Relations franco-allemandes : derrière l'environnement, les gros sous

Les émissions de CO2 sont un sujet de discorde entre La France et son voisin d'outre-Rhin. Angela Merkel a convaincu Nicolas Sarkozy en juin dernier de mettre de l'eau dans son vin en réduisant les objectifs chiffrés et les sanctions possibles. Car, derrière l'environnement, c« est encore une histoire de gros sous.

Des sanctions fortes pour les pollueurs, et les constructeurs français seraient avantagés puisqu'ils ont des gamme de voitures qui consomment et polluent moins. Des sanctions faibles, et les constructeurs de voitures comme BMW ou Mercedes pourront continuer dans leur politique de grosses cylindrées. Sachant que pour leur image, ils peuvent difficilement baisser en gamme. Et ils sont essentiels à l'économie allemande. Au Parlement européen, le lobby des constructeurs allemands est d'ailleurs particulièrement actif.

Avec la future loi européenne, les véhicules vendus en Europe devront émettre en moyenne moins de 130g CO2/km parcouru à partir de 2012. Les associations environnementales voudraient 120g CO2/km et des objectifs sur le long terme. Cela représenterait une économie de carburant de 1,5 L/100km par rapport à la moyenne actuelle. Des amendes seront mises en place pour les constructeurs ne respectant pas ces limites : 20€ par véhicule et par gramme de CO2 au-dessus de la limite en 2012 ; puis 35€ en 2013 ; 60€ en 2014 ; et 95€ en 2015 et au-delà.

Problème, souligne la sénatrice et députée européenne Fabienne Keller dans un rapport [5] de mai 2008, “ les modalités de mise en œuvre prévues sont plutôt critiquables.” Notamment l'absence d'instauration d'un bonus/malus comme pour le Grenelle de l'Environnement. Une mesure qui a déjà coûté plus de 137 millions d'euros [6] au gouvernement. Pour le RAC, les sanctions ne sont pas suffisamment dissuasives et la proposition de règlement ne fixe aucun objectif de réductions supplémentaires après 2012.