
Bien que ternie par les récentes représailles militaires israéliennes à Gaza, les relations bilatérales entre la France et Israël sont au beau fixe. L'élection de Nicolas Sarkozy y est pour beaucoup. Il n'a jamais caché son hostilité à la politique jugée « pro-arabe » de Jacques Chirac et aime se présenter comme un « ami d'Israël ». Il n'avait pas hésité, lors de la guerre entre Israël et le Hezbollah de l'été 2006, à prendre à rebrousse poil l'opinion publique française en déclarant qu'il était « plus facile de critiquer Israël lorsque l'on est à Paris que à Haïfa », la ville israélienne soumise aux bombardements de la milice libanaise.
Mais le rapprochement entre Paris et Jérusalem avait déjà été enclenché sous la fin du second mandat de Jacques Chirac. Ariel Sharon avait été invité avec tous les honneurs à l'été 2005 en signe de soutien à son plan de retrait unilatéral de la bande de Gaza. Les dirigeants français considéraient qu'il était impératif de rétablir des liens forts avec les Israéliens afin de ne pas être hors jeu dans une région bouleversée par la nouvelle stratégie américaine.
Les menaces de Mahmoud Ahmadinejad
Au delà des marques de sympathie que la France et Israël échangent depuis quelques mois, Shimon Peres est venu chercher autre chose à Paris. Il attend du Président de la République des engagements forts sur le dossier le plus important pour Israël d'un point de vue stratégique : l'Iran. Les Israéliens n'ont jamais été convaincus par le rapport américain affirmant que le programme militaire nucléaire avait été stoppé en 2003. Les menaces proférées par Mahmoud Ahmadinejad sont prises avec beaucoup de sérieux par l'Etat hébreu qui n'a jamais écarté la possibilité d'un raid sur les installations iraniennes.
La troisième série de sanctions contre l'Iran, adoptée par le Conseil de Sécurité de l'ONU le 3 mars, a été jugé « insuffisante » par Ehud Olmert.
Le choix de Sarkozy
Quelle sera l'attitude française en cas de crise majeure sur le dossier iranien ? Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner avait parlé de « guerre » à l'automne dernier, terme qui n'a pas été repris depuis par les officiels français. Nicolas Sarkozy est déterminé à poursuivre la politique des sanctions contre Téhéran, même en dehors du cadre des Nations Unies. Rien ne permet pourtant de savoir quelle sera sa politique si l'Iran se dote de l'arme nucléaire et si Israël ou les États-Unis décident de mener une frappe. C'est pourtant à l'aune de cette possible crise que pourra se mesurer la véritable rupture de Nicolas Sarkozy sur une question internationale qui a un impact décisif sur les relations qu'entretient la France avec Israël, les États-Unis et le monde arabo-musulman.