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Flop olympique pour la flamme à Paris
Par Marion Mourgue
Créé 04/07/2008 - 17:35

Incidents et arrestations ont émaillé le parcours prévu dans la capitale, et la flamme a fini le trajet jusqu'au stade Charléty en bus.

La police maîtrise un manifestant qui tente de s'emparer de la torche (Patrick Kovarik/Reuters).

Le climat était électrique ce lundi martin sur le parcours de la flamme olympique dans les rues de Paris. Les manifestants pro-Tibétains et pro-Chinois se faisaient face, à quelques centimètres les uns des autres, devant des CRS réunis en nombre pour l'occasion.

A pied, à rollers, en moto ou en voiture, les policiers étaient répartis le long du trajet. Une bulle protectrice d'environ 200 mètres de long a d'ailleurs été constituée autour du porteur de l'emblème des JO, composée de 65 motards, 100 policiers en rollers et 32 véhicules de CRS. A plusieurs reprises, des manifestants qui essayaient de courir vers la flamme ont été rattrapés, de manière musclée. (Voir la vidéo.)


Dans ces conditions, il était difficile de voir passer la flamme... Cette dernière a finalement été mise à l'abri, comme le raconte Alexis Marant, journaliste de l'agence Capa, présent sur place pour un reportage d'Envoyé spécial :



Delanoë zappé
par la Chine


L'itinéraire de la flamme olympique a été modifié au dernier moment lundi en milieu d'après-midi. Motif : l'ambassade de Chine a demandé in extremis que la flamme ne s'arrête pas devant l'hôtel de ville de Paris. Bertrand Delanoë, qui attendait au pied de sa mairie, a été prévenu une minute avant le passage de la flamme de cette décision des organisateurs, qui se sont donc pliés aux exigences des officiels chinois.

Contactée par Rue89, l'équipe municipale, visiblement outrée, s'interroge : est-ce à cause de la banderole dressée par la mairie « Paris défend les droits de l'homme partout dans le monde », ou en raison du drapeau tibétain hissé sur la façade par les élus Verts et RSF ?

Renseignement pris auprès de la préfecture de police, une seule des torches a été officiellement éteinte « en raison d'une défaillance technique ». Quoi qu'il arrive, la flamme ne cesse jamais de brûler pendant son parcours à travers le monde : elle est « conservée à l'intérieur du bus ». A chaque relais, une nouvelle torche est allumée à partir de la flamme.

Alexis Marant a également filmé les cameramans chinois qui s'abstenaient de rendre compte des manifestations sur place :



Une conduite qui a déplu aux officiels. Alors qu'il bénéficiait de toutes les accréditations nécessaires, il s'est fait tout simplement débarquer du car par un CRS, à la demande des journalistes chinois :



Les derniers relais de la flamme olympique dans les rues de Paris ont été supprimés peu avant 17 heures, la torche gagnant en bus directement depuis l'Assemblée nationale son point d'arrivée, le stade Charléty, a-t-on appris de source policière.

En fin d'après-midi, les organisateurs ont finalement décidé de raccourcir le trajet prévu : arrivée à l'Assemblée nationale (dont les travaux ont d'ailleurs été suspendus, des députés souhaitant manifester), la flamme a pris à nouveau le bus pour arriver à l'heure aux cérémonies prévues dans le stade Charléty.

► Ajout le 7 avril 2008 à 19h : Reporters sans Frontières (RSF) a lancé plusieurs opérations, tout au long du trajet de la flamme. Dans deux lieux symboliques, sur la tour Eiffel et sur les Champs-Elysées, l'organisation est parvenue à déployer un drapeau géant sur lequel figure leur désormais célèbre logo : les anneaux olympiques remplacés par des menottes. Les banderoles ont été rapidement décrochées par la police et les militants interpellés.

De son côté, le secrétaire général de l'association, Robert Ménard a réussi à hisser le même drapeau vers 16 heures, en haut de Notre-Dame, alors que la flamme olympique s'approchait de l'Hôtel-de-Ville. Pour cette opération, il a « escaladé dans la nuit de dimanche à lundi la façade arrière de la cathédrale avec deux professionnels et un autre membre de RSF », selon un des responsable de l'organisation.

Selon le parquet de Paris, une vingtaine de personnes ont été arrêtés sur le parcours. Une seule a été placée en garde à vue, au commissariat du XVe arrondissement, pour « violences à l'encontre d'agent de la force publique » et “port d'arme prohibée”.

Dans la matinée, la vice-présidente du conseil régional d'Ile-de-France, Mireille Ferri (Verts), a été interpellée par la police, alors qu'elle se dirigeait vers le Champ de Mars, munie d'un extincteur. Elle a été ensuite conduite au poste de police avant d'être relâchée quelques heures plus tard.

► Ajout le 7 avril 2008 à 23h15 : Interviewé sur le plateau du Soir3 (France 3), l'ancien champion olympique de judo qui dirige la Commission des athlètes du Comité national olympique, David Douillet, est revenu sur les événements de la journée. Il sortait d'une réunion du Comité national olympique. Visiblement agacé, il a expliqué que selon lui, il fallait « arrêter cette mascarade du parcours de la flamme ». A la question « fallait-il organiser les JO en Chine ? “, David Douillet a été très clair : ‘La réponse, on l'a vu en images. Ils ne sont pas au niveau. Non, on aurait pas dû le faire’.

Vidéo : Antonin Sabot


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