Anne, étudiante en anthropologie, 25 ans, sept ans de couple avec Thomas, dont cinq en concubinage, trois ans avec Alban, un an et demi avec Louis, témoigne de son entrée dans le polyamour :
« Depuis toute jeune, je n'ai jamais pu admettre être la propriété d'une seule personne, ni qu'une fois une relation amoureuse avec quelqu'un engagée, cela signifie que je doive changer mon ouverture aux autres personnes.
Quand j'ai rencontré Thomas, il avait une amie, j'étais également engagée. Nous avons passé un an et demi à nous voir clandestinement.
Le jour où nous avons emménagé ensemble, il était implicite que nous étions libres d'avoir d'autres relations. J'ai eu quelques “histoires de peau”, que j'ai plutôt mal vécues. J'avais presque décidé de renoncer à avoir ces aventures tant je me sentais mal à l'aise de les révéler à Thomas.
Quand j'ai rencontré Alban, Thomas m'aida à lui avouer, et me déculpabilisa. Ce qui posa les bases explicites de notre relation polyamoureuse. Il m'exprima sa joie de me voir heureuse, et me dit qu'il n'avait pas peur pour nous.
C'est à ce moment que j'ai découvert la “théorie” du polyamour. En le vivant, car il était clair que mon amour pour Alban n'entachait en rien celui si profond pour Thomas, et que même il le renforçait.
Aujourd'hui, je ne doute pas que la notion d'amour exclusif n'est qu'un reliquat des anciennes institutions sociales, étatiques et religieuses et qu'il n'a jamais été dans la nature originelle de l'homme de jurer fidélité à une seule et même personne “jusqu'à ce que la mort les sépare”.
Les déterminismes sociaux auxquels nous sommes irrémédiablement soumis, ainsi que la propagande faisant impunément la promotion d'un style de vie bien défini sont difficilement dépassables. Et actuellement, face à un échec du couple traditionnel, on ne propose rien de plus subversif que des sites de rencontres, des sextoys ou des speed dating…
Le polyamour, voilà qui bouscule toutes les conventions établies ! »
Les réactions lorsque Anne parle de son polyamour sont la plupart du temps des réactions de curiosité, d'intérêt, mais parfois aussi de dédain, ou encore grivoises et lourdes. Les questions les plus courantes concernent :
► A lire aussi : Ni libertin, ni infidèle, le polyamour fait des ravages [1]
Links:
[1] http://www.rue89.com/rue69/2008/11/18/ni-libertin-ni-infidele-le-polyamour-fait-des-ravages