Albanel face à la révolte du cinéma : un ministre vers la sortie

Christine Albanel à l'Elysée en février (Vincent Kessler/Reuters).

Y a-t-il encore un(e) ministre à la Culture ? En tous les cas, il (elle) ne répond guère. Interpellée de plus en plus bruyamment par les acteurs culturels, de tous les bords et de tous les domaines, Christine Albanel se fait la plus discrète possible tout en restant placée sous haute surveillance depuis l'Elysée, où règne un » conseiller du Président pour la culture et l'audiovisuel » , l'ex-trublion médiadique mitterrandolâtre Georges-Marc Benamou.

Ce dernier n'a pas davantage de projet pour la culture, encore moins d'ambition de relance de la politique culturelle, mais du moins peut-il souffler à Sarkozy quelques effets d'annonce, claironnés sur la place publique en guise d'alibi culturel, sans même que la ministre en charge ne soit préalablement mise au courant.

Le cabinet du ministre de la Culture est aussi désorganisé que désemparé, effaré souvent par l'impréparation, l'amateurisme, pour tout dire l'absence de projet culturel, et craint de plus en plus ouvertement le confinement et l'isolement auxquels est soumise Christine Albanel, qui gère à peine les affaires courantes. Comme si elle était, depuis ses premiers pas et la lettre de mission qui lui fut adressée par la présidence de la République dès le 1er août dernier, encadrant significativement toutes ses actions, en état de sursis permanent.

Là voilà cependant au pied du mur. Car, à l'occasion de la cérémonie des César, vendredi 22 février, la profession se mobilise de façon sans précédent, notamment les métiers du cinéma et de l'audiovisuel, en première ligne dans les suppressions de crédits et le désengagement massif des politiques publiques. Un appel circule, » Vers le démantèlement de la diversité culturelle en France ? » , dénonçant » la forte baisse des crédits disponibles en Drac (Directions régionales des affaires culturelles) pour les festivals, les associations de salles, les circuits itinérants et, plus généralement, l'ensemble des acteurs de l'action culturelle cinématographique du territoire français » .

Vendredi, à 21 heures, au moment même où débutera la cérémonie des Césars, il y aura grève des cinémas en France : tout le réseau art et essai et de recherche, celui qui soutient prioritairement le cinéma français récompensé au César depuis quelques années, suspendra sa séance et fermera les salles, en signe de protestation. Et l'ambiance promet d'être chaude et agitée dans la salle des César elle-même, cérémonie qui pourrait être l'ultime sortie d'une ministre qui n'en peut mais, une » versaillaise » chahutée par la Commune des cinéastes en colère.

Ensuite ? Au profit d'un remaniement ministériel post-électoral, qu'on annonce aussi inéluctable que renversant, verra-t-on, comme la rumeur le colporte, le retour de Jack Lang en sauveur de la rue de Valois et de la politique culturelle à la française ? On ne peut souhaiter pire destin à l'ancien patron du ministère… Mais cette succession déjà ouverte a le mérite de poser des questions non négligeables : qu'est-ce qu'un bon ministre de la Culture ? Historiquement, il y a trois modèles. Malraux, Lang, et Tartempion. Mais le problème demeure : tous ont connu l'échec…

La taille Malraux

Malraux était fou. Ses discours avaient tout du delirium, ses postures pouvaient faire peur, et ses visions, ses tremblements, ses obsessions fétichistes, son narcissisme exacerbé, sa perpétuelle grandiloquence, proposaient le cas clinique d'une névrose profonde. Mais cette folie le protégeait. Elle confortait son personnage, celui que De Gaulle nommait » l'ami génial » :

 » A ma droite, j'ai et j'aurai toujours André Malraux. La présence à mes côtés de cet ami génial, fervent des hautes destinées, me donne l'impression que, par là, je suis couvert du terre à terre. L'idée que se fait de moi cet incomparable témoin contribue à m'affermir. Je sais que dans le débat, quand le sujet est grave, son fulgurant jugement m'aidera à dissiper les ombres. »

Et comme l'indispensable dissipateur d'ombres ignorait le terre à terre, il fallait lui confier des tâches stratosphériques et surtout bien l'entourer. Ce fut la faculté de Malraux : tracer une voie à travers la nuée en des mots suffisamment épiques et visionnaires pour qu'ils supportent un projet, suffisamment obscurs, ésotériques et généraux pour qu'ils soient laissés à l'interprétation de ceux qui allaient les mettre en œuvre.

Sa grande force : un entourage d'administrateurs, d'hommes d'idées et d'actions, d'aventuriers de la culture, d'explorateurs en missions spéciales (un certain nombre venaient d'ailleurs de l'administration coloniale, tout juste démobilisés en 1959). Malraux était alors irrécusable.

Sa folie l'a déplacé hors du champ des polémiques, de même que son histoire : c'était un homme de gauche, intrinsèquement, compagnon de route des communistes. C'était un gaulliste d'obédience directe, sans autre médiation que l'amitié et l'écoute du Général, auréolé de Résistance (le commandement de la brigade Alsace-Lorraine en 1944) et de philosophie de l'art (du Musée imaginaire, en 1947, aux Voix du silence en 1951), même si la première était tardive et la seconde fumeuse.

Mais tout cela avait le goût de l'excès et surtout de la grandeur, et l'on sait que le bouillon de culture, en France, se déguste à cette sauce-là. Malraux fut le saucier le plus illustre de la gloire culturelle française, puisqu'il parvint toujours à rendre notre génie plus ou moins étriqué aussi large et envoûtant que l'univers de l'art dans son entier. C'est pourquoi l'action du ministère a été moins lyrique que le verbe du ministre. Il faut la relativiser : la culture ne vit pas alors un âge d'or, d'ailleurs elle demeure assez peu fortunée, entre 0,38% et 0,42% du budget total de l'Etat, et sera toujours en proie aux tracasseries des ministres des Finances et du budget.

S'il ne doit rester qu'une chose du ministère Malraux, qui vit encore mythiquement sur sa réputation, ce sont les Maisons de la culture. C'est dans ce cas, et dans ce cas seulement -puisqu'ici les murs s'appuient sur des fondations esthétiques cohérentes-, qu'on peut comprendre le sens de l'une des phrases les plus célèbres de l'homme des Antimémoires :

 » La culture sera à notre époque ce que l'instruction publique fut à celle de Jules Ferry. »

Cette prophétie, ce sont les Maisons de la culture qui ont voulu la réaliser au mieux, symbole et orgueil du nouveau régime. C'est une ressource, mais également un miroir aux alouettes : cette apologétique veut convertir le peuple à la culture par l'éclat des images, grâce au choc de la confrontation aux œuvres, dans un grand halo de scintillements et avec d'importants concours de foule, ce qui n'est pas sans rapport avec la culture de masse, mais souvent sans s'en donner les moyens.

Lang ou la séduction exagérée

Avec Jack Lang, tout fut culturel. Les arts, les lettres, le rock, la bande dessinée, la » culture » urbaine, un coup franc de Michel Platini, chaque idée du Président. Jack Lang pensait même que le gouvernement était composé de quarante-quatre ministres de la Culture. L'idiome culturel déborde les digues du langage, et envahit tout au cours des années 80, celles de Lang et de son efflorescence verbale, festive, créative. La Culture n'était plus seulement un ministère sectoriel, mais un centre de gravité autour duquel tout devait s'ordonner.

Si la France a été la première nation du monde démocratique à se doter d'un ministère des Affaires culturelles dès 1959, trente ans plus tard son budget s'est non seulement multiplié, mais sa dénomination même semblait s'être enflé à la mesure de ses certitudes et de sa puissance symbolique, pourvue de toutes les capitales désirées : ministère de la Culture, de la Communication, des Grands Travaux et du Bicentenaire…

Ce verbe lyrique nous paraît certes, avec le recul et l'ironie de l'histoire, quelque peu forcé et plutôt ridicule. Mais il faut songer à tout le mal qu'il a fait, quand ce vitalisme culturel s'est métamorphosé au cours des années 80 en une langue de bois parlée le plus naturellement du monde par les milieux de la culture officielle. Cette volonté de faire savoir et de faire voir s'est déversée en slogans de surexcitation culturelle, d'hypertrophie logomaniaque et de séduction exagérée. On a inventé la Fête de la musique, la Fureur de lire, la Ruée vers l'art, l'idée explosive de dynamiser les arts plastiques, le ministère du Bonheur, bientôt de l'Intelligence, et tout se devait d'être énorme sous la dictature du jamais vu et de la surenchère : Grand Louvre, Grande Arche, Grands Travaux, Très Grande Bibliothèque… Etat culturel et Etat séducteur marchaient ici main dans la main vers la lumière qui se levait à l'horizon.

Ces mots de passe du jargon ministériel sont devenus des clichés et des lieux communs qui ont doublé les réalisations effectives de la politique culturelle, qui pouvaient même s'en passer. Que la culture soit devenue un enjeu majeur dans l'art de gouverner, c'est un fait que et Malraux et Lang, chacun à leur manière, ont réussi à imposer.

Mais quid de la démocratisation de la culture ? La croissance budgétaire de la politique culturelle, qui est indéniable, et est indéniablement le principal héritage des années Lang, a-t-elle contribué à étendre la culture de chacun ? Là, il faut se rendre à l'évidence amère d'un constat d'échec : ironie d'une histoire qui passe par la baisse de la fréquentation dans tous les lieux de culture, concerts, cinémas, théâtres, bibliothèques, musées nationaux ou municipaux, alors même que les occasions de culture (le nombre de festivals, de livres, d'espaces d'expositions, de salles de concert, de films et de multiplexes cinématographiques, de Scènes nationales) ont significativement augmenté.

L'écartement des ciseaux semble inéluctable : un Français sur trois ne lit pas même un livre par an ; les deux-tiers ne sont jamais allés au théâtre ; enfin 85% de la population ne fréquente jamais un musée ni une exposition. Chaque étude du ministère de la Culture conclut à l'échec de la démocratisation, rien n'y fait. Ce qui explique sûrement le mouvement de fond en matière de culture au cours des années Lang : l'abandon progressif de la démocratisation culturelle (la culture pour tous) au profit de la démocratie culturelle (la culture de tous et par tous). Plutôt qu'aller vers la culture des autres, on cultive son propre jardin culturel. Syndrome ikea de la culture en kits : on est tous cultivé parce que toutes les cultures sont possibles, surtout la sienne. 100% de réussite promise, tous devant la télé…

Le triplement du budget de la culture n'a-t-il servi à rien ? Désespérante question. C'est là l'effet pervers de la langue de Lang et de ses communicants : au bout de quelques années, ne reste que le dérisoire du verbe. Le ministre de la Culture en costume rétréci Sans Malraux, ni Lang, l'appellation fondatrice de ministère des affaires culturelles fluctue, soulignant que personne ne sait plus exactement ce qu'est une politique culturelle dans les hautes sphères de l'Etat.

Le défilé des locataires courte durée

L'hésitation est renforcée par la valse des ministres. On a tout essayé, grand commis de l'Etat, dandy cultivé, administrateur besogneux, femme journaliste en vogue, écrivain réactionnaire, homme politique de base, rien n'y a fait : le costume ministériel semblait toujours taillé trop grand pour le malheureux désigné ou volontaire puisque le patron avait été confectionné aux dimensions de Malraux. La rue de Valois voit ainsi défiler, depuis le départ de Malraux en mars 1969 : Edmond Michelet, André Bettencourt, Jacques Duhamel, Maurice Druon, Alain Peyrefitte, Michel Guy, Françoise Giroud, Michel d'Ornano et Jean-Philippe Lecat. Neuf locataires en douze années, le bail est de courte durée et personne n'en a rien retenu.

Ensuite, dès la fin des années Lang, la politique culturelle se replace hors de l'espace public. La culture était certes partout. Pas de plateforme politique, locale, régionale, nationale, sans son chapitre culturel. Mais ce n'était pas là où se gagnaient ni se perdaient les élections. Dans la France de la fin du XXe siècle et des débuts du XXIe siècle, la culture est partout, tout le monde en veut, tout le monde la revendique, mais son paradoxal triomphe marque surtout sa sortie de la controverse politique et son exclusion du choc des idées. Elle est surtout la marque d'un faire joli qui agrémente les programmes, s'étale sur des projets de papier glacé, un gibier de sujets consciencieux ou folkloriques pour journaux télévisés, la contre-partie artificielle aux offensives marketing de grande ampleur.

La culture échappera-t-elle désormais à ce destin de poule de luxe, supplément d'âme et vernis visuel pour événements médiatiques préfabriqués ? Le 21 avril 2002 -quand Le Pen arrive au second tour de l'élection présidentielle-, installe durablement un temps de crise sur la culture française, celui du malaise larvé, du désarroi morose, de la fin de la croyance en l'efficacité des politiques culturelles, de la chute de prestige d'un ministère rétrogradé symptomatiquement en bas de liste dans le gouvernement Raffarin de 2002, avec l'expert Jean-Jacques Aillagon.

Cet arbitrage gouvernemental a dévoilé le médiocre intérêt porté à l'art et aux artistes, à la culture et à ses enjeux, par un pouvoir qui a certes promis beaucoup mais sans conséquence. D'ailleurs, ce même ministère n'était plus qu'une question de « casting », et recommence une instabilité de la fonction dont la rue de Valois avait perdu l'habitude depuis la décennie 1970 : en une douzaine d'années, se succèdent Toubon, Douste-Blazy, Trautmann, Tasca, Aillagon, Donnedieu de Vabres, Albanel, qui ont chacun bien de la peine à définir ce que peut être une politique culturelle possible, sinon cohérente et efficace, et tout autant de difficulté à bien s'entourer et à échapper à la malédiction des coupes budgétaires.

Ces années du tournant du millénaire sont celles de la mise en sommeil des discours politiques sur la culture, ou plutôt de leur gadgétisation, tandis que bien des objectifs de développement culturel et d'insertion de l'art dans l'espace social passent au compte des pertes et profits (des pertes surtout). La politique culturelle à la française, inventée sous Malraux, régénérée par Lang, s'est dissoute dans ce processus.

L'intervention de l'Etat dans la culture va-t-elle se limiter à un soutien public à l'économie de la vie artistique et culturelle ? Ce désengagement ne serait pas illogique dans un temps d'humeur libérale et de désenchantement de la politique, où les enjeux économiques propres aux industries culturelles de masse semblent largement primer sur la réalité en berne d'une démocratisation culturelle dont tous les voyants sont au rouge en signe d'échecs répétés.

► Antoine de Baecque publie le 26 février » Crises dans la culture française. Anatomie d'un échec » , Bayard.

97 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de C. Creseveur

à LaGrandeLucie Portrait de LaGrandeLucie De C. Creseveur

D'actualité | 11H19 | 21/02/2008 | Permalien

On a bien eu Jacques Toubon.
Sans compter qu'avec un président qui écrit « difficille » et dit « j'sais pas » pour nous inviter à une réforme de l'école, qui trouve que les études de lettres classiques « c'est bien, mais on va pas pouvoir payer longtemps ! », qui se détourne éhonté d'un tableau de Courbet et qui veut vendre les collections non exposées des musées, je pense qu'il ne faut pas s'attendre à des miracles.

Portrait de TARPON

à LaGrandeLucie Portrait de LaGrandeLucie De TARPON

23H51 | 21/02/2008 | Permalien

Line Renaud à l'agriculture

Portrait de Quinine

De Quinine

traducteur et amoureux des chats | 10H22 | 21/02/2008 | Permalien

Albanel, meilleur Désespoir ministériel féminin aux prochains Césars ?

Portrait de ripley

De ripley

10H25 | 21/02/2008 | Permalien

La culture est une arme, pas seulement un outil, qui sert à accéder au pouvoir, aussi bien qu'à le contester. Si l'on doit travailler plus, qui aura le temps de flaner dans les bibliothéques et les musées ? A qui restera-il de l'énergie pour assouvir sa faim de beau et de vrai ?
La politique culturelle, ça sert à faire émerger une classe suffisament « cultivée » pour entendre et produire le discours officiel, et accessoirement un marché. L'absence de culture est toujours préférable pour un pouvoir, elle garantit le conformisme de l'opinion, elle permet la navigation à vue, et le gouvernement par le « coup ».
La culture, c'est le combat de l'homme pour liberer sa pensée. Comment croire un seul instant à l'efficacité d'une politique culturelle ? C'est une expression courante, qui contient une contradiction dans ses termes mêmes. La culture, c'est la condition pour que puisse naître l'anarchie !

Portrait de Anthropia

De Anthropia

10H26 | 21/02/2008 | Permalien

Quand on a à conduire une filière économique, comme la filière culturelle, on s'en donne les moyens.

Ce gouvernement n'a pas encore compris l'enjeu financier et économique de l'art, n'a pas compris qu'une vraie politique incitative dans ce domaine est gage de développement et de croissance.

Professionnalisation sur tous les métiers du secteur, accompagnement à l'émergence de grands réseaux, soutien à projets nationaux et internationaux, ouverture des aides de l'état pour des artistes jugés par des jurys diversifiés, etc., qu'est-ce qu'attend Mme Albanel pour agir.

Le rôle de l'Etat est d'être un facilitateur, un ouvreur de portes : mais pour ça, c'est sûr, il faut être dynamique.

Portrait de Vince82

à Anthropia Portrait de Anthropia De Vince82

11H37 | 21/02/2008 | Permalien

Pour répondre à votre question, il faudrait que Mme Albanel notre chere ministre comprenne déjà ce que vous citez dans votre article.

Elle connait surement le monde du patrimoine mais il est bien différent du spectacle vivant allant de l'association à l'institution.

Ce parachutage à combler un trou, maintenant nous n'avons pas de ministre par contre elle écrit un superbe hommage à Carlos sur le site du ministère.

Nous aurons surement un nouveau ministre après les municipales.
Ce prochain(e) comprendra t'il le fonctionnement de son propre ministère ?

Portrait de pikasso02

De pikasso02

10H31 | 21/02/2008 | Permalien

Personnellement, je suis pour une culture indépendante. Celui qui veut réparer son toit, paye. S'il ne peut pas, il pose des gamelles ou vend son bien. Trop de gens pètent plus haut que leur cul. Pour les artistes, la même chose. Ils font des écoles d'art pour pouvoir enseigner les arts et son histoire à l'école. Sinon, ils bossent et s'expriment en dehors de leur boulot. Tant que l'Etat versera du pognon pour la culture, ce sont les plus privilégiés qui auront la parole et rien ne changera. Une dernière chose, je supprimerais la dation. Pensez-vous que les Français méritaient un musée Picasso ? NON ! Grâce à cette dation, ils en ont un. Les Français trichent. Trop facile pour un Etat de posséder des oeuvres sans les avoir achetés du vivant des artistes, quand ils avaient besoin d'argent. Les héritiers, les fortunés une fois de plus s'en sortent le mieux.La dation est une erreur grave. Paroles en l'air ! Je sais, mais ça fait du bien d'écrire.

http://pikasso02.skyrock.com/

Portrait de C. Creseveur

à pikasso02 Portrait de pikasso02 De C. Creseveur

D'actualité | 10H51 | 21/02/2008 | Permalien

Tout le monde sait bien dans quelle misère vivait Picasso !
(Et je ne parle pas du dénuement dans lequel il a laissé ses enfants)

Portrait de pikasso02

à C. Creseveur Portrait de C. Creseveur De pikasso02

14H25 | 21/02/2008 | Permalien

à C.Creseveur
Ne mélangeons pas tout !
Et vos réponses qui n'en sont pas !
Dites ce que vous pensez. Ce serait tellement plus clair !

Portrait de saintgui

De saintgui

10H44 | 21/02/2008 | Permalien

Je trouve l'article sans nuance. Comme il est dit plus haut, il faut juger l'action des « ministres emblématiques » au différentiel avant/après. Et quand on part de rien, ça n'est pas simple.

Ensuite, le bilan à l'emporte pièce « tous les indicateurs sont au rouge » est peut-être un peu réducteur : il ne faut pas cacher ce qui marche par ce qui ne marche pas.

Quels sont ces indicateurs globalisant ?

Il y a quand même beaucoup de queue devant certaines expositions, certains musées, certains théâtres, certains concerts, certains festivals…. Même s'il y a aussi beaucoup de salles vides.

Si on ne veut faire que des choses qui marchent (à coup sûr), ce n'est pas le même travail.

Hervé.

Portrait de C. Creseveur

De C. Creseveur

D'actualité | 10H48 | 21/02/2008 | Permalien

Il y a parfois du vrai dans ce que vous dénoncez Mr de Baeque, notamment dans le délire culturel qui faisait de tout et n'importe quoi du « foooormidable ».

Mais vous ne pouvez pas dire que dans ce mouvement il n'y a pas eu de démocratisation de la culture.
Si toutes les fêtes que vous citez ne sont pas des événements populaires, que sont-elles ?
Aussi avez vous mis les pieds dans les musées français avant les années 80 ? Avez vous fréquenté une bibliothèque avant les anées 80 ?
Et vous qui venez de la critique cinématographique, savez-vous ce que serait devenu le cinéma français sans les mesures salutaires prises par Jack Lang concernant son financement ? (fonds de garanties / soficas / instaurations de quotas, etc.) ? Qui auriez-vous eu à critiquer hors les films américains ?

Pour ma part je tend à croire que dans le domaine culturel il vaut mieux un excès d'action, quitte à se faire critiquer par des gens comme vous, que rien du tout.

Portrait de compte supprimé 22

De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 10H56 | 21/02/2008 | Permalien

Remarquable contribution, documentée et étayée. Remarquable de pessimisme, aussi. Un oubli je crois dans les causes de la perte de culture des Français : la machine à broyer des télévisions modèle TF1.

Je voudrais rebondir sur un point de la critique baecquienne :

« l'abandon progressif de la démocratisation culturelle (la culture pour tous) au profit de la démocratie culturelle (la culture de tous et par tous). Plutôt qu'aller vers la culture des autres, on cultive son propre jardin culturel »

Pour moi, il ne faut pas opposer les deux. Il faut continuer à encourager « la culture de tous et par tous ». Et je parle d'expérience. Il y a dix ans, j'ai participé à l'organisation d'un spectacle en milieu rural qui nous a demandé deux ans de travail : 300 bénévoles venus de 15 communes différentes pour jouer, dans le parc d'un château, sur 19 plateaux différents, une création : l'aventure d'une extra-terrestre venue en l'an 3000 découvrir de vieilles pellicules de films. Donc 19 scènes (ex : l'arrestation des Pères dans « Au revoir les enfants », l'attaque du château dans « Germinal », avec une progression, joués par 19 équipes différentes ayant travaillé elles-mêmes leurs mise en scène. Rien du passéisme trouble et politicien du Puy-du-Fou. Nous avons joué 5 fois, et refusé autant de spectateurs que nous n'en avons accepté. Au même moment, chez Villiers le Fou du Puy justement, se jouait un Intervilles made in TF1 ou de simples figurants locaux, manipulés, avaient juste le droit de se tremper le cul pour être ridicules…

Et nous ne sommes pas un cas isolé. Allez donc sur le site mentionné ci-dessous, et vous verrez ce que c'est que la culture populaire, active, interactive, capable d'aller, à l'inverse de ce que craint De Baecque, « vers la culture des autres »

http://www.grainesdautomne.org

« Le festival “ Graines d'Automne ‘, créé en 1996, est l'émanation d'une dynamique interassociative sur toutes les communes du canton de Nozay (aujourd'hui plus de vingt associations). Le projet est organisé sur les bases de l'inter-associatif, inter-générations, inter-culturel et inter-communal sur tout un territoire. Le festival s'égraine pendant quinze jours, proposant des animations culturelles des plus originales, fidèles à l'esprit de ce que nous appelons la culture buissonnière .
Simple, convivial et sympathique, Graines d'Automne marie les genres, les publics et exploite le décalage des lieux en s'appuyant sur l'imagination locale.
De multiples rendez-vous sont proposés. Le Jazz à la ferme, la veillée dans la grange ou au château, la citrouille’ comme objet culturel ou encore la place du village comme galerie d'art, sont quelques exemples d'actions passées où le décalage des lieux et des rencontres illustrent l'état d'esprit et l'identité du festival.
Dès l'origine, nous souhaitions affirmer que la culture rurale est une culture vivante (histoire, patrimoine, théâtre…), mais aussi que le monde rural est un monde ouvert à d'autres cultures (jazz, chorales urbaines, cultures internationales…). Ainsi, le festival ‘Graines d'Automne’ se veut être un trait d'union entre les gens, un festival où ‘l'art peut faire la soudure entre les générations’ (Ouest-France, 10 octobre 1999), un festival passerelle entre la culture des gens et la culture pour les gens (Presse-Océan, 8 octobre 2002). En tant que tel, il est le résultat et un des éléments piliers d'une démarche qui se déroule tout au long de l'année : apprendre à créer, à agir ensemble, en se questionnant sur nos pratiques au fur et à mesure de l'avancée du projet.”

Antoine de Baecque, venez nous voir ; -)

Portrait de Prolo du livre

De Prolo du livre

11H02 | 21/02/2008 | Permalien

Pas forcément d'accord avec vos analyses de Malraux et Lang, même si je ne peux encadrer les deux…

Malraux aurait été atteint du syndrome de Gille de la Tourette (une chaine du service public a diffusé un documentaire sur lui, je ne sais plus laquelle, France3 ou Arte, faut pas pousser quand même, France2 c'est trop intello pour elle). On y voyait un Malraux avec des attaques (où effectivement on aurait pu penser à une névrose) d'une maladie neurodégénérative (Alzheimer, Parkinson, Charcot ou Kreutzfeld Jacob…) alors de là à le traité de « névrosé »…
Lang a eu le mérite de créer une loi (Loi Lang) qui a permis la préservation du Livre en france…

Si il y a un échec des politiques culturelles en france, la faute n'est peut être pas aux politricards.
Il y'a, comme un riverain la soulevé, la télé, qui est devenu l'un des rares médias ayant pignon sur rue, le net commençant à le concurrencer, mais que de puis peu en fait.
Le conformisme endormit de la plupart des acteurs, notamment dans le cinéma, plus t'es vieux et chiant, plus ça ressemble à la « french touch » en cinéma…
Le parisianisme jacobin qui fait, encore aujourd'hui, que si ce n'est pas à paris, ce n'est pas intéressant…
Les compromissions journalistes/artistes/institutions qui font que les mêmes têtes aux mêmes endroits, avec les mêmes critiques, et les mêmes éloges.

En fait ça ressemble beaucoup à la politique : de vieux croulants compromis, entre amis, conservateurs sous couverts de « modernité » viennent faire la morale à « un petit peuple » en lui racontant qu'il ne comprend rien à rien et qu'il faut se laisser guider par ces (ses) élus si éclairés….
Donc le « bon petit peuple » il en a un peu plein le … et sa culture il se la crée et il envoie chier l'officiel….

Portrait de BeatriceBB

De BeatriceBB

11H10 | 21/02/2008 | Permalien

Sur l'échec de la démocratisation culturelle, une analyse iconoclaste du Professeur Park :

http://desirderevanche.blogspot.com/2008_02_13_archive.html#495319346699…

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 11H20 | 21/02/2008 | Permalien

Ce qui est amusant , dans le choix des ministres de la culture , c'est que c'est majoritairement des femmes ou des homosexuels qui ont été nommés , parce que pour les politiques , la culture , c'est pas un truc de vrai mec !

Portrait de sevinilud

à Numerosix Portrait de Numerosix De sevinilud

en liberté surveillée | 11H54 | 21/02/2008 | Permalien

Homosexuels ?

Portrait de Vince82

De Vince82

11H28 | 21/02/2008 | Permalien

Enfin un article qui se penche sur les problèmes qui se posent dans les domaines culturels.

Les problèmes sont posés, même si aujourd'hui on ne peu traiter la politique culturelle sans faire un parallele direct avec les municipalités qui ont nettement repris le flambeau.

Pour revenir sur l'article, on ne peut pas dire que Lang est regeneree la politique culturelle de Malraux.
Oh pauvre Malraux.
Lang souhaitait democratiser la culture certe,on peut dire que sur le fond nous sommes d'accord.
Lang c'est la rupture culturelle, la facon de faire de la politique culturelle va changer, comment ?
En faisant entrer l'économie dans la politique culturelle. Il a tout juste recopier ce qu'il avait fait à Nancy et la transposer à un ministère.
Lang c'est une manière de travailler, la sienne.

L'absence de Duhammel au sein de l'article est tout simplement bizarre, car certes ont retient toujours Malraux et Lang comme les grands ministres de la culture mais on oublie le travail de Duhammel.
Penchez vous deçu reelement vous allez être surpris.

Malgré quelques désaccord, il faut noter ici qu'enfin un article parait sur les problèmes des politiques culturelles en France.
Et face au flou ministerielle d'aujourd'hui nous en avons bien besoin pour lancer un débat qui devrait etre national.
Mais bon les médias n'en parlent pas, il va falloir passer par des manifestations à commencer par demain soir aux césars.

Il nous reste l'espoir et l'envie ( même si c'est pas facile aujourd'hui dans cette glue politique)

Portrait de torrebenn

à Vince82 Portrait de Vince82 De torrebenn

technicien du spectacle | 14H41 | 21/02/2008 | Permalien

Il est vrai que Duhamel, lors de son bref passage au Ministère fut pour les acteurs culturels et les syndicats CGT du spectacle auquels j'appartiens un interlocuteur courtois et cultivé mais sans grands moyens ! !

Portrait de Peureux anonyme

De Peureux anonyme

11H35 | 21/02/2008 | Permalien

Une remarque concernant Mr Jack lang :

L'opération « Grand Louvre » a été dirigée par Mr Emile Biasini qui rendait compte directement à Mr François Mitterand (et à Mme Pingeot). Mr Jack Lang n'y faisait que de la figuration.

En a-t-il été différemment des autres chantiers culturels importants de Mr Mitterand ?

Portrait de sevinilud

De sevinilud

en liberté surveillée | 11H47 | 21/02/2008 | Permalien

La culture, qu'on se le dise, c'est, maintenant, Disney, Bigard, les bronzés et astérix. Ne vous faites pas un film, « le retour de la momie » est bel et bien envisagé.

Portrait de Nicrom

De Nicrom

11H52 | 21/02/2008 | Permalien

Jusqu'à présent on peut dire que grâce à l'intelligence politique de François Mitterrand son bilan global n'est pas si mauvais, mais si Lang fait cette connerie monstrueuse en fin de carrière, son image dans l'histoire récente du pays en sera totalement défigurée.

Portrait de sevinilud

à Nicrom Portrait de Nicrom De sevinilud

en liberté surveillée | 12H00 | 21/02/2008 | Permalien

Il a une fortune, il a l'âge de la retraite, il a une carrière bien remplie et bien perçue, mais il a un ego démesuré et un dentier tout neuf qui lui sert à bouffer à tous les rateliers.

Portrait de compte supprimé 22

à Nicrom Portrait de Nicrom De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 12H28 | 21/02/2008 | Permalien

(Au passage : bonjour à Valdo ; -)

« son image dans l'histoire récente du pays en sera totalement défigurée »

Il y a déjà plusieurs années qu'elle est passablement écornée !

Portrait de dann

De dann

12H23 | 21/02/2008 | Permalien

A propos qui a relevé l'absence de la ministre de la culture lors de la soirée des victoires de la musique classique ?
deux motifs possible : le 1er la musique classique n'est pas de la culture, le 2e Toulouse, lieu de la cérémonie est un lieu infréquentable pour Christine Albanel. Toutefois il faut pondérer puisque Toulouse est la ville de résidence de sa famille et qu'elle y a fait ses études.
J'en conclu donc que la musique classique n'est pas de la culture. A moins autre possibilité qu'à l'approche des élections municipales elle ne souhaitait pas se retrouver à côté du maire, à moins que cela ne soit lui, car membre de l'UMP il se présente sous une étiquette centriste. Mais j'arrête là car j'ai le tournis.

Portrait de Peureux anonyme

à dann Portrait de dann De Peureux anonyme

12H42 | 21/02/2008 | Permalien

En toute courtoisie, je vous fais remarquer que la question de la présence du ministre est sans importance aucune.

Par contre, y avait il un conseiller du Président de la République ?

Portrait de Manoplas

à dann Portrait de dann De Manoplas

en los madriles | 20H14 | 21/02/2008 | Permalien

Elle aurait dû faire le déplacement puisque Toulouse est candidate à la capitale mouduculturelle ! Elle n'aurait pas été dépaysée.
Toulouse, une ville dont la politique culturelle est tout à fait l'image de la culture version UMP.
Toulouse, une ville où l'on empêche les lieux d'ouvrir, où l'on n'aide aucune association, où la police harcèle n'importe quel bar, ville des associations écrans qui monopolisent les subventions culturelles, des festivals à la Olivier Poivre d'Arvor financièrement troubles (Le Marathon de Mots, 400000 euros de subventions, sa horde de bénévoles, de lieux réquisitionnés, de lectures payantes, de com réalisée gratuitement par les étudiants des Beaux-Arts).
Enfin bref, elle aurait adoré ! Peut-être que c'est juste la musique classique qu'elle n'aime pas, effectivement.
Quand à Mouduc centriste, je ris. Comme j'ai ri avec la patinoire place du Capitole, symbole du dynamisme et de la vitalité toulousaine ! Si la musique classique n'est pas de la culture, peut-être aurait-elle dû se déplacer au moins pour la patinoire !
Trêve de plaisanterie, dans ces ministères, et en particulier dans les derniers, le manque d'aide aux initiatives locales, aux associations dont les postes aidés, les emplois mutualisés ont été supprimés petit à petit, fait qu'aujourd'hui de nombreux lieux, associations, cinémas, petits théâtres mettent la clé sous la porte parce qu'on ne peut pas faire fonctionner un lieu sur le long terme sans pouvoir rémunérer les gens qui y travaillent.
Alors qu'est-ce qu'il nous reste ? De la culture formatée, qui pue le manque de passion, d'idées et d'initiatives pertinentes.
Si ça vous intéresse, renseignez-vous sur les activités du FACT ! (Forum des Acteurs Culturels Toulousains). Ce collectif a pour but de réveiller la culture toulousaine, celle des gens qui travaillent toute l'année, pour peu voire rien et non pas seulement pour rafler les subventions, celle des acteurs de la culture populaire, et dont les compétences et talents touchent tous les domaines, pour tous. Ils appellent également à voter dans ce sens aux municipales, et notamment au grand nombre d'étudiants qui vivent à Toulouse mais qui n'y votent pas. La culture est une arme, comme la carte d'électeur. Et Toulouse n'est pas un cas isolé.

Portrait de Ryze

De Ryze

La Jeune Garde Rouge | 12H27 | 21/02/2008 | Permalien

C'est claire que le gouvernement n'a aucun interet a ce que le peuple se cultive et sorte du marasme culturel dans lequel il baigne, berce tous les soirs par les CAMPING et autres BRONZES A LA MER ou je ne sais ou dont les gavent TF1/M6 and co (parce que pour moi france television est en train de prendre le meme chemin).
Vous vous rendez compte, un peuple capable de reflechir par lui meme, qui a les 2 yeux ouvert et un cerveau actif au milieu, comment vous voulez le manipuler ? comment vous voulez lui faire gober des conneries encore + grosses que l'elysee ? pas possible donc aucun interet pour talonnette 1er et ses amis si ils veulent encore avoir une chance de faire un hold up democratique en 2012 (Pitite faites que les gens se reveillent avant et que ca n'arrive paaaas ! ! ! )

Portrait de Ryze

De Ryze

La Jeune Garde Rouge | 13H31 | 21/02/2008 | Permalien

C'est pitié qu'il faut lire a la fin dans la parenthese et non pitite : p

Portrait de pikasso02

De pikasso02

14H34 | 21/02/2008 | Permalien

Ce n'est pas au gouvernement de cultiver le peuple comme on laboure un champ. C'est au peuple qui en éprouve le désir de cultiver ce champ. Redonner le goût de la culture ? Ce travail devrait être pour les médias et les critiques. C'est au peuple de se stimuler !

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