Maria Vuillet a été relaxée. C'est ce qu'elle a appris à distance, jeudi matin, alors qu'elle s'apprêtait à quitter la Colombie, où elle était en vacances, pour rejoindre Paris. Elle avait été jugée le 16 juin pour « outrage » par la 28e chambre du tribunal de grande instance de Paris. Le plaignant ? Le sous-préfet Lacave, qui affirme que Maria Vuillet, mère de famille franco-colombienne et assistante sociale, l'a traité de « facho ».
Rappel des faits : le 22 octobre, jour anniversaire de l'exécution de Guy Moquet, toute la France se met à célébrer le résistant communiste. Y compris le gouvernement, qui décide de faire lire sa fameuse lettre dans toutes les écoles de l'Hexagone.
A la station de métro du même nom, au nord-est de Paris, le sous-préfet décide de faire un passage. Mais s'y trouvent déjà une poignée de manifestants, notamment le collectif Rose et réséda, qui entend organiser la résistance lycéenne à la récupération tous azimuts de Guy Moquet.
Emmanuelle Vuillet, étudiante en prépa HEC, fait partie du collectif. Maria est sa mère, elle l'accompagnait à la station de métro. Altercation entre la mère et le sous-préfet qui argue de représenter la République. Maria Vuillet affirme lui avoir rétorqué : « Oui, mais pas celle de Guy Moquet. » Lui a longtemps maintenu qu'elle l'avait alors traité de « facho ».
Toute l'audience du 16 juin au Palais de Justice de Paris s'articulera autour de l'insulte, alors que le nombre d'affaires d'outrage est en forte augmentation [1].
Selon le code pénal, Maria Vuillet risquait jusqu'à six mois d'emprisonnement, 7 500 euros d'amende et une interdiction d'exercer une fonction publique. Le parquet avait finalement requis 1 000 euros d'amende. Le magistrat qui jugeait l'affaire n'a pas suivi et l'a donc relaxée.
Chloé Leprince
Links:
[1] http://www.rue89.com/2008/04/06/outrages-a-agent-peut-on-encore-parler-aux-policiers?page=3
[2] http://www.rue89.com/2008/07/17/proces-pour-outrage-pour-les-jeunes-une-pietre-image-de-la-police