Suspense relancé entre Obama et Hillary, un gagnant : McCain, un revenant : Huckabee. Rue89 analyse la nuit des primaires.
Rue89 vous a fait vivre en direct la nuit du Super Tuesday entre New York (Guillemette Faure), Washington (Justin Vaisse, de la Brookings Institution) et Nogent-sur-Marne (Pascal Riché). Un récit heure par heure qui peut se lire à l’endroit comme à l’envers.


Côté républicain, il y a un gagnant : John McCain, qui emporte comme prévu les Etats les plus importants ; un revenant, Mike Huckabee, qui fait mieux que prévu dans les Etats du Sud -mais sa victoire est sans lendemain, sauf peut-être sur le ticket de McCain à qui il peut apporter le vote de la droite chrétienne ; et un perdant, Mitt Romney, pris en sandwich entre un McCain populaire et un Huckabee qui lui vole son soutien chez les conservateurs sociaux.

Côté démocrate, Hillary Clinton a remporté de nombreux Etats parmi les plus grands, et ses victoires (New York, Californie notamment) font forte impression. A y regarder de plus près, cependant, les résultats du Super Tuesday ne sont pas si bons que cela pour la sénatrice de New York. D’abord, elle était présentée comme invincible voici encore quelques semaines, et elle aurait dû, logiquement, empocher hier la nomination. Or, ça n’a pas été le cas : l’application de la proportionnelle la force à poursuivre une course aux délégués où elle ne dispose pas d’une avance si confortable que cela. Ensuite, cette fonte rapide de son avance au profit de Barack Obama force à poser une question existentielle : et si la courbe se prolongeait au cours des semaines à venir ? Il semble en effet que plus le sénateur de l’Illinois a le temps de porter son message aux électeurs, d’électrifier les foules, de faire jouer son charisme, plus il est populaire et remporte des voix. La journée d’hier n’a pas brisé sa dynamique, son fameux "momentum", c’est-à-dire, au fond, sa synchronisation parfaite avec l’attente de changement, d’idéalisme, d’optimisme et de dépassement des vieux clivages qui est celui de bon nombre d’Américains en ce moment. C’est injuste pour Hillary Clinton, qui a bien des qualités à faire valoir, mais vient un moment où la politique ne se limite pas à une compétence bien maîtrisée mais requiert de l’inspiration, un souffle historique, une communication quasi mystique avec le peuple.
Bref, il n’est pas certain que Barack Obama remportera la nomination, mais la journée d’hier lui laisse ouverte la possibilité de démontrer qu’il est l’homme du destin au cours des longues semaines de lutte fratricide qui s’annoncent. (J.V.)
Obama dit qu’il aime bien Hillary, que c’est une amie, mais que "les Américains doivent avoir droit à un vrai choix" (souvenez-vous de la remarque de Monsieur S., plus bas, sur l’importance de souligner le contraste). S’il sait déjà qu’il a perdu la Californie, ça ne se voit pas. Le discours se finit sur un concert de "Yes we can" d’Obama et ses supporters. J’ai appris que le slogan venait de la campagne de Duval Patrick, le gouverneur noir du Massachusetts dont le directeur de campagne était David Axelrod… celui d’Obama aujourd’hui. (G.F.)
Son directeur de campagne Mark Penn a organisé une conférence téléphonique avec la presse pour leur dire que le vent du "momentum" (la dynamique) avait tourné en faveur d’Hillary. Difficile de savoir à quoi il l’a détecté. A peu près au même moment, un communiqué d’Obama à la presse attire l’attention sur sa victoire dans le Connecticut, ses bons scores autour de New York et des terres d’Hillary et ses victoires dans cinq sur huit des Etats républicains. (G.F.)

Maintenant, reste à voir si le "pare-feu" latino de la sénatrice de New York va lui permettre de passer devant un peu plus nettement dans l’Ouest… La Californie, comme prévu, est de ce point de vue un enjeu essentiel : l’énorme avance de Clinton, qui a récemment semblé fondre, va-t-elle s’inverser ? Concernant les résultats, le décompte final sera sûrement serré, avec Clinton possédant au bout du compte une longueur d’avance. Peut-être pas les "50 délégués maximum" que projettait David Axelrod, le conseiller d’Obama, vers 04h00, mais sans doute guère plus d’une centaine.
Ce résultat serait déjà très bon pour le sénateur de l’Illinois, qui a besoin de temps pour se faire connaître et pour profiter de son élan, alors qu’Hillary a utilisé à plein, semble-t-il, ses atouts… Si la course est longue, c’est probablement à Obama qu’elle profitera : dans ces conditions, il faut surtout qu’il ne décroche pas trop. (J.V.)
Est-ce l’effet du soutien du maire de Boston, Thomas Menino, et de sa puissante "machine" (réseau de soutien permettant d’aligner les électeurs) qu’il a mise au service d’Hillary ? Ou bien, autre hypothèse, est-ce l’impact des "endorsements" (déclarations de soutien) que l’on a surrévalué ? Et que les électeurs ne s’en laissent pas conter -ou du moins qu’ils se déterminent sur la base d’autres critères (sociaux, régionaux, identitaires, etc.). (J.V.)
Bien que les résultats démocrates n’aient montré aucune surprise pour le moment, Monsieur S. se dit très confiant :
"Regardez l’ampleur de la victoire dans l’Alabama et en Géorgie ; la proximité des scores du New Jersey et du Connecticut, le coin d’Hillary"
Monsieur S. est contrarié par la façon dont la campagne d’Hillary Clinton a nourri l’idée qu’il puisse y avoir un "ticket" Clinton-Obama après le débat (on vous en parlait plus tôt dans ce live blogging) :
"Les Clinton font toujours des coups en biais. Ils laissent entendre que les deux (Obama et Clinton, ndlr) pourraient se retrouver ensemble, parce qu’ils savent que c’est l’idée de contraste entre eux qui aide Obama. Tout ça lui a nui. Il était temps de rectifier le message."(G.F.)
"Côté démocrate, c’est très serré et la campagne va continuer. Pour l’instant, seuls deux Etats qui étaient considérés comme tangeants sont tombés : le Massachusetts côté Clinton et le Delaware côté Obama. Elle, elle a certes gagné NY, l’Oklahoma, l’Arkansas et le Tennessee, mais c’était attendu. Lui a gagné la Géorgie, mais c’était également prévu."McCain, pendant ce temps, a gagné dans la plupart des Etats et il sera bientôt, je pense, le candidat républicain. Il aura alors un coup d’avance, en vue de l’élection, si du côté démocrate le combat se prolonge dans les tensions." (P.R.)

De son côté, McCain n’a eu que des mots gentils pour Huckabee. Un vice-président Huckabee serait un atout de choix pour ce dernier : il lui permettrait de réconcilier le parti et de mobiliser les conservateurs –toute la question étant en effet de savoir si la base républicaine va se déplacer le 4 novembre pour soutenir McCain. A plus court terme, on sait maintenant qu’il est en mesure de lui apporter les délégués de Virginie occidentale, d’Arkansas et de l’Iwoa contre Romney. (J.V.)
Obama, qui l’a déjà emporté en Géorgie et dans l’Illinois, gagnerait dans cinq nouveaux Etats : l’Alabama, l’Arizona, le Connecticut, le Delaware et le Missouri.
Clinton, qui empoche l’Oklahoma et l’Arkansas, gagnerait dans trois autres Etats : la Californie, New York et le Tennessee. (P.R.)
Certes, les Clinton ont de solides soutiens chez les riches Californiens. Mais le vent a tourné. Même Steven Spielberg, le grand ami des Clinton, s’intéresse à la campagne du sénateur de l’Illinois [3]. De quoi faire tousser Hillary Clinton :
Obama a non seulement séduit Maria Schriver, la femme du gouverneur républicain Arnold Schwarzenegger [4], mais aussi une partie du gotha d’Hollywood : George Clooney, Will Smith, Jennifer Aniston, Halle Berry, Morgan Freeman, Edward Norton, Forest Whitaker, Scarlett Johansson… Saurez vous reconnaître les autres stars qui passent dans ce clip ? (Voir la vidéo)
(P.R.)
Mais les résultats définitifs ne seront connus que demain matin heure française en ce qui concerne les Etats de l’Ouest et surtout la Californie. Et l’on risque d’avoir des effets d’annonce contredits, comme c’est souvent le cas. Ainsi, en Californie, les démocrates ont pu voter par correspondance, et il est probable que ceux qui ont fait leur choix depuis quelques jours, voire quelques semaines, ont (comparativement) davantage voté pour Clinton -car ils se sont décidés avant la vague d’enthousiasme des derniers jours. A l’inverse, ceux qui se rendent aux urnes le plus tard, y compris après les résultats de Géorgie, vont sans doute voter davantage pour Obama (comparativement là encore).
Il faut dire qu’un coup d’oeil aux courbes de popularité montre la montée en puissance d’Obama sur le long terme, ce qui semble l’avantager si les primaires se prolongent… N’oublions pas que 50-60% des électeurs, Obamo, se décident dans les 24 heures avant le vote ! (J.V.)
"Tu vois, ce que je n’aime pas chez Obama, c’est son logo "Change", il a repris toute la typo de Chanel…"


J’ai essayé, mettez deux doigts pour cacher les deux dernières lettres de la pancarte d’Obama et vous verrez… (G.F.)

-Il a battu Hillary Clinton auprès des hommes blancs, ce qui signifierait qu’il aurait bénéficié d’un report des anciens partisans d’Edwards avant son retrait.-Dans les sondages de sortie d’urne, les électeurs qui disaient avoir voté en cherchant un candidat capable de créer du changement étaient deux fois plus nombreux que ceux qui privilégiaient l’expérience.
(G.F.)
A noter, l’équipe de campagne d’Obama laisse entendre depuis ce matin qu’Hillary devrait gagner. Ce qui lui permettra de passer pour un super gagnant s’il l’emporte. Sans doute une leçon du New Hampshire, où il n’avait perdu que de deux points, mais où ce résultat était apparu comme une grosse défaite parce qu’il avait été donné largement gagnant. (G.F.)
Ces dernières semaines, les commentateurs conservateurs (Rush Limbaugh, Sean Hannity, Anne Coulter…) se sont déchaînés contre lui. McCain nominé, c’est le parti républicain qui se désintoxique du mouvement conservateur qui, après un éphémère épisode en 1964, l’a dominé depuis Reagan en 1980.
Ce qui ne veut pas dire que McCain ne soit pas lui-même conservateur : sur l’avortement par exemple, ou surtout en politique étrangère (c’est un super-faucon), il a le cœur bien à droite. Mais sa capacité à dépasser les clivages lui donne un atout énorme que complète son image rassurante. Dans un duel contre Hillary Clinton, figure si polarisante et, pour beaucoup d’Américains, repoussante, il est en ce moment donné gagnant dans les sondages (contrairement à Obama, qui l’emporterait).
La mère d’un ami, démocrate depuis toujours sans suivre la politique de trop près, m’a dit combien elle était suprise et déçue d’apprendre qu’il était républicain… (J.V.)
00h10. On ne peut pas s’empêcher de penser que Bill Clinton était un soutien naturel de Barack Obama. Le charisme, la jeunesse, l’enthousiasme, l’optimisme, le dépassement des barrières sociales et surtout raciales : tous ces ingrédients étaient ceux que Bill avait su mélanger pour obtenir la victoire en 1992.
Seulement, il y a Hillary, évidemment. Du coup, la campagne démocrate ne peut marcher sur ses deux jambes, et parfois ces deux jambes se donnent des coups de pied… Comme lorsque Hillary rappelle qu’Obama manque d’expérience, comme lorsque Obama rappelle que les années Clinton n’ont pas transformé l’Amérique. Idéalement, il faudrait satisfaire à la fois la soif de changement de l’Amérique (Obama) et son besoin d’ête rassurée, notamment sur le plan économique (Clinton : l’âge d’or des années 1990). Mais tant que ces deux candidats restent en lice, c’est chose impossible.(J.V.)
L’hypothèse profite essentiellement à Hillary, qui laisse entendre qu’en votant pour elle, les électeurs auraient les deux. Obama, qui se présente comme le candidat du changement et du renouveau politique, n’a rien à y gagner. D’où les messages envoyés depuis quelques jours. Sur une chaîne d’info new-yorkaise, ce matin, Terry McAuliffe, directeur de la campagne d’Hillary Clinton, nourrissait l’idée. Quand on lui a demandé si ce serait une bonne idée pour sa candidate, il a répondu [9] :
"Evidemment que ça le serait, absolument. Comment ne pas envisager quelqu’un qui a suscité autant d’enthousiasme ? "
Obama, sur Good Morning America, n’a pas laissé la porte ouverte :
"Je me présente à la présidence et je ne suis pas sûr qu’Hillary serait prête à accepter la vice-présidence."
(G.F.)
Concrètement, les électeurs démocrates et républicains votent pour des délégués qui les représenteront, cet été, lors des "conventions" de leurs partis respectifs. Par exemple, la Californie enverra 173 délégués républicains à la Convention républicaine, l’Etat de New York 101 délégués…
Pour compliquer le tout, les règles du jeu diffèrent selon les partis et selon les Etats.
1) Election ou Caucus ?
On peut élire ses délégués selon le mode classique, ou, dans certains Etats, les désigner par "Caucus". C’est un processus un peu plus complexe : les militants se réunissent dans des salles d’écoles ou autres bâtiments publics ; ils se regroupent, en fonction du candidat de leur choix, dans tel ou tel coin de la salle. Puis chaque groupe essaye de débaucher, par des harangues, des gens des groupes rivaux. C’est assez festif, mais parfois tendu. Les groupes qui attirent moins d’un certain nombre de militants (exemple : 15%) sont dissous et ils doivent se répartir entre les autres.
2) "Winner takes all" ou proportionnelle ?
Côté démocrate, à quelques exceptions près, c’est la proportionnelle qui est appliquée.
Côté Républicain, dans la majorité des cas (comme New York), c’est la règle "winner takes all" (le vainqueur rafle tous les délégués de l’Etat ou du district électoral). C’est plus brutal, mais cela donne un peu de sel à la bagarre.
3) Primaires ouvertes ou fermées ?
Dans le cas de primaires fermées, seuls les encartés peuvent mettre un bulletin dans l’urne. Les indépendants sont exclus du vote. C’est le cas, côté républicain, en Californie ou à New York. Les primaires fermées, côté républicain, favorisent plutôt Mitt Romney, car le coeur des électeurs indépendants a tendance à pencher pour John McCain, qui a l’image d’un homme plus modéré. (P.R.)
Les dégâts de la "stratégie sudiste" des époux Clinton à la mi-janvier (rappeler subtilement qu’Obama est noir, ce qui évoque, toutes proportions gardées, la reconquête du Sud par les républicains à partir de la campagne de Nixon en 1968 en jouant sur le facteur racial) ont été profonds. Ils ont fait remonter les aspects les moins sympathiques des Clinton, sur le mode :
"Ces gens-là sont prêts à tout pour conquérir / conserver le pouvoir."
Des signes du souffle Obama ? Les milliers, voire dizaines de milliers, de jeunes qui se pressent à ses meetings, et surtout les "endorsements", c’est-à-dire les soutiens officiels, qui se multiplient depuis quelques semaines. A cet égard, la palme revient à la famille Kennedy [10] –à certaines de ses figures les plus importantes, en fait– qui permet de faire officiellement le lien historique Obama-JFK. Des figures moins connues ont permis à Obama, ces derniers jours, de maintenir son "momentum" (sa dynamique, son élan), notamment des femmes gouverneurs (Janet Napolitano, Kathleen Sebelius…).
(J.V.)
22h50. Super Tuesday est le jour le plus riche de la campagne des primaires américaines. Cette année, on vote dans pas moins de 24 Etats, dont les plus riches : New York, la Californie… Autant dire que le sort de ces élections peut se jouer dans les heures qui viennent. Côté Républicain, le sénateur McCain distancera-t-il définitivement son rival Mitt Romney ? Côté Démocrate, qui de Hillary Clinton ou Barack Obama creusera l’écart ? On peut se demander pourquoi le super tuesday tombe toujours un (super) mardi. En réalité, traditionnellement, les Américains votent le mardi. Pour le jour J des élections présidentielle et législatives, c’est le premier mardi après le premier lundi de novembre qui est retenu. C’est ainsi, officiellement, depuis 1845.
Pourquoi ? Au début du XIXe siècle, il s’agissait de trouver le jour qui respecterait le mieux l’emploi du temps des fermiers. Une fois les moissons finies, donc. Le dimanche était le jour du seigneur, un jour de repos : sacré, donc. Il fallait une journée pour voyager à la ville, à cheval ou en carriole, une journée pour voter et une autre pour revenir. Le mardi a été considéré comme le jour le plus pratique.
Mais aujourd’hui, ce choix est critiqué. Le fort taux d’abstention aux élections américaines est en partie lié au choix du mardi, plutôt que d’un jour du week-end, comme c’est le cas dans les démocraties européennes.
(P.R.)
22h35. Première victoire, c’est Mike Huckabee [14] qui emporte la Virginie Occidentale. Certains se demandaient pourquoi le gouverneur d’Arkansas, qui n’a gagné que les caucus d’Iowa, restait dans la course républicaine que se disputent John McCain et Mitt Romney.
En fait, McCain compte beaucoup sur le maintien d’Huckabee dans les primaires pour qu’il siphonne des voix conservatrices à Romney. Les deux hommes semblent avoir développé un pacte de non agression dans les débats. Mieux, un ami républicain me disait que McCain avait refusé une invitation à débattre en face à face avec Romney, insistant pour qu’Huckabee soit là.
Leur alliance semble avoir fonctionné dans les caucus de Virginie occidentale où, au deuxième tour, ceux qui avaient voté McCain ont reporté leurs voix sur Huckabee. (G.F.)
Rendez-vous ce soir, à partir de 22 heures, pour guetter les résultats des primaires américaines avec Justin Vaïsse, (expert à la Brookings Institution et blogueur de Rue89) à Washington, Guillemette Faure à New York et Pascal Riché à Nogent. Sans oublier Arnaud Aubron, webmestre aux commandes.
Pour ceux qui n’ont pas gagné le badge du grand quizz [15], un nouveau concours ce soir. A gagner : un superbe casse-noix à l’effigie d’Hillary Clinton (livré sans les noix).

Envoyez-nous vos pronostics sur le nombre d’Etats que gagneront ce soir Hillary Clinton, Barack Obama, John McCain, Mitt Romney et Mike Huckabee. Attention, les démocrates participent à 23 primaires et les républicains à 21. On accepte les pronostics jusqu’à minuit, heure française.
Live-blogging à partir de 22h00 ! Ne ratez pas le début du film.
Liens:
[1] http://www.rue89.com/campagnes-damerique/en-direct-du-new-hampshire-clinton-la-comeback-kid
[2] http://edition.cnn.com/ELECTION/2008/primaries/results/dates/index.html#20080205
[3] http://abcnews.go.com/Politics/story?id=2819848
[4] http://medias.fluctuat.net/films/5/6/5685/conan-le-barbare-2/photos/71920-arnold-schwarzenegger.jpg
[5] http://www.rue89.com/drudgereport.com
[6] http://www.rue89.com/john-mccain-plus-faucon-que-bush-mais-cheri-des-democrates
[7] http://online.wsj.com/article/SB119983795482376303.html
[8] http://www.rue89.com/campagnes-damerique/le-grand-quizz-super-prime-des-elections-americaines?page=0#commentaires,
[9] http://politicalticker.blogs.cnn.com/2008/02/04/clinton-chairman-obama-would-be-good-running-mate/
[10] http://www.rue89.com/campagnes-damerique/les-kennedy-dechires-entre-hillary-clinton-et-barack-obama
[11] http://www.rue89.com/campagnes-damerique/de-niro-avec-obama-il-etait-une-fois-dans-le-new-jersey
[12] http://abcnews.go.com/Video/playerIndex?id=4245028
[13] http://www.breitbart.com/article.php?id=080205005625.4jmak7ax&show_article=1
[14] http://www.rue89.com/campagnes-damerique/mike-huckabee-sera-t-il-le-clinton-republicain
[15] http://www.rue89.com/campagnes-damerique/le-grand-quizz-super-prime-des-elections-americaines