
Le référendum ou l'utopie d'un peuple libre et souverain
Avant d'aller plus loin dans ce billet, une première remarque s'impose : le peuple irlandais, dans un contexte démocratique, a dit non au « traité simplifié » ; l'UE, ensemble d'Etats souverains, a besoin de l'unanimité favorable de ses composantes nationales pour que le traité soit ratifié. Par conséquent, qu'on le veuille ou non, le traité est caduque, tout rapiéçage sur le dos de la volonté démocratique serait une catastrophe, et c'est quelqu'un qui a voté oui au TCE, qui est favorable au « mini-traité » qui le dit ! Ce premier point établi, le présent billet voudrait aborder en toute honnêteté, et en trois points, un sujet délicat, car touchant au sacré politique par excellence : l'expression du peuple, libre et souverain.
1- La force du référendum
Il n'est, en aucune manière, question ici de revenir sur l'acquis référendaire, même si l'on peut à juste titre penser que la légitimité politique parlementaire est tout aussi respectable et valable. Rappelons-nous les paroles de nos révolutionnaires qui disaient que « là où est l'Assemblée nationale, là se trouve la volonté du peuple ». Il convient donc de se méfier d'une dérive populiste endémique, celle de l'antiparlementarisme, maladie qui touche hélas autant les imaginaires de droite que de gauche.
Néanmoins, il serait parfaitement stupide d'ignorer qu'un référendum possède un poids symbolique tel que, même si une norme qui en résulte ne pèse pas plus lourd juridiquement que celle, identique, obtenue par la voie parlementaire, elle en tire pourtant une force politique absolue, incontestable. Le référendum est là pour ça : son résultat tranche, brutalement, souverainement, dans la violence esthétique de son schéma binaire sans concession : c'est oui ou c'est non ! 2-Voter sur la question posée
Il convient ensuite de remarquer une caractéristique particulière du référendum, en terme de communication politique : dans ce type d'interaction, à l'inverse du « face à face », il semble plus facile de dire non que oui. Vous l'avez sans doute déjà éprouvé au quotidien, quand vous parlez à quelqu'un, dire oui est peu coûteux et ne nécessite aucune justification, tandis que dire non, au contraire, entraîne un impératif d'explicitation du refus, un véritable travail pédagogique de justification.
A l'inverse, l'analyse détaillée des motivations qui ont conduit à un refus majoritaire, lors d'un référendum, que ce soit en 1969 ou plus récemment en 2005, révèle un écheveau incroyablement multiple, complexe, d'opinions d'ailleurs souvent déconnectées de l'enjeu de la question posée. Il en résulte du coup un sentiment bizarre : le peuple a dit non, mais n'a pas répondu à la question.
Dans l'autre cas (quand le oui gagne), en 1962 par exemple, le schéma plébiscitaire est souvent envisagé, ce ne serait pas un oui à l'élection du Président au suffrage universel, mais un oui à De Gaulle qui se serait exprimé. On en arrive alors à des réflexions nauséabondes : le peuple ne serait pas capable, pas compétent, laissons cela aux professionnels de la politique parce qu'eux, ils savent ! Outre la stupidité du raisonnement, il convient de souligner son caractère dangereux dans un contexte de tension permanente entre représentants et représentés. Le gouffre entre les deux est déjà là, participer à sa béance est probablement mortifère d'un point de vue démocratique.
3-Un référendum encadré
Il résulte donc de tout cela une nécessité urgente pour la politique : qu'elle se donne les moyens de faire accepter sincèrement à tout citoyen le verdict des urnes. Pour cela, il conviendrait que la procédure de campagne d'un référendum puisse être encadrée par une instance indépendante du pouvoir qui garantisse une formation/information neutre du citoyen. Ceci n'empêcherait, en aucune manière, les partisans de telle ou telle option de faire campagne, mais permettrait au citoyen de cadrer son comportement sur l'enjeu qui lui est proposé.
Avoir la certitude que le verdict des urnes est cadré sur les enjeux de la question posée permettrait ainsi le respect unanime du scrutin et la conviction d'une maturité citoyenne du peuple. En bref, quelque chose comme la reconstruction d'une estime de soi collective et démocratique, au-delà du camp gagnant et du camp vaincu.
- 3178 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque























49
(Pour réagir, connectez-vous)
De pablico
18H26 | 16/06/2008 |
il faut aussi parler du référendum à deux questions : Il était pas mal du tout comme manipulation.
Le dernier référendum ou les élites partisans du oui on été ridicules, hautains pour le petit peuple qui ne comprend rien. La preuve le peuple a voté non et les dirigeants se sont assis dessus leur volonté. En les dédaignant magistralement.
ce qui n a pas empêché le peuple de voter pour le représentant du oui à 53,06% .
Cela sert à quoi un référendum ?
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 18H35 | 16/06/2008 |
Commentaire :
NON !
De admirateur
18H36 | 16/06/2008 |
vous avez un drôle de chapeau, un peu triste sinistre
ceci étant dit, que pensez-vous de la manière dont condorcet pose la question du suffrage ?
à admirateur
De Jean-Philippe Roy
(auteur)
Politologue | 20H27 | 16/06/2008 |
Si c'est au fameux paradoxe de Condorcet que vous faites allusion, je dirais qu'il a l'avantage de nous alerter sur les effets logiques induits par une règle, mais qu'il a l'inconvénient de réduire le vote à une opération « mathématisable » (pardon de jargonner) !
En réalité derrière l'urne, le bulletin, l'isoloir, etc…, il y a aussi de la chaire et de l'affect. C'est aussi pour cela que c'est très complexe, fascinant et qu'il faut en parler avec beaucoup d'humilité.
à Jean-Philippe Roy
De admirateur
16H23 | 17/06/2008 |
ce qui est interessant dans le paradoxe de condorcet, ce n'est pas le paradoxe en lui-même - certes s'arrêter dessus permet d prendre de la hauteur avec la réalité - mais les conséquences qu'en tire condorcet, non pour mettre les conditions du suffrage en doute mais pour l'assurer.
Rien moins que notre modèle républicain, laïque basé, non sur l'affect qui conduit aux pires extrémités, mais la raison.
De Impots-utiles.com
www.impots-utiles.com | 18H49 | 16/06/2008 |
avec un nouveau taux d'inflation évalué à +3,7% pour le mois de juin dans la zone euro , l'europe est loin d'etre la poule aux oeufs d'or (malgré ses subventions…)
http://www.impots-utiles.com/inflation-record-a-37-pour-la-zone-euro.php
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
18H51 | 16/06/2008 |
Encore une commission qui ferait ses petites commissions sous elle, c'est ça la solution ?
Ben dis donc …. pour la rupture vous repasserez hein ?
De marie 75 3563
19H07 | 16/06/2008 |
à vous suivre …On reviendrait vite au scrutin censitaire ?
Ey
« la formation/information neutre du citoyen “ … dont vous parlez … se nommerait (très rapidement) manipulation.
La neutralité … un fantôme de la liberté !
La formation/information neutre du citoyen ?
C'est du demain on rase gratis ! ! ! !
‘En bref, quelque chose comme la reconstruction d'une estime de soi collective et démocratique, au-delà du camp gagnant et du camp vaincu.’
Jolie phrase !
Sans verbe… donc sans expression !
Tous ensemble, tout devient possible…
Le vote du peuple c'est tt de même ce qu'il y a ‘de moins pire’, au plutôt de mieux pour les citoyens !
Nous avons des ancêtres qui se sont fait fusiller pour ce droit de vote.
Les Irlandais ont voté !
Les Tchèques … y songent.
Yann Pallach serait pour ce vote.
Et le brave soldat Schweik aussi !
Pour le soldat … plus sûre de l'ortho de son nom
De ericj
19H43 | 16/06/2008 |
« … la violence esthétique de son schéma binaire … »
« … participer à sa béance est probablement mortifère … »
Yeah ! ! Que de jolies formules ! : )
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 20H01 | 16/06/2008 |
Dites-moi si je vous comprends bien, Jean-Philippe Roy.
D'abord, un constat irréfutable : le peuple ne répond pas à la question posée non pas parce qu'elle est mal posée, mais parce qu'il ne l'a pas comprise, ou bien encore parce qu'il a envie de répondre à autre chose qui le préoccupe davantage. Bêtement et en toute bonne foi d'ailleurs, parce qu'il ne peut pas savoir ce qui est bon pour lui.
Le remède ensuite : l'administration par une élite indépendante (oupf ! ) d'une pédagogie de la responsabilisation. Une pédagogie toute destinée à démontrer que la question posée s'impose, qu'il s'agit de LA bonne question.
Et surtout, surtout, dispenser cette vérité toute simple, si simple qu'elle s'impose d'elle même dès qu'on a posé la question : il y a UNE bonne réponse. Pas deux. Non ! UNE.
Il n'est pas possible de se tromper car cette bonne réponse se reconnaît au fait qu'elle est validée par l'élite.
J'ai bon ?
à Jonas2
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 20H14 | 16/06/2008 |
Ouais, c'est des experts independants qui vont nous dire que voter !
Des experts « independants » ..Hi ! hi !
« Tous les experts sont médiatiques-étatiques, et ne sont reconnus experts que par là. Tout expert sert son maître, car chacune des anciennes possibilités d'indépendance a été à peu près réduite à rien par les conditions d'organisation de la société présente. L'expert qui sert le mieux, c'est, bien sûr, l'expert qui ment. Ceux qui ont besoin de l'expert, ce sont, pour des motifs différents, le falsificateur et l'ignorant. Là où l'individu n'y reconnaît plus rien par lui-même, il sera formellement rassuré par l'expert »
GD
à Jonas2
De Jean-Philippe Roy
(auteur)
Politologue | 20H19 | 16/06/2008 |
Non, vous n'avez pas bon ! Mais c'est sans doute parce que je ne me suis pas bien fait comprendre.
Mon propos n'est pas de dire que le peuple est bête, surement pas ! Je pense même que c'est la maladie chronique de l'élite (supposée) que de penser, consciemment ou inconsciemment, cela.
Quand je parle de cadrage, je ne parle pas de dressage. Il s'agit d'une notion bien connue en communication. Si on ne cadre pas le dispositif dans lequel on s'exprime, alors le récepteur développe un nombre incalculable de filtres, au niveau de sa conscience et de son inconscient, qui peuvent l'ammener à entendre tout à fait autre chose que ce qui a été dit. En particulier, il a la possibilité de projeter toutes ses angoisses (par définition légitimes) sur la question qui lui a été posée.
Notez bien que ce phénomène concerne n'importe qui, quelque soit son sexe, son âge, son niveau de diplôme, sa position dans l'échelle sociale.
D'une certaine façon, De Gaulle a trouvé un moyen de cadrage en 1962, en réduisant l'enjeu du référendum ainsi : c'est moi ou le chaos ! Mais le problème ici, c'est que c'est l'initiateur du référendum qui a cadré, forcément dans le sens de ses intérêts. C'est pourquoi je dis que cette « commission de formation/information » doit être parfaitement indépendante : quelque chose à inventer de nouveau. Il serait intéressant d'aller voir ce qui se passe en Scandinavie (notamment au Danemark), ils sont très en avance sur nous là dessus.
Et pour vous rassurer, si vous avez été partisan du non, cela n'a pas empêché le Danemark de voter non dans le passé (c'était le référendum de ratification du traité de Maastricht si mes souvenirs sont bons).
à Jean-Philippe Roy
De Houvaton nouveau compte
21H32 | 16/06/2008 |
Scandinavie notamment Danemark …
Curieusement les 1200 référendums locaux depuis les années 1990 en Allemagne et les votations populaires en Suisse depuis plus d'un siècle, semblent vous échapper.
Politologue qui à roule à fond pour la dem représentative oui, démocratie française complètement vérouillée avec d'un côté les « experts », les familles politiques corrompues et de l'autre un peuple docile et ignorant. Ben moi, je ne suis pas trop docile bien que français et j'en apprends de plus en plus grâce à internet que nos « politiques » souhaitent encadrer, contôler. Internet qui leur échappe et peut donner des idées et des ailes à bien des citoyens. Dommage de retrouver ici la soupe empoisonnée, la propagande des « experts français ».
à Houvaton nouveau compte
De Jean-Philippe Roy
(auteur)
Politologue | 21H43 | 16/06/2008 |
Je ne voudrais absolument pas profiter de votre remarque pour me faire de la pub, mais je vous recommande la lecture d'un ouvrage scientifique que j'ai co - dirigé, qui s'intitule « la situation délibérative dans le débat public » (2 tomes), et qui va strictement à l'encontre de l'opinion que vous développez sur moi.
Voyez vous, j'ai passé plus de six ans de ma vie à analyser les conditions et les expériences mondiales de démocratisation mettant en situation d'égalité les experts, les politiques et les citoyens, pour finalement produire des décisions, voire des co - décisions, co - construites et acceptables socialement !
J'accepterai toujours la discussion, même vive, je vais même vous dire, j'adore ça, mais l'insulte non !
à Jean-Philippe Roy
De Houvaton nouveau compte
21H55 | 16/06/2008 |
Ok ! Je vous avais pourtant « averti » en commentaire dans votre article du 20 mai dernier, soit 3 jours avant l'imposture qui se préparait à l'Assemblée Nationale.
Je me permets de copier-coller mon commentaire.
« Quatre grandes questions passionnent et structurent le travail de recherche de l'auteur de cet article (JP Roy) :
l'analyse du comportement électoral,
la communication politique,
la sociologie des élites politiques
et les théories de la démocratie.
Ayant personnellement fait le tour de ces 4 questions, ben oui et n'ai pas l'intentention de passer 10 ans là-dessus, j'en suis à l'analyse du seul régime au monde de démocratie semi-directe, qui fête ses 160 ans d'existence cette année : la Suisse.
Je retiens de l'article que le projet de réforme de notre Constitution française permettra au Président de la République, sur la base du seul 49-3, de décider du budget sans s'en réferer au Parlement. Au point où nous en sommes, cela me laisse totalement indifférent.
A quand un article, et même plusieurs tellement le sujet est véritablement passionnant et structurant, sur la démocratie semi-directe ? Sur les Référendum d'Initiatives Citoyennes, seuls véritables contre-pouvoirs d'une Constitition française qui n'a de démocratique que le nom ?
(Je note également que les premiers commentaires en page 1 ont disparus de mon écran, une demi-douzaine) »
à Houvaton nouveau compte
De Jean-Philippe Roy
(auteur)
Politologue | 22H04 | 16/06/2008 |
Bien d'accord sur le caractère remarquable et passionnant de la Suisse.
Du coup, j'ai une question à vous poser : pensez vous qu'en France, il serait considéré comme acceptable, une votation locale ou nationale (pour parler comme nos amis helvètes) tous les quinze jours environs, qui recueillerait une participation moyenne de 20% et déboucherait sur une loi ou une norme qui s'appliquerait à l'ensemble des citoyens concernés.
Ma réflexion ne consiste surtout pas à ridiculiser une aspiration démocratique que je partage, mais je me méfie beaucoup des importations sauvages de modèles étrangers. Pour ma part, je pense qu'un processus de démocratisation doit être adapté aux systèmes symboliques et culturels d'une société, sinon la greffe ne prend pas !
à Jean-Philippe Roy
De Houvaton nouveau compte
22H42 | 16/06/2008 |
Importation de modèles étrangers ? La Suisse ne se trouve pas sur la planète Neptune mais elle est juste collée à notre frontière. La question serait plutôt de savoir pourquoi la réalité de la démocratie semi-directe en Suisse ne figure pas dans nos manuels scolaires, est occultée des matières « civiques », lesquelles sont déjà peu présentes …
Et pour un politologue expert vos erreurs et votre méconnaissance de cette démocratie helvétique est ahurissante ! ! !
Il y a en moyenne chaque année 4 votations en Suisse et ils s'arrangent pour qu'elles soient groupées. Le nombre de votants tourne autour de 50% et non 20% (50 c'est peu ce n'est pas une raison de diviser ce chiffre par 2,5) et votent qui veut. On ne peut savoir comment se corporterait l'électorat français s'il y avait l'équivalent en France des votations populaires, RIC.
Mais surtout Les RIC (réferendum d'initiative citoyenne) sont des gardes-fous, des contre-pouvoirs très efficaces contre les abus de pouvoirs d'un Président et d'un Parlement. Nul besoin donc d'aller voter toutes les semaines. Leur seule présence est dissuasive contre le tout et n'importe quoi en matière de législations.
Qu'est-ce que ça changerait ? On aurait par exemple depuis longtemps un moratoire sur les OGM à la place de la perpétuelle grosse magouille habituelle. Les finances de l'Etat et des grandes Mairies seraient beaucoup plus saines. Etant mieux gérées on paierait moins d'impôts. Payant moins d'impôts on aurait un meilleur pouvoir d'achat qui relancerait l'économie générale, qu'on soit adepte comme moi ou non de la décroissance (consommer moins et moins con pour travailler deux fois moins). J'initierais bien volontiers, entre autres, un référendum contre les nuisances sonores. Il n'y a aucune législation sérieuse là-dessus en France. Mis à part vaguement pour les aéroports.
Je pourrais en parler pendant des heures. Quant à vous avant de faire un article là-dessus faudra que vous vous renseigniez et appreniez. Ya du boulot !
à Houvaton nouveau compte
De Jean-Philippe Roy
(auteur)
Politologue | 22H52 | 16/06/2008 |
Avec le respect que je dois à votre « expertise », il me semble que les votations nationales sont effectivement regroupées en quatre vagues annuelles, mais, il n'en reste pas moins qu'il y a des votations locales qui interviennent fréquemment entre ces échéances.
Par ailleurs, Don't act pour la participation moyenne aux votations nationales.
Je vous signale que ce système est également en application dans un certain nombre d'états américains, notamment ceux qui ont pratiqué longtemps les town meetings.
à Jean-Philippe Roy
De YVANBACHAUD
Porte parole www.ric-france.fr | 16H17 | 17/06/2008 |
Il ne me semble pas correct pour un politologue passionné par la Suisse, de donner volontairement donc de FAUX chiffres surtout à ce point
.
Chacun pourra vérifier les miens avec Google sur le site de la Confédération helvétique.
Rappelons qu'en SUISSE le peuple n'impose pas des votes tous les dimanches , comme l'affirment mensongèrement les adversaires des référendums d'initiative citoyenne.
Ni même tous les 15 jours comme l'affirme J.P ROY !
Quelques chiffres :
- En 118 ans il n'y a eu que 137 initiatives dont seulement 13 adoptées !
- Et de 1971 a 2000 : 79 soit 2,6 par an dont 7 seulement adoptées.
Ce taux d'échec énorme conforte les modalités que nous proposons pour la France, beaucoup plus sélectives mais cependant très légères pour les initiateurs.
Voir les RIC sur le site www.ric-france.fr
Elles sont tout à fait singulières et ce ne sont pas des importations sauvages… ! Nous attendons de pieds fermes les critiques.. : -)
Il y a eu aussi des référendums abrogatifs peut être un peu plus, mais je n'ai pas pu trouver les chiffres car il y a plusieurs type de référendums.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Quant à la participation à 20%
c'est de la désinformation !
Depuis 1848 la participation a baissée mais on peut dire que ces dernières années la participation est autour de 45-50% .Un peu plus que les citoyens ont un peu peur du résultat..beaucoup plus quand très peur… :
50,2% de participation pour intégrer l'ONU, MAIS 78,3% lors du refus d'adhésion à « Europe en 1992… : -)
Les Suisses participent peu car ils ont constaté depuis des décennies que la bonne solution est adoptée même s'ils ne se déplacent pas. Ils donnent procuration aux citoyens plus actifs..
Je signale que 82% des Français souhaitent lancer des référendum sur les sujets de leur choix ! ( SOFRES mars 2003). Voir la “Présentation ‘ sur www.ric-france.fr
Or la loi n'est elle pas censée être l'expression de la volonté générale ?
Yvan Bachaud
à YVANBACHAUD
De Jean-Philippe Roy
(auteur)
Politologue | 18H13 | 17/06/2008 |
J'accueille avec intérêt et respect votre militantisme en faveur du RIC. Je crois, en effet, qu'il s'agit d'un processus de démocratisation remarquable. Il n'en reste pas moins qu'il est dépendant d'un contexte socio - historique particulier.
Sans aucunement dévaloriser le RIC, je me permet de verser une pièce au dossier qui permet de replacer ce système dans la cadre suisse : http://www.cec-elections.org/modules/news/article.php ? storyid=37
De moijepense
20H16 | 16/06/2008 |
PRAGUE (Reuters) - Nicolas Sarkozy a accepté lundi de donner du temps aux Tchèques, qui hésitent à ratifier le traité européen de Lisbonne après le vote négatif des Irlandais.
c'est bizarre cette facon qu'a Reuters de présenter les faits … à longueur de news ils nous rabachent « Sarkozy veut ci , Sarkozy veut cela “ et tout d'un coup Sarkozy a accepté de donner du temps aux Tchèques … ils vont etre contents les Tchèques du don de Sarkozy parceque que ce serait il passé si Sarkozy n'avait pas donné du temps aux Tchèques , ca aurait la guerre sans sommation ou ‘ comment on fait passer le petit nabot léon comme le roi de l'europe en 2 mots et 3 mouvements , Réfléchissez un peu Si les tchèques ont du temps c'est parceque c'est Sarkozy qui leur a donné ! ! ! Si c'est pas du Goebbels craché j'y perd mon latin
De Triquoise
rouge de honte | 20H26 | 16/06/2008 |
Je me retrouve une fois de plus à contre-courant.
A l'inverse des premiers commentaires, je pense qu'effectivement le débat (en France) du dernier référendum a été totalement parasité par les luttes de pouvoirs pré-présidentielles, et que l'information réelle n'a pas été faite correctement. Il suffit de compter le nombre de votants qui ont vraiment lu le traité.
Maintenant, si dans l'absolu, l'idée d'une « commission chargée de l'information neutre du citoyen » est séduisante, elle n'est malheureusement possible que dans le monde des Bisounours. A cet égard, les commentaires de Marie75 sont à mon sens justifiés.
Par contre, j'adhère totalement à l'aspect « maturité citoyenne comme source de la reconstruction d'une estime de soi collective et démocratique ».
Woawww ! Merci à Jean-Philippe de me rendre la part du rêve que j'avais lors des premiers votes de la construction européenne.
Rêves perdus dans les méandres tentaculaires du cac40.
à Triquoise
De Jean-Philippe Roy
(auteur)
Politologue | 20H31 | 16/06/2008 |
Ok pour le monde des Bisounours. De temps en temps, il faut bien se faire un peu plaisir, sinon….
Par contre, je ne suis pas sûr que ma proposition soit complètement irréalisable, en ce sens qu'il faudrait pour cela savoir ce qui dans « l'opinion collective » française construit le sentiment de l'indépendance d'une institution ou d'une commission.
à Jean-Philippe Roy
De Triquoise
rouge de honte | 21H04 | 16/06/2008 |
S'agissant de l'opinion collective, je ne sais pas mais en ce qui concerne la mienne :
Si vous me trouvez des hommes ou des femmes d'Etat intègres, dénués d'envie de pouvoir et imperméables aux pressions lobbiesques ou électorales, je signe.
Où allez-vous les chercher ? A droite, à gauche ou dans le monde des Bisounours ?
La confiance du peuple se mérite. Plus on avance et plus je suis enclin à penser que le rouage démocratique représenté par les électeurs va se gripper, quitte à mettre la démocratie en danger, puisqu'elle n'est plus que l'ombre d'elle même.
Pour de multiples raisons valables ou non, quand on va aux urnes, on a l'impression en réalité de choisir son bourreau.
Je ne souscris pas. Mais je comprends.
à Triquoise
De Jean-Philippe Roy
(auteur)
Politologue | 21H18 | 16/06/2008 |
Je ne vous demande pas de me croire sur parole, je ne suis pas Jésus Christ ni Mahomet (ou qui vous voulez que vous croyiez un peu ! ), mais des responsables politiques intègres j'en connais beaucoup. Environs 80% de ceux que je fréquente, c'est une évaluation « à la louche » mais qui doit être proche de la réalité. Ils se retrouvent d'ailleurs équitablement répartis dans toutes les tendances républicaines de notre espace politique.
En revanche, trouver des politiques qui n'aient pas envie du pouvoir, désolé, je n'ai pas ça en magasin ! Mais personnellement ça ne me gène pas, car il faut répéter toujours, en ces temps de « désenchantement du monde », que la vie quotidienne d'un(e) élu(e) est une vie de chien que je ne souhaite à personne. C'est pourquoi, même si je dois vous heurter, je défends les politiques.
Dans l'exercice des différents aspects de ma profession, je vis quotidiennement auprès d'eux, j'ai bien sûr rencontré des personnes discutables, mais la plupart du temps j'ai vu des gens qui se tuaient à la tâche (et pas seulement au sens figuré).
En souhaitant que ce petit témoignage infléchisse légèrement votre opinion que je respecte bien sûr par ailleurs.
à Jean-Philippe Roy
De Triquoise
rouge de honte | 21H34 | 16/06/2008 |
Je me suis à mon tour mal exprimé semble-t-il.
Je ne faisais pas part de mon opinion, mais de mon analyse d'un sentiment général qui semble pointer depuis quelques décennies, au gré de ce que l'on nomme pudiquement les affaires.
Je connais également des politiques locaux intègres, aux côtés desquels je me suis même battu. Cependant, il faut bien admettre que ceux qui sont arrivés à un haut niveau de pouvoir peuvent se compter sur les doigts d'une main de lépreux, ce qui est bien le reflet d'un noyautage des appareils sur les personnes.
Quant à ceux qui y sont restés…
Je ne suis pas un partisan du « tous pourris », mais je constate la persistance d'une élite politique hermétique qui se trouve l'être le plus souvent.
à Triquoise
De mongarsrikou
21H39 | 16/06/2008 |
Tout à fait d'accord ! Encore que je ne pense pas qu'on puisse avoir envie d'être « homme d'état » (ou femme, hein) et dénué de toute envie de pouvoir, ça me parait antinomique…
Mais dés qu'on sort ce genre d'arguments, on se voit taxer de « poujadiste », facile !
Le rérendum français, défendu par les politiques (enfin presque tous, dans les partis dits de gouvernement) et les journalistes-analystes-politologues, a été sorti (pour rien ! ) par la voix du peuple. Celui-ci en a peut-être profité pour dire non à autre chose, mais c'est si rare qu'on lui laisse la parole… et en France, c'est pas près de recommencer !
Le sentiment de fracture entre les électeurs et les zélites n'est pas près de s'éteindre…
à Triquoise
De YVANBACHAUD
Porte parole www.ric-france.fr | 17H13 | 17/06/2008 |
Les choses sont très simples et la décision à prendre aussi pour un cartésien démocrate du moins.
Pour ce qui est des référendums :
Plus aucun référendum à l'initiative du Pouvoir qui par définition à une majorité pour faire passer ses propositions et la voie du Congrès pour les réformes constitutionnelles. Nous allons le voir bientôt.. !
Les référendums doivent être exclusivement d'initiative citoyenne et possible en toutes matières la souveraineté du peuple ne se borne pas. !
PLUS QUESTION alors de dire que le NON au TCE sera un non à Chirac puisque que le référendum d'initiative citoyenne abrogatif aura été « initié » par un citoyen.Et peut-être totalement inconnu selon les modalités très sélectives présentées sur www.ric-france.fr
Pour toutes les élections.
Les citoyens ne peuvent pas CHOISIR leurs représentants ils sont tous désignés par la commission d'investiture du Parti.
Après l'élection le citoyen ne peut pas contrôler son prétendu représentant. Le citoyen ne peut pas reprendre la parole entre les deux scrutins.
C'est une honte. quand la Constitution indiqie que la souveraineté nationale c'est a dire le Pouvoir avec un grand P appartient au peuple.
Conclusion logique :
Aussi longtemps que l'on ne disposera pas du « vote préférentiel » pour choisir nos représentants , en modifiant pas exemple l'ordre sur les listes des partis, ( Cela existe dans au moins 10 pays européens)
eT aussi longtemps que l'on ne disposera pas du RIC pour les contrôler Il faudra s'ABSTENIR puisque le vote blanc n'est pas reconnu comme un suffrage exprimé.
Et bien sûr faire campagne pour cette seule position cartséienne. Le temps des chèque en blanc doit être terminé.
Yvan Bachaud
De Houvaton nouveau compte
21H15 | 16/06/2008 |
Le referendum dont JP Roy n'est pas celui que j'attends. Celui que j'exige, en tant que citoyen, est le referendum d'initiative citoyenne (RIC) parfaitement compatible avec un Parlement, s'insére ainsi dans le cadre déverrouillé de la démocratie semi-directe.
Celui dont parle JP Roy est un référendum d'initiative présidentiel ou parlementaire. Je ne veux pas de ces referendum là.
Je recopie un de mes textes vu que la tromperie reste la même.
Je suis 100% pour les referendums d'initiatives citoyennes (rien à voir avec l'imposture RIParlementaire votée, en première lecture, le 23 mai dernier à l'A.N.) dans chaque cantons et remonter aux régions, aux Etats, et à l'Europe. Et pourquoi pas au monde entier.
Mais pour cela, il faudrait que les journalistes, majoritairement roulant pour notre démocratie soit-disant représentative, rendent cette possibilité publique. Or, ils l'occultent systématiquement. Du coup, peu de citoyens allant la découvrir par eux-mêmes, on retombe sur les mêmes clivages gauche/droite à la con, libéral/pas libéral à la con … et les dirigeants continuent à diriger, toujours évidemment sans concertation citoyenne. Mais le mur des démocraties représentatives qui ne représentent qu'une série d'oligarchies mafieuses, commencent à se lézarder notamment grâce à internet. Alors les mêmes JO-urnalistes relaient à nouveau une serie de messages subliminaux pour alerter la population sur la dangerosité du net. Le dernier « message » est qu'un jeune apprenti-chimiste s'est fait explosé la gueule en allant trouver sur internet comment fabriquer une bombinette.
Vite vite, il est plus que temps de contrôler, de légiferer sur internet (dernier bastion de liberté au passage). Revenons-vite à TF1 et France2 : c'est si bon une campagne législative ou présidentielle sans referendum d'initiative citoyenne. Pourtant les suisses (votations populaires) depuis longtemps et les allemands (1200 referendums locaux) depuis les années 1990 ont compris et s'y sont mis.
à Houvaton nouveau compte
De Jean-Philippe Roy
(auteur)
Politologue | 21H23 | 16/06/2008 |
D'accord, on ne parle pas de la même chose, mais je vous soutiens tout à fait dans votre combat pour le RIP. A titre personnel, j'y suis tout à fait favorable.
Sans que cette remarque signifie un quelconque soutien au pouvoir, je vous signale qu'il en a été question en 2003 lors de la révision de la constitution instaurant la deuxième vague de décentralisation. Et il en a été question dans l'actuel débat de réforme constitutionnelle. Avec la possibilité de saisir directement le Conseil constitutionnel, ce serait une énorme bouffée d'air démocratique !