Le parti socialiste traverse une crise qui s'opère à visage découvert sous les yeux consternés des français. Cette crise, larvée depuis des années, est le signe de la mue d'une organisation qui doit maintenant clairement choisir sa destinée : renaître ou disparaître.
En cela, le congrès de Reims pourrait être un congrès d'utilité publique. Utile pour le pays et utile pour une génération de jeunes hommes et jeunes femmes qui grandissent avec pour seul horizon la droite au pouvoir et le libéralisme.
Cette occasion de construire une nouvelle offre politique d'opposition fondée sur des valeurs du mouvement social et citoyen et de leurs luttes pour le progrès est sans doute ultime…
Sinon, la droite aura gagné et il est à parier que Nicolas Sarkozy sera réélu en 2012.
Sinon, le modèle charismatique cher à l'UMP s'imposera et avec lui, une forme de pratique autocratique du pouvoir.
Bref, sinon le modèle présidentiel, la culture du marketing autour du chef aura définitivement pris le pas sur la culture démocratique et politique.
Cette cause n'est pas celle du Parti socialiste ni celle de la gauche exclusivement.
Elle est celle de tous ceux qui refusent la fatalité de l'impuissance politique face au pouvoir de l'argent, à l'affairisme et aux lois de la spéculation financière.
Quelque soit l'issue du Conseil national : validation de l'élection ou décision de revoter, un changement radical devrait donc s'opérer au sein du Parti socialiste. Le changement de pratique n'est pas seulement l'apanage de ceux qui le quittent, le quitteront ou l'ont déjà quitté…
Pour l'avènement de l'intelligence éthique
Autrement, si son élection est validée, Martine Aubry prendrait-elle les mesures salutaires contre des élus condamnés tentés par un recyclage si ceux-là ont contribué à son élection à l'instar de Jean Paul Huchon ?
Si Ségolène Royal l'emporte, bannirait-elle ceux de son entourage qui tiennent des propos issus des idées de l'extrême droite comme Georges Frêche ou servent par leur attitude Nicolas Sarkozy ?
A ces questions, hélas, la lucidité des uns et le cynisme des autres commandent encore et toujours des réponses négatives dont les conséquences se payent au fil des congrès.
Ce changement profond est pourtant le seul débouché « constructif » de la crise qui postule l'émergence d'un nouveau parti politique. A ce stade, le pire serait de remettre le couvercle sur la marmite.
Pour qu'il n'y ait pas d'autres Reims, certaines résolutions d'ordre éthique s'imposent :
Sans cela, et ce, quelque soit le résultat final annoncé par la commission, l'engagement d'un travail collectif et d'un changement de cap ne sera ni respecté ni manifeste ni d'ailleurs possible. A défaut d'une indication claire donnée en ce sens à l'issue du Conseil national, le PS sera en incapacité de prétendre redevenir crédible ni audible auprès de la population qui a faim d'une opposition et soif de changement de politique.
Si, et seulement si le courage était enfin de mise dans le mouvement socialiste, la future direction enverrait alors ce signe au pays que la gauche est de retour !
Cela s'appellerait l'intelligence éthique.