
Au « bar du cinéma », on enterre dignement Antonioni et Bergman

Le 31 juillet au soir, au « Bar du cinéma » la plupart des tables sont vides. L'ambiance est morne. C'est mort. Les quelques clients, des habitués, discutent à voix basse. La double disparition de Bergman et Antonioni, à moins d'une journée d'intervalle, d'un bord de l'Europe à l'autre mais dans le même continent, le 7e, celui des auteurs de films, a jeté un froid glacial.
C'est l'hiver qui tombe sur le cinéma l'été. Je m'attable, un verre à la main. Nicolas Klotz arrive et prend silencieusement la chaise contiguë. Il a tourné « Paria », « La Blessure », « La Question humaine », il aime le cinéma, il vit avec. On discute.
De Baecque : Je pense à Manoel de Oliveira et ses 99 ans. Il doit s'accrocher, c'est le dernier qui nous reste, le dernier qui aie commencé avant la guerre, même au temps du muet, avec son « Douro » tourné en 1931 à 23 ans. J'espère qu'il n'a pas les informations, qu'il ne lit pas les journaux, qu'il n'apprendra que plus tard la mort de ses frères. J'espère qu'il tourne. Et à cette heure, il devrait être sur l'Atlantique, voguant quelque part, réalisant son film sur Christophe Colomb. Tiens bon, Manoel…
Klotz : Moi, je pense aussi à Manoel de Oliveira, né en 1908, mais également à Eric Rohmer (1920), Alain Resnais (1920), Jean-Marie Straub (1933), Jacques Rivette (1928), Jean-Luc Godard (1930), Claude Chabrol (1930)… Bergman et Antonioni sont morts ensemble, l'un à 89 ans, l'autre à 95 ans, comme s'ils se suivaient de près. Une sortie en somme. Ils sont sortis du monde après y avoir fait entrer à eux deux plus de 80 films, dont beaucoup sont des films immenses, infaisables aujourd'hui, irrepérables sur le marché, incompréhensibles pour TF1, des films patrimoine-musées-cinémathèques pour beaucoup.
De Baecque : La coïncidence de leur mort ne peut pas ne pas avoir un sens. C'est trop fort, trop calculé, presque comique. Comme s'ils avaient voulu prendre le même bateau, le même train pour partir, ou la même fusée pour aller ailleurs. Ils vivaient déjà ailleurs, Bergman retiré sur son île de Farö, Antonioni cloîtré dans sa maison romaine, et ils ont voulu, ensemble, aller plus loin encore, plus loin vers l'étrange. Ils se sont littéralement envolés. Je les vois désormais comme deux Robinson tombés sur une île déserte, et qui vont se partager cette terre comme ils se sont partagés le cinéma : à l'un la parole, à l'autre les plans ; à l'un les acteurs, à l'autre les corps et les matières ; à l'un le théâtre, à l'autre la peinture.
Mais ils ont partagé une chose, de tout temps : ils ont incarné deux manières différentes d'être moderne. Bergman parce qu'il fouillait en l'homme en disant trop de choses, Antonioni parce qu'il le dépouillait en n'en disant jamais assez.
Klotz : J'éprouve un drôle de sentiment devant ces deux morts qui ont tant compté pour nous, dont les films ont tant marqué nos jeunesses, tant injectés en nous l'amour du cinéma et du monde et des hommes et des femmes et de l'époque dans lequel nous vivions. A cette époque l'avenir ne pouvait pas s'imaginer sans Bergman et Antonioni, sans leurs films, sans leurs manières d'aimer et de tout donner pour le cinéma, de tout donner pour chaque film, de tout donner pour nous qui entrions dans les salles découvrir l'incroyable beauté de leurs plans.
De Baecque : Ils ont fait passer le cinéma, littéralement, des années 50 aux années 70 : ce sont eux, un peu à la manière d'une cordée désaccordée, qui ont fait prendre conscience aux autres cinéastes et aux spectateurs qu'on pouvait faire du cinéma autrement. L'Eclipse, l'Avventura, la Notte, Le Désert rouge d'un côté ; Les Fraises sauvages, Monika, Le Silence, Persona de l'autre, ce sont ces films qui, dans la polémique le plus souvent, ont fait prendre conscience des changements du monde et du cinéma. Ils ont été les repères sur lesquels s'appuyer.
Klotz : Car ils filmaient des visages et des corps comme pour la première fois, chaque film était un détonateur, une donation, une offrande, un défi lancé au monde et aux jeunes cinéastes que nous voulions devenir. Harriet Anderson, Liv Ullman, Monica Vitti, Marcello, Max Von Sydow, David Hemmings, Vanessa Redgrave, sont pour toujours nos fiancées nos sœurs nos pères nos femmes nos frères nos amis.
De Baecque : Nous même, on est entré en cinéma, on est devenu grand grâce à des films d'Antonioni et Bergman, comme ceux qui nous ont précédé. Eux le faisaient avec « Blow Up » ou « Cris et chuchotements » ; nous c'est avec « Profession : reporter », « Identification d'une femme », ou « Fanny et Alexandre ». Et quand on a grandi avec des films comme cela, il y a des choses qu'on n'acceptera jamais. Jamais on ne pourra accepter Luc Besson, TF1 ou les comédies franchouillardes. Le cinéma, ce n'est pas cela, grâce aux films de Bergman et Antonioni. Ils regardaient loin, et pourtant cet antoniobergmanorama nous regardait chacun d'entre nous, comme des individus pensant et sentant, intimement. Mais, du coup, ces films nous ont donné une incroyable responsabilité : témoigner de ce que le cinéma a pu être cela, une image incarnant si intensément le monde, et qu'il ne fallait surtout pas qu'il démissionne face à cela.
Klotz : Jeff Beck dans « Blow Up » fracassait sa guitare ; David Hemmings se battait comme un punk pour récupérer le manche. Mais le jetait dans la poubelle une fois dans la rue. N'est-ce pas un peu ce qui s'est passé avec la plus belle part du cinéma et peut-être avec la plus belle part de nous-mêmes : à la poubelle. Nous avons dû renoncer à devenir des héros, c'est-à-dire des cinéastes de leur trempe, qui pouvait faire 50 films en une vie, sans fléchir, sans perdre son âme, sans se dissoudre dans la médiocrité des gestionnaires de l'ennui mortifère contre lequel notre cinéma essaye de se débattre comme un punk depuis déjà combien d'années ? Bergman et Antonioni sont morts aujourd'hui, mais quelque chose a disparu depuis combien d'années déjà ? Le Désert Rouge, Monica, Le Silence, Blow Up, La Honte revu il y a deux ans et dont Bergman disait qu'il était raté…
De Baecque : Il y en a si peu de cinéastes dont on peut dire qu'ils ont changé leur art, enregistré les changements du monde, et laissé en héritage des films qui permettent de résister au présent dans une époque qui ne veut plus les comprendre.
Klotz : Il y a eu Tarkovski, que l'un et l'autre d'ailleurs avaient compris et avaient aidé dans les pires moments de sa vie, sur « Nostalghia » pour l'Italien, sur « Le Sacrifice » pour le Suédois. Tarkovski est mort depuis plus de vingt ans, encore jeune. C'est lui qu'ils ont rejoint en ce début de semaine. Tous disparus, très concrètement muets, plus là pour personne : leurs films ne suffisent plus pour nous remonter le moral quand le moral est si bas qu'on se demande s'il pourrait se relever un jour pas trop lointain. Tous nous manquent, violemment envolés, très connement avec le temps va tout s'en va, comme Eustache, comme Pasolini, comme Gabily. L'histoire continue sans eux mais avec leurs films ; un jour elle continuera sans nous avec ou sans nos films.
De Baecque : Il y a eu un moment comme cela, hanté par de grandes disparitions, en 1977. Hawks, Rossellini, Chaplin, Tourneur, Langlois sont morts coup sur coup. Juste avant c'était Lang, puis peu après Renoir et Hitchcock. C'est un temps d'intense et profonde mélancolie, où le cinéma passe. Et il se renouvelle dans le même temps. C'est à la fin des années 70, par exemple, au moment où tous meurent que le cinéma américain est le plus vif et inventif, avec Scorsese, Coppola, Cimino, De Palma… Ce temps de la « mort des cinéastes » est le plus passionnant qui soit : on a l'impression qu'il compte double, que chaque minute de mort est aussi une minute de vie. Il faut s'accrocher à cette idée, même si aujourd'hui que Bergman et Antonioni meurent on peut légitimement se demander ce qui est en train de naître ? Klotz : Quand Ford, Chaplin, Bresson, Tati sont partis, il restait encore Ray, Kurosawa, Pialat, Bergman, Antonioni. Kurosawa écrivait à Satyajit Ray pour son soixante-dixième anniversaire : « J'ai toujours eu l'impression, dès notre première rencontre, que vous êtes le genre d'homme qui est comme un arbre immense. Un arbre immense dans les forêts indiennes. Je vous prie de croître pour avoir un mile de circonférence. Vous êtes le seul qui puissiez devenir cet arbre. Je prie que vous vous portiez bien et restiez fort. » Et sur la photo accompagnant ce texte, on voit Kurosawa et Antonioni.
De Baecque : Qui verrait-on sur la photo aujourd'hui ? Est-ce qu'il y aurait un grand vide ? Est-ce que le cinéma n'est pas un art définitivement passé ? Klotz : Les cinéastes d'aujourd'hui devraient se souhaiter leurs anniversaires, comme Kurosawa le faisait avec Ray, et boire des coups ensemble, comme dans les films d'Ozu.
De Baecque : J'aimerais que Resnais, Rohmer, Rivette, Godard, Chabrol, cette Nouvelle Vague à qui va venir le tour de passer, j'aimerais que tous ils se serrent et boivent des coups ensemble. Pour se prolonger, ou alors pour y aller tous ensemble en se donnant la main. Vers la mort du cinéma en joyeuse bande mélancolique. C'est eux qui pourraient nous dire ce qui disparaît avec Bergman et Antonioni…
Klotz : Avec la disparition de Bergman et d'Antonioni disparaît surtout une époque où le cinéma était amoureux. Les spectateurs aussi étaient amoureux, du cinéma, de la vie, entre eux. Ce n'est pas de la nostalgie, seulement du réalisme : le cinéma est impossible s'il n'est pas amoureux. S'il n'est pas amoureux, il meurt lentement comme tous les êtres humains.
De Baecque : J'aime retenir une autre image, qui accompagne littéralement ce qui disparaît. Ce qui reste au contraire, ceux qui accompagnent les deux cercueils vers le cimetière des grands cinéastes. Le cortège funèbre, ce n'est pas tant la Nouvelle Vague.
Eux, ils boivent des coups chacun chez soi. C'est plutôt le palmarès du dernier Festival de Cannes : Etgar Keret et Shira Geffen (caméra d'or), Marjane Satrapi et Carlos Reygadas (prix du jury), Andrei Zvyagintsev et Lee Chang-dong (prix d'interprétations), Fatih Akin (prix du scénario), Naomi Kawase (Grand prix), Christian Mungiu (Palme d'or). Tous, ils ont moins de quarante ans et viennent de tous les pays où on croit encore au cinéma. Le cinéma se porte plutôt bien s'il est fait par des artistes jeunes qui n'ont pas peur d'affronter les questions les plus urgentes et les plus radicales du moment. Ce cortège-là me rassure et me donne l'envie d'y croire : les rois sont morts, vive les rois ! Klotz : Puisque Bergman et Antonioni disparaissent ensemble, c'est pour nous dire de la manière la plus convaincante qui soit qu'ils ne faut pas oublier le cinéma. N'oublions jamais la puissance, la radicalité, l'élégance et la beauté que leurs films nous ont donné à voir, n'oublions pas.
Alors, au Bar du cinéma, la lumière s'est éteinte. Il était tard dans la nuit, tous les autres étaient
partis. On ferme. Bergman et Antonioni sont morts.
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De
07H00 | 02/08/2007 |
je suis très sensible à cette évocation. Nous avons grandi avec ces maîtres qui nous ont fait aimer le cinéma, comprendre la vie et sa complexité.
Mais tout est illusoire… Et comme leurs prédécesseurs, les voici au Panthéon du cinéma ;
Longue vie à ceux qui sont (encore ) là…
Christian, 63 ans.
De
08H37 | 02/08/2007 |
J'ai bien peur effectivement qu'avec eux ce soit toute une époque qui ait disparu. Il faut s'y résigner le Cinéma est mort.
De
10H58 | 02/08/2007 |
Quel passéisme… Quelques noms : Van Sant, Tarantino, Trier, S. Coppola, De palma, Lynch, Anderson, Ocelot…
De
18H05 | 02/08/2007 |
c'est bien d'interviewer les spécialistes sur nos chers disparus… Mais ils devraient réviser leur copie, ou plutôt revoir les films dont ils parlent si doctement : le photographe de Blow up ne jette pas le manche de guitare dans une poubelle, (c'est pourtant ce qu'on lit partout) ; il le jette directement sur le trottoir. C'est plus classe. Bien sûr, cette mauvaise vision du film est sans doute due à une culpabilité écolo, gardons la ville propre, jettons nos guitares dans les poubelles… Sur le trottoir, c'est comme ça. (même qu'il jette un papier par terre, mais chez lui. Il doit avoir une femme de ménage).
JFR
De
09H19 | 03/08/2007 |
UNE CITATION D'ANTOINE VITEZ : .. » un poète, RACINE, parle à ses contemporains et à un groupe de gens : la Cour. ANTONIONI, qui fut le Racine de la grande bourgeoisie intellectuelle de gauche italienne,procédait sensiblement de la même manière… ».
envoyé par Bérangère Bonvoisin
De
10H18 | 03/08/2007 |
à JFR, de 19h05.
Je me rappelle avoir raconté des films des années après les avoir vus -enfant ou jeune homme-. Leur visionnement ultérieur m'a appris une chose : la mémoire déforme, modifie parfois au point de recréer des scènes entières.
Votre remarque sur le conditionnement « écolo » de nos contemporainsest rigolote mais est-ce volontaire ?
MDv
De
10H53 | 03/08/2007 |
oui c'est volontaire. C'est aussi un danger de l'identification. On l'aime tellement ce photographe qu'on imagine plus, en 2007, qu'il puisse jeter un truc par terre, alors c'est dans la poubelle : je l'ai même lu dans un livre très sérieux sur le sujet (Antonioni), ce n'est donc pas innocent. C'est une remarque qui sue son écologiquement correct. Y avait-il autant de poubelles urbaines en 1966 qu'en 2007 ? De plus c'est n'avoir rien compris au personnage que de le voir mettre un truc sagement dans la poubelle : ce mec est un goujat machiste qui roule en rolls et ne deigne pas filer 1 pound au sdf qui passe au large mais file un bifeton aux clowns… Il est très désagréable avec ses employés et les femmes, n'en parlons pas. D'autre part, si on parle sérieusement du film, il y a dedans un rappotr au sol non négligeable, je ne vais pas faire la liste mais regardez le film de ce point de vue et vous verrez. donc c'est normal qu'il jette le manche par terre : ensuite, un type qui discute dans la rue le voit faire et à son tour le ramasse, puis le jette à nouveau au sol : difficle de voir une poubelle ! ! ! Bon c'est vrai que de raconter ou de se faire une idée longtemps après, on fait des erreur d'interprétations. Mais quand on écrit un bouquin (celui auquel je faisais allusion), faut juste faire un peu attention et montrer qu'on a bien vu le film dont on parle… Pour ma part j'ai vu ce film souvent et le regarde un peu tous les jours puisque c'est mon objet de recherche. j'espère que je ne fais pas trop d'erreurs moi- même. Il me semblait important de noter aussi que les critiques parlent toujours « en général ». Le général n'a pas de rapport avec l'art, et Antonioni n'est pas le cinéaste de ceci ou de cela, ni Bergman ni personne, à chaque fois ils font des films singuliers. Pitié ! plus de généralités réductrices !
voilà c'est tout. JFR
De
18H30 | 04/08/2007 |
Pour ceux qui sont devenus adultes (ou quelque chose d'approchant), dans le même temps, jadis, où Bergman, Antonioni, Welles, Ray, Comencini, Rouch, Mizoguchi, Oshima, Sternberg, Sembene, Walsh, Powel, Ford, nous apprenaient à prendre l'art et la vie sur soi, comme des montagnes légères et fabuleuses, nous avions, en eux, y compris pour les plus endurcis à la catastrophe, des amis indefectibles, des frères, invariablement présents à chacun de nos appels. Le monde nous revient, nu, funebre, alourdi par l'absence « inimaginable » des derniers de la famille. Plus Personne, ou presque.
J'avais été secoué par un des films d'Antonioni (non de ses meilleurs, mais meilleur que n'importe quelle image du cinema actuel, oui), « Profession reporter ». Je publais des papiers à Libé, en 75 (j'avais lancé, avec Fredo, les premiers conte-rendus de Cannes, dont une critique du film-séisme de Chantal Akerman, « Jeanne Dielmann), de sorte que j'ai pu interviewer Antonioni, à l'hotel des Arts, où cet homme affable, l'air réservé, bella figura, à la voix presque triste, me reçut avec simplicité. Je traversais alors une période de rupture amoureuse, et je lui ai posé cette question : “Le personnage du film, qui a emprunté une autre identité pour fuir son passé, et qui renaît à travers une rencontre amoureuse, mais étrangère à ce qu'il est (sans avenir), ne va-t'il pas plus sûrement à la mort, par cette fuite en avant à la fois insensée, futile et passionnelle ? … Antonioni m'a écouté attentivement, puis me répond : ‘Je vais vous dire quelque chose que je n'ai encore jamais dite à personne… Si je n'avais pas quitté Monica Vitti, je n'aurais plus fait de films…’
(J'ai quitté Libé, car Serge July avait refusé mon papier. Je le revois, au sous-sol du journal, à Ourq, me faisant, en guise d'explications, sa danse de l'ours en tapant dans ses mains.
Il est vrai qu'Antonioni n'était ni mao, ni marxiste, ni gauchiste, ni rien d'autre qu'un poête moderne de la catastrophe humaine, et qu'il m'avait dit aussi que l'humanité, rongée par la montée de l'individualisme et allant dans le mur, sauverait sa peau d'ici trois à quatre siècles en émigrant sur d'autres planètes. Pour ceux qui se souviennent du discours devot extrème-gauchiste (lectorat majoritaire du Libé d'alors) et de la ‘contestation’ bientôt propre sur elle, la vision eschatologique de ‘l'artiste'Antonioni ne pouvait être qu'une chimère petite-bourgoise d'un réactionnaire en phase terminale…)
JJ Beryl
De
11H07 | 10/08/2007 |
Merci pour ce très bel article.
AC