
Automobile : la résurrection de l'Etat-patron
La crise de l'industrie automobile réunit certaines des principales questions posées aux responsables politiques par la crise. Faut-il aider les constructeurs avec de l'argent public ? Puisque la réponse ne peut être que oui, quelle forme doit prendre cette aide ? Quelles conditions et contreparties y mettre ? Les gouvernements doivent-ils n'avoir en vue que les intérêts nationaux immédiats ou préparer l'avenir dans un cadre européen ? Est-il normal qu'une entreprise aidée verse des dividendes à ses actionnaires ?
Il y a trente ans, alors que Valéry Giscard d'Estaing était président de la République et Raymond Barre premier ministre, la droite avait nationalisé de fait la sidérurgie en la renflouant. La situation des constructeurs d'automobiles français n'est pas celle des maîtres de forge, qui avaient mené leurs entreprises au bord de la faillite par une politique d'endettement inconsidérée, dans un contexte de concurrence internationale de plus en plus vive. Néanmoins, Renault surtout et PSA de façon moins pressante se tournent vers l'Etat pour qu'il les aide à surmonter le peu d'appétit des acheteurs potentiels et la répugnance des banques à financer un secteur dont l'avenir est incertain.
Les « états généraux » organisés, ce mardi, par le gouvernement vont montrer où en sont les discussions entre les constructeurs et le gouvernement d'une part, entre celui-ci et la Commission européenne d'autre part. Günter Verheugen, commissaire à la concurrence, y sera présent. Christine Lagarde, ministre de l'économie, a demandé à Bruxelles un assouplissement des règles, qui permette à l'Etat de soutenir directement les entreprises en difficulté. La réponse a été négative parce que d'autres pays de l'UE refusent ce qu'ils considèrent comme une rupture d'égalité.
« Il faut sortir d'une Europe où la concurrence est l'alpha et l'oméga de toutes les politiques, pour aller vers un système de stratégies coopératives et de solidarité », a déclaré aux Echos Bruno Le Maire, le nouveau secrétaire d'Etat aux affaires européennes.
Derrière ce langage pointe une menace : si la coopération et la solidarité ne sont pas au rendez-vous, chacun reprendra ses billes. Pour demander davantage à la Banque européennes d'investissement, qui soutient déjà des programmes de recherche et développement, et réclamer des marges de manœuvre supplémentaires pour les Etats, le gouvernement peut faire valoir que Washington se prépare à aider ses propres industriels avec un plan de 14 milliards de dollars (10,5 milliards d'euros).
Vers une montée dans le capital des constructeurs
Luc Chatel, secrétaire d'Etat à l'industrie, n'exclut pas une « montée dans le capital » des constructeurs qui recevraient des aides publiques. L'Etat est toujours actionnaire de Renault à hauteur de 15% et pourrait le devenir de PSA. Il est aussi question d'apport de fonds propres aux sous-traitants. Le comité stratégique, mis en place par Luc Chatel le 19 décembre et auquel participent notamment plusieurs syndicats, a avancé dans l'élaboration de mesures qui devraient être officialisées d'ici la fin du mois.
Si l'Etat se retrouve ainsi en position de décideur dans une industrie qui emploie au total 2,5 millions de personnes en France, que va-t-il y faire ? Quelle stratégie va-t-il adopter ? Quelle politique sociale ? Nicolas Sarkozy a proclamé, le 15 janvier, que les bénéficiaires d'aides publiques devraient s'interdire de délocaliser leurs activités. Mais si la France est aujourd'hui importatrice nette d'automobiles, c'est bien parce que celles qui sont construites ou assemblées hors de son territoire coûtent moins cher.
Les socialistes, qui vont rendre public leur « contre-plan » de relance mercredi, ne disent pas grand-chose pour le moment. Ils ont approuvé la prime à la casse, pour encourager les propriétaires d'une vieille voiture à en acheter une neuve, et ils plaident pour une intervention dans les relations entre les sous-traitants et les constructeurs.
La question reste entière : comment la collectivité doit-elle agir dans ce qui va ressembler, d'une manière ou d'une autre, à un vaste secteur d'économie cogérée, sinon administrée ?
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► La Droite contre l'exception française (Plon, 2008).
► Chirac, la malédiction (Stock, 1997).




















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De Pépé61
Enterré vivant | 17H30 | 19/01/2009 |
Il serait intéressant de pénétrer un peu plus avant dans les comptes des constructeurs afin de connaître précisément quelle a été la part de leur activité qui a été consacrée à la recherche et au développement. Probablement beaucoup moins, hélas, que celle dédiée aux investissements dans les pays où la main d'oeuvre est moins coûteuse. Venir en aide à des crânes d'oeuf surpayés et qui ne regardent que les profits a court terme est parfaitement scandaleux aujourd'hui. Sans contrepartie en terme de sauvegarde, voire de création d'emplois, l'effort demandé aujourd'hui aux contribuables et à leurs descendants est inacceptable.
De azerty69
ExecutieveBranleur | 18H43 | 19/01/2009 |
A - L'état investit dans l'auto avec comme objectif, l'emploi et l'industrialisation française. Si les constructeurs concurrents délocalisent leur production dans les pays a bas coûts, les français ne vendront plus. Ils seront trop cher.
B - L'état investit dans l'auto avec comme objectif, l'aide du financement à court terme des constructeurs. Un scénario a l'alstom. Quand les choses iront mieux, l'état sortira du capital avec une plus value et puis c'est tout.
A est le fantasme des anti capitalistes. B est la probable réalité.
De in_rainbows
Suspect de Souche | 20H19 | 19/01/2009 |
« Privatiser les profits et socialiser les pertes… » comme d'hab » !
Comme forcement ceux qui vont payer plein pot les difficultés économiques d'une entreprise se sont les salariés ça sera difficile de ne pas renflouer l'industrie automobile d'une façon ou d'une autre…
Ca passe son temps à vouloir moins d'Etat, à dénoncer l » « assistanat » et ça vient demander de l'aide à chaque crise…
De sinclair
23H50 | 19/01/2009 |
Trop tard il y a un moment que la production est délocalisée, reste en France les modèles quasi invendable.
Donc gosses découverte la France importe plus de voitures qu'elle n'en produit et pour cause elle importe nombre de vehicules dont la production est delocalisee.
De fait les primes a la casse sont une source d'augumentation des importation de vehicules, la majorite des voitures achetees dans ce cadre sont des petits modeles, les operation semblable de ces dernieres annees ont connu le meme phenomene
On va donc aider une industrie qui fait surtout travailler l'etranger et qui delocalise en provoquant la faillite en cascade des sous traitants.
De Bruno Rèbufie
Logisticien | 00H34 | 20/01/2009 |
La VRAIE question est : quelle sera, dés lors, la stratégie industrielle de l'état ?
Avant de savoir à quelle allure on doit aller, il faut d'abord savoir vers où on se dirige.
Autrement dit avant de se poser la question sur le devenir de la gestion d'une entreprise, encore faut il réfléchir sur son devenir et surtout ce qu'elle fabrique et comment.
Sinon, cela ne ressemble qu'à une construction intellectuelle peu étayée.
Quand à la question du cout de fabrication des voitures à l'étranger, ce n'est pas une question franco-française, mais bien européenne.
D'abord parce que TOUS les constructeurs majeurs européens ont délocalisé vers les pays baltes, par exemple, comme ils l'ont fait dans les années60/70 vers l'Espagne et le Portugal.
Ensuite parce que l'enjeu est bel et bien la mise en concurrence avec les pays « low cost » dans la CE des salariés de l'Europe de l'ouest. Le risque est de niveler par le bas des salaires.
La politique néo libérale de la CE est bien en cause.
La prime à la casse est un désastre pour l'emploi en subventionnant des véhicules fabriqués à l'étranger, y compris de marques française.
Personne ne peut chiffrer précisément l'impact sur l'emploi mais il est vraisemblable qu'il est négatif.
Alors qu'Obama semble vouloir impliquer son administration en ré orientant les axes de développement des big three, via les voitures vertes, rien n'est précisé pour l'industrie automobile française qui a un évident retard en ce qui concerne les voitures hybrides par exemple.
En misant sur le tout diesel, au détriment d'autres alternatives, PSA et Renault ont commis est une erreur majeure en négligeant d'autres pistes.Nous allons devoir payer ceci avec nos impôts.