On pourrait presque en rire. De cette « humilité » de M. le ministre des Affaires étrangères. Ça ne lui ressemble, mais alors, pas du tout. C'est même kouchnéro-incompatible.
Il aurait, notre humble ministre tant aimé des Français pour son parler vrai, commis l'« erreur » de « l'avoir proposé au Président » [1], le secrétariat d'Etat aux Droits de l'Homme, par Mme Rama Yade occupé. Comme c'est crédible.
Imaginons le, notre valeureux homme, avancer l'idée, la soutenir et, au final, l'imposer à Sarkozy :
« Oh oui, créons, s'il te plait, un secrétariat d'Etat aux Droits de l'homme, parce que tu sais, je ne vois aucune “contradiction permanente entre les droits de l'homme et la politique étrangère d'un Etat, même en France' ; parce que, tu sais, je crois dur comme fer qu'on ‘peut (…) diriger la politique extérieure d'un pays uniquement en fonction des droits de l'homme. Diriger un pays [n'] éloigne [pas] évidemment d'un certain angélisme. S'il te plait, s'il te plait ! ! ’
Ça ferait presque peur, cette phénoménale naïveté, cette fraîcheur intacte, chez un gars qui en a tellement vues, pourtant, des choses horribles, produits de tant et tant de cynisme et intérêts politiques, et tout, et tout…
Mais non. Il est comme ça notre Kouchner tricolore : intact, inoxydable, plus vrai que n'importe le/la/quel/le d'entre nous. Il le disait, il y a peu encore, à tout journaliste qui voulait -oh oui, oh oui- l'entendre : ‘Les droits de l'Homme, je ne pense qu'à ça.’
Et d'un coup, patatras ? Tout l'édifice de croyances de l'ex-docteur se serait effondré ? Sans plus de dégâts qu'une p'tite interview au Parisien ?
Si l'obsession droits-de-l'hommiste (comme M. Sarkozy aime souvent à dire, à l'instar de tous ceux que gênent les principes altruistes qui cherchent à s'incarner) a si vite, et à si peu de frais, pu être guérie chez M. Kouchner, c'est qu'elle relève de la posture, pour ne pas dire de l'imposture.
Tout autant que ses envolées de ‘mec’ prêt à démissionner, si la nomination de sa compagne, M'dame Ockrent (par décret présidentiel du 20 février 2008, sans attendre donc les deux grandes lois de progrès en ‘discussion’ à l'Assemblée nationale sur l'audiovisuel public, intérieur/extérieur… mais je m'égare), venait à être gênée, sinon remise en cause par sa fonction ministérielle.
Mais si, mais, si… C'est, là encore, en conférence de presse que notre homme moderne a commis cette embardée à la testostérone politiquement modifiée.
Il est pourtant une vérité dans ce galimatias médiatico-politico-bonimenteur : la politique étrangère d'un Etat, français compris, est effectivement ‘en contradiction permanente [avec] les droits de l'homme’.
Simplement…
On ne voudrait pas semer la zizanie entre deux hommes de ‘valeur’ mais… que Sarkozy n'ait plus d'illusions : Kouchner nous a vaccinés.
Links:
[1] http://www.rue89.com/2008/12/10/quand-kouchner-retire-le-tapis-sous-les-pieds-de-rama-yade