Internaute installé au Havre et père de trois enfants de 10, 8 et 5 ans, Pierre-Samuel Gall avait publié fin octobre un commentaire sur le site, au sujet de la suppression de l'école le samedi matin. Nous le publions ici sous forme de témoignage afin d'ouvrir le débat.
Comme beaucoup de parents et d'enseignants, je suis perplexe depuis la supression de l'école le samedi matin. Pour moi, un tel changement présente des dangers :
Mais il a aussi des bons côtés :
Au final, j'en ressens fortement les effets négatifs, pour moi, pour mes enfants et pour le lien social. Je ne parle pas au nom des enseignants, qui ont leur propre analyse des effets, positifs et négatifs.
D'accord… à condition que le système soit vertueux
Cependant, je veux bien accepter tous ces effets négatifs, à une condition : que ce « sacrifice commun » implique que tous les enfants (ou presque) sauront lire, écrire et compter à la fin du CE1 [le gouvernement entend profiter de la suppression du samedi travaillé pour développer le soutien scolaire, trois heures par semaine, pour 15% des écoliers, ndlr]. C'est la seule justification possible.
Je suis d'accord si l'école est capable, grâce à cela, de détecter l'enfant qui commence à être perdu, à ne plus suivre le rythme. Si l'école est capable, aussi, de l'aider à revenir, avec l'attention nécessaire, le temps et la culture de la valorisation de toutes les réussites (sans que l'enfant ne vive ce soutien comme une stigmatisation de ses échecs)… alors oui, je veux bien donner tout le reste.
Mais, si nous ne nous donnons pas les moyens d'arriver à ce résultat, alors ce sera une regression, aux effets irrémédiables.