Albanel face à la révolte du cinéma : un ministre vers la sortie

Christine Albanel à l'Elysée en février (Vincent Kessler/Reuters).

Y a-t-il encore un(e) ministre à la Culture ? En tous les cas, il (elle) ne répond guère. Interpellée de plus en plus bruyamment par les acteurs culturels, de tous les bords et de tous les domaines, Christine Albanel se fait la plus discrète possible tout en restant placée sous haute surveillance depuis l'Elysée, où règne un » conseiller du Président pour la culture et l'audiovisuel » , l'ex-trublion médiadique mitterrandolâtre Georges-Marc Benamou.

Ce dernier n'a pas davantage de projet pour la culture, encore moins d'ambition de relance de la politique culturelle, mais du moins peut-il souffler à Sarkozy quelques effets d'annonce, claironnés sur la place publique en guise d'alibi culturel, sans même que la ministre en charge ne soit préalablement mise au courant.

Le cabinet du ministre de la Culture est aussi désorganisé que désemparé, effaré souvent par l'impréparation, l'amateurisme, pour tout dire l'absence de projet culturel, et craint de plus en plus ouvertement le confinement et l'isolement auxquels est soumise Christine Albanel, qui gère à peine les affaires courantes. Comme si elle était, depuis ses premiers pas et la lettre de mission qui lui fut adressée par la présidence de la République dès le 1er août dernier, encadrant significativement toutes ses actions, en état de sursis permanent.

Là voilà cependant au pied du mur. Car, à l'occasion de la cérémonie des César, vendredi 22 février, la profession se mobilise de façon sans précédent, notamment les métiers du cinéma et de l'audiovisuel, en première ligne dans les suppressions de crédits et le désengagement massif des politiques publiques. Un appel circule, » Vers le démantèlement de la diversité culturelle en France ? » , dénonçant » la forte baisse des crédits disponibles en Drac (Directions régionales des affaires culturelles) pour les festivals, les associations de salles, les circuits itinérants et, plus généralement, l'ensemble des acteurs de l'action culturelle cinématographique du territoire français » .

Vendredi, à 21 heures, au moment même où débutera la cérémonie des Césars, il y aura grève des cinémas en France : tout le réseau art et essai et de recherche, celui qui soutient prioritairement le cinéma français récompensé au César depuis quelques années, suspendra sa séance et fermera les salles, en signe de protestation. Et l'ambiance promet d'être chaude et agitée dans la salle des César elle-même, cérémonie qui pourrait être l'ultime sortie d'une ministre qui n'en peut mais, une » versaillaise » chahutée par la Commune des cinéastes en colère.

Ensuite ? Au profit d'un remaniement ministériel post-électoral, qu'on annonce aussi inéluctable que renversant, verra-t-on, comme la rumeur le colporte, le retour de Jack Lang en sauveur de la rue de Valois et de la politique culturelle à la française ? On ne peut souhaiter pire destin à l'ancien patron du ministère… Mais cette succession déjà ouverte a le mérite de poser des questions non négligeables : qu'est-ce qu'un bon ministre de la Culture ? Historiquement, il y a trois modèles. Malraux, Lang, et Tartempion. Mais le problème demeure : tous ont connu l'échec…

La taille Malraux

Malraux était fou. Ses discours avaient tout du delirium, ses postures pouvaient faire peur, et ses visions, ses tremblements, ses obsessions fétichistes, son narcissisme exacerbé, sa perpétuelle grandiloquence, proposaient le cas clinique d'une névrose profonde. Mais cette folie le protégeait. Elle confortait son personnage, celui que De Gaulle nommait » l'ami génial » :

 » A ma droite, j'ai et j'aurai toujours André Malraux. La présence à mes côtés de cet ami génial, fervent des hautes destinées, me donne l'impression que, par là, je suis couvert du terre à terre. L'idée que se fait de moi cet incomparable témoin contribue à m'affermir. Je sais que dans le débat, quand le sujet est grave, son fulgurant jugement m'aidera à dissiper les ombres. »

Et comme l'indispensable dissipateur d'ombres ignorait le terre à terre, il fallait lui confier des tâches stratosphériques et surtout bien l'entourer. Ce fut la faculté de Malraux : tracer une voie à travers la nuée en des mots suffisamment épiques et visionnaires pour qu'ils supportent un projet, suffisamment obscurs, ésotériques et généraux pour qu'ils soient laissés à l'interprétation de ceux qui allaient les mettre en œuvre.

Sa grande force : un entourage d'administrateurs, d'hommes d'idées et d'actions, d'aventuriers de la culture, d'explorateurs en missions spéciales (un certain nombre venaient d'ailleurs de l'administration coloniale, tout juste démobilisés en 1959). Malraux était alors irrécusable.

Sa folie l'a déplacé hors du champ des polémiques, de même que son histoire : c'était un homme de gauche, intrinsèquement, compagnon de route des communistes. C'était un gaulliste d'obédience directe, sans autre médiation que l'amitié et l'écoute du Général, auréolé de Résistance (le commandement de la brigade Alsace-Lorraine en 1944) et de philosophie de l'art (du Musée imaginaire, en 1947, aux Voix du silence en 1951), même si la première était tardive et la seconde fumeuse.

Mais tout cela avait le goût de l'excès et surtout de la grandeur, et l'on sait que le bouillon de culture, en France, se déguste à cette sauce-là. Malraux fut le saucier le plus illustre de la gloire culturelle française, puisqu'il parvint toujours à rendre notre génie plus ou moins étriqué aussi large et envoûtant que l'univers de l'art dans son entier. C'est pourquoi l'action du ministère a été moins lyrique que le verbe du ministre. Il faut la relativiser : la culture ne vit pas alors un âge d'or, d'ailleurs elle demeure assez peu fortunée, entre 0,38% et 0,42% du budget total de l'Etat, et sera toujours en proie aux tracasseries des ministres des Finances et du budget.

S'il ne doit rester qu'une chose du ministère Malraux, qui vit encore mythiquement sur sa réputation, ce sont les Maisons de la culture. C'est dans ce cas, et dans ce cas seulement -puisqu'ici les murs s'appuient sur des fondations esthétiques cohérentes-, qu'on peut comprendre le sens de l'une des phrases les plus célèbres de l'homme des Antimémoires :

 » La culture sera à notre époque ce que l'instruction publique fut à celle de Jules Ferry. »

Cette prophétie, ce sont les Maisons de la culture qui ont voulu la réaliser au mieux, symbole et orgueil du nouveau régime. C'est une ressource, mais également un miroir aux alouettes : cette apologétique veut convertir le peuple à la culture par l'éclat des images, grâce au choc de la confrontation aux œuvres, dans un grand halo de scintillements et avec d'importants concours de foule, ce qui n'est pas sans rapport avec la culture de masse, mais souvent sans s'en donner les moyens.

Lang ou la séduction exagérée

Avec Jack Lang, tout fut culturel. Les arts, les lettres, le rock, la bande dessinée, la » culture » urbaine, un coup franc de Michel Platini, chaque idée du Président. Jack Lang pensait même que le gouvernement était composé de quarante-quatre ministres de la Culture. L'idiome culturel déborde les digues du langage, et envahit tout au cours des années 80, celles de Lang et de son efflorescence verbale, festive, créative. La Culture n'était plus seulement un ministère sectoriel, mais un centre de gravité autour duquel tout devait s'ordonner.

Si la France a été la première nation du monde démocratique à se doter d'un ministère des Affaires culturelles dès 1959, trente ans plus tard son budget s'est non seulement multiplié, mais sa dénomination même semblait s'être enflé à la mesure de ses certitudes et de sa puissance symbolique, pourvue de toutes les capitales désirées : ministère de la Culture, de la Communication, des Grands Travaux et du Bicentenaire…

Ce verbe lyrique nous paraît certes, avec le recul et l'ironie de l'histoire, quelque peu forcé et plutôt ridicule. Mais il faut songer à tout le mal qu'il a fait, quand ce vitalisme culturel s'est métamorphosé au cours des années 80 en une langue de bois parlée le plus naturellement du monde par les milieux de la culture officielle. Cette volonté de faire savoir et de faire voir s'est déversée en slogans de surexcitation culturelle, d'hypertrophie logomaniaque et de séduction exagérée. On a inventé la Fête de la musique, la Fureur de lire, la Ruée vers l'art, l'idée explosive de dynamiser les arts plastiques, le ministère du Bonheur, bientôt de l'Intelligence, et tout se devait d'être énorme sous la dictature du jamais vu et de la surenchère : Grand Louvre, Grande Arche, Grands Travaux, Très Grande Bibliothèque… Etat culturel et Etat séducteur marchaient ici main dans la main vers la lumière qui se levait à l'horizon.

Ces mots de passe du jargon ministériel sont devenus des clichés et des lieux communs qui ont doublé les réalisations effectives de la politique culturelle, qui pouvaient même s'en passer. Que la culture soit devenue un enjeu majeur dans l'art de gouverner, c'est un fait que et Malraux et Lang, chacun à leur manière, ont réussi à imposer.

Mais quid de la démocratisation de la culture ? La croissance budgétaire de la politique culturelle, qui est indéniable, et est indéniablement le principal héritage des années Lang, a-t-elle contribué à étendre la culture de chacun ? Là, il faut se rendre à l'évidence amère d'un constat d'échec : ironie d'une histoire qui passe par la baisse de la fréquentation dans tous les lieux de culture, concerts, cinémas, théâtres, bibliothèques, musées nationaux ou municipaux, alors même que les occasions de culture (le nombre de festivals, de livres, d'espaces d'expositions, de salles de concert, de films et de multiplexes cinématographiques, de Scènes nationales) ont significativement augmenté.

L'écartement des ciseaux semble inéluctable : un Français sur trois ne lit pas même un livre par an ; les deux-tiers ne sont jamais allés au théâtre ; enfin 85% de la population ne fréquente jamais un musée ni une exposition. Chaque étude du ministère de la Culture conclut à l'échec de la démocratisation, rien n'y fait. Ce qui explique sûrement le mouvement de fond en matière de culture au cours des années Lang : l'abandon progressif de la démocratisation culturelle (la culture pour tous) au profit de la démocratie culturelle (la culture de tous et par tous). Plutôt qu'aller vers la culture des autres, on cultive son propre jardin culturel. Syndrome ikea de la culture en kits : on est tous cultivé parce que toutes les cultures sont possibles, surtout la sienne. 100% de réussite promise, tous devant la télé…

Le triplement du budget de la culture n'a-t-il servi à rien ? Désespérante question. C'est là l'effet pervers de la langue de Lang et de ses communicants : au bout de quelques années, ne reste que le dérisoire du verbe. Le ministre de la Culture en costume rétréci Sans Malraux, ni Lang, l'appellation fondatrice de ministère des affaires culturelles fluctue, soulignant que personne ne sait plus exactement ce qu'est une politique culturelle dans les hautes sphères de l'Etat.

Le défilé des locataires courte durée

L'hésitation est renforcée par la valse des ministres. On a tout essayé, grand commis de l'Etat, dandy cultivé, administrateur besogneux, femme journaliste en vogue, écrivain réactionnaire, homme politique de base, rien n'y a fait : le costume ministériel semblait toujours taillé trop grand pour le malheureux désigné ou volontaire puisque le patron avait été confectionné aux dimensions de Malraux. La rue de Valois voit ainsi défiler, depuis le départ de Malraux en mars 1969 : Edmond Michelet, André Bettencourt, Jacques Duhamel, Maurice Druon, Alain Peyrefitte, Michel Guy, Françoise Giroud, Michel d'Ornano et Jean-Philippe Lecat. Neuf locataires en douze années, le bail est de courte durée et personne n'en a rien retenu.

Ensuite, dès la fin des années Lang, la politique culturelle se replace hors de l'espace public. La culture était certes partout. Pas de plateforme politique, locale, régionale, nationale, sans son chapitre culturel. Mais ce n'était pas là où se gagnaient ni se perdaient les élections. Dans la France de la fin du XXe siècle et des débuts du XXIe siècle, la culture est partout, tout le monde en veut, tout le monde la revendique, mais son paradoxal triomphe marque surtout sa sortie de la controverse politique et son exclusion du choc des idées. Elle est surtout la marque d'un faire joli qui agrémente les programmes, s'étale sur des projets de papier glacé, un gibier de sujets consciencieux ou folkloriques pour journaux télévisés, la contre-partie artificielle aux offensives marketing de grande ampleur.

La culture échappera-t-elle désormais à ce destin de poule de luxe, supplément d'âme et vernis visuel pour événements médiatiques préfabriqués ? Le 21 avril 2002 -quand Le Pen arrive au second tour de l'élection présidentielle-, installe durablement un temps de crise sur la culture française, celui du malaise larvé, du désarroi morose, de la fin de la croyance en l'efficacité des politiques culturelles, de la chute de prestige d'un ministère rétrogradé symptomatiquement en bas de liste dans le gouvernement Raffarin de 2002, avec l'expert Jean-Jacques Aillagon.

Cet arbitrage gouvernemental a dévoilé le médiocre intérêt porté à l'art et aux artistes, à la culture et à ses enjeux, par un pouvoir qui a certes promis beaucoup mais sans conséquence. D'ailleurs, ce même ministère n'était plus qu'une question de « casting », et recommence une instabilité de la fonction dont la rue de Valois avait perdu l'habitude depuis la décennie 1970 : en une douzaine d'années, se succèdent Toubon, Douste-Blazy, Trautmann, Tasca, Aillagon, Donnedieu de Vabres, Albanel, qui ont chacun bien de la peine à définir ce que peut être une politique culturelle possible, sinon cohérente et efficace, et tout autant de difficulté à bien s'entourer et à échapper à la malédiction des coupes budgétaires.

Ces années du tournant du millénaire sont celles de la mise en sommeil des discours politiques sur la culture, ou plutôt de leur gadgétisation, tandis que bien des objectifs de développement culturel et d'insertion de l'art dans l'espace social passent au compte des pertes et profits (des pertes surtout). La politique culturelle à la française, inventée sous Malraux, régénérée par Lang, s'est dissoute dans ce processus.

L'intervention de l'Etat dans la culture va-t-elle se limiter à un soutien public à l'économie de la vie artistique et culturelle ? Ce désengagement ne serait pas illogique dans un temps d'humeur libérale et de désenchantement de la politique, où les enjeux économiques propres aux industries culturelles de masse semblent largement primer sur la réalité en berne d'une démocratisation culturelle dont tous les voyants sont au rouge en signe d'échecs répétés.

► Antoine de Baecque publie le 26 février » Crises dans la culture française. Anatomie d'un échec » , Bayard.

97 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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De www.laguerredesmots.com-yannick

pays de gex | 08H30 | 21/02/2008 | Permalien

houlà, attention, faudrait pas trop que les gens se cultivent et développent une manière de pensée déviante. Faut pas leur donner trop d'occasions de se divertir autrement qu'en regardant TF1, la bouche ouverte et la bave aux lèvres.
Petit conseil : si vous n'avez pas encore cassé votre télévision, sachez que regarder un feu de bois fait exactement le même effet ( ondes alpha aux niveau du cerveau, état semi hypnotique, etc )
Pour ce qui est de la culture, je crois qu'on peut arrêter d'espèrer des subventions, je propose des ventes de pavés pour financer les concerts et autres festivals.

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bretonne en Normandie | 10H11 | 21/02/2008 | Permalien

@ Antoine de Baecque

Merci pour votre article

J'ai des doutes, mais n'y a-t-il pas eu un Monsieur Toubon aussi dans la liste ?

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à Jana Portrait de Jana De torrebenn

technicien du spectacle | 14H36 | 21/02/2008 | Permalien

Je crois qu'il y a eu aussi françois Léotard, celui-là meme qui a coupé et vendu la Maison de la Culture de Reims en morceaux

Portrait de TARPON

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00H12 | 22/02/2008 | Permalien

rassures toi ,rien qu'à voir les dernieres productions françaises on risque pas de devenir intelligent.Mon meilleur moment,ça été Cornillac chez Drucker disant qu'il avait « reflechi » avant d'accepter le role d'ASTERIX ; ça doit bien etre le seul moment culturel du film.

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De Beryl

08H58 | 21/02/2008 | Permalien

Christine Albanel et son parler huppé de la vieille bourgeoisie versaillaise au sourire de mise, est faite pour son poste de ministre de la Culture comme moi pour la taille des roses dans le carré LouisXIV. Mais Benamou, monsieur ratelier (et plumitif sans vergogne) pourvu que ça m'pousse (et historien de gare de triage), s'il la remplace - ce qui pend au nez de la culture en berne - ce sera la déglingue culturelle assurée (sauf pour les copains, déjà sur les rangs)…

Portrait de MAGENTA

à Beryl Portrait de Beryl De MAGENTA

Pesteux génétique | 11H44 | 21/02/2008 | Permalien

Oui tout ce qu'elle sait cultiver c'est cet accent grand bourgeois telle une Tatiana dans « Le Magnifique » avec Belmondo.C'est un art de parlaîîîît comme ça du culturaîîîl'

Portrait de skalpa

De skalpa

actif et militant ? | 09H07 | 21/02/2008 | Permalien

Petite phrase sarkoziste (enfin, il paraît) :

« Quand j'entends le mot culture, je sors ma rolex ! »

http://kprodukt.blogspot.com

Portrait de René B.

De René B.

09H08 | 21/02/2008 | Permalien

Comment faire pour éviter le pire ? Comment convaincre que c'est le pire ? MOBILISATION !

Portrait de JoTak

De JoTak

09H20 | 21/02/2008 | Permalien

Le ministère de la culture a fait son choix : exit les subventions pour soutenir la culture française, c'est en revanche en légiférant qu'ils soutiennent une « culture » globale, de masse et surtout rentable, à l'image des majors de l'industrie du disque à qui il ne faudrait surtout pas refuser le moindre caprice (cf la « Mission Olivennes »).

Portrait de Gina Grimont

De Gina Grimont

09H22 | 21/02/2008 | Permalien

J'admire comme le monde du cinéma se mobilise. Le monde de la musique a du mal à bouger e à revendiquer alors que la situation est encore pire !

Portrait de personne

à Gina Grimont Portrait de Gina Grimont De personne

11H15 | 21/02/2008 | Permalien

C'est à force de faire du gras en touchant une rente de situation sans travailler.

Portrait de lgodgir

à personne Portrait de personne De lgodgir

11H35 | 21/02/2008 | Permalien

vous pouvez développer « personne » ? ?

Portrait de personne

à lgodgir Portrait de lgodgir De personne

11H54 | 21/02/2008 | Permalien

Les seules voix représentant le monde de la musique que l'ont entend tout le temps sont : Pascal Nègre, Olivennes, Obispo, Zazie, Halliday, Aznavour, etc.

C'est à dire tous ceux à qui le système actuel profite le plus, au détriment des autres artistes, et de nous pauvres clients de ce système.

Je n'ai pas a m'inquiéter pour le cinéma, si jamais des voix sont entendues, et elles le sont pour certaines déjà, ce seront celles des gros producteurs et exploitants : Besson, Pathé, UGC, TF1, Canal+, etc.

Portrait de TARPON

à personne Portrait de personne De TARPON

19H21 | 21/02/2008 | Permalien

a que coucou !

Portrait de Bon Scott

De Bon Scott

09H22 | 21/02/2008 | Permalien

Lorsque nous avons un Locataire de l'Elysée qui est un inculte(un plouc décomplexé) au regard de sa fonction, faut pas s'étonner de voir se dégrader ce qui fait une des richesses de la France.Ses prédécesseurs ont ou avaient une solide culture, certes différentes pour chacun d'entre eux, mais une culture quand même, cela leurs permettaient d'avoir une vision éclairée sur la France et le monde en général(après leur action politique ….). La rupture !

Ils ont une manière originale chez Sarko, de nous dévoiler les ministres qui ne feront plus partie du prochain gouvernement, après Alliot-Marie, maintenant Albanel, le prochain ? Borloo ? Lagarde ?

Portrait de Lairderien

De Lairderien

09H42 | 21/02/2008 | Permalien

L'article ne me convainc pas.
Oui pour les portraits de Malraux et Lang, mais ces deux là ont au moins donné un souffle chacun à sa façon, l'un avec une emphase et une démesure certaine, l'autre avec de l'emphase, de la démagogie et une certaine frivolité.

Rien n'était parfait, mais derrière eux c'est le néant !

Surtout, pour mettre la culture à la portée du plus grand nombre, il serait souhaitable et même impératif de supprimer tout ce qui empêche la culture de s'exprimer et en premier lieu l'abbyssale nullité de la télévision qui monopolise (au sens propre) tous les regards.
Pour moi TF1/M6 et consorts privées, sont non seulement antinomiques avec le mot culture, mais surtout de par leur emprise sur le « 'temps de cerveau disponible de la ménagère de moins de 50 ans' » ne laissent aucune place à une culture populaire de qualité (sans pour cela être forcément élitiste et chiante)

Mais bon de tout manière, ce n'est pas demain que les choses changeront. Nos élites n'ont probablement pas envie d'avoir à diriger un peuple trop cultivé, capable de ce fait de réfléchir et de comprendre le hiatus entre la civilisation libérale individualiste (donc égoïste) mondialisée qu'elle veut nous imposer et un autre modèle de société centré sur la solidarité et la satisfaction des besoins élémentaires de l'ensemble de l'humanité.

Portrait de TARPON

à Lairderien Portrait de Lairderien De TARPON

19H27 | 21/02/2008 | Permalien

les « artistes » ont l'habitude d'avoir des ministres à leur botte.Ca doit pas etre marrant d'etre obligé de se farcir des creatures à l'ego demeusuré ,d'accrocher des legions d'honneur à des chanteuses de cabaret ou à des mecs qui vivent en suisse grace aux subventions du contribuable .Je comprends qu'Albanel en ait ras le chapeau de cette categorie socio professionnelle.

Portrait de déluge

De déluge

menuisier | 10H30 | 21/02/2008 | Permalien

Le problème du cinéma que je connais le mieux, ce n'est pas l'abscence ou pas de politique culturelle de la part du ministère.
LE PROBLEME CE SONT LES PRODUCTEURS !
Lorsque j'ai commencé dans le métier en 90, à Arpajon un matin, un plateau était bloqué par les syndicats. Motif : Les personnels étaient payés à -10% du tarif syndical.
Il y trois ans on m'a proposé un film à -75% ! Produit par le frère de Francis Weber (qui n'a rien d'un « petit » producteur), le film s'est fait (« les quiches », pas vu).
Le milieu du cinéma qui se pose volontier à gauche et la joue progressiste est en fait depuis longtemps aux avant garde de la régression sociale. Jouant sur l'envie et le glamour supposé, les producteurs n'ont eut de cesse de dégrader les conditions de travail en terme d'heures travaillées et non payées, en terme de salaire revus à la baisse, en terme de cotisations sociales non payées et de travail dissimulé (payés par le système chomage), en terme de délocalisation vers des pays moins couteux(europe centrale, Maroc, ..).
Ce que l'industrie et l'économie générale fait subir à ses salariés, les patrons du cinéma le pratiquent depuis des années.
Et maintenant ils se plaignent ? Mais qu'ils crèvent !
J'ai plus de respect pour Gauthier Sauvagnac qui affiche clairement sa nature que tous ces pitres écharpes et mêches au vent qui te claquent la bise en calculant de combien ils vont pouvoir te refaire.

Portrait de C. Creseveur

à déluge Portrait de déluge De C. Creseveur

D'actualité | 12H18 | 21/02/2008 | Permalien

Ca c'est l'exacte réalité.
Il faut ajouter combien certains sont capables de marger dans le même temps, notamment dans l'audiovisuel, alors qu'ils imposent des forfaits honteusement bas à tous les techniciens.

Portrait de willstephi

à C. Creseveur Portrait de C. Creseveur De willstephi

14H04 | 21/02/2008 | Permalien

Je vous rappelle que Humbert Balsan, producteur indépendant des films de Youssef Chahine, Sandrine Veysset et bien d'autres, s'est donné la mort dans son bureau, criblé de dettes pour que ces films existent.
C'est un peu facile de trouver une profession et tout lui mettre sur le dos.
Il y a des moutons noirs dans tout secteur.
Le cinéma français est pour une grande part sous financée. Tout l'argent va à Besson, Langmann et autre producteur de blockbuster. Faites vous payer normalement quand vous travaillez pour ces productions !
Pour les autres, on sait que c'est en partie par les assedics des intermittents que c'est financé indirectement.

Portrait de déluge

à willstephi Portrait de willstephi De déluge

menuisier | 15H06 | 21/02/2008 | Permalien

Je ne parlais pas D'Humbert Balsan, personnalité brillante et complexe, malheureusement décédé.
Par contre renseignez vous sur les pratiques de certains autres producteurs, qui produisent aussi des films d'auteur ; vous vous appercevrez que derrière des discours valorisant l'art et l'expression de la diversité, se cachent des pratiques digne d'un medef décomplexé comme on dit maintenant.
Et les producteurs ayant les pratiques les plus sauvages ne sont pas forcément ceux que l'on croit. On peut poser au producteur vertueux et être une franche crapule dès lors qu'il ne s'adresse pas à un journaliste ou à un comédien tête d'affiche.
Ca fait quelques temps que j'ai laché l'affaire, mais Besson alors, chez les techniciens, était loin d'avoir la pire des réputations…
La mort de l'un ne suffit pas à absoudre un système de production fondamentalement hostile aux règles et au code du travail. Un ami à moi a finit un film recemment oû seuls les chefs de poste étaient salariés (à 50%), les adjoints, et les petites mains étaient des stagiaires, pas des stagiaires de ciné payés comme débutant à 300 euros semaines, non des stagiaires d'école juste défrayés, six jours de travail par semaine.
Et ce sont, croyez moi des cas extrèmement fréquents, si ce n'est la règle.

Portrait de Terence

à déluge Portrait de déluge De Terence

12H05 | 23/02/2008 | Permalien

Depuis le 26 novembre les salaires minima de la production cinématographique sont étendus, c'est-à-dire rendus obligatoire pour toutes les productions.

Il suffit donc de saisir le syndicat, encore faut-il être informé de ses droits.

La défense de son salaire, cela passe par le financement de son syndicat professionnel.

Si tous les ouvriers et techniciens cotisent au syndicat, les producteurs les respecteront.

Ils sont seuls et isolés, les producteurs font ce qu'ils veulent.
CQFD.

Au lieu de râler dans le vide, il serait mieux de se rendre compte que c'est dans le rassemblement dans le syndicat qu'on obtient la garantie du niveau de ses rémunérations.

Ce sont les techniciens et les ouvriers membres du syndicat qui ont obtenu pour tous l'extension de la grille des salaires minima.

Vous pouvez leur dire merci. Ils ont cotisé pour eux et pour vous.

Portrait de C. Creseveur

à willstephi Portrait de willstephi De C. Creseveur

D'actualité | 15H47 | 21/02/2008 | Permalien

J'appuie encore et je confirme le propos de Déluge, pour connaître des productions (ciné) qui offraient il y a quelques mois à peine des salaires à -70 et jusqu'à - 90% du tarif syndical !

Sachez aussi Willstephi que tout le monde ne travaille pas pour Besson et Langmann, et que de toute façon ce ne sont pas eux a priori qui payent le moins.
Aujourd'hui la pression est extrêmement forte sur ce secteur, et beaucoup chez les intermittents comme chez les auteurs (nous sommes pas sous le même régime mais les conditions sont similaires) sont naturellement conduits à accepter des salaires en baisse constante.
A partir du moment où d'autres que vous peuvent obtenir le boulot pour moins, vous n'avez que le choix d'accepter ce qui vous est proposé, ou de ne pas travailler.

Enfin je ne sais pas si le cinéma est sous financé, mais je suis plus certain qu'il y a un problème de répartition à laquelle l'inflation du salaire des vedettes n'est pas étranger.
A budget égal ce qui va sur la tête d'affiche ne va pas ailleurs. Comme la partie technique est peu ou pas compressible, on compense toujours par une réduction de l'enveloppe sur les autres rémunérations (les personnes en salaires, droits d'auteurs et charges font environ 60% du budget d'un film).

Portrait de agathevelikotny

à C. Creseveur Portrait de C. Creseveur De agathevelikotny

pigiste en province | 16H54 | 21/02/2008 | Permalien

Que dire du statut des scénaristes ? complètement lamentable…

Portrait de Terence

à agathevelikotny Portrait de agathevelikotny De Terence

12H07 | 23/02/2008 | Permalien

Le scénariste est un auteur. Ce n'est pas un salarié et heureusement.

Portrait de Lemmy_Nothor

à déluge Portrait de déluge De Lemmy_Nothor

Mellow Yellow | 11H02 | 22/02/2008 | Permalien

Je confirme tout ce que vous dites. C'est pareil aux Etats Unis, au Canada, et en Espagne ( pire ! ).
Pour avoir une industrie du cinéma, il faut le personel. Sans les techniciens, tous métiers confondus, il n'y a pas de tournage.
Et si ces techniciens ne peuvent pas y gagner leur vie, ils seront obligés de trouver du boulot ailleurs, et on vient de tuer la base de l'industrie.
Des stagiaires sur les plateaux de tournage ? Si, mais payés, et encadrés par des professionels. J'ai appris comme ça, sur le tas, et c'est encore la meilleure école.
Maintenant le seul milieu film ou il y a encore du fric, c'est la pub. Mais la il faut etre pret a faire des journées de 35 heures.

Portrait de A.V.

De A.V.

tamagotchi89 | 10H06 | 21/02/2008 | Permalien

Le financement public de la culture en France se heurte à deux réalités :
D'une part, la culture politique, qui veut qu'on se soucie plus de la loi que de son application, et plus de son application que de son effet. En matière de culture comme ailleurs, cela se traduit par une inadéquation du budget, quel qu'il soit, avec la « consommation » culturelle.
D'autre part, les acteurs de la culture se montrent en général assez résistants aux évolutions des moyens d'expression. Par exemple, le numérique permet d'abaisser considérablement le coût de production des films. Pourtant, ce support est boudé par le cinéma subventionné. Autre exemple avec Internet. Le libre accès à une plate-forme de communication mondiale peu onéreuse est perçu comme une menace pour la diffusion et la rétribution de la culture, alors qu'il est bien plus démocratique que tous les ghettos qui composent le paysage culturel français.
Alors ne tirons pas sur l'ambulance. A la prochaine cérémonie des Césars, je serais plus tenté de siffler cette institution nombriliste, inutile et onéreuse, que la Ministre de la Culture.

Portrait de catalaburro

De catalaburro

10H06 | 21/02/2008 | Permalien

EURODISNEY : le temple de la culture selon St Nicolas…

Ave Cesar ! !

Portrait de LaGrandeLucie

De LaGrandeLucie

10H08 | 21/02/2008 | Permalien

Le monde culturel a du soucis a se faire ! !

Rama Yade est pressentie pour le Ministère de la Culture, au secours….

Pourquoi pas Balkany aux Finances, Tiberi à la Justice et Estrosi à l´Environnement….

Portrait de déluge

à LaGrandeLucie Portrait de LaGrandeLucie De déluge

menuisier | 10H37 | 21/02/2008 | Permalien

Lagarde est bien à l'économie…

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