
Fripon, sublime ou atroce : le sexe en temps de guerre

Au musée de l'Armée, on peut voir Lee Miller nue dans la baignoire d'Hitler. Cela pourrait être un sommet de l'érotisme bizarre ; c'est tout simplement une photographie de guerre, et l'un des documents étonnant de l'exposition « Amours, guerres et sexualités, 1914-1945 ».
Le 1er mai 1945, la mannequin et photographe arrive à Munich, et s'installe dans l'immeuble de la Prinzregentenplatz, la maison bavaroise d'Hitler. Il y a des jours qu'elle ne s'est pas lavée et traîne le même uniforme crasseux. Elle a débarqué en juillet 1944 sur le front en Normandie, appareil en bandoulière, enrôlée par Vogue comme photographe de guerre. Elle suit l'armée américaine, et sa difficile progression, dangereuse, douloureuse, à travers l'Europe.
En avril 1945, elle est à Buchenwald, puis à Dachau, dont elle décrit minutieusement l'enfer dans des articles, des lettres, des photographies bouleversants. Là voilà désormais chez Hitler, qui s'est suicidé à Berlin. Et là, elle prend un bain, magnifique, pudique, enfin propre, le gant de toilette à la main, dans une baignoire chic et immaculée. Au sol, ses rangers crottées, sur un tabouret, l'uniforme sale. A sa gauche, une photo de Hitler, dérisoire ; à sa droite, la statuette d'une femme nue, provocatrice.
Au milieu, le visage de Lee Miller, photographié par son amant des mois de guerre, David Scherman, un visage beau et las, soulagé et fatigué, féminin et pudique. Le corps de cette femme superbe a pris la place de celui d'Hitler, corps inimaginable, mais ce triomphe de l'amour ne porte pourtant qu'une immense mélancolie.
Comme si la trace de tous les autres corps, ceux que Lee Miller a vu tomber, a vu enterrés, a vu décharnés, des plages de Normandie à Dachau, était ineffaçable et s'imprimait en surimpression sur la nudité de cette image. Cette femme ne pourra plus jamais être nue comme avant.
Le temps de la guerre est aussi un temps de l'amour
L'exposition Amours, guerres et sexualités, 1914-1945, organisée par la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) et le musée de l'Armée aux Invalides, propose des dizaines de documents, affiches, photographies, dessins, extraits de films, livres et livrets, gravures, peintures, caricatures, médailles, objets.
Ils ont été rassemblés autour de ce thème « sensible » par trois chercheurs, François Rouquet, Fabrice Virgili et Danièle Voldman, et montrent exemplairement comment le temps de la guerre est aussi un temps particulier de l'amour, de ses représentations comme de ses pratiques. Mais un amour exceptionnel, comme placé en état de belligérance et d'urgence, parfois d'une violence extrême, qui peut l'empêcher ou au contraire en augmenter l'intensité et la nécessité, un amour souvent fait de clandestinité, de secret ou de contrainte.
On croise lors de cette exposition -et c'est important-, les problématiques les plus actuelles de la recherche en histoire contemporaine, sur la violence de guerre, sur les représentations des rapports hommes/femmes, sur le contrôle de la sexualité et sa « fabrique », sur la perception virile ou féminine des événements historiques.
On y voit soudain incarnée cette mutation des liens entre hommes et femmes induite par les deux guerres mondiales, au niveau le plus intime, celui de l'amour et de la sexualité. Ce thème qui traverse l'histoire de tous les belligérants est ici illustré aussi bien sur le plan des pratiques, des imaginaires que des représentations.
Quand les armées jouent sur les stéréotypes féminins
L'exposition des Invalides montre ainsi des séries d'images coquines liées aux permissions des poilus de la Grande Guerre (des cartes postales : « Positions du tireur permissionnaire, debout, à genoux, couché », où tout prend un sens grivois dans la langue militaire, ou encore ce « Secteur idéal : dommage qu'on ne le trouve qu'à l'arrière ! “, que lance un permissionnaire, allusion là encore grivoise à la chose doublement sexuelle et stratégique).

Mais, dans ce registre de l'obscène, il existe également cette image atroce d'un viol de femme qu'un soldat allemand conservait comme un trophée en 1945. Ou encore le puzzle de propagande reproduit ci-dessus, qui montre une jolie Anglaise dont le reflet, dans le miroir, est une brune épaisse au nez crochu, stéréotype de l'antisémitisme.
On y voit encore toutes les affiches de propagande pour l'enrôlement dans les ‘corps’ d'auxiliaires féminines de la France libre, en 1942, ou dans les unités médicales et administratives de l'armée américaine ou soviétique, qui tentent d'imposer une image positive et ‘virile’ de la femme.
Au contraire, il y a celles qui devaient effrayer les soldats (allemands, français, américains) des armées d'occupation -en jouant sur les stéréotypes féminins négatifs de la mort et de la déchéance : gare aux maladies vénériennes, qui peuvent faire autant de dégâts qu'une bataille perdue…
Les images des prostituées, des bordels, des maisons closes, sont innombrables, comme cette photo prise à Brest, d'une maison close de la Wehrmacht installée dans une synagogue réquisitionnée, humiliation pour l'étoile de David qui voisine avec les horaires d'ouverture des dames.
Mais le sexe et l'amour sont parfois rendus plus glamour ou romantiques par la guerre, ainsi des multiples pin-up girl, que les boys punaisaient au mur, ou de cette photographie fragile d'un mariage en plein maquis du Tarn, dans la nature, où l'aumônier unit un combattant avant qu'il ne retourne combattre.
Enfin, les images les plus impressionnantes peut-être, sont celles de l'humiliation des tondues, phénomène s'étendant partout dans l'Europe qui se libère entre 1944 et 1945, ou celles, rares mais saisissantes, de la grande ‘peur du Noir’ qui saisit les populations occupées, en Allemagne après 1918 et après 1945, avec l'arrivée des troupes coloniales françaises et des soldats de couleur américains.
Le stéréotype de la virilité africaine, qui s'est répandu en même temps que les troupes coloniales dans l'armée française dès la Première Guerre mondiale, célébré par plusieurs dessins, photos et gravures folkloriques, se transforme alors, et se retourne, en une sorte de cauchemar fantasmatique contre ceux-là mêmes qui l'ont façonné.
Comme sur cette ‘médaille de la honte noire’, gravée lors de l'occupation de la Rhénanie par les troupes coloniales françaises, après 1918 et les nombreux viols qui y ont eu lieu, où une femme allemande est attachée à un poteau d'exécution qui a pris la forme d'un énorme sexe noir en érection, surmonté d'un casque de poilu. Souillée et victime, la femme est comme punie par l'histoire et par le mythe viril que les représentations ont forgé auparavant.
La proximité de la mort pousse à la passion, au plaisir et à la transgression
En temps de conflit, quand on s'aime -qu'on le dise, qu'on le fasse, qu'on le figure, ou qu'on l'imagine- tout est bouleversé. La séparation, l'imprévu, la blessure, l'occupation, la violence, l'urgence, la rencontre, tout cela a de multiples conséquences sur le fait amoureux, le projetant le plus souvent vers la situation exceptionnelle et hors norme.
La proximité de la mort et la précipitation du temps semblent renforcer l'aspiration à la passion, au plaisir, voire à la transgression. Et, par contre coup, les autorités veulent régler la sexualité des armées comme celle des civils, qui deviennent des affaires d'Etat. Bordels, prostitution, repos du guerrier, politique de viols et de violences sexuelles, punitions des femmes, répression des hommes, tout peut servir, à travers le corps, pour apaiser, satisfaire, agresser, punir, normer, aussi bien les héros que les ennemis.
C'est un stéréotype certes, mais l'exposition des Invalides l'assume et l'affirme avec force et intelligence : ici, l'Histoire prend corps.
► Amours, guerres et sexualités 1914-1945, exposition organisée par la BDIC et le musée de l'Armée - Hôtel national des Invalides, 129, rue de Grenelle, Paris VIIe - jusqu'au 31 décembre - 10h-18h jusqu'au 30/9, 10h-17h après - 6€/8€ - Rens. : 01-44-42-38-77. - plan.
► Livre-catalogue sous la direction de François Rouquet, Fabrice Virgili et Danièle Voldman - éd. Gallimard - 176p., 23€.

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De
19H21 | 27/09/2007 |
Hitler n'habitait pas Prinzregentenplatz mais 100, Prinzregentenstrasse. Sa baignoire a Berlin dans les ruines de la chancellerie ? ? ?
De
20H31 | 27/09/2007 |
Il semblerait que vous vous mettez le doigt dans l'œil !
« Da Hitler bis zu seinem Tod mit Wohnsitz am Prinzregentenplatz 16 in München gemeldet war… »
De
20H37 | 27/09/2007 |
Lee Miller n'a pas été enrôlée par Vogue comme correspondante de guerre, elle a commencé quelques années avant dans ce magazine pour des photos de mode.
En revanche elle a bien été accréditée auprès de l'US Army, ce fut certanement la seule correspondante de guerre féminine.
Scherman travaillait lui pour Time Life.
intéressant article.
De
00H09 | 28/09/2007 |
intéressant vous dites ?
en quoi la guerre est chose intéressante et qu'on parle de ça comme si on parlais de la gastronomie ou de la photographie de mode , c'est honteux , c'est vraiment honteux , ça me répugne , vouloir faire passer la guerre pour un simple fait divers avec ses propres anecdotes, toutes les victimes de ces guerre qui payent jusqu'à maintenant le prix de l'arrogance occidentale .
allez voir cet article , http://www.voltairenet.org/article151597.html il va vous éclairez , vous aller voir ce genre de conneries qu'on appelle article intéressant avec plus de clairvoyance .
ce journaliste ferai mieux de chercher des sujets beaucoup plus intéressants qu'un nu dans une baignoire .
De poincarré
00H19 | 28/09/2007 |
attention le site fait mal aux yeux
à poincarré
De
10H56 | 28/09/2007 |
sur quel site il faut allez voir
De poincarré
12H07 | 28/09/2007 |
http://www.voltairenet.org/article151597.html
c'est sur ce site.
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 04H04 | 28/09/2007 |
Ref : CA 19.09 Il ne faudrait pas oublier..
http://nouvellesociete.org/5143.html
Pierre JC Allard
De
18H29 | 28/09/2007 |
Pour tous renseignements au sujet de Lee Miller en temps de guerre, dans la baignoir d'Hitler et aupres de l'US Army, lisez la nouvelle biographie de Carolyn Burke, Lee Miller, dans l'oeil de l'histoire, une photographe (Editions Autrement).
De
10H05 | 10/10/2007 |
Sur la carriere de Lee Miller, voir la nouvelle biographie de la photojournaliste par Carolyn Burke, Lee Miller, dans l'oeil de l'histoire, une photographe (Editions Autrement, 2007) et la critique parue dans Le Point du 4 octobre 2007 : http://www.lepoint.fr/content/culture/article ? id=203878
De poppy S
21H08 | 27/09/2007 |
très bel article. J'y serais pas allè : j'irai !
la problématique est très complexe. Michel Foucault aurait apporté un éclairage extraordinaire.
De Norkhat
00H26 | 28/09/2007 |
les guerres… ce sont avant tout des destins déchirés
des histoire d'amour…apollinaire aux tranchée
des histoires d'horreurs de la rouge armée
et cette fameuse lettre de la femme du guerrier…
la guerre et le viol…
mais la guerre est une forme de viol collectif
les crimes tus,
pire que la mort
la violence…
et des amours furieux, des amoureux dans la flamme, sans lendemain
d'un poème de rené char, pour la vie
pour l'avenir…
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 02H28 | 28/09/2007 |
Rhaaaah lovely ! ! !
La petite mort avant la grande !
De
04H59 | 28/09/2007 |
curieux article qui exalte la sexualite en temps de guerre et s'attarde sur ses aspects les plus anecdotiques, quand la verite helas est ailleurs. le sexe en temps de guerre, de nos jours encore et toujours, c'est d'abord le viol…
femmes gibier,femmes butins que l'on viole a l'arrache comme on pille les maisons, que l'on viole systematiquement pour humilier l'adversaire vaincu, ou a la chaine , par visee politique.
l'avancee des troupes russes en allemagne en 45 a laisse des milliers de femmes traumatisees.
Et meme la France n'a pas ete epargnee, il y a eu de tres nombreux cas en normandie, longtemps caches par l'armee americaine.
Pour ceux qui ne se rendent pas bien compte je recommande le film allemand « der Feind im Inneren“( je ne connais pas le titre francais, desolee), magnifique fresque de la guerre de 39-45 vue de l'allemagne puis de la guerre froide. Les scenes de viols y sont insoutenables. insoutenablement vraie.
Desolee de jouer les trouble-fete casse-bonbons, mais au nom des femmes , au nom de l'histoire, des bosniaques et des femmes du darfour, je pense que ca doit etre dit et redit.
De Succédané
| 08H51 | 28/09/2007 |
Ce film évoque t il le comportement des soldats français en 45 en Allemagne ? pas brillant non plus
à Succédané
De
04H25 | 29/09/2007 |
…non, la partie du film qui se deroule durant la guerre se passe en allemagne de l'est donc le comportement des francais « liberateurs“/ occupants n'est pas montre…
ca ferait d'ailleurs un excellent sujet de film apres les dizaines de films sur le sort de la pauvre france occuppee…
L'interet de ‘der feind im inneren’ est d'ailleurs justement de retourner la situation et de montrer comment s'est passe la ‘liberation’ de l'alemagne du point de vue des populations allemandes…
De
10H48 | 28/09/2007 |
je suis une femme et je considère dangereux de ne voir que le viol dans cet article pourtant parfaitement mesuré
oui le viol est atroce
oui il y a eu des horreurs
et pour info il y en a encore il suffit de regarder ce qui se passe en afrique
est-ce pour autant que pour une fois on ne puisse pas aborder la guerre en parlant des petites choses qui l'ont rendu supportables ?
De pablico
13H35 | 28/09/2007 |
C'est quoi la guerre ?
Prendre des gens « normaux » peut-être religieux, bien éduqués etc.
Et en faire des bêtes à tuer ou à être tué.
Donc ces gens là, savent pertinemment qu'ils sont des vivants en sursis.
En plus des traumatises d'horreur qu'ils subissent, ils vivent ce traumatisme. Alors leur demander de se comporter en hommes policés, c'est un peu trop.
D'ailleurs personne d'essaye de les rendre policés.
Il n'y a qu'à voir les populations de soldats rendus à la vie civile. Certains ne s'en sont jamais remis.
Ceux de 14, de 45, et ceux tout près de nous du Vietnam, et de Afghanistan.
Un Homme n'a jamais été un robot, ni un héros de film ou de jeu vidéo.
Et vive la guerre….comme dirait Kouchner.
De Tom Bombadil
06H28 | 28/09/2007 |
Très bon papier, juste mesure, sage, fort et beau. Certes, la guerre c'est moche, très moche. Si moche que parfois elle nous empêche de penser. Et c'est normal : la violence radicale c'est la mort de la pensée. Merci à l'auteur de ne pas tomber dans ce piège-là. J'irai voir cette expo.
P.S. technique pour les mécanos de Rue : J'ai été logué automatiquement aujourd'hui, mais sous deux identités successives qui n'étaient pas la mienne…
De pikasso02
09H06 | 28/09/2007 |
Beau travail sur la guerre et Lee Miller.
Pour ceux qui ne pourront pas se déplacer pour voir cette exposition, vous pouvez retrouver sur Google de nombreux documents en cliquant Lee Miller.
à pikasso02
De pikasso02
10H43 | 28/09/2007 |
Je viens compléter ce que j'ai écrit à 10h06 : cliquer lee miller sur Google sur IMAGES. Vous l'auriez sans doute fait ! Pour celles et ceux que ça intéresse, je prépare un hommage à Picasso et à Lee Miller, un peu spécial. Il devrait être visible en fin d'après midi sur mon site.
http://pikasso02.skyrock.com/
à pikasso02
De
12H37 | 28/09/2007 |
Pourquoi cher confrère avoir cliqué sur « naze » ? Les infos sur Lee Miller que nous trouvons sur Google IMAGES à lee miller, viennent compléter cet excellent papier sur l'expo. Bien sûr, comme toujours, il faut trier ! Mais les images concernant Lee Miller sont très instructives et en grand nombre.
De
09H20 | 28/09/2007 |
http://www.dhm.de/ausstellungen/endeanf/gifs/fotos/mill165.jpg
De pikasso02
12H44 | 28/09/2007 |
Un complément pour le courageux anonyme de 10h20. Cliquer lee miller sur Google IMAGES. Vous trouverez des images de Lee Miller en grand nombre qui viennent compléter à merveille ce papier sur cette exposition.
http://pikasso02.skyrock.com/
De
09H32 | 28/09/2007 |
se trouve la :
http://www.dhm.de/ausstellungen/endeanf/gifs/fotos/mill165.jpg
De Yann Guégan
Rue89 | 17H03 | 28/09/2007 |
… mais nous n'avons pas eu l'autorisation de la reproduire sur Rue89.
De Rosalba
09H43 | 28/09/2007 |
Un très bel article. Merci !
De
10H38 | 28/09/2007 |
Il faut lire aussi les essais consacrés aux exactions des troupes occupantes pendant la 2eme guerre entre 44 et 45 comme « La Face cachée des gi's : Les viols commis par des soldats américains en France, en Angleterre et en Allemange pendant la Seconde Guerre mondiale » de J. Robert Lilly, très bien documenté. c'est un historien américain spécialiste de criminologie et qui a longuement enquêté sur le sujet dans les différents pays concernés.
Il a fait l'objet d'un documentaire sur Arte il y a quelques semaines aussi. La face cachée des libérateurs si on peut dire..
De
10H43 | 28/09/2007 |
Super papier
La guerre c'est moche oui
Mais désolé pour les bisounours qui s'offusquent de tout, c'est l'Histoire avec un grand H et c'est aussi toute une série de petites histoires
Pendant la guerre des gens ont fait l'amour, souri, joui même… c'est la vie, c'est comme ça aussi que pas mal d'entre nous sont là aujourd'hui pourquoi on ne pourrait pas parler de ça ? Parce qu'il y a eu des viols pendant la guerre on devrait zapper toutes les petites choses heureuses qui ont fait tenir les gens pendant ces années noires ? Quel manque de recul et de discernement… Je suis effarée par la bêtise de certains
De poincarré
12H30 | 28/09/2007 |
http://www.voltairenet.org/article151597.html
regarder ce que vous appelez l'histoire avec un grand H , vous aller vraiment être effaré, vous aller peut-etre vous rendre compte de la gavité de la chose .