Plutôt que d'entrer dans le capital des banques privées et d'imposer toutes sortes de régulations et de contraintes, mieux vaudrait créer de nouvelles entités bancaires, sûres car bénéficiant de la garantie et de la pérennité qu'assure le statut d'entreprise publique. C'est en tout cas la thèse de Paul Romer [1].
Si ces banques se révèlent plus sûres et mieux gérées que les banques privées, celles-là feraient faillite sans que le système ne soit menacé puisqu'une alternative existerait pour les clients. On punirait ainsi les fautifs sans crainte d'effondrement du système.
Voir aussi la discussion sur ce thème [2], notamment le diagnostic d'Anna Schwartz selon laquelle le problème n'est pas tant un problème de liquidité que de savoir quelles sont les banques et institutions financières saines et quelles sont celles qui ont de graves pertes non encore déclarées/connues. De ce point de vue, la proposition de Romer aurait le mérite de clarifier les choses.
Mon objection immédiate mais sûrement évolutive :
Cela génèrerait une instabilité massive comparable à ce qui s'est passé pour la Northern Rock [3], risquant d'ailleurs de conduire aux mêmes solutions (la nationalisation, ce qui du coup introduirait un nombre massif de banques publiques, sans doute excessif).
C'est sans doute une question qui peut se régler avec une saine et transparente gouvernance, mais il n'est pas sûr que les Américains soient plus vertueux en la matière que nous. Ceci dit la proposition de Romer a le mérite de l'originalité et de la cohérence, même si sa mise en œuvre peut se révéler délicate comme exposé ci-dessus.
Links:
[1] http://online.wsj.com/article/SB123388681675555343.html
[2] http://pra-blog.blogspot.com/2009/02/paul-romers-new-bank-scheme.html
[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:1378965141_7817eb7212_o.jpg