Albanel face à la révolte du cinéma: un ministre vers la sortie

Y a-t-il encore un(e) ministre à la Culture? En tous les cas, il (elle) ne répond guère. Interpellée de plus en plus bruyamment par les acteurs culturels, de tous les bords et de tous les domaines, Christine Albanel se fait la plus discrète possible tout en restant placée sous haute surveillance depuis l’Elysée, où règne un "conseiller du Président pour la culture et l’audiovisuel", l’ex-trublion médiadique mitterrandolâtre Georges-Marc Benamou.
Ce dernier n’a pas davantage de projet pour la culture, encore moins d’ambition de relance de la politique culturelle, mais du moins peut-il souffler à Sarkozy quelques effets d’annonce, claironnés sur la place publique en guise d’alibi culturel, sans même que la ministre en charge ne soit préalablement mise au courant.
Le cabinet du ministre de la Culture est aussi désorganisé que désemparé, effaré souvent par l’impréparation, l’amateurisme, pour tout dire l’absence de projet culturel, et craint de plus en plus ouvertement le confinement et l’isolement auxquels est soumise Christine Albanel, qui gère à peine les affaires courantes. Comme si elle était, depuis ses premiers pas et la lettre de mission qui lui fut adressée par la présidence de la République dès le 1er août dernier, encadrant significativement toutes ses actions, en état de sursis permanent.
Là voilà cependant au pied du mur. Car, à l’occasion de la cérémonie des César, vendredi 22 février, la profession se mobilise de façon sans précédent, notamment les métiers du cinéma et de l’audiovisuel, en première ligne dans les suppressions de crédits et le désengagement massif des politiques publiques. Un appel circule, "Vers le démantèlement de la diversité culturelle en France?", dénonçant "la forte baisse des crédits disponibles en Drac (Directions régionales des affaires culturelles) pour les festivals, les associations de salles, les circuits itinérants et, plus généralement, l’ensemble des acteurs de l’action culturelle cinématographique du territoire français".
Vendredi, à 21 heures, au moment même où débutera la cérémonie des Césars, il y aura grève des cinémas en France: tout le réseau art et essai et de recherche, celui qui soutient prioritairement le cinéma français récompensé au César depuis quelques années, suspendra sa séance et fermera les salles, en signe de protestation. Et l’ambiance promet d’être chaude et agitée dans la salle des César elle-même, cérémonie qui pourrait être l’ultime sortie d’une ministre qui n’en peut mais, une "versaillaise" chahutée par la Commune des cinéastes en colère.
Ensuite? Au profit d’un remaniement ministériel post-électoral, qu’on annonce aussi inéluctable que renversant, verra-t-on, comme la rumeur le colporte, le retour de Jack Lang en sauveur de la rue de Valois et de la politique culturelle à la française? On ne peut souhaiter pire destin à l’ancien patron du ministère… Mais cette succession déjà ouverte a le mérite de poser des questions non négligeables: qu’est-ce qu’un bon ministre de la Culture? Historiquement, il y a trois modèles. Malraux, Lang, et Tartempion. Mais le problème demeure: tous ont connu l’échec…
La taille Malraux
Malraux était fou. Ses discours avaient tout du delirium, ses postures pouvaient faire peur, et ses visions, ses tremblements, ses obsessions fétichistes, son narcissisme exacerbé, sa perpétuelle grandiloquence, proposaient le cas clinique d’une névrose profonde. Mais cette folie le protégeait. Elle confortait son personnage, celui que De Gaulle nommait "l’ami génial":
"A ma droite, j’ai et j’aurai toujours André Malraux. La présence à mes côtés de cet ami génial, fervent des hautes destinées, me donne l’impression que, par là, je suis couvert du terre à terre. L’idée que se fait de moi cet incomparable témoin contribue à m’affermir. Je sais que dans le débat, quand le sujet est grave, son fulgurant jugement m’aidera à dissiper les ombres."
Et comme l’indispensable dissipateur d’ombres ignorait le terre à terre, il fallait lui confier des tâches stratosphériques et surtout bien l’entourer. Ce fut la faculté de Malraux: tracer une voie à travers la nuée en des mots suffisamment épiques et visionnaires pour qu’ils supportent un projet, suffisamment obscurs, ésotériques et généraux pour qu’ils soient laissés à l’interprétation de ceux qui allaient les mettre en œuvre.
Sa grande force: un entourage d’administrateurs, d’hommes d’idées et d’actions, d’aventuriers de la culture, d’explorateurs en missions spéciales (un certain nombre venaient d’ailleurs de l’administration coloniale, tout juste démobilisés en 1959). Malraux était alors irrécusable.
Sa folie l’a déplacé hors du champ des polémiques, de même que son histoire: c’était un homme de gauche, intrinsèquement, compagnon de route des communistes. C’était un gaulliste d’obédience directe, sans autre médiation que l’amitié et l’écoute du Général, auréolé de Résistance (le commandement de la brigade Alsace-Lorraine en 1944) et de philosophie de l’art (du Musée imaginaire, en 1947, aux Voix du silence en 1951), même si la première était tardive et la seconde fumeuse.
Mais tout cela avait le goût de l’excès et surtout de la grandeur, et l’on sait que le bouillon de culture, en France, se déguste à cette sauce-là. Malraux fut le saucier le plus illustre de la gloire culturelle française, puisqu’il parvint toujours à rendre notre génie plus ou moins étriqué aussi large et envoûtant que l’univers de l’art dans son entier. C’est pourquoi l’action du ministère a été moins lyrique que le verbe du ministre. Il faut la relativiser: la culture ne vit pas alors un âge d’or, d’ailleurs elle demeure assez peu fortunée, entre 0,38% et 0,42% du budget total de l’Etat, et sera toujours en proie aux tracasseries des ministres des Finances et du budget.
S’il ne doit rester qu’une chose du ministère Malraux, qui vit encore mythiquement sur sa réputation, ce sont les Maisons de la culture. C’est dans ce cas, et dans ce cas seulement -puisqu’ici les murs s’appuient sur des fondations esthétiques cohérentes-, qu’on peut comprendre le sens de l’une des phrases les plus célèbres de l’homme des Antimémoires:
"La culture sera à notre époque ce que l’instruction publique fut à celle de Jules Ferry."
Cette prophétie, ce sont les Maisons de la culture qui ont voulu la réaliser au mieux, symbole et orgueil du nouveau régime. C’est une ressource, mais également un miroir aux alouettes: cette apologétique veut convertir le peuple à la culture par l’éclat des images, grâce au choc de la confrontation aux œuvres, dans un grand halo de scintillements et avec d’importants concours de foule, ce qui n’est pas sans rapport avec la culture de masse, mais souvent sans s’en donner les moyens.
Lang ou la séduction exagérée
Avec Jack Lang, tout fut culturel. Les arts, les lettres, le rock, la bande dessinée, la "culture" urbaine, un coup franc de Michel Platini, chaque idée du Président. Jack Lang pensait même que le gouvernement était composé de quarante-quatre ministres de la Culture. L’idiome culturel déborde les digues du langage, et envahit tout au cours des années 80, celles de Lang et de son efflorescence verbale, festive, créative. La Culture n’était plus seulement un ministère sectoriel, mais un centre de gravité autour duquel tout devait s’ordonner.
Si la France a été la première nation du monde démocratique à se doter d’un ministère des Affaires culturelles dès 1959, trente ans plus tard son budget s’est non seulement multiplié, mais sa dénomination même semblait s’être enflé à la mesure de ses certitudes et de sa puissance symbolique, pourvue de toutes les capitales désirées: ministère de la Culture, de la Communication, des Grands Travaux et du Bicentenaire…
Ce verbe lyrique nous paraît certes, avec le recul et l’ironie de l’histoire, quelque peu forcé et plutôt ridicule. Mais il faut songer à tout le mal qu’il a fait, quand ce vitalisme culturel s’est métamorphosé au cours des années 80 en une langue de bois parlée le plus naturellement du monde par les milieux de la culture officielle. Cette volonté de faire savoir et de faire voir s’est déversée en slogans de surexcitation culturelle, d’hypertrophie logomaniaque et de séduction exagérée. On a inventé la Fête de la musique, la Fureur de lire, la Ruée vers l’art, l’idée explosive de dynamiser les arts plastiques, le ministère du Bonheur, bientôt de l’Intelligence, et tout se devait d’être énorme sous la dictature du jamais vu et de la surenchère: Grand Louvre, Grande Arche, Grands Travaux, Très Grande Bibliothèque… Etat culturel et Etat séducteur marchaient ici main dans la main vers la lumière qui se levait à l’horizon.
Ces mots de passe du jargon ministériel sont devenus des clichés et des lieux communs qui ont doublé les réalisations effectives de la politique culturelle, qui pouvaient même s’en passer. Que la culture soit devenue un enjeu majeur dans l’art de gouverner, c’est un fait que et Malraux et Lang, chacun à leur manière, ont réussi à imposer.
Mais quid de la démocratisation de la culture? La croissance budgétaire de la politique culturelle, qui est indéniable, et est indéniablement le principal héritage des années Lang, a-t-elle contribué à étendre la culture de chacun? Là, il faut se rendre à l’évidence amère d’un constat d’échec: ironie d’une histoire qui passe par la baisse de la fréquentation dans tous les lieux de culture, concerts, cinémas, théâtres, bibliothèques, musées nationaux ou municipaux, alors même que les occasions de culture (le nombre de festivals, de livres, d’espaces d’expositions, de salles de concert, de films et de multiplexes cinématographiques, de Scènes nationales) ont significativement augmenté.
L’écartement des ciseaux semble inéluctable: un Français sur trois ne lit pas même un livre par an ; les deux-tiers ne sont jamais allés au théâtre ; enfin 85% de la population ne fréquente jamais un musée ni une exposition. Chaque étude du ministère de la Culture conclut à l’échec de la démocratisation, rien n’y fait. Ce qui explique sûrement le mouvement de fond en matière de culture au cours des années Lang: l’abandon progressif de la démocratisation culturelle (la culture pour tous) au profit de la démocratie culturelle (la culture de tous et par tous). Plutôt qu’aller vers la culture des autres, on cultive son propre jardin culturel. Syndrome ikea de la culture en kits: on est tous cultivé parce que toutes les cultures sont possibles, surtout la sienne. 100% de réussite promise, tous devant la télé…
Le triplement du budget de la culture n’a-t-il servi à rien? Désespérante question. C’est là l’effet pervers de la langue de Lang et de ses communicants: au bout de quelques années, ne reste que le dérisoire du verbe. Le ministre de la Culture en costume rétréci Sans Malraux, ni Lang, l’appellation fondatrice de ministère des affaires culturelles fluctue, soulignant que personne ne sait plus exactement ce qu’est une politique culturelle dans les hautes sphères de l’Etat.
Le défilé des locataires courte durée
L’hésitation est renforcée par la valse des ministres. On a tout essayé, grand commis de l’Etat, dandy cultivé, administrateur besogneux, femme journaliste en vogue, écrivain réactionnaire, homme politique de base, rien n’y a fait: le costume ministériel semblait toujours taillé trop grand pour le malheureux désigné ou volontaire puisque le patron avait été confectionné aux dimensions de Malraux. La rue de Valois voit ainsi défiler, depuis le départ de Malraux en mars 1969 : Edmond Michelet, André Bettencourt, Jacques Duhamel, Maurice Druon, Alain Peyrefitte, Michel Guy, Françoise Giroud, Michel d’Ornano et Jean-Philippe Lecat. Neuf locataires en douze années, le bail est de courte durée et personne n’en a rien retenu.
Ensuite, dès la fin des années Lang, la politique culturelle se replace hors de l’espace public. La culture était certes partout. Pas de plateforme politique, locale, régionale, nationale, sans son chapitre culturel. Mais ce n’était pas là où se gagnaient ni se perdaient les élections. Dans la France de la fin du XXe siècle et des débuts du XXIe siècle, la culture est partout, tout le monde en veut, tout le monde la revendique, mais son paradoxal triomphe marque surtout sa sortie de la controverse politique et son exclusion du choc des idées. Elle est surtout la marque d’un faire joli qui agrémente les programmes, s’étale sur des projets de papier glacé, un gibier de sujets consciencieux ou folkloriques pour journaux télévisés, la contre-partie artificielle aux offensives marketing de grande ampleur.
La culture échappera-t-elle désormais à ce destin de poule de luxe, supplément d’âme et vernis visuel pour événements médiatiques préfabriqués? Le 21 avril 2002 -quand Le Pen arrive au second tour de l’élection présidentielle-, installe durablement un temps de crise sur la culture française, celui du malaise larvé, du désarroi morose, de la fin de la croyance en l’efficacité des politiques culturelles, de la chute de prestige d’un ministère rétrogradé symptomatiquement en bas de liste dans le gouvernement Raffarin de 2002, avec l’expert Jean-Jacques Aillagon.
Cet arbitrage gouvernemental a dévoilé le médiocre intérêt porté à l’art et aux artistes, à la culture et à ses enjeux, par un pouvoir qui a certes promis beaucoup mais sans conséquence. D’ailleurs, ce même ministère n’était plus qu’une question de “casting”, et recommence une instabilité de la fonction dont la rue de Valois avait perdu l’habitude depuis la décennie 1970: en une douzaine d’années, se succèdent Toubon, Douste-Blazy, Trautmann, Tasca, Aillagon, Donnedieu de Vabres, Albanel, qui ont chacun bien de la peine à définir ce que peut être une politique culturelle possible, sinon cohérente et efficace, et tout autant de difficulté à bien s’entourer et à échapper à la malédiction des coupes budgétaires.
Ces années du tournant du millénaire sont celles de la mise en sommeil des discours politiques sur la culture, ou plutôt de leur gadgétisation, tandis que bien des objectifs de développement culturel et d’insertion de l’art dans l’espace social passent au compte des pertes et profits (des pertes surtout). La politique culturelle à la française, inventée sous Malraux, régénérée par Lang, s’est dissoute dans ce processus.
L’intervention de l’Etat dans la culture va-t-elle se limiter à un soutien public à l’économie de la vie artistique et culturelle? Ce désengagement ne serait pas illogique dans un temps d’humeur libérale et de désenchantement de la politique, où les enjeux économiques propres aux industries culturelles de masse semblent largement primer sur la réalité en berne d’une démocratisation culturelle dont tous les voyants sont au rouge en signe d’échecs répétés.
► Antoine de Baecque publie le 26 février "Crises dans la culture française. Anatomie d’un échec", Bayard.
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Le problème du cinéma que je connais le mieux, ce n'est pas l'abscence ou pas de politique culturelle de la part du ministère.
LE PROBLEME CE SONT LES PRODUCTEURS!
Lorsque j'ai commencé dans le métier en 90, à Arpajon un matin, un plateau était bloqué par les syndicats. Motif: Les personnels étaient payés à -10% du tarif syndical.
Il y trois ans on m'a proposé un film à -75%! Produit par le frère de Francis Weber (qui n'a rien d'un "petit" producteur), le film s'est fait ("les quiches", pas vu).
Le milieu du cinéma qui se pose volontier à gauche et la joue progressiste est en fait depuis longtemps aux avant garde de la régression sociale. Jouant sur l'envie et le glamour supposé, les producteurs n'ont eut de cesse de dégrader les conditions de travail en terme d'heures travaillées et non payées, en terme de salaire revus à la baisse, en terme de cotisations sociales non payées et de travail dissimulé (payés par le système chomage), en terme de délocalisation vers des pays moins couteux(europe centrale, Maroc, ..).
Ce que l'industrie et l'économie générale fait subir à ses salariés, les patrons du cinéma le pratiquent depuis des années.
Et maintenant ils se plaignent? Mais qu'ils crèvent!
J'ai plus de respect pour Gauthier Sauvagnac qui affiche clairement sa nature que tous ces pitres écharpes et mêches au vent qui te claquent la bise en calculant de combien ils vont pouvoir te refaire.
Le financement public de la culture en France se heurte à deux réalités :
D'une part, la culture politique, qui veut qu'on se soucie plus de la loi que de son application, et plus de son application que de son effet. En matière de culture comme ailleurs, cela se traduit par une inadéquation du budget, quel qu'il soit, avec la "consommation" culturelle.
D'autre part, les acteurs de la culture se montrent en général assez résistants aux évolutions des moyens d'expression. Par exemple, le numérique permet d'abaisser considérablement le coût de production des films. Pourtant, ce support est boudé par le cinéma subventionné. Autre exemple avec Internet. Le libre accès à une plate-forme de communication mondiale peu onéreuse est perçu comme une menace pour la diffusion et la rétribution de la culture, alors qu'il est bien plus démocratique que tous les ghettos qui composent le paysage culturel français.
Alors ne tirons pas sur l'ambulance. A la prochaine cérémonie des Césars, je serais plus tenté de siffler cette institution nombriliste, inutile et onéreuse, que la Ministre de la Culture.
Personnellement, je suis pour une culture indépendante. Celui qui veut réparer son toit, paye. S'il ne peut pas, il pose des gamelles ou vend son bien. Trop de gens pètent plus haut que leur cul. Pour les artistes, la même chose. Ils font des écoles d'art pour pouvoir enseigner les arts et son histoire à l'école. Sinon, ils bossent et s'expriment en dehors de leur boulot. Tant que l'Etat versera du pognon pour la culture, ce sont les plus privilégiés qui auront la parole et rien ne changera. Une dernière chose, je supprimerais la dation. Pensez-vous que les Français méritaient un musée Picasso? NON! Grâce à cette dation, ils en ont un. Les Français trichent. Trop facile pour un Etat de posséder des oeuvres sans les avoir achetés du vivant des artistes, quand ils avaient besoin d'argent. Les héritiers, les fortunés une fois de plus s'en sortent le mieux.La dation est une erreur grave. Paroles en l'air! Je sais, mais ça fait du bien d'écrire.
http://pikasso02.skyrock.com/
Il y a parfois du vrai dans ce que vous dénoncez Mr de Baeque, notamment dans le délire culturel qui faisait de tout et n'importe quoi du "foooormidable".
Mais vous ne pouvez pas dire que dans ce mouvement il n'y a pas eu de démocratisation de la culture.
Si toutes les fêtes que vous citez ne sont pas des événements populaires, que sont-elles?
Aussi avez vous mis les pieds dans les musées français avant les années 80? Avez vous fréquenté une bibliothèque avant les anées 80?
Et vous qui venez de la critique cinématographique, savez-vous ce que serait devenu le cinéma français sans les mesures salutaires prises par Jack Lang concernant son financement? (fonds de garanties / soficas / instaurations de quotas, etc.)? Qui auriez-vous eu à critiquer hors les films américains?
Pour ma part je tend à croire que dans le domaine culturel il vaut mieux un excès d'action, quitte à se faire critiquer par des gens comme vous, que rien du tout.
Pas forcément d'accord avec vos analyses de Malraux et Lang, même si je ne peux encadrer les deux...
Malraux aurait été atteint du syndrome de Gille de la Tourette (une chaine du service public a diffusé un documentaire sur lui, je ne sais plus laquelle, France3 ou Arte, faut pas pousser quand même, France2 c'est trop intello pour elle). On y voyait un Malraux avec des attaques (où effectivement on aurait pu penser à une névrose) d'une maladie neurodégénérative (Alzheimer, Parkinson, Charcot ou Kreutzfeld Jacob...) alors de là à le traité de "névrosé"...
Lang a eu le mérite de créer une loi (Loi Lang) qui a permis la préservation du Livre en france...
Si il y a un échec des politiques culturelles en france, la faute n'est peut être pas aux politricards.
Il y'a, comme un riverain la soulevé, la télé, qui est devenu l'un des rares médias ayant pignon sur rue, le net commençant à le concurrencer, mais que de puis peu en fait.
Le conformisme endormit de la plupart des acteurs, notamment dans le cinéma, plus t'es vieux et chiant, plus ça ressemble à la "french touch" en cinéma...
Le parisianisme jacobin qui fait, encore aujourd'hui, que si ce n'est pas à paris, ce n'est pas intéressant...
Les compromissions journalistes/artistes/institutions qui font que les mêmes têtes aux mêmes endroits, avec les mêmes critiques, et les mêmes éloges.
En fait ça ressemble beaucoup à la politique : de vieux croulants compromis, entre amis, conservateurs sous couverts de "modernité" viennent faire la morale à "un petit peuple" en lui racontant qu'il ne comprend rien à rien et qu'il faut se laisser guider par ces (ses) élus si éclairés....
Donc le "bon petit peuple" il en a un peu plein le ... et sa culture il se la crée et il envoie chier l'officiel....
Enfin un article qui se penche sur les problèmes qui se posent dans les domaines culturels.
Les problèmes sont posés, même si aujourd'hui on ne peu traiter la politique culturelle sans faire un parallele direct avec les municipalités qui ont nettement repris le flambeau.
Pour revenir sur l'article, on ne peut pas dire que Lang est regeneree la politique culturelle de Malraux.
Oh pauvre Malraux.
Lang souhaitait democratiser la culture certe,on peut dire que sur le fond nous sommes d'accord.
Lang c'est la rupture culturelle, la facon de faire de la politique culturelle va changer, comment?
En faisant entrer l'économie dans la politique culturelle. Il a tout juste recopier ce qu'il avait fait à Nancy et la transposer à un ministère.
Lang c'est une manière de travailler, la sienne.
L'absence de Duhammel au sein de l'article est tout simplement bizarre, car certes ont retient toujours Malraux et Lang comme les grands ministres de la culture mais on oublie le travail de Duhammel.
Penchez vous deçu reelement vous allez être surpris.
Malgré quelques désaccord, il faut noter ici qu'enfin un article parait sur les problèmes des politiques culturelles en France.
Et face au flou ministerielle d'aujourd'hui nous en avons bien besoin pour lancer un débat qui devrait etre national.
Mais bon les médias n'en parlent pas, il va falloir passer par des manifestations à commencer par demain soir aux césars.
Il nous reste l'espoir et l'envie ( même si c'est pas facile aujourd'hui dans cette glue politique)
Votre article est bien fait mais attention. Marlaux est vraiment un être d'exception. Il a en quelque sorte, ouvert l'idée pour tous, que le sacré était notre salut. Il a quasiment mis la république Française à genoux devant elle. Tous ce qui produit du sacré est digne de toutes les attentions ! Et puis c'était une époque pétrie de littérature et moins de people.
Lang aussi, mais déjà trop dans la culture de masse, du spectacle, qui au fond est à double tranchant. Car le but de la culture c'est de régénérer les êtres vers un autre regard du monde et de soi, et non un objet qui aurait pour but de nous faire passer un bon moment, sans qu'il n'en reste rien. Type Andy Warhol. Quoique ! A ce jeu de masse, on élimine tout ce qui fait le subversif de l'art. On lui ôte sa capacité de révolte, contre ceux même qui le porte comme l'état Français, à travers son ministère.
Premièrement, sur les subventions, toujours se poser la question. Pourquoi la France avec ces 200 films produits par ans, en produits autant de mauvais comparé aux pays qui n'ont pas l'avance sur recette ? Allemagne qui se réveille, Asie, Américain font de bien meilleurs films que nous. Moins complaisant. Plus subversif. Parle mieux de notre époque que nous.
A la vérité, l'art ne se décrète pas. Voilà les limites d'un ministère. Et puis, il n'y pas assez de dénicheurs de talents comme pour la quinzaine à cannes. Ensuite, j'estime que ce ministère à tué en partie le cinéma pour avoir arrosé, d'avance sur recette, toujours les mêmes, ou des gens qui n'ont rien à dire. Pour les courts métrages ils essaient de se rattraper. Si le cinéma doit mourir pour renaitre, qu'il meurt.
http://tulipe7.free.fr