Le référendum ou l'utopie d'un peuple libre et souverain

Avant d'aller plus loin dans ce billet, une première remarque s'impose : le peuple irlandais, dans un contexte démocratique, a dit non au « traité simplifié” ; l'UE, ensemble d'Etats souverains, a besoin de l'unanimité favorable de ses composantes nationales pour que le traité soit ratifié. Par conséquent, qu'on le veuille ou non, le traité est caduque, tout rapiéçage sur le dos de la volonté démocratique serait une catastrophe, et c'est quelqu'un qui a voté oui au TCE, qui est favorable au “mini-traité » qui le dit ! Ce premier point établi, le présent billet voudrait aborder en toute honnêteté, et en trois points, un sujet délicat, car touchant au sacré politique par excellence : l'expression du peuple, libre et souverain.

1- La force du référendum

Il n'est, en aucune manière, question ici de revenir sur l'acquis référendaire, même si l'on peut à juste titre penser que la légitimité politique parlementaire est tout aussi respectable et valable. Rappelons-nous les paroles de nos révolutionnaires qui disaient que « là où est l'Assemblée nationale, là se trouve la volonté du peuple ». Il convient donc de se méfier d'une dérive populiste endémique, celle de l'antiparlementarisme, maladie qui touche hélas autant les imaginaires de droite que de gauche.

Néanmoins, il serait parfaitement stupide d'ignorer qu'un référendum possède un poids symbolique tel que, même si une norme qui en résulte ne pèse pas plus lourd juridiquement que celle, identique, obtenue par la voie parlementaire, elle en tire pourtant une force politique absolue, incontestable. Le référendum est là pour ça : son résultat tranche, brutalement, souverainement, dans la violence esthétique de son schéma binaire sans concession : c'est oui ou c'est non ! 2-Voter sur la question posée

Il convient ensuite de remarquer une caractéristique particulière du référendum, en terme de communication politique : dans ce type d'interaction, à l'inverse du « face à face », il semble plus facile de dire non que oui. Vous l'avez sans doute déjà éprouvé au quotidien, quand vous parlez à quelqu'un, dire oui est peu coûteux et ne nécessite aucune justification, tandis que dire non, au contraire, entraîne un impératif d'explicitation du refus, un véritable travail pédagogique de justification.

A l'inverse, l'analyse détaillée des motivations qui ont conduit à un refus majoritaire, lors d'un référendum, que ce soit en 1969 ou plus récemment en 2005, révèle un écheveau incroyablement multiple, complexe, d'opinions d'ailleurs souvent déconnectées de l'enjeu de la question posée. Il en résulte du coup un sentiment bizarre : le peuple a dit non, mais n'a pas répondu à la question.

Dans l'autre cas (quand le oui gagne), en 1962 par exemple, le schéma plébiscitaire est souvent envisagé, ce ne serait pas un oui à l'élection du Président au suffrage universel, mais un oui à De Gaulle qui se serait exprimé. On en arrive alors à des réflexions nauséabondes : le peuple ne serait pas capable, pas compétent, laissons cela aux professionnels de la politique parce qu'eux, ils savent ! Outre la stupidité du raisonnement, il convient de souligner son caractère dangereux dans un contexte de tension permanente entre représentants et représentés. Le gouffre entre les deux est déjà là, participer à sa béance est probablement mortifère d'un point de vue démocratique.

3-Un référendum encadré

Il résulte donc de tout cela une nécessité urgente pour la politique : qu'elle se donne les moyens de faire accepter sincèrement à tout citoyen le verdict des urnes. Pour cela, il conviendrait que la procédure de campagne d'un référendum puisse être encadrée par une instance indépendante du pouvoir qui garantisse une formation/information neutre du citoyen. Ceci n'empêcherait, en aucune manière, les partisans de telle ou telle option de faire campagne, mais permettrait au citoyen de cadrer son comportement sur l'enjeu qui lui est proposé.

Avoir la certitude que le verdict des urnes est cadré sur les enjeux de la question posée permettrait ainsi le respect unanime du scrutin et la conviction d'une maturité citoyenne du peuple. En bref, quelque chose comme la reconstruction d'une estime de soi collective et démocratique, au-delà du camp gagnant et du camp vaincu.


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pablico
19H26 16/06/2008

il faut aussi parler du référendum à deux questions: Il était pas mal du tout comme manipulation.
Le dernier référendum ou les élites partisans du oui on été ridicules, hautains pour le petit peuple qui ne comprend rien. La preuve le peuple a voté non et les dirigeants se sont assis dessus leur volonté. En les dédaignant magistralement.
ce qui n a pas empêché le peuple de voter pour le représentant du oui à 53,06% .
Cela sert à quoi un référendum?

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
19H35 16/06/2008

Commentaire :
NON !

 
admirateur
19H36 16/06/2008

vous avez un drôle de chapeau, un peu triste sinistre
ceci étant dit, que pensez-vous de la manière dont condorcet pose la question du suffrage ?

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
21H27 16/06/2008

Si c’est au fameux paradoxe de Condorcet que vous faites allusion, je dirais qu’il a l’avantage de nous alerter sur les effets logiques induits par une règle, mais qu’il a l’inconvénient de réduire le vote à une opération « mathématisable » (pardon de jargonner)!
En réalité derrière l’urne, le bulletin, l’isoloir, etc…, il y a aussi de la chaire et de l’affect. C’est aussi pour cela que c’est très complexe, fascinant et qu’il faut en parler avec beaucoup d’humilité.

 
admirateur
17H23 17/06/2008

ce qui est interessant dans le paradoxe de condorcet, ce n’est pas le paradoxe en lui-même - certes s’arrêter dessus permet d prendre de la hauteur avec la réalité - mais les conséquences qu’en tire condorcet, non pour mettre les conditions du suffrage en doute mais pour l’assurer.
Rien moins que notre modèle républicain, laïque basé, non sur l’affect qui conduit aux pires extrémités, mais la raison.

 
Impots-utiles.com | www.impots-utiles.com
19H49 16/06/2008

avec un nouveau taux d’inflation évalué à +3,7% pour le mois de juin dans la zone euro , l’europe est loin d’etre la poule aux oeufs d’or (malgré ses subventions…)

http://www.impots-utiles.com/inflation-record-a-37-pour-la-zone-euro.php

 
comptecourant
19H51 16/06/2008

Encore une commission qui ferait ses petites commissions sous elle, c’est ça la solution ?

Ben dis donc …. pour la rupture vous repasserez hein ?

 
marie 75
20H07 16/06/2008

à vous suivre …On reviendrait vite au scrutin censitaire?
Ey
« la formation/information neutre du citoyen  » … dont vous parlez … se nommerait (très rapidement) manipulation.
La neutralité … un fantôme de la liberté!
La formation/information neutre du citoyen?
C’est du demain on rase gratis!!!!

« En bref, quelque chose comme la reconstruction d’une estime de soi collective et démocratique, au-delà du camp gagnant et du camp vaincu. »
Jolie phrase!
Sans verbe… donc sans expression!
Tous ensemble, tout devient possible…

Le vote du peuple c’est tt de même ce qu’il y a « de moins pire », au plutôt de mieux pour les citoyens!
Nous avons des ancêtres qui se sont fait fusiller pour ce droit de vote.

Les Irlandais ont voté!
Les Tchèques … y songent.
Yann Pallach serait pour ce vote.
Et le brave soldat Schweik aussi!

Pour le soldat … plus sûre de l’ortho de son nom

 
ericj
20H43 16/06/2008

« … la violence esthétique de son schéma binaire … »
« … participer à sa béance est probablement mortifère … »

Yeah !! Que de jolies formules ! :)

 
Jonas2
21H01 16/06/2008

Dites-moi si je vous comprends bien, Jean-Philippe Roy.

D’abord, un constat irréfutable: le peuple ne répond pas à la question posée non pas parce qu’elle est mal posée, mais parce qu’il ne l’a pas comprise, ou bien encore parce qu’il a envie de répondre à autre chose qui le préoccupe davantage. Bêtement et en toute bonne foi d’ailleurs, parce qu’il ne peut pas savoir ce qui est bon pour lui.

Le remède ensuite: l’administration par une élite indépendante (oupf!) d’une pédagogie de la responsabilisation. Une pédagogie toute destinée à démontrer que la question posée s’impose, qu’il s’agit de LA bonne question.
Et surtout, surtout, dispenser cette vérité toute simple, si simple qu’elle s’impose d’elle même dès qu’on a posé la question: il y a UNE bonne réponse. Pas deux. Non! UNE.

Il n’est pas possible de se tromper car cette bonne réponse se reconnaît au fait qu’elle est validée par l’élite.

J’ai bon ?

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
21H14 16/06/2008

Ouais, c’est des experts independants qui vont nous dire que voter !
Des experts « independants » ..Hi ! hi !

« Tous les experts sont médiatiques-étatiques, et ne sont reconnus experts que par là. Tout expert sert son maître, car chacune des anciennes possibilités d’indépendance a été à peu près réduite à rien par les conditions d’organisation de la société présente. L’expert qui sert le mieux, c’est, bien sûr, l’expert qui ment. Ceux qui ont besoin de l’expert, ce sont, pour des motifs différents, le falsificateur et l’ignorant. Là où l’individu n’y reconnaît plus rien par lui-même, il sera formellement rassuré par l’expert »
 GD

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
21H19 16/06/2008

Non, vous n’avez pas bon! Mais c’est sans doute parce que je ne me suis pas bien fait comprendre.
Mon propos n’est pas de dire que le peuple est bête, surement pas! Je pense même que c’est la maladie chronique de l’élite (supposée) que de penser, consciemment ou inconsciemment, cela.
Quand je parle de cadrage, je ne parle pas de dressage. Il s’agit d’une notion bien connue en communication. Si on ne cadre pas le dispositif dans lequel on s’exprime, alors le récepteur développe un nombre incalculable de filtres, au niveau de sa conscience et de son inconscient, qui peuvent l’ammener à entendre tout à fait autre chose que ce qui a été dit. En particulier, il a la possibilité de projeter toutes ses angoisses (par définition légitimes) sur la question qui lui a été posée.
Notez bien que ce phénomène concerne n’importe qui, quelque soit son sexe, son âge, son niveau de diplôme, sa position dans l’échelle sociale.
D’une certaine façon, De Gaulle a trouvé un moyen de cadrage en 1962, en réduisant l’enjeu du référendum ainsi : c’est moi ou le chaos! Mais le problème ici, c’est que c’est l’initiateur du référendum qui a cadré, forcément dans le sens de ses intérêts. C’est pourquoi je dis que cette « commission de formation/information » doit être parfaitement indépendante : quelque chose à inventer de nouveau. Il serait intéressant d’aller voir ce qui se passe en Scandinavie (notamment au Danemark), ils sont très en avance sur nous là dessus.
Et pour vous rassurer, si vous avez été partisan du non, cela n’a pas empêché le Danemark de voter non dans le passé (c’était le référendum de ratification du traité de Maastricht si mes souvenirs sont bons).

 
Houvaton nouveau compte
22H32 16/06/2008

Scandinavie notamment Danemark …

Curieusement les 1200 référendums locaux depuis les années 1990 en Allemagne et les votations populaires en Suisse depuis plus d’un siècle, semblent vous échapper.

Politologue qui à roule à fond pour la dem représentative oui, démocratie française complètement vérouillée avec d’un côté les « experts », les familles politiques corrompues et de l’autre un peuple docile et ignorant. Ben moi, je ne suis pas trop docile bien que français et j’en apprends de plus en plus grâce à internet que nos « politiques » souhaitent encadrer, contôler. Internet qui leur échappe et peut donner des idées et des ailes à bien des citoyens. Dommage de retrouver ici la soupe empoisonnée, la propagande des « experts français ».

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
22H43 16/06/2008

Je ne voudrais absolument pas profiter de votre remarque pour me faire de la pub, mais je vous recommande la lecture d’un ouvrage scientifique que j’ai co - dirigé, qui s’intitule « la situation délibérative dans le débat public » (2 tomes), et qui va strictement à l’encontre de l’opinion que vous développez sur moi.
Voyez vous, j’ai passé plus de six ans de ma vie à analyser les conditions et les expériences mondiales de démocratisation mettant en situation d’égalité les experts, les politiques et les citoyens, pour finalement produire des décisions, voire des co - décisions, co - construites et acceptables socialement!
J’accepterai toujours la discussion, même vive, je vais même vous dire, j’adore ça, mais l’insulte non!

 
Houvaton nouveau compte
22H55 16/06/2008

Ok ! Je vous avais pourtant « averti » en commentaire dans votre article du 20 mai dernier, soit 3 jours avant l’imposture qui se préparait à l’Assemblée Nationale.

Je me permets de copier-coller mon commentaire.

« Quatre grandes questions passionnent et structurent le travail de recherche de l’auteur de cet article (JP Roy):
l’analyse du comportement électoral,
la communication politique,
la sociologie des élites politiques
et les théories de la démocratie.

Ayant personnellement fait le tour de ces 4 questions, ben oui et n’ai pas l’intentention de passer 10 ans là-dessus, j’en suis à l’analyse du seul régime au monde de démocratie semi-directe, qui fête ses 160 ans d’existence cette année : la Suisse.

Je retiens de l’article que le projet de réforme de notre Constitution française permettra au Président de la République, sur la base du seul 49-3, de décider du budget sans s’en réferer au Parlement. Au point où nous en sommes, cela me laisse totalement indifférent.

A quand un article, et même plusieurs tellement le sujet est véritablement passionnant et structurant, sur la démocratie semi-directe ? Sur les Référendum d’Initiatives Citoyennes, seuls véritables contre-pouvoirs d’une Constitition française qui n’a de démocratique que le nom ?

(Je note également que les premiers commentaires en page 1 ont disparus de mon écran, une demi-douzaine) »

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
23H04 16/06/2008

Bien d’accord sur le caractère remarquable et passionnant de la Suisse.
Du coup, j’ai une question à vous poser: pensez vous qu’en France, il serait considéré comme acceptable, une votation locale ou nationale (pour parler comme nos amis helvètes) tous les quinze jours environs, qui recueillerait une participation moyenne de 20% et déboucherait sur une loi ou une norme qui s’appliquerait à l’ensemble des citoyens concernés.
Ma réflexion ne consiste surtout pas à ridiculiser une aspiration démocratique que je partage, mais je me méfie beaucoup des importations sauvages de modèles étrangers. Pour ma part, je pense qu’un processus de démocratisation doit être adapté aux systèmes symboliques et culturels d’une société, sinon la greffe ne prend pas!

 
Houvaton nouveau compte
23H42 16/06/2008

Importation de modèles étrangers ? La Suisse ne se trouve pas sur la planète Neptune mais elle est juste collée à notre frontière. La question serait plutôt de savoir pourquoi la réalité de la démocratie semi-directe en Suisse ne figure pas dans nos manuels scolaires, est occultée des matières « civiques », lesquelles sont déjà peu présentes …
Et pour un politologue expert vos erreurs et votre méconnaissance de cette démocratie helvétique est ahurissante !!!
Il y a en moyenne chaque année 4 votations en Suisse et ils s’arrangent pour qu’elles soient groupées. Le nombre de votants tourne autour de 50% et non 20% (50 c’est peu ce n’est pas une raison de diviser ce chiffre par 2,5) et votent qui veut. On ne peut savoir comment se corporterait l’électorat français s’il y avait l’équivalent en France des votations populaires, RIC.

Mais surtout Les RIC (réferendum d’initiative citoyenne) sont des gardes-fous, des contre-pouvoirs très efficaces contre les abus de pouvoirs d’un Président et d’un Parlement. Nul besoin donc d’aller voter toutes les semaines. Leur seule présence est dissuasive contre le tout et n’importe quoi en matière de législations.

Qu’est-ce que ça changerait ? On aurait par exemple depuis longtemps un moratoire sur les OGM à la place de la perpétuelle grosse magouille habituelle. Les finances de l’Etat et des grandes Mairies seraient beaucoup plus saines. Etant mieux gérées on paierait moins d’impôts. Payant moins d’impôts on aurait un meilleur pouvoir d’achat qui relancerait l’économie générale, qu’on soit adepte comme moi ou non de la décroissance (consommer moins et moins con pour travailler deux fois moins). J’initierais bien volontiers, entre autres, un référendum contre les nuisances sonores. Il n’y a aucune législation sérieuse là-dessus en France. Mis à part vaguement pour les aéroports.

Je pourrais en parler pendant des heures. Quant à vous avant de faire un article là-dessus faudra que vous vous renseigniez et appreniez. Ya du boulot !

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
23H52 16/06/2008

Avec le respect que je dois à votre « expertise », il me semble que les votations nationales sont effectivement regroupées en quatre vagues annuelles, mais, il n’en reste pas moins qu’il y a des votations locales qui interviennent fréquemment entre ces échéances.
Par ailleurs, Don’t act pour la participation moyenne aux votations nationales.
Je vous signale que ce système est également en application dans un certain nombre d’états américains, notamment ceux qui ont pratiqué longtemps les town meetings.

 
YVANBACHAUD | Porte parole www.ric-france.fr
17H17 17/06/2008

Il ne me semble pas correct pour un politologue passionné par la Suisse, de donner volontairement donc de FAUX chiffres surtout à ce point
.
Chacun pourra vérifier les miens avec Google sur le site de la Confédération helvétique.

Rappelons qu’en SUISSE le peuple n’impose pas des votes tous les dimanches , comme l’affirment mensongèrement les adversaires des référendums d’initiative citoyenne.
Ni même tous les 15 jours comme l’affirme J.P ROY !
Quelques chiffres :

- En 118 ans il n’y a eu que 137 initiatives dont seulement 13 adoptées !

- Et de 1971 a 2000 : 79 soit 2,6 par an dont 7 seulement adoptées.

Ce taux d’échec énorme conforte les modalités que nous proposons pour la France, beaucoup plus sélectives mais cependant très légères pour les initiateurs.
Voir les RIC sur le site www.ric-france.fr
Elles sont tout à fait singulières et ce ne sont pas des importations sauvages…! Nous attendons de pieds fermes les critiques..:-)

Il y a eu aussi des référendums abrogatifs peut être un peu plus, mais je n’ai pas pu trouver les chiffres car il y a plusieurs type de référendums.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Quant à la participation à 20%
c’est de la désinformation!
Depuis 1848 la participation a baissée mais on peut dire que ces dernières années la participation est autour de 45-50% .Un peu plus que les citoyens ont un peu peur du résultat..beaucoup plus quand très peur…:
50,2% de participation pour intégrer l’ONU, MAIS 78,3% lors du refus d’adhésion à ‘Europe en 1992…:-)
Les Suisses participent peu car ils ont constaté depuis des décennies que la bonne solution est adoptée même s’ils ne se déplacent pas. Ils donnent procuration aux citoyens plus actifs..
Je signale que 82% des Français souhaitent lancer des référendum sur les sujets de leur choix!( SOFRES mars 2003). Voir la « Présentation  » sur www.ric-france.fr
Or la loi n’est elle pas censée être l’expression de la volonté générale ?
Yvan Bachaud

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
19H13 17/06/2008

J’accueille avec intérêt et respect votre militantisme en faveur du RIC. Je crois, en effet, qu’il s’agit d’un processus de démocratisation remarquable. Il n’en reste pas moins qu’il est dépendant d’un contexte socio - historique particulier.
Sans aucunement dévaloriser le RIC, je me permet de verser une pièce au dossier qui permet de replacer ce système dans la cadre suisse: http://www.cec-elections.org/modules/news/article.php?storyid=37

 
moijepense
21H16 16/06/2008

PRAGUE (Reuters) - Nicolas Sarkozy a accepté lundi de donner du temps aux Tchèques, qui hésitent à ratifier le traité européen de Lisbonne après le vote négatif des Irlandais.
c’est bizarre cette facon qu’a Reuters de présenter les faits … à longueur de news ils nous rabachent «  Sarkozy veut ci , Sarkozy veut cela " et tout d’un coup Sarkozy a accepté de donner du temps aux Tchèques … ils vont etre contents les Tchèques du don de Sarkozy parceque que ce serait il passé si Sarkozy n’avait pas donné du temps aux Tchèques , ca aurait la guerre sans sommation ou " comment on fait passer le petit nabot léon comme le roi de l’europe en 2 mots et 3 mouvements  » , Réfléchissez un peu Si les tchèques ont du temps c’est parceque c’est Sarkozy qui leur a donné !!! Si c’est pas du Goebbels craché j’y perd mon latin

 
Triquoise | rouge de honte
21H26 16/06/2008

Je me retrouve une fois de plus à contre-courant.

A l’inverse des premiers commentaires, je pense qu’effectivement le débat (en France) du dernier référendum a été totalement parasité par les luttes de pouvoirs pré-présidentielles, et que l’information réelle n’a pas été faite correctement. Il suffit de compter le nombre de votants qui ont vraiment lu le traité.

Maintenant, si dans l’absolu, l’idée d’une « commission chargée de l’information neutre du citoyen » est séduisante, elle n’est malheureusement possible que dans le monde des Bisounours. A cet égard, les commentaires de Marie75 sont à mon sens justifiés.

Par contre, j’adhère totalement à l’aspect « maturité citoyenne comme source de la reconstruction d’une estime de soi collective et démocratique ».

Woawww ! Merci à Jean-Philippe de me rendre la part du rêve que j’avais lors des premiers votes de la construction européenne.

Rêves perdus dans les méandres tentaculaires du cac40.

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
21H31 16/06/2008

Ok pour le monde des Bisounours. De temps en temps, il faut bien se faire un peu plaisir, sinon….
Par contre, je ne suis pas sûr que ma proposition soit complètement irréalisable, en ce sens qu’il faudrait pour cela savoir ce qui dans « l’opinion collective » française construit le sentiment de l’indépendance d’une institution ou d’une commission.

 
Triquoise | rouge de honte
22H04 16/06/2008

S’agissant de l’opinion collective, je ne sais pas mais en ce qui concerne la mienne :

Si vous me trouvez des hommes ou des femmes d’Etat intègres, dénués d’envie de pouvoir et imperméables aux pressions lobbiesques ou électorales, je signe.

Où allez-vous les chercher ? A droite, à gauche ou dans le monde des Bisounours ?

La confiance du peuple se mérite. Plus on avance et plus je suis enclin à penser que le rouage démocratique représenté par les électeurs va se gripper, quitte à mettre la démocratie en danger, puisqu’elle n’est plus que l’ombre d’elle même.

Pour de multiples raisons valables ou non, quand on va aux urnes, on a l’impression en réalité de choisir son bourreau.

Je ne souscris pas. Mais je comprends.

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
22H18 16/06/2008

Je ne vous demande pas de me croire sur parole, je ne suis pas Jésus Christ ni Mahomet (ou qui vous voulez que vous croyiez un peu!), mais des responsables politiques intègres j’en connais beaucoup. Environs 80% de ceux que je fréquente, c’est une évaluation « à la louche » mais qui doit être proche de la réalité. Ils se retrouvent d’ailleurs équitablement répartis dans toutes les tendances républicaines de notre espace politique.
En revanche, trouver des politiques qui n’aient pas envie du pouvoir, désolé, je n’ai pas ça en magasin! Mais personnellement ça ne me gène pas, car il faut répéter toujours, en ces temps de « désenchantement du monde », que la vie quotidienne d’un(e) élu(e) est une vie de chien que je ne souhaite à personne. C’est pourquoi, même si je dois vous heurter, je défends les politiques.
Dans l’exercice des différents aspects de ma profession, je vis quotidiennement auprès d’eux, j’ai bien sûr rencontré des personnes discutables, mais la plupart du temps j’ai vu des gens qui se tuaient à la tâche (et pas seulement au sens figuré).
En souhaitant que ce petit témoignage infléchisse légèrement votre opinion que je respecte bien sûr par ailleurs.

 
Triquoise | rouge de honte
22H34 16/06/2008

Je me suis à mon tour mal exprimé semble-t-il.

Je ne faisais pas part de mon opinion, mais de mon analyse d’un sentiment général qui semble pointer depuis quelques décennies, au gré de ce que l’on nomme pudiquement les affaires.

Je connais également des politiques locaux intègres, aux côtés desquels je me suis même battu. Cependant, il faut bien admettre que ceux qui sont arrivés à un haut niveau de pouvoir peuvent se compter sur les doigts d’une main de lépreux, ce qui est bien le reflet d’un noyautage des appareils sur les personnes.
Quant à ceux qui y sont restés…

Je ne suis pas un partisan du « tous pourris », mais je constate la persistance d’une élite politique hermétique qui se trouve l’être le plus souvent.

 
mongarsrikou
22H39 16/06/2008

Tout à fait d’accord! Encore que je ne pense pas qu’on puisse avoir envie d’être « homme d’état » (ou femme, hein) et dénué de toute envie de pouvoir, ça me parait antinomique…
Mais dés qu’on sort ce genre d’arguments, on se voit taxer de « poujadiste », facile!
Le rérendum français, défendu par les politiques (enfin presque tous, dans les partis dits de gouvernement) et les journalistes-analystes-politologues, a été sorti (pour rien!) par la voix du peuple. Celui-ci en a peut-être profité pour dire non à autre chose, mais c’est si rare qu’on lui laisse la parole… et en France, c’est pas près de recommencer!
Le sentiment de fracture entre les électeurs et les zélites n’est pas près de s’éteindre…

 
YVANBACHAUD | Porte parole www.ric-france.fr
18H13 17/06/2008

Les choses sont très simples et la décision à prendre aussi pour un cartésien démocrate du moins.

Pour ce qui est des référendums:
Plus aucun référendum à l’initiative du Pouvoir qui par définition à une majorité pour faire passer ses propositions et la voie du Congrès pour les réformes constitutionnelles. Nous allons le voir bientôt..!
Les référendums doivent être exclusivement d’initiative citoyenne et possible en toutes matières la souveraineté du peuple ne se borne pas.!
PLUS QUESTION alors de dire que le NON au TCE sera un non à Chirac puisque que le référendum d’initiative citoyenne abrogatif aura été « initié » par un citoyen.Et peut-être totalement inconnu selon les modalités très sélectives présentées sur www.ric-france.fr

Pour toutes les élections.
Les citoyens ne peuvent pas CHOISIR leurs représentants ils sont tous désignés par la commission d’investiture du Parti.
Après l’élection le citoyen ne peut pas contrôler son prétendu représentant. Le citoyen ne peut pas reprendre la parole entre les deux scrutins.
C’est une honte. quand la Constitution indiqie que la souveraineté nationale c’est a dire le Pouvoir avec un grand P appartient au peuple.

Conclusion logique:
Aussi longtemps que l’on ne disposera pas du  » vote préférentiel » pour choisir nos représentants , en modifiant pas exemple l’ordre sur les listes des partis, ( Cela existe dans au moins 10 pays européens)
eT aussi longtemps que l’on ne disposera pas du RIC pour les contrôler Il faudra s’ABSTENIR puisque le vote blanc n’est pas reconnu comme un suffrage exprimé.

Et bien sûr faire campagne pour cette seule position cartséienne. Le temps des chèque en blanc doit être terminé.
Yvan Bachaud

 
Houvaton nouveau compte
22H15 16/06/2008

Le referendum dont JP Roy n’est pas celui que j’attends. Celui que j’exige, en tant que citoyen, est le referendum d’initiative citoyenne (RIC) parfaitement compatible avec un Parlement, s’insére ainsi dans le cadre déverrouillé de la démocratie semi-directe.
Celui dont parle JP Roy est un référendum d’initiative présidentiel ou parlementaire. Je ne veux pas de ces referendum là.

Je recopie un de mes textes vu que la tromperie reste la même.
Je suis 100% pour les referendums d’initiatives citoyennes (rien à voir avec l’imposture RIParlementaire votée, en première lecture, le 23 mai dernier à l’A.N.) dans chaque cantons et remonter aux régions, aux Etats, et à l’Europe. Et pourquoi pas au monde entier.

Mais pour cela, il faudrait que les journalistes, majoritairement roulant pour notre démocratie soit-disant représentative, rendent cette possibilité publique. Or, ils l’occultent systématiquement. Du coup, peu de citoyens allant la découvrir par eux-mêmes, on retombe sur les mêmes clivages gauche/droite à la con, libéral/pas libéral à la con … et les dirigeants continuent à diriger, toujours évidemment sans concertation citoyenne. Mais le mur des démocraties représentatives qui ne représentent qu’une série d’oligarchies mafieuses, commencent à se lézarder notamment grâce à internet. Alors les mêmes JO-urnalistes relaient à nouveau une serie de messages subliminaux pour alerter la population sur la dangerosité du net. Le dernier « message » est qu’un jeune apprenti-chimiste s’est fait explosé la gueule en allant trouver sur internet comment fabriquer une bombinette.
Vite vite, il est plus que temps de contrôler, de légiferer sur internet (dernier bastion de liberté au passage). Revenons-vite à TF1 et France2 : c’est si bon une campagne législative ou présidentielle sans referendum d’initiative citoyenne. Pourtant les suisses (votations populaires) depuis longtemps et les allemands (1200 referendums locaux) depuis les années 1990 ont compris et s’y sont mis.

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
22H23 16/06/2008

D’accord, on ne parle pas de la même chose, mais je vous soutiens tout à fait dans votre combat pour le RIP. A titre personnel, j’y suis tout à fait favorable.
Sans que cette remarque signifie un quelconque soutien au pouvoir, je vous signale qu’il en a été question en 2003 lors de la révision de la constitution instaurant la deuxième vague de décentralisation. Et il en a été question dans l’actuel débat de réforme constitutionnelle. Avec la possibilité de saisir directement le Conseil constitutionnel, ce serait une énorme bouffée d’air démocratique!

 
Houvaton nouveau compte
22H44 16/06/2008

Ce n’est pas vrai. Vous ne me (nous) soutenez absolument pas !

Les députés ont adopté le 23 mai dernier un amendement socialiste à la réforme des institutions qui inscrit le référendum d’initiative populaire dans la Constitution.
Un référendum “peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales”, stipule cet amendement présenté par Arnaud Montebourg et les membres du groupe socialiste. Il a été adopté par 113 voix contre 10.

A noter que le PS a préféré le terme populaire au terme citoyen ! La notion de citoyenneté effraie les Socialistes et tous les autres parlementaires.
Je suis pour les RIC (citoyen) mais pas dans les modalités actuelles car elles sont d’une immense hypocrise. D’abord il ne s’agit pas d’initiative citoyenne mais parlementaire et il faudra donc trouver 200 deputés ou sénateurs pour lever un référendum, on est pas sorti des difficultés et embûches. Ensuite un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales représente presque 5 millions de signatures. Les suisses se sont donnés le droit des votations populaires (l’équivalent amélioré et sans far de ce qu’on nous propose) mais sur la base de 1 ou 2% et non 10% !

Le Traité Européen sera toujours une imposture en matière de démocratie car ce sont les élites qui tenteront sans cesse de nous l’enfiler.
Commençons d’abord par les vrais réferendums d’initiative citoyenne au plan local comme le font déjà les allemands et nous y verrons beaucoup plus clair.
Par réferendum les peuples entre eux ne se font jamais la guerre, mais au contraire s’unissent et trouvent toujours des solutions bien plus justes et judicuieuses aux problèmes et traverses posés, en fait, par les « dirigeants » ou par nos « représentants ». Je dis bien par Réferendum d’initiative citoyenne. Ce type de referendum en plus de se diriger droit vers les solutions aux problèmes sociétaux concrets font l’objet préalablement de débats et de réflexions. Pas d’empoignades à la con volontairement organisées par nos élites tentant de nous manipuler avec un discours droite/gauche, libéral/pas libéral, discours qui ne fera jamais consensus. A dessein pour eux et contre nous.

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
22H52 16/06/2008

Vous avez raison, il ne s’agit pas de la même chose. En revanche, la première loi organique qui fut votée en application de la réforme de 2003, prévoit déjà un droit de pétition qui permet aux citoyens locaux d’imposer l’inscription d’une question à l’agenda d’une réunion plénière du Conseil (municipal, général ou régional).
Ce n’est pas encore exactement le RIP, mais c’est aussi une piste inspirée de la démocratie quasi directe suisse.

 
Houvaton nouveau compte
23H23 16/06/2008

Droit de pétition ?

J’ai fait partie des 600 000 signataires de la pétition contre la loi DADVSI remise au Conseil Constitutionnel qui n’en a même pas fait mention ensuite en 2006. J’en ai bien sur averti mon député le jour du vote au Parlement. Député qui, en fait, n’était même pas présent à l’Assemblée le jour du vote …

Un « élu » du Gers avait, il y a quelques années (en 2003 ?), utilisé cette nouvelle loi organique et rassemblé plus de signatures qu’il n’en fallait pour un referendum départemental - à valeur juste consultative et non décisionnelle - sur la question des OGM. Ce referendum a immediatement été annulé par le prefêt, les sondages donnant un NON imposant à la culture OGM à champ ouvert en Midi-Pyrénées, région qui produit quasiment la moitié des OGM en France.

Mais si vous souhaitez nous aider dans nos démarches citoyennes, vous pouvez à l’instar d’Yvan Bachaud, nous gratifier d’un article sur ces réferendums d’initiatives citoyennes, referendums que la presse ne relaie en France que trop timidement, quand elle en parle (c’est à dire quasiment jamais).

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
23H31 16/06/2008

Bonne idée, je vais me pencher sur la question.
Au passage, je vous signale que j’étais aussi signataire de la pétition contre la loi DADVSI. Voyez vous, j’habite à Tours et le ministre en question ne m’était pas inconnu.
Mais les moyens citoyens de résistance existent, le monde « libre » est assez résistant!
Une autre remarque, vous devriez aller, si le coeur vous en dit, lire un auteur que j’adore et devrait vous plaire dans votre démarche : Cornélius Castoriadis. Il est le théoricien des sociétés autonomes. C’est très intéressant.

 
Houvaton nouveau compte
23H54 16/06/2008

J’irais voir, c’est promis. Celui que j’apprécie le plus, parce qu’il est fondamental, est le « Discours de la servitude volontaire » d’Etienne de La Boétie. Discours écrit quand La Boetie avait 16 ans, 18 selon d’autres sources. Comme quoi, quand on a de bons profs (ce qui n’est pas le cas en France car profs déjà bien formatés et qui ne connaissent même pas la democratie semi-directe de la Suisse ou les referendum locaux allemands ) …

A+, bonne nuit.

 
YVANBACHAUD | Porte parole www.ric-france.fr
18H44 17/06/2008

Le président du Conseil général du Gers a organisé une « Consultation » sur les OGM comme la LOI lui en donnait la FACULTE à la demande de 10% des inscrits du département..
MAIS cela a été LEGITIMEMENT ANNULE car la question des OGM n’est pas de la compétence du Département!
Cet élu aurait mieux fait de faire déposer par le PS une proposition de loi en faveur du RIC national AVEC MISE A L’ORDRE DU JOUR à la 1ère niche parlementaire du PS.

LE RIP était expressément INSCRIT dans la profession de foi de J.CHIRAC au second tour 2002 il aurait donc été difficile a l’UMP de voter CONTRE alors que le RPR l’avait déjà promis dans l’année… 93.

Dans le GERS c’était une mascarade j’ai demand » au Gars de faire déposer la dite proposition de loi il ne m’a jamais répondu.. C’était de la poudre aux yeux.

A+
 Y.Bachaud

 
YVANBACHAUD | Porte parole www.ric-france.fr
18H48 17/06/2008

C’est une farce puisquen la CONSULTATION peut être REFUSEE;;
La loi PASQUA de 1995 prévoyait déjà ce  » vrai faux RIP » en matière d’amenagement seulement
En 10 ans sur 36.600 communes il n’y a eu que 12 demandes de faites dont 8 de réfusée.
La loi du 13.08.2004 étant cela a tous les domaine et a toutes les collectivités territoriales Je suis sur avec le même succés.
C’est grotesque
 Y.B

 
YVANBACHAUD | Porte parole www.ric-france.fr
18H34 17/06/2008

Bonjour,
Il faudrait quand même arrêter de relayer la désinformation faites par les politiques de tous bords annonçant que le « référendum d’initiative populaire  » a été voté en première lecture.
J’ai entendu M. LAGARDE le dire sur LCP le document est sur le site WWW.ric-france.fr, J’ai entendu Manuel VALLS sur le 13 H de France 2 un dimanche;
j’ai entendu jeudi M. FILLON le dire aussi! Vous pouvez voir cela sur la VIDEO DE FRANCE 2 de 2H O1mn.05sec à 2H 04 mn.21 sec
Voila le script de sa déclaration et le texte intégral voté en première lecture à l’A.N le 3 juin.
Cela n’a RIEN à voir avec un RIP.
°°°°°°°°°°°°°°°°°
Je vous mets la transcription exacte de ses déclarations :

M. FILLON :

«(…) On a dans le débat parlementaires sur la réforme constitutionnelle enrichi le texte notamment après des débats avec l’opposition et avec la majorité, d’un système permettant le déclenchement de référendum d’initiative populaire .Et bien je pense que la bonne réponse est là. Elle est dans le dispositif un dispositif de référendum d’initiative populaire qui peut être déclenché sur des tas de sujets différents et pas seulement sur cette question de la Turquie,
mais aussi sur cette question de la Turquie.(…)»

Voici la réalité :Le texte adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 3 juin qui est
sur le site de l’Assemblée nationale :

Texte adopté le 3 JUIN en première lecture;

Article 3 bis (nouveau) Après le deuxième alinéa de l’article 11 de la Constitution, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa peut être organisé à l’initiative d’un cinquième
des membres du Parlement soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. La régularité de l’initiative, qui prend la forme d’une proposition de loi et qui ne peut avoir pour objet l’abrogation d’une disposition législative promulguée depuis moins d’un an, est contrôlée par le Conseil constitutionnel dans des conditions fixées par
une loi organique. Si la proposition n’a pas été examinée par les deux assemblées parlementaires dans un délai fixé par la loi organique, le Président de la République soumet la proposition au référendum. »

Il faut dénoncer ces mensonges éhontés..
 y;bachaud

 
YVANBACHAUD | Porte parole www.ric-france.fr
18H51 17/06/2008

La vous depassez les bornes à moins que vous plaisantiez?
°°°°°°°°°°°°
Avec la possibilité de saisir directement le Conseil constitutionnel, ce serait une énorme bouffée d’air démocratique!
°°°°°°°°°°°°
Cela n’a AUCUN intérêt poiur les citoyens les constitutionnalistes du PS passent toutes les lois au crible et dès qu’il y a la moindre chance d’une censure elles sont soumises au Conseil constitutionnel!
Il faudrait qu’un citoyen en trouve un y ayant échappé?
c’est de la provocation pas de l’air démocratique
c’est du penthotal!
 Y.B

 
Ferdinand.Bardamu
04H27 17/06/2008

Encore lui ! Mais qu’est-ce que c’est que ce clown réactionnaire ?
Si je résume son discours, pour tenir compte de la volonté exprimée du peuple, il faut que le peuple soit formé. On croit rêver. Une justification du déni de démocratie en quelque sorte…
Allez Rue89, censurez-moi donc.

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
11H22 17/06/2008

Et pourquoi croyez vous que la république a mis prioritairement à son agenda l’école à la fin du 19ème siècle?
Que pourrait on penser d’un pays fonctionnant à force de référendum si sa population était en majorité analphabète?
Ouvrons nos yeux et comparons : la « plus grande démocratie du monde » aujourd’hui c’est l’Inde, et son problème principal est l’analphabétisme.
Savez vous que les partis politique, en Inde, ont inventé un « truc » pour s’assurer de la sincérité du vote: les partis politiques ont un logo, un dessin caractéristique, et c’est ce repère qui aide les citoyens qui ne savent pas lire.
Oui, je crois que si la citoyenneté est un droit, il me semble que l’Etat a le devoir de développer une formation , et notamment une formation civique. Et je dirais que l’un des maux de notre société politique est que l’enseignement du civisme, des connaissances qui construisent le civisme, est trop laissé de coté.
Du coup, cet aspect est laissé à d’autres instances (partis politiques, associations, etc…).
Je préfèrerai, pour ma part que l’Education nationale s’en charge!

 
Ferdinand.Bardamu
12H15 17/06/2008

Oui oui, je suis d’accord : sans un peuple « conscient », il n’y a pas de démocratie, là-dessus pas de problème et c’est justement le cas actuellement.
Par contre, la raison de ma réflexion était que cette assertion tombe mal, dans le contexte actuel, compte tenu du Non des Irlandais, que l’Europe se prépare à bafouer, comme elle a bafoué les Non français et néerlandais.
Dans ce contexte, on peut penser ainsi à une justification du déni de démocratie qui se prépare, puisqu’on part du principe que les irlandais n’ont pas compris la question (vielle tarte à la crème sans cesse resservie) et y ont donc répondu « au feeling »….

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
12H34 17/06/2008

Non, pas au feeling! Ce que je dis n’est pas: le peuple est stupide, ignorant ou imbécile! Je dis simplement que quand on ne cadre pas le dispositif d’une question, alors tout un chacun (de bac - 12 à bac + 12) importe dans sa réponse des motivations qui n’ont pas forcément de rapport avec l’enjeu politique de la question.
Si vous voulez, mon idée peut être formulée autrement : quand on est devant un problème, soit on a les outils pour le résoudre, soit on bricole comme on peut (et je n’ai rien contre le bricolage!).
Tout ce que je veux dire est qu’il est scandaleux que les institutions françaises et européennes n’ait pratiquement rien fait pour former les citoyens par rapport à l’enjeu européen.
En revanche que le peuple ait tranché en disant « non » ne me pose aucun problème, c’est une réalité démocratique qu’il faut absolument respecter!

 
sarkophage_xyz
08H56 17/06/2008

Trés bon article, mon seul désaccord est que je suis contre le traité et sa précédente mouture constitutionnelle. Oui dans une démocratie, il faut que le peuple soit éduqué, non qu’il soit soumis à une propagande mais qu’il ait une compréhention des oeuvres de Montesquieu et Voltaire pour commencer.
En 1789 c’était avec raison que l’on présentait le parlement comme représentant du peuple, c’était à comparer avec la monarchie absolue.
Sur le TCE en soit, je suis surpris que des gens sensés aient pu voté oui, signez-vous un contrat lorsqu’une de ses clauses vous est inacceptables? Ou alors l’intégralité vous semblait bien?

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
10H46 17/06/2008

Merci de votre remarque, je pense en effet, à l’instar de JJ Rousseau « qu’un état véritablement démocratique, se doit avant tout d’être une cité éducative ».
Quant à mon « oui » au TCE, il était motivé par le besoin impérieux de sortir du refoulé politique qui marque son existence depuis le traité de Rome. Après, une constitution est faite pour être amendée.
Aujourd’hui, point de constitution et le système de Nice, en application, est le plus « ultralibéral » et le moins protecteur des peuples qui soit!
Qu’on le veuille ou non, c’est un problème lourd que les refus répétés n’arrivent pas à résoudre.

 
Houvaton nouveau compte
11H13 17/06/2008

Hum hum … avant d’évoquer Montesquieu et Voltaire il faudrait connaître l’Histoire.

Le retour des parlementaires a été initié par Louis XVI agé de 20 ans, par le lit de justice du 12 novembre 1774, rétablissant les parlements. Cette décision lui vaudra la difficulté de mener à bien plusieurs de ses réformes et déstabilisera ses pouvoirs. En fait, c’est Louis XVI lui-même qui a laissé se produire l’impensable à son époque : la chute d’un Roi.
Le français épris de liberté est un mythe. Les chefs révolutionnaires étaient en réalité quasiment tous issus de la noblesse ou de la haute bourgeoisie et s’étripant ensuite entre eux (De Robespierre etc ). Il n’y a jamais eu de referendum pendant les longues journées « révolutionnaires ». Jusqu’en 1791, la France est gouvernée par une monarchie constitutionnelle. Puis vint le tour des élections par suffrage censitaire : « seuls les hommes de plus de 25 ans payant un impôt direct (un cens) égal à la valeur de trois journées de travail ont le droit de voter. » Puis nouveau durcissement, par l’argent : « Les électeurs du second degré doivent être titulaires de revenus élevés, évalués entre 100 et 200 journées de travail selon les cas ».
Enfin Sieyes passa par là, qui parlait lui-aussi d’éducation, estimant que les peuples ne sont jamais assez mûrs pour se prononcer sur des questions pratiques qui les concernaient pourtant au premier chef. C’est à lui qu’on doit l’actuelle démocratie « représentative », représenté par des « experts ». Bref, on en revint très vite à l’Elite, omnipotente. L’abbé Sieyes, fils d’un employé des impôts et maître de poste, fut un des instigateurs du 18 brumaire, coup d’Etat mené par la fratrie des Di Buonaparte. Napoléon nomma ensuite Sieyes Président d’un Sénat fantôche. Le tour était joué, la monarchie et ses apparats rétablis. Le Code Civil est quasiment un copié-collé des amendement et decrets royaux de l’Ancien Régime. L’incompréhensible jargon en droit, dans les affaires de Justice, incompréhensible pour le commun des mortels, n’a toujours pas évolué.
Sauf sur le papier, La France n’a jamais été une démocratie. Le reste n’est que propagande, flatterie pour un peuple docile. « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute … » Les « politiques » l’ont bien compris et vivent au crochet du contribuable électeur.

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
13H59 17/06/2008

Houvaton est de retour, salut à vous!
Ok, pour relire et comprendre l’histoire, ok pour le caractère non abouti de la révolution française, ok pour tout ça. Mais, de grâce:
1) l’histoire ne repasse pas les plats, ce n’est pas exact!
2) Un processus de démocratisation est toujours dépendant du contexte social - historique dans lequel il se déroule.
Je vous en parlais hier soir, allez jeter un coup d’oeil chez Castoriadis, vous verrez, on pourra éviter de discuter comme des sourds, à coup d’invectives, alors que sur le fonds on doit être assez d’accord.
Faute de mieux, je vous mets en référence la page wikipedia de Castoriadis, vous y trouverez un contenu assez bien fait et des liens intéressants : http://fr.wikipedia.org/wiki/Castoriadis

Sur Siéyes, tout à fait d’accord, on oublie de rappeler qu’il s’agit d’un prêtre et qu’il est à l’origine de notre conception théologique de la Nation : « ce qui était, ce qui est et ce qui sera ». Hegel a parfaitement compris cela en disant que « la Nation est l’image de Dieu sur la terre ».
Vous avez raison de rappeler cela, la révolution française est une fausse révolution qui marque le passage du pouvoir d’une caste sociale à une autre case sociale. Il faut relire Marx qui est irremplaçable sur ce point. Même si cela ne veut pas dire qu’il faille accepter toutes les conséquences qu’il en tire.
Je tire de tout cela une conviction personnelle : évidemment qu’il est stupide de vouloir éradiquer la Nation en tant que croyance collective, qu’histoire ou imaginaire partagé et en tant que culture ; mais envisager sereinement la fin de cette Nation théologique qui produit ces pseudo dominants soi disant indiscutables est une urgence démocratique. Sinon, nous ne sortirons pas d’une situation où le débat démocratique se résout à des réactions plutôt qu’à des réflexions créatrices. La réaction est un réflexe de survie face à un corps étranger, vis à vis duquel on se sent agressé.
Pour ma part, je préfère le combat démocratique citoyen, franc et vif, mais pour cela, il conviendrait que la situation sociale et le fameux estime de soi collectif soit un peu plus assuré.

 
Houvaton nouveau compte
14H22 17/06/2008

C’est bien sûr ce que j’ai fait hier soir : consulter wikipédia.
Mélange de freudisme et de marxisme au milieu d’une vitrine d’éternels philosophes qu’on ressert systématiquement en guise de pensée profonde. Castoriadis a fini directeur de l’EHESS. Ce n’est vraiment pas pour moi un signe d’intégrité mais au contraire d’asservissement à un système qu’il aurait dénoncé. Bref, rien de nouveau et pas la moindre allusion à la démocratie semi-directe. Même pas un rappel entre les lignes sur les marins de Kronstadt massacrés par les serviles bolcheviques marxistes mille fois plus nombreux. Pour moi, ils demeurent vivants (certains ont pu gagner la Finlande), eux et leur démocratie directe, après avoir fusillés leurs officiers supérieurs tsaristes. Démocratie directe ou semi-directe que n’ont jamais voulu les marxistes. Ce n’était pourtant pas faute de la connaître, Lénine agent double passait sa villégiature en Suisse lors de la 1ère Grande boucherie … avant de libérer le front oriental, les valises pleines d’or provenant des avoirs junkers, en appelant à la Révolution bolchevique et … cesser les hostilités en 1917.
En revanche, étant tombé sur quelques bouquins ou analyses de l’oeuvre de Marcuse, je me sens déjà plus proche de lui, d’autant qu’apparemment il a parcouru ou rejoint parfaitement La Boétie jeune (ensuite ce dernier a fait comme Galilée pour avoir la paix, il a officiellement rejeté les beaux préceptes de ses 17 ans):

http://fr.wikipedia.org/wiki/Herbert_Marcuse

Voilà, je vous ai répondu. Sommairement. Bénévolement (aux dépens de mon boulot).

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! c’est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.

Baudelaire

 
Jean-Philippe Roy | Politologue
16H09 17/06/2008

Ok, je reviendrai ultérieurement sur Marcuse et l’école de Francfort en général, c’est effectivement une voie de réflexion radicale et réaliste. On pourrait citer aussi Habermas, Adorno ou Horkheimer.
Mais, de grâce, cessez de penser systématiquement que quelqu’un qui possède un titre ou un statut est forcément un collabo. Il y en a peut - être, mais ce n’est pas une généralité!