lire Libé en 1973, c'était une bouffée d'oxygène sous l'Etat pompidolien puis giscardien. Un lieu de liberté et de créativité où les lecteurs étaient conviés. C'est dans Libération et son mythique courrier des lecteurs que j'ai publié mes premiers textes. J'ai dû arrêter d'acheter Libération au milieu des années 80. Ce documentaire est le symbole de tous les futurs retournements de vestes, toutes les petites et grosses lâchetés à venir, tous les renoncements à ses rêves. Heureusement, certains n'ont jamais renié leurs convictions et ont continué à vivre debout bon an mal an. Il y a quelques années, j'ai vu Serge July, invité dans une soirée de remise de prix pour les meilleures publicités de l'année, faire un discours à la gloire du publicitaire, de l'annonceur donc, principal financier de la presse écrite. J'étais mal pour lui tellement c'était pathétique.
De PlayPause
17H09 | 12/07/2007 |
Bon, ben, ya pas à tortiller… Bravo, les anciens de Libé, vous avez réussi à me total-démotiver ! Déjà que je cherche l'info dans Libé… Je ne vois qu'une solution, sans ciné, sans livres : me désabonner…
à PlayPause
De Pascal Riché
7
Rue89 | 19H27 | 12/07/2007 |
Ce n'était pas l'intention. Libé lance aussi des nouveaux projets…
à Pascal Riché
De Clarence
2860
10H25 | 13/07/2007 |
Bonjour.
… sauf que les nouveaux projets, comme Valdo L. le dit ci-dessus, ne sont pas au niveau des cahiers que Libé supprime.
D'ailleurs, les suppléments séparés du journal n'ont jamais fonctionné, et un clou, régulièrement, chasse l'autre.
Le cahier « cinéma », lui, était intégré au journal et y nageait, le mercredi, comme un poisson dans l'eau.
[ Ceci étant dit, ça fait lurette que je n'achète plus Libé version papier, alors…]