Après la publication de l'article « Avec Mesguish, où va le Conservatoire national supérieur d'art dramatique ? “ [1] dans le blog Balagan [2] de Jean-Pierre Thibaudat. Daniel Mesguich a demandé la publication de ce droit de réponse.
L'auteur de cet article, visiblement mal informé (je n'ose de sa part imaginer une intention malveillante à mon égard) et victime des nombreuses inexactitudes qui lui ont été rapportées, colporte -de bonne foi donc je n'en doute pas- certaines rumeurs qui vont du malentendu de détail à la calomnie pure et simple, et c'est pourquoi je vous demande de bien vouloir publier la présente au titre du droit de réponse.
Je ne prendrai pas la peine de rectifier toutes les erreurs factuelles (il n'est pas question d'‘ouvrir une classe de one man show’, par exemple) ou les méprises sur l'intention (je ne suis pas mû par la ‘mythologie de la vedette médiatique’, par exemple) contenues dans son article, me réservant de communiquer plus tard et par tous les moyens qui me paraîtront appropriés la teneur complète et véritable des évolutions que je prévois d'initier dans le déroulement des études au CNSAD.
Dans le même esprit, je ne m'offusquerai pas des attaques personnelles auxquelles, trompé une fois encore par ses sources, il s'est malgré lui laissé aller –je ne veux y voir que des excès bien compréhensibles de la part d'un serviteur du théâtre passionné et sincère, qui a maintes fois eu l'occasion de montrer son attachement à cet art et de lui apporter à sa façon une contribution fondamentale.
Je voulais seulement apporter quelques rectifications et précisions aux fourvoiements les plus nuisibles aux lecteurs de M. Thibaudat :
La personne de Mme Picon-Vallin, quelque éminente qu'elle soit dans les domaines dont elle s'est faite la spécialiste, ne représente pas à elle seule la possibilité d'enseigner l'histoire du théâtre. Que Jean-Pierre Thibaudat et ceux à qui il s'adresse se rassurent donc sur ce point : je suis extrêmement soucieux de proposer aux élèves un accès le plus complet possible -il le sera- à la connaissance théorique et historique de l'art du théâtre.
Ce retour ‘en arrière’ sur un point me semble bon, en effet, surtout s'il s'accompagne, sur d'autres -comme j'en ai le projet-, de nombreuses innovations qui lui donnent sens.
Il s'agissait -cette réunion se tenant tout juste un mois et demi après ma nomination- de la plus élémentaire des prudences. Je regrette cela dit au passage les points de suspension dont M. Thibaudat fait suivre dans son article le nom de Philippe Torreton.
Cette inadvertance stylistique pourrait en effet laisser croire -ce que je me garde bien d'affirmer- qu'il a sur un acteur ayant malheureusement connu quelques succès sur scène comme à l'écran une opinion négative bien arrêtée. Je prends quoi qu'il en soit le pari que Philippe Torreton saura transmettre aux élèves toute la fougue que je lui ai connue quand il l'était lui-même, élève, dans cette même école (cette phrase constitue la ‘confirmation’ -et en exclusivité pour votre site- dont M. Thibaudat m'a reproché l'absence).
C'est que, j'en assure M. Thibaudat, on peut parfaitement écrire en toutes lettres le nom de Georges-Marc Bénamou sans craindre de salir son clavier d'ordinateur. Le fait est que M. Bénamou était, comme bien d'autres personnes, favorable à ma nomination. C'est en effet une tradition que, pour que quelqu'un soit nommé à une direction quelconque, il faille que certaines des personnes consultées y soient favorables…
Je termine ici cette réponse déjà trop longue à un petit article auquel le principal -et peut-être le seul- reproche qu'on puisse finalement faire, c'est d'avoir tout simplement oublié le formalisme, certes désuet mais parfois utile, qui veut qu'un journaliste, avant de mettre quelqu'un en cause, prenne contact avec lui pour pouvoir lui poser toutes les questions qui le tourmentent.
Une trop longue pratique de la critique dramatique -qui n'est évidemment pas soumise à de telles tracasseries- en aura, je le comprends parfaitement et l'en excuse volontiers, fait perdre l'habitude à M. Thibaudat.
Je tiens cependant à préciser encore que, si j'ai choisi, pas souci de la mesure, de ne contester explicitement que certains passages de son article, on aurait tort d'y voir la confirmation implicite des autres. J'affirme en effet que l'ensemble de ce texte présente au public sous un jour fallacieux un projet pédagogique qui, de plus, n'est encore pour l'heure qu'en cours d'élaboration.
Daniel Mesguich
Monsieur Daniel Mesguich, nouveau directeur du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, a souhaité le 6 janvier apporter un commentaire à un article mis en ligne le 20 décembre, article qui évoquait le climat d'inquiétude qui règne actuellement dans cette haute école et s'interrogeait sur les nouvelles orientations envisagées par son nouveau directeur. Qu'il ait souhaité le faire sous le mode du droit de réponse prête à sourire, les commentaires étant ouverts à tous.
Son propos retors et sentencieux n'appelle d'autre commentaire de ma part que ceci : cet article a été étayé par les témoignages croisés de différents professeurs du Conservatoire (qui ont préféré garder l'anonymat) et d'un nombre respectable d'élèves. Ce que monsieur Mesguish fait mine d'ignorer en bon professionnel du simulacre qu'il est.
Jean-Pierre Thibaudat
► Lire aussi : Avec Mesguish, où va le Conservatoire national supérieur d'art dramatique ? [1]
Links:
[1] http://www.rue89.com/blog/balagan/avec-mesguish-ou-va-le-conservatoire-national-superieur-dart-dramatique
[2] http://www.rue89.com/blog/balagan