Je me suis, comme de nombreux autres, investi dans le mouvement pour une école de qualité en Guyane en fin d'année dernière. Investi parce que j'estimais que la place et l'attention accordée à l'éducation en France en général et en Guyane en particulier, déjà bien insuffisante, devenait critique.
Investi parce que le défi de l'éducation en Guyane n'est pas relevé et ne donne pas les mêmes chances à tous les enfants ; investi parce que la Guyane est pleine d'enseignants de qualité, pleins de motivation qui ont les ailes coupées par le manque de moyens et d'organisation.
Investi parce que chaque année, de nouvelles mesures déshabillent l'éducation ; investi parce que je trouve honteuse la manière dont le gouvernement tente de diviser les Français et faire passer les enseignants pour des fainéants qui profitent du système, qui sont en vacances et travaillent de temps en temps.
Investi parce que je pense que la politique du gouvernement actuel, notamment dans le domaine de l'Education nous envoie droit dans un monde que je ne souhaite pas où la rentabilité et le profit sont les maîtres mots.
Aujourd'hui, qu'en est-il ?
J'ai fait partie d'un collectif qui n'a pas été du goût de tout le monde, mais…
Quant à mon cas personnel, application directe de la politique voulue par le recteur : je suis toujours sans emploi mais maintenant je sais vraiment pourquoi.
Figurez-vous que le recteur a affirmé qu'il n'y avait pas de liste noire des contractuels mais a justifié en public ma non-reconduction, lors d'une réunion informelle avec la FSU dans les locaux du SNES, par le fait qu'il ne souhaitait pas donner de poste à un enseignant qui a frappé un policier au sol. Voilà sa justification !
L'accusation du recteur porte, vraisemblablement, sur le premier jour de l'occupation du rectorat de Cayenne, le mardi 20 mai 2008. Le blog Pour une école de qualité en Guyane [1] retrace les événements. Incroyable culot de faire de telles affirmations alors qu'aucune plainte n'a été déposée, alors que le policier qu'il a cité lors de cette fameuse réunion, présent au moment de l'arrivée du collectif sur Cayenne, m'a déclaré ainsi qu'à Y. Ginesta, secrétaire départemental de la FSU, qu'il n'était « pas au courant de l'affaire », qu'il me « connaissait et que personnellement, il n'avait rien vu » et qu'à sa connaissance, « il n'y avait pas de plainte déposée » (information confirmée par le Parquet que j'ai contacté).
Ma volonté serait maintenant de porter plainte pour diffamation mais j'ai besoin de témoignages de la part des personnes qui étaient présentes (une trentaine). Pour le moment, seul Y. Ginesta m'a donné son accord et j'éprouve de grosses difficultés pour joindre les autres personnes présentes. Une personne présente à la réunion est prête à témoigner mais attend la position de son syndicat sur le sujet.
Répression contre des gens qui se sont battus pour les enfants de Guyane
J'espère que la FSU va enfin réagir officiellement et demander à ce que la lumière soit faite sur les déclarations du recteur. Je suis conscient que je ne suis pas syndiqué et que j'ai fait partie d'un collectif qui n'a pas été du goût de tout le monde mais franchement, l'enjeu est tout autre : peut on accepter qu'un recteur se permette d'avancer de fausses informations sur des enseignants engagés (après les attaques sur Bruno Niederkorn), bafouant ainsi le droit de grève et mettant une pression de plus afin que les contractuels ferment leur bouche et avancent en rang ? Peut-on laisser une politique de répression contre des personnes qui se sont battues pour les enfants de Guyane ? J'ose encore croire que non !
Jusqu'à quand allons-nous laisser la situation empirer ? Quel avenir voulons-nous pour nos enfants ? Allons-nous de nouveau attendre l'annonce des DGH [Dotation globale horaire, en gros, l'enveloppe qui contient toutes les heures de cours et d'aides dont va disposer l'établissement, ndlr] pour se réveiller et se faire avoir par les vacances ? Les questions sont lancées. Je ne suis pas dupe, je sais que la mobilisation est bien retombée mais je suis sûr qu'il existe en nous tous une envie de faire bouger les choses.
Rassemblons nous le 20, discutons, échangeons, débattons sur le sujet et montrons que nous sommes toujours là, mécontents et en demande d'une éducation de qualité.
Links:
[1] http://pouruneecoledequaliteenguyane.travelblog.fr