Retraites : Martine Aubry engage la bataille au Parti socialiste

Le paysage socialiste du début de l'année, c'est une première secrétaire qui a mangé son pain noir en 2009 et qui veut engranger les bénéfices de sa patience. Sûre d'elle, elle engage la bataille sur les retraites. En commençant par son parti.
Des sondages la placent à égalité avec Dominique Strauss-Kahn dans les vœux d'avenir des Français. La compétition objective entre la maire de Lille et le directeur général du FMI se joue sur la compétence et sur la capacité à rassembler plutôt à gauche (Aubry) ou plutôt au centre (Strauss-Kahn).
Ce n'est sans doute pas un hasard si la première interpellation adressée à Martine Aubry sur la question des retraites est venue d'un député strauss-kahnien. Jean-Marie Le Guen, qui est aussi président du conseil d'administration de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, a envoyé à la première secrétaire, le 12 janvier, une lettre.
Il y affirmait que « le PS doit demander très officiellement à être associé aux discussions sur l'avenir des régimes de retraite » et « se déclarer prêt à contribuer si possible à un compromis social sur cette grande question ».
Démonstration de réalisme politique ou culture de la rupture ?
La question est d'abord stratégique. Le PS doit-il démontrer son réalisme économique, afin d'empêcher Nicolas Sarkozy et la droite de se présenter comme les seuls gestionnaires sérieux face à des oppositions démagogiques ?
Ou bien doit-il au contraire cultiver la rupture, afin de laisser le moins d'espace possible à la gauche radicale ou extrême ?
Tactiquement, vaut-il mieux refuser le débat avec le gouvernement, en récusant des bases que l'on proclamerait faussées ? Ou bien est-il plus habile d'accepter et même de réclamer la concertation, afin d'obliger le pouvoir à choisir, lui, entre la recherche du consensus et le dogmatisme ? Manuel Valls et Arnaud Montebourg se sont prononcés dans le même sens que Le Guen.
Avec les retraites Aubry donne un signal au centre
Martine Aubry, qui a envoyé des messages aux électeurs les plus radicalement antisarkozystes - sur l'immigration, sur le droit de vote des étrangers, sur la réduction du nombre de fonctionnaires - a donné un signal au centre en déclarant que l'âge de la retraite « doit aller très certainement (…) vers 61 ou 62 ans ».
Son propos était un pas vers le réalisme et l'ouverture à la discussion, qu'elle a dit accepter « si le président de la République est prêt à travailler véritablement sur la base de principes justes ».
Il n'en fallait pas plus pour qu'une partie des socialistes vienne lui casser l'ambiance et donner l'impression que, contrairement à ce qu'on avait pu croire, le congrès de Reims n'était toujours pas fini. Le plus spectaculaire, à cet égard, a été la réaction du porte-parole du parti, Benoît Hamon, qui a repris illico sa casquette de chef de courant en se déclarant contre la position de la première secrétaire.
Le signal était donné pour une rediffusion de programmes parfois très anciens. Ce mercredi, Henri Emmanuelli et Michel Rocard nous ont rejoué le combat entre la première gauche (mitterrandienne) et la deuxième (rocardienne), le premier affirmant que le second se trompait sur les retraites depuis le Livre blanc qu'il avait fait établir quand il était premier ministre, il y a vingt ans.
Le pari audacieux de Martine Aubry
La première secrétaire a fait observer au bureau national, mardi, que ceux qui la critiquent font un cadeau à la droite, en permettant à celle-ci de dire que les socialistes ne sont pas en état de proposer une solution au problème du financement des retraites. Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, n'y a pas manqué. François Fillon a mis le PS au défi de « persévérer » dans la voie indiquée par Martine Aubry.
En adoptant cette position, la principale dirigeante du parti fait un pari audacieux, mais devenu incontournable : réunir autour d'elle une vraie majorité politique, et non plus seulement une majorité d'appareil.
A charge, pour les autres, de savoir s'ils marchent avec elle ou s'ils préfèrent ramener les socialistes un an en arrière.
Photo : Benoît Hamon, Martine Aubry, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon (Gonzalo Fuentes/Reuters)
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► La Droite contre l'exception française (Plon, 2008).
► Chirac, la malédiction (Stock, 1997).






























6
De Instinct
Assis | 19H33 | 20/01/2010 |
La durée de vie en France ne cessant d'augmenter .
http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_population/fiches_pedagogiques/duree_d...
On a le choix, pour continuer à faire perdurer un système de retraites par répartition, entre une augmentation des cotisations ou un allongement du temps de travail .
Martine Aubry a donc intérêt a laisser faire à Sarkozy le sale travail, tout en gardant un autre fer au feu avec Hamon . Parce que si la gauche arrive au pouvoir en 2012, ce sera une reforme qu'il faudra faire si elle n'est pas faite avant ...
De DOMIE
vieille chômeuse de 50 ans ! | 20H55 | 20/01/2010 |
Lors de l'émission ou Martine Aubry à exprimé cet avis (Grand Jury RTL/LCI) elle n'a jamais affirmé que c'était un choix personnel et définitif. Elle a ouvert un débat, et elle a indiqué des conditions drastiques à l'avancement de l'âge de la retraite. Bizarrement personne n'en parle, et les gros titres n'ont retenue que ce petit bout de phrase sortie de son contexte.
depuis 2007 il est reproché au PS d'être à la traine dans les grands débats de notre société, je trouve qu'elle a été très courageuse et lucide de mettre cette question sur le tapis, cela a probablement coupé l'herbe sous le pied à sarko et sa bande et redonne la main au PS sur un sujet extrêmement difficile que je préfère voir traité par le PS plutôt que par la droite sachant ce qu'ils en feront.
De gringo4c
Totalement fou | 22H21 | 20/01/2010 |
Soit on augmente l'âge de la retraite, soit on augmente les impôts, soit on baisse les versements. Dans tout les cas, ce n'est pas des décisions populaires.
Le fait est que nos sociétés vieillissent, partout en Europe, et que pour avoir le luxe d'avoir une retraite dans quelques dizaines d'années il faut trouver une solution.
Stop le populisme de l'extrême-gauche, les retraites posent problème et ce n'est pas en faisant rien qu'il se réglera tout seul.
De Matcor
Chercheur | 22H29 | 20/01/2010 |
En fait, votre idée, c'est par principe qu'on devrait pouvoir s'arrêter de travailler à 60 ans. Sur le fond je suis d'accord, la société devrait avoir pour but de permettre aux gens de vivre dans de meilleures conditions tout au long de la vie et de passer le reste de sa vie avec une retraite décente.
Il se trouve que les solutions plus logiques, si l'on maintient la retraite à 60 ans par principe, seraient de ponctionner les revenus du capital pour payer les retraites. Cette solution n'est par contre pas très populaire auprès des politiques en général pour des raisons faussement économiques..
Si vous avez d'autres idées à avancer, n'hésitez pas, je suis tout ouï.
De eflix
futur chomeur | 23H15 | 20/01/2010 |
"On a le choix, pour continuer à faire perdurer un système de retraites par répartition, entre une augmentation des cotisations ou un allongement du temps de travail ."
Oui, ou alors on rétablit un rémuneration du travail superieur a celle du capital.
De alangaja
L´axe du bien est de retour ! | 23H28 | 20/01/2010 |
justement, le systeme de répartition des retraites ne marche pas, tandis que d´autre part le capital échappe a la collectivité. la réponse au probleme des retraites, c´est celui de l´impôt sur le revenu ou plus généralement la taxation du capital. on prendra l´argent ou il se trouve, au lieu de prendre aux pauvres pour redonner ensuite des miettes aux pauvres.