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Chère Maïa, tu avais raison : le BDSM, ça fait mal aux fesses
By Camille
Created 06/09/2009 - 12:49

Une bougie et une paire de menottes (Captain Orange/Flickr)

A Maïa Mazaurette,
sexjournaliste,
www.sexactu.com. [1]

Objet : stage de danse BDSM.

Chère Maia [1],

Flyer d'un stage de BDSMgrâce à toi, j'ai découvert le BDSM [2], de son nom complet »bondage [3] et discipline, domination et soumission, sado-masochisme ».Tu te souviens quand je t'ai demandé, en parlant d'un flyer [4] que j'avais reçu par mail : « A ton avis, je le fais, ce stage BDSM ? »

Tu m'avais répondu : « Oh, on doit se courir après en se tapant dessus, ça va être marrant… Oui, va voir, je suis curieuse de savoir comment c'est. » Et je t'avais rétorqué : « Que nenni non point, c'est un travail corporel, sensible, d'écoute de l'autre, respectueux (ce qui était indiqué sur le prospectus virtuel), pas de la caricature de SM. »

Et bon, j'avais envoyé un mail d'inscription.

Nous étions neuf hommes et neuf femmes, dont deux personnes qui jouaient de leur genre, c'était très « mauvais genre », ce qui n'était pas pour me déplaire.

En fait, je dois admettre, tout aussi agaçant que ce soit, que tu n'avais pas complètement tort sur un point : ça fait mal aux fesses. Les miennes se souviendront de toi toute ma vie, Maïa, tu es inscrite dans ma chair. Bon, en fait, les marques ne restent qu'une dizaine d'heures, vingt heures pour les plus téméraires d'entre nous.

Attention aux
simplifications

J'avais demandé aux participants de relire mon article. Plusieurs l'ont fait, avec éventuellement un mot gentil, voire pour certains des témoignages complémentaires ; je les en remercie.

Mais, preuve de la variété des personnes et des ressentis, un participant anonyme m'envoie un mail de reproches (par le biais de l'association, donc je n'ai pas de moyen de le contacter) sans autorisation explicite de publication.

Je ne sais donc pas comment l'intégrer mais, en résumé, il craint deux choses :

  • que les lecteurs puissent croire qu'on maitrise les techniques de BDSM en trois jours alors qu'on ne fait que « les effleurer et apprendre quelques principes de base »
  • que l'esprit du stage (« mieux se connaitre », « gagner en tolérance ») soit dilué et transformé en « phénomène de mode » où les gens viendraient » s'encanailler »

Si je déplore de n'avoir pas pu échanger avec cette personne, je ne peux que comprendre et approuver ses craintes.

Il est évident que je ne maitrise pas tout… Oups, le coup de fouet est parti tout seul !

Pour les potes qui m'imaginaient dans un entortillement de cordes, c'est marrant. Mais quand je leur dis que dorénavant, je manie très bien le martinet, bizarrement, ils rigolent moins…

Là où tu avais raison, c'est que non seulement on jouait avec un martinet (en revanche, on courait assez peu, ça ressemblait plus à de l'escrime techniquement, et c'est compliqué de viser juste à un endroit précis), mais en plus, c'était drôle.

Je sais maintenant faire un 8 au martinet, taper le bout d'une main ou caresser une fesse avec un instrument ad hoc -par en-dessous parce que le mouvement est plus naturel que par au-dessus…

Il faut savoir utiliser ces objets comme un prolongement de soi, témoigne une participante sur le forum [5] ouvert pour le stage.

A part ça, je maîtrise (presque) toutes les bases du BDSM, à savoir :

  • Le plus important : l'écoute (comprendre un vrai « non » d'un faux « non »), situer les limites, savoir les donner, utiliser un « safe word » (mot de secours à utiliser pour interrompre le jeu) pour éviter les dérapages. On a fait de nombreux exercices dans ce domaine. Une des stagiaires pense même s'en servir pour son travail de coach.
  • Très important aussi, l'abandon (la confiance, le don de soi), pas mal d'exercices de manipulation du corps de l'autre, de laisser les autres bouger notre corps
  • Plus ludiques mais moins essentielles quoique intéressantes pour s'amuser, des techniques comme le maniement du martinet (et les endroits du corps que l'on peut frapper sans danger), des pinces à linge, ou des cordes pour le bondage.

Si toi aussi tu as envie de faire un stage de sexualité alternative dans ta ville, sache que Felix Ruckert, qui en est l'animateur et a bien voulu m'expliquer plus avant sa démarche [6], co-organise le festival X-plore [7] de Berlin.

C'est un rendez-vous où plein de gens explorent les facettes de leur sexualité avec des idées innovantes et étranges. Je lirai ton témoignage avec un immense plaisir (que ce soit pas toujours les mêmes qui s'y collent) .

Je t'embrasse sadiquement,

Camille.

PS : si tu as envie de faire un stage de BDSM à Paris, tu peux voir avec l'association PariS-M [8] (prononce « Paris s'aime ») ce qu'ils proposent.

Photo : une bougie et une paire de menottes (Captain Orange [9]/Flickr).

Dessin de Na

« Jouer le BDSM », une expérience corporelle mais aussi politique [10]
Ma première nuit fétichiste, à la découverte du monde BDSM [11]
Le site du festival X-plore de Berlin [7]
Le site de l'association PariS-M (prononcez Paris S'aime) [8]
Seactu, le site de Maïa Mazaurette [1]

URL source: http://www.rue89.com/rue69/2009/06/09/chere-maia-tu-avais-raison-le-bdsm-ca-fait-mal-aux-fesses

Links:
[1] http://www.sexactu.com/
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/BDSM
[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Bondage
[4] http://www.paris-munch.com/V202/AtelierFlx.html
[5] http://www.paris-munch.com/V202/forum.html
[6] http://www.rue89.com/rue69/2009/06/08/le-bdsm-pour-exorciser-la-politique
[7] http://www.xplore-berlin.de/
[8] http://www.paris-munch.com/V202/home.html
[9] http://www.flickr.com/photos/10527553@N03/
[10] http://www.rue89.com/rue69/2009/06/08/jouer-le-bdsm-une-experience-corporelle-mais-aussi-politique
[11] http://www.rue89.com/rue69/2009/01/08/ma-premiere-nuit-fetichiste-a-la-decouverte-du-monde-bdsm