08/06/2011 à 00h48

Pour ou contre l’intégration des œuvres d’art dans l’ISF

Pascal Riché | Cofondateur Rue89


Dessin de Chimulus

Actuellement, les personnes assujettis à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ne déclarent pas la valeur de leurs œuvres d’art. Ce sont les socialistes qui, en créant cet impôt en 1982, ont décidé de ne pas inclure l’art dans son assiette, pour éviter que les œuvres ne partent à l’étranger.

Les députés de la commission des finances de l’Assemblée nationale entendent supprimer cette exonération. Un amendement a été adopté en ce sens, soutenu en commission par une partie de l’UMP et par la gauche.

Le gouvernement ne l’entend pas de cette oreille et fait tout pour que cet amendement soit torpillé. Mardi, le Premier ministre François Fillon a demandé au député UMP Marc Le Fur, vice président de l’Assemblée nationale et auteur de l’amendement, de le retirer. Ce dernier a refusé, mais l’abandon se profile. Selon Nicolas Sarkozy, cet initiative est une « stupidité “.

Pour l’intégration des oeuvres d’art dans l’ISF

  • Il s’agit d’une ‘niche’ contraire à la justice fiscale, une de plus. Il n’y a aucune raison de faire un tel cadeau aux gens fortunés.

  • Les possesseurs de ces tableaux sont souvent des spéculateurs : les vrais passionnés d’art sont moins nombreux qu’on ne le pense.

  • Que les œuvres filent à l’étranger est un risque qui a peu de conséquences concrètes : personne ne les voit de toute façon (à part leur propriétaires).

Contre l’intégration

  • Un tel amendement, selon François Fillon, serait ‘un coup dur pour le marché de l’art français’. Le ministre de la culture Frédéric Mitterrand évoque même la perspective d’un ‘effondrement’ de ce marché, au profit de Londres, Tokyo ou New York.

  • Les agents du fisc n’auraient aucun moyen d’évaluer des tableaux ou autres œuvres détenus par les contribuables. Ils ne peuvent entrer dans les domiciles des ménages et les œuvres sont très difficiles à estimer tant qu’elles ne sont pas vendues.

  • Le dispositif profite in fine aux musées publics juge François Baroin, ministre du budget : ‘90% des collections publiques aujourd’hui s’enrichissent par des donations à l’Etat de particuliers, des dations, et nous avons besoin d’un dispositif important de protection des biens culturels’.

  • Les gros acheteurs ont déjà logé leurs collections dans d’autres pays. Seuls les amoureux de l’art seraient frappés.

  • De nombreux ménages aux revenus moyens se retrouveraient assujettis à l’ISF parce qu’ils ont hérité d’un tableau de famille.

  • Cela ne rapporterait presque rien au budget.

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  • jeromejerome
    jeromejerome
    lecteur
    • Posté à 22h56 le 08/06/2011
    • Internaute 102140
      lecteur

    comment évaler la valeur d’une oeuvre d’art ?
    pour qu’une oeuvre d’art ait un prix, il faut qu’elle ait un acheteur...
    et certaines oeuvre n’ont jamais été vendues, d’autres ont été achetées il y a longtemps. d’autres sont inestimables.

    et pour celles qui se vendent, regardez les résultats des ventes aux enchères : certaines oeuvres n’atteignent pas la moitié de la valeur estimée par l’expert, d’autres triplent cette valeur, certaines oeuvres identiques (ex : plusieurs bronzes d’une même série) peuvent se vendre du simple au double à quelques mois d’écarts...

  • jeromejerome
    jeromejerome
    lecteur
    • Posté à 23h03 le 08/06/2011
    • Internaute 102140
      lecteur

    et imaginez : si on soumet les oeuvres d’art à l’ISF, l’artiste BEN ne pourra plus rien écrire, pas même une liste de courses, sans être accusé de fraude fiscale : après tout l’essentiel de sa production artistique consiste à écrire en blanc sur fond noir ce qui lui passe par la tête depuis 40 ou 50 ans !

  • ham burglar
    ham burglar
    Jusqu'à l'os
    • Posté à 00h08 le 09/06/2011
    • Internaute 15613
      Jusqu'à l'os

    le grand argument pour exonerer les oeuvres d’art, c’est d’éviter qu’elles quittent le territoire national, mais la on s’aperçoit qu’un demi picasso va payer les frasques d’un bonobo à New york, et les autres tableaux vont finir la bas à la gallerie Diallo probablement

  • ham burglar
    ham burglar
    Jusqu'à l'os
    • Posté à 00h09 le 09/06/2011
    • Internaute 15613
      Jusqu'à l'os

    je vais sculpter mes lingots d’or je pense....

  • Pan Danlédan
    • Posté à 06h32 le 09/06/2011
    • Internaute 158720

    Pour ou contre...tenez, posez la question à un socialiste ...à Fabius par exemple ! ! !

  • Beny_
    Beny_
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    • Posté à 14h38 le 09/06/2011
    • Internaute 141381

    « Les gros acheteurs ont déjà logé leurs collections dans d’autres pays. Seuls les amoureux de l’art seraient frappés ».

    Qu’on soit amoureux de l’art ou non, si on a les moyens de se payer un Cézanne, on peut en assumer les conséquences, et sans problème on ne va pas plaindre ces « amoureux » de l’art.

    Le ministre de la culture Frédéric Mitterrand évoque même la perspective d’un « effondrement » de ce marché, au profit de Londres, Tokyo ou New York.

    Mais tant mieux ! Ce marché c’est que je qualifierais de Cancer de l’Art. M.Mitterand s’en arrange bien de ce genre d’arguments, aurait-il peur d’une taxation de l’isf à son tour ou bien ?

    « Cela ne rapporterait presque rien au budget ».

    Ah et sur quel postulat se base-t-on ?
    Des chiffres ? Une étude ? quelque chose ? parce que là c’est le grand vide.

    Donc POUR

  • TFE
    TFE
    stagiaire
    • Posté à 20h28 le 09/06/2011
    • Internaute 87746
      stagiaire

    l’ISF fait perdre plus d’argent à la france qu’il ne lui en rapporte

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