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Selon la police, le Taser peut vous tuer, mais juste un peu
By Chloé Leprince
Created 11/21/2008 - 19:05

Lundi, on saura si la justice a reconnu Olivier Besancenot coupable de diffamation » [1] lorsqu'il a accusé le Taser d'être mortel, rapport d'Amnesty International à l'appui.

C'est Antoine Di Zazzo [2], le patron de SMP Technologies (qui commercialise le pistolet à impulsion électrique en France) qui a porté plainte contre le leader anticapitaliste. Avant que ce dernier ne se retourne contre lui, après avoir découvert que des détectives privés le filaient pour le compte de Taser France.

Or, trois jours avant ce jugement très attendu, le site d'info Bakchich sortait ce vendredi des pièces officielles [3] fort intéressantes, qui montrent que la police a évolué et reconnaît aujourd'hui la dangerosité du fameux pistolet si décrié.

Une note confidentielle évoque « une létalité réduite »

Ainsi, en 2004, le ministère de l'Intérieur évoquait l'arme en termes aussi élogieux dans ses documents internes qu'à l'extérieur, notamment auprès de la presse. Citons cet extrait, exhumé par Bakchich :

« Son usage représente une alternative efficace dans de nombreux types d'intervention et dans des formes de riposte situées entre l'arme de service (…) et le simple emploi de la force physique qui expose les fonctionnaires à des risques et des blessures graves (…)

L'utilisateur dispose d'un pouvoir dissuasif fort et d'une meilleure garantie de réussite dans le cas d'intervention à risques et violentes. »

Taser fait appel contre Raidh


Vendredi soir, 21 novembre, le collectif Raidh apprenait, trois jours avant le jugement dans le procès Besancenot, que Taser France faisait appel de la décision du 27 octobre qui déboutait le distributeur de pistolet dans sa demande de dommages et intérets (50 000 euros, plus 8 000 euros de frais de publication et 3 000 euros de frais d'avocats) pour « dépassement des limites de la liberté d'expression » et « dénigrement de la marque et du nom commercial Taser ». En première instance, le tribunal avait estimé que la demande de SMP n'était pas recevable dans la mesure où cette société ne possède aucun droit sur la marque Taser, enregistrée aux Etats-Unis. L'entreprise d'Antoine di Zazzo avait un mois pour faire appel.

En 2004, il se dit donc (et s'écrit) que le Taser a bien « un caractère non-létal ». Changement de ton cette année, dans cette nouvelle note confidentielle. Il s'agit cette fois d'un document émanant de la préfecture de police, destiné aux « chefs de service ». Et qui change de vocabulaire pour reconnaître qu'il s'agit désormais d'une arme « de létalité réduite ».

Chez Amnesty International, Benoit Murraciole note l'évolution lexicale. Mais ne triomphe pas franchement parce que « létalité réduite, ça ne veut rien dire ! » :


Pour lui qui suit le dossier Taser dans l'ONG, ces nouveaux documents mis au jour révèle cependant que « Olivier Besancenot avait raison de citer Amnesty ». Mais Benoit Murraciole relativise tout de même le « revirement » dont parle Bakchich… et estime que l'Intérieur devrait être plus explicite :


Amnesty international sortira par ailleurs au mois de décembre une nouvelle étude destinée à étayer la dangerosité du pistolet à impulsion électrique, dont peuvent maintenant être dotés les policiers municipaux [4], au même titre que la police nationale.


URL source: http://www.rue89.com/2008/11/21/selon-la-police-le-taser-peut-vous-tuer-mais-juste-un-peu

Links:
[1] http://www.rue89.com/2008/10/18/taser-avant-le-proces-besancenot-un-nouveau-recours
[2] http://www.rue89.com/2008/10/19/antoine-di-zazzo-ou-letrange-parcours-du-m-taser-francais
[3] http://www.bakchich.info/article5880.html
[4] http://www.rue89.com/2008/09/08/taser-dans-la-police-municipale-deux-villes-de-gauche-se-rebiffent-0