
« De l'audace » : un acte politique lourd de Delanoë
Mercredi, la divulgation des bonnes feuilles du livre de Bertrand Delanoé a eu lieu. Serait-ce un moment fort de l'histoire politique française, ces événements rares qui font qu'il y a un avant ou un après ? La plupart des commentaires se polarisent sur un coming out idéologique : le maire de Paris entend assumer, à sa manière, une identité « libérale ». Une déclaration que l'on peut essayer de décrypter, tant du point de vue idéologique que du point de vue de la stratégie politique.
Il rappelle, en fait, ce que veut dire libéral, au sens classique du terme : la légitimité de la liberté individuelle comme facteur d'émancipation et de créativité. Il insiste sur la différence entre le libéralisme et le capitalisme, phénomène de concentration des profits, source de conservatisme social, donc la nécessité d'une certaine régulation pour faire que la liberté des uns puisse s'arrêter là où commence celle des autres. Autrement dit, il réaffirme que liberté et égalité sont liées et non opposées, d'ou la nécessité d'une régulation garantissant les libertés individuelles. Ce faisant il replace le socialisme français dans l'héritage idéologique des Lumières et de la Révolution française. Mais en même temps, il se différencie de « la gauche de la gauche ». Depuis sa campagne contre le TCE, celle-ci avait préempté le mot libéral comme un fétiche repoussoir, permettant de fédérer contre ce mot toutes les contestations, toutes les protestations. En assumant le libéralisme politique, il se pose donc en s'opposant, au risque de ne pas plaire à tout le monde.
Le corollaire de cette posture est qu'il fait un pari politique risqué : il s'agit pour lui de donner des gages à un électorat, celui qui s'est porté sur François Bayrou en 2007. Pour résumer en quelques mots : mieux vaut, pour lui, parler à l'électorat de François Bayrou qu'à François Bayrou lui même. Par ailleurs, il fait le pari qu'en captant des électeurs du MoDem, il serait présent au second tour de l'élection présidentielle, et que mécaniquement les reports des candidats de gauche se feraient par le jeu de la « discipline républicaine ».
Il affirme ainsi une différence majeure de stratégie politique par rapport à Ségolène Royal : il est donc temps de casser un commentaire trop souvent ressassé : il n'y aurait pas de différence idéologique entre Delanoë et Royal, ce serait de là que viendrait tout le mal. La discussion sous le dernier post du blog d'Eric Dupin est particulièrement éclairante. En effet, on y découvre que les « grands congrès socialistes » se sont tous construits, moins sur des sujets de fonds que sur des stratégies pour arriver au pouvoir. Autrement dit : comment faire pour gagner et avec qui ? L'acte que pose Bertrand Delanoë n'est donc pas un geste de basse cuisine partisane, mais un acte politique fort qui annonce une volonté stratégique lourde.
Il ne fait donc pas de doute qu'il est en marche vers une candidature à la tête du parti socialiste et pour l'emmener, selon sa stratégie, vers l'élection de 2012. On dit que ses partisans se retrouveront samedi prochain à la Mutualité pour mettre en place (et en scène) cette dynamique. Toute la question est de savoir, dans l'hypothèse où il gagnerait contre Ségolène Royal, si les électeurs qui ont voté Bayrou en 2007, « nouveaux convertis au MoDem », seront en mesure soit de faire marche arrière (s'ils sont d'anciens électeurs socialistes), soit d'être séduits au point de préférer voter Delanoë plutôt que Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle. Rien n'est moins sûr. Un autre problème, de taille, se pose à lui : comment assumer ce tournant idéologique (en réalité ancien au PS, mais nouvellement assumé), sans perdre MM. Mélenchon, Hamon, Emmanuelli et les militants qui vont avec ? Une rupture idéologique et militante peut aussi devenir un gouffre électoral infranchissable.
Cet aspect là le différencie aussi beaucoup de la vision du parti socialiste que développe Ségolène Royal. Elle souhaite un parti plus nombreux en militant, donc sur une base idéologique plus large et plus diverse, Bertrand Delanoë fait lui le pari d'un « parti épuré », mais plus cohérent. Décidément, à bien y réfléchir, il y a de réelles différences entre ces deux approches !
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De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 23H38 | 21/05/2008 |
En tant que parisien , j » attends toujours les « Autolib » qu » il nous a promis pour jouer aux autos tamponneuses..
à Numerosix
De A.V.
tamagotchi89 | 08H10 | 22/05/2008 |
Le projet a été rebaptisé « Caddielib » et attend la fin de la transformation du parc André-Citroën en parcours 18 trous.
à A.V.
De déluge
menuisier | 13H36 | 22/05/2008 |
Lagardère est sur le coup ? Comme pour le Racing ?
Delanoë et lui s'entendent très bien.
J'ai vraiment de plus en plus de mal à retenir ma hargne face aux dirigeants socialistes.
Tout du moins ceux qui briguent en ce moment sa direction, avec 2012 en perspective.
2002-2012 : En quoi le PS aura réfléchi sur ses idées et ses valeurs sous la déferlante dérégulatrice ?
Dix années de misère sociale, de regression, de rabotage de nos droits, dix années de massacre de la Sécu, de l'éducation, dix années de stygmatisation des pauvres, des chomeurs profiteurs.
Et dix années de silence et de médiocrité programatique du PS.
Et les voilà, la bouche en coeur, toujours le même costume et les mêmes invocations creuses.
Mon dieu, on va réintroduire le libéralisme au sens des Lumières !
Nul doute que Duhamel nous en fasse une chronique brillante dans Libé !
Du reste ce livre est fait pour ça. Pour « exister » médiatiquement.
On en parle même sur Rue 89, c'est dire si ça marche.
à déluge
De A.V.
tamagotchi89 | 15H08 | 22/05/2008 |
Salut Déluge,
Après Paris-Plage, tout est possible…
Le débat d'idées au P.S. ressemble au repas dans une meute. Les dominants avalent les meilleurs morceaux et refilent l'os à ronger aux autres. Martine Aubry à Dimanche + sur Canal, c'était pas mal non plus dans le genre « j'ai revisité les tables de la loi ». Un vrai message pré-enregistré qui tournait en boucle.
Ça nous promet un débat passionnant. J'en baille d'avance.
à A.V.
De déluge
menuisier | 18H03 | 22/05/2008 |
Hy AV
Il y a vraiment de quoi se les ronger hein ?
à déluge
De A.V.
tamagotchi89 | 20H20 | 22/05/2008 |
C'est Wolinski, je crois, qui avait proposé d'instituer la fessée publique aux politiques en cas d'échec du gouvernement. C'était pas bête, ça voulait juste dire qu'il est sain de subir les conséquences de ses propres erreurs. Le problème des socialos et des autres, c'est qu'ils ne subissent rien et n'apprennent rien. A chaque fois, c'est pour notre poire.
à A.V.
De déluge
menuisier | 07H23 | 23/05/2008 |
Gagner les régionales, éviter la déculoté aux législatives et engranger un bon succès aux municipales suffit à leur bohneur de notable, faut croire..
à Numerosix
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 07H20 | 23/05/2008 |
Décidément on peut plaisanter sur tout et n » importe qui sans être replié , sur Rue89 sauf avec Ségolene Royale ET Delanoé …
Vivement des sujets sur Martine Aubry, Fabius et les autres pour continuer ce test amusant avec les militants socialistes crispés ..
Quand je pense que je vote systématiquement socialiste ( au moins au deuxième tour et y compris pour Ségolene et Delanoé ) depuis 1974 …
Le Parti socialiste mange ses sympathisants . Je le note .
à Numerosix
De A.V.
tamagotchi89 | 09H12 | 23/05/2008 |
Robert Altman disait : « je fais mon métier sérieusement sans me prendre au sérieux ». Il y en a qui laissent trois lignes de commentaire en pensant refaire le monde…
à A.V.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H42 | 23/05/2008 |
Bah . la mégalo, c'est rigolo , sur le net .
De baroxo
Brosseur de tapis carrés | 23H59 | 21/05/2008 |
Libéralement Royal Delanoë !
De Luca
là | 00H21 | 22/05/2008 |
« Libéralisme politique et libéralisme économique sont les 2 faces d'une même pièce. Jamais l'un sans l'autre. »
C'est totalement faux et le meilleur exemple en est donné par les Tories anglais de l'époque Thatcher (ont-ils changés depuis ? )qui pratiquaient un néo-libéralisme économique débridé et menaient une politique conservatrice sur le plan social et politique (répressions terribles sur les grévistes etc). Je dirais donc qu'en certains cas le libéralisme économique et politique sont même opposés.
à Luca
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 10H55 | 22/05/2008 |
bien sur. Certains auteurs font une distinction entre le libéralisme sur le plan des moeurs (soit progressiste soit conservateur) et le libérlaisme sur le plan économique. Ainsi l'ump serait libéral au niveau économique (et encore, ca dépend du rapprot de force des courants, parce que Guaino, Sarko, st our l'instan jacobins) mais conservateur sur le plan des moeurs. le modem libéral sur les deux plans, le ps sur le plan des valeurs serait progressiste mais au nievau économique plutot conservateur.
« répression terrible sur les grévistes ». De la a dire quils ne sont pas libéraux politiquement, pour les partis modérés cest un peu carricatural. D'autant que dun exemple on ne tire pas loi. Quelle est cette répression au juste ? Et puis des « répressions » (mot mal employé a mon avis, trop connoté), il y e n a eu des belles sous la gauche (ce que les médias ont honteusement appelé carricaturalement « la marche des beurs »), et bien avant aussi.
De The@R@DO
Etudiant | 01H03 | 22/05/2008 |
Un pas de plus vers la reconnaissance de la nécessité d'un virage plus moderne. Notre gauche a bien besoin d'être dépoussiérée, et de telles initiatives, tout en restant confinées « au combat des chefs », sont les bienvenues pour dissiper les craintes sur cet ex-parti fantôme.
De JM Leforestier
étudiant en école de journalisme à ... | 01H23 | 22/05/2008 |
Je partage aisément votre conclusion Monsieur Roy. Ce recentrage assumé par Delanoë peut provoquer une fracture au sein du PS. Messieurs Filoche et Mélenchon, entre autres, risquent d'être ainsi contraints à la scission.
Ce faisant, Delanoë prend le parti de favoriser la création d'un « Die Linke » à la française. Comme les élections régionales allemandes l'ont récemment montré, cela contraindrait à court terme le PS à choisir entre le centre-droit et la gauche de la gauche pour gouverner.
Face à cette alternative, le maire de Paris choisirait vraisemblablement le premier et cela annoncerait un virage historique : la rupture avec la logique d'Epinay et même avec l'héritage de Mitterrand.
En effet, le congrès de 71, l'intégration du PSU et la direction respectueuse des différents courants qui en a découlé soulignaient la volonté d'union de la gauche de Mitterrand manifestée plus tard par le programme commun.
Dans cette perspective, on peut penser que Delanoë opte pour une voie « espagnole », celle-là même qui avait conduit Felipe Gonzalez à la fin des années 70 à imposer un recentrage du PSOE quitte à perdre l'aile gauche du parti.
Une dfférence majeure tout de même : Gonzalez était lui incontestable et incontesté dans son parti…
à JM Leforestier
De baroxo
Brosseur de tapis carrés | 02H17 | 22/05/2008 |
@ JM Leforestier
Euh… Le centre droit n'est-il pas avec l'UMP le NC ? Le centre gauche alors ? Comme Ségo ? Franchement entre les 2 à part un Jospiniste et une Mitérandienne je ne vois pour l'instant pas d'autre différence…
à baroxo
De Jean-Philippe Roy
(auteur)
Politologue | 08H58 | 22/05/2008 |
Chers amis,
Au delà de ces subtilités, il y a surtout une réalité de type arithmétique. La gauche (dans son ensemble) est historiquement minoritaire en France et ce, depuis 1958. Si l'on prend, en effet le potentiel des candidats de gauche de premier tour aux différentes élections présidentielles depuis 1958, on obtient une fourchette qui varie entre 45 et 48% dans les années qui ont porté Mitterrand au pouvoir et jusqu'à sa réélection. Depuis, le potentiel de gauche s'affaiblit. Il faut bien le dire, Le Pen a affaibli le potentiel de droite, permettant l'alternance (en cas de Présidentielle ou d'élection législative) jusqu'en 2007. Le problème du PS est donc le suivant : comment redevenir concurrentiel face à la droite en potentiel électoral.
Ce qui semble se dessiner avec Delanoë est très risqué, car miser sur le report de « la gauche de la gauche » après s'être affirmé contre elle n'est pas certain. Par ailleurs, miser sur un affaiblissement du potentiel Bayrou est aussi très risqué. Car s'il y a une chose qui est sûre, c'est que Bayrou sera candidat en 2012 !
Donc voila, à force de fermer toutes les portes il est possible de se retrouver dans une impasse.
à Jean-Philippe Roy
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 11H04 | 22/05/2008 |
oui mais il faut que le PS nevoie a l'opinion un signal fort, un signal montrant quil se dote dun chef, duneligne assumée, bref dun leader charismatique. Rompre avec Epinay est une tres bonne chose. Mitterrand a plongé la gauche ds la merde pdt un paquet d'année pour arriver au pouvoir…Il a tué un Rocard qui aurait pu faire de bonnes choses… Bref il faut un grand leader. Et miser sur le repport de l'extreme gauche en 2012 me parait bon car contre Sarko, avec le souvenir de 2002 et de 2007 je parie sur un bon report. De plus delanoe ou Royal sil sont chef incontestés du parti, auront bcp moins de mal quen 2007 a plaire aux électeurs indécis oscillan entre centre gauche et droite. Si le programme économique fait mouche et n'est pas une synthese des coureants (fabius avait imposé le smic a 1500 je crois, avec a coté, une critique des 35h, BRAVO LA LISIBILITÉ ! ! ! ! ), cette stratégie me parait meme tres bonne. Bien meilleure que celle de retourner bien a gauche, suciter espoir, arriver aux désillusions, et recommencer un nouveau 1981 ! ! !
à JM Leforestier
De Unstern
11H07 | 22/05/2008 |
@ JM Leforestier
Suis plutôt d'accord avec votre analyse. Cela dit, une scission du PS me semble à tout prendre moins grave que l'hibernation actuelle de ce parti, sous la houlette de l'impayable Hollande. Nous verrons bien, dans quelques mois, s'il s'agissait simplement d'un profond sommeil ou bien d'un coma dépassé.
Quant à l'héritage de Mitterrand, je ne crois vraiment pas que l'on doive en faire une religion. Grâce à son génie de la manœuvre, des alliances purement tactiques et des compromis passagers, Mitterrand a su à Epinay repeindre d'une seule couleur un parti qui restait en fait profondément divisé et ne s'entendait au fond vraiment que sur une seule chose : la volonté de revenir aux affaires.
Résultat des courses : en 1981, on a assisté à une surenchère insensée (Rappelez-vous la phrase d'André Laignel à la droite : « Vous avez politiquement tort parce que vous êtes minoritaires ». Il se prenait pour Robespierre en 1793, ou pour Lénine en 1917 ? ). Ruineuses nationalisations à 100 % (quand une prise de contrôle à 55 % aurait suffi), mesures démagogiques, etc. Le dénouement était inévitable : à partir de 1983 et du « tournant de la rigueur », la gauche a fait la politique de la droite « modérée », dopant la Bourse, donnant le coup d'envoi à 25 ans de spéculation immobilière, et se mettant à plat ventre devant l'argent roi.
Mitterrand s'en foutait, au fond : son unique objectif était de rester au pouvoir, lui et son cancer. Personnellement, j'ai toujours regretté que Rocard n'ait pas été élu à sa place. On aurait quand même eu les principales réformes du mitterrandisme (abolition de la peine de mort, prix unique du livre, etc.), moins le ballet immonde des courtisans, et avec en plus un véritable effort de gestion et d'adaptation de l'économie (de marché) aux priorités sociales.
L'héritage de Mitterrand, on s'en fout un peu. Celui de Mendès-France me paraît autrement important. Espérons qu'elle est là, la ligne politique de Delanoë…
à Unstern
De JC_le vrai
12H22 | 22/05/2008 |
Bien vu !
à Unstern
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 13H04 | 22/05/2008 |
Tout a fait d'accord
à Unstern
De JM Leforestier
étudiant en école de journalisme à ... | 10H19 | 28/05/2008 |
Une analyse assez pertinente !
Elle ressemble ailleurs (n'y voyez là aucune accusation) à une tribune de Laurent Joffrin parue dans libération où il évoque - en conclusion - un parti socialiste qui préfère Mendès à Mitterrand…
http://www.liberation.fr/rebonds/326520.FR.php
De Perjovem
Antiquus facturum à Divodorum | 02H18 | 22/05/2008 |
//comment assumer ce tournant idéologique (en réalité ancien au PS, mais nouvellement assumé), sans perdre MM. Mélenchon, Hamon, Emmanuelli//
Mélenchon, il est dans le TSSR (tout sauf Ségolène Royal),souvenez vous qu'après les dernières présidentielles, il avait offert ses service à Dominique Strauss-Kahn, et donc acceptera de bouffer des couleuvres pour dégommer Royal. Certain que ça ne le dérangera pas le gaucho-poteau des alters que Delanoë soit ami de Arnaud Lagardère, si c'est pour battre Bécassine.
Hamon, lui il veut la continuité, garder le PS comme avant avec ses courants, ses écuries, ses lieutenants flingueurs (j'ai bien aimé le Razzie Ham(on)madi de Marianne ou du Canard)
Emmanuelli, ben c'est le maître d'Hamon et la vielle école PS, il ne dépareillerait pas sur la photo entre Estier, Jospin, Delanoë, Vaillant.
Et ce beau monde a un grand point commun : pour eux un militant ça doit les écouter béatement, voter pour eux, et fermer sa gueule…
Alors Royal qui arrive en voulant donner la parole aux militants tout en interdisant : les critiques de la personne (ces petites phrases assassines), et le cumul des mandats.
Pfouf ! de Mélenchon au libéral Delanoë en passant par les caïds MJS, Aubry et autre DSK : Sûr qu'ils vont pactiser pour niquer Royal… Avant de se foutre sur la tronche dans 4 ans, juste avant la présidentielle de 2012 !
Perjo
De kebra
Bisounours killa | 02H50 | 22/05/2008 |
Je n'aime pas Bertrand Delanoë, de nombreux différents nous séparent depuis qu'il a fait conspuer son propre parti dans les manifs NRJ et qu'il a tué l'esprit des radios libres jusqu'à son soutien à l'immonde Pascal Sevran. Mais je constate de grandes améliorations. Rien que son recadrage sur Delon, en pleine vomissure de haine devant l'enterrement de l'infâme, n'étais pas parfait mais a existé.
D'après vous, il affirme aujourd'hui être liberal, j'écris volontairement e sans accent, à l'Américaine. La-bas, c'est presque se déclarer comme gauchiste abolitionniste. D'un coté, il est un peu obligé vu son parcours personnel. D'autre part, il sent bien un ras le bol du sécuritaire et de la tolérance zéro, Sarko c'est trop. Le retour des libertés individuelles piétinées par Perben et Dati sera un des enjeux du duel contre NAN. C'est très malin.
Une ligne anti-capitaliste peut très bien être libérale, ce n'est pas antinomique. C'est l'association du néo-ultra libéralisme des cartels financiers, maffieux ou industriels et du néo-conservatisme moral qu'il faut détruire. Pas le libéralisme bien compris surtout en matière de vie privée au sens large. J'espère que quelqu'un d'intelligent comme Benoît Hamon le comprendra aisément. Henri, c'est le passé et la Meluche n'a jamais été l'avenir.
J'allais louper le meilleur… Je n'avais pas lu le titre. De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace. Bertrand Delanoë se prend pour Danton. Il a toujours été gonflé à bloc mais là il va s'envoler. Est-ce que quelqu'un a pensé à attacher une ficelle pour le ramener ?
Alors, Abrogation des lois Perben, Dati, Sarkozy en bloc, c'est trop pervers à décortiquer, et rénovation des prisons et du statut des prisonniers. Nationalisation des autoroutes pour créer un fond souverain d'aide à la décroissance soutenable et régie municipale de l'eau et quand les moyens d'autoproduction le permettent de l'énergie. Réglementation contrôlée des drogues, de la prostitution et du suicide assisté. Chiche Bertrand ?
à kebra
De Alain Pacifique
03H07 | 22/05/2008 |
salut kebra,
c'est bien toi « le zonard des etoiles “ ?
si oui, tu reves trop ,…. dans les etoiles. quand j'ai lu ton dernier paragraphe, je me suis dit : oouulaa ! il y va fort le kebra ! ! t'imagines que c'est avec ce genre de propositions que delanoe va courtiser le centre ( de gauche ou de droite ) ? avec ca , il va recuperer surtout les gens de gauche ( je veux dire de gauche gauche ) en tous cas, tout a fait d'accord avec toi .
PS : je cherche encore pour qui je voterai a gauche a l'avenir
à Alain Pacifique
De kebra
Bisounours killa | 18H58 | 22/05/2008 |
Salut Alain,
En ce moment, c'est plutôt Kebra chope les boules dans la zone internumérique. Certains commentaires m'effarent et me crispent. Mais j'aime à nouveau l'odeur du clavier en surchauffe et les petites nuits de sommeil. Sur Rue 89, je suis servi.
Merci pour ton approbation et ton analyse. Je dérivais volontiers du libéralisme à la française ou du néo-libéralisme mondialisé pour retrouver l'essence du libéralisme, le combat progressiste contre le conservatisme économique et social. Rien à voir avec la défense du capitalisme financier. Le ton de l'article laisse supposer que Delanoë veut retrouver cet esprit, je m'en félicite, c'est mieux que la social-démocratie à paillettes qui lui sert de fond de commerce habituel.
Pour oser la référence à Danton, il faut vraiment être un grand briseur de tabous et dépasser les courants classiques de la politique française. Danton était un grand navigateur en eaux troubles, il est passé par presque toutes les tendances de la révolution pour sauver sa tête et poursuivre sa progression vers la gloire et son enrichissement personnel. C'était le prototype des rockstars de la politique qui envahissent nos écrans. Un opportuniste corrompu, bon tribun et agitateur hors-pairs, cela ne vous rappelle rien ? Vous en voulez encore ` ?
Oui, je le crains, les Français aiment bien le genre, les média adoooorent, la machine à endormir tourne à plein régime. Alors, je propose à Bertrand un programme transgenre très audacieux, je devrais rajouter quelques sussucres et quelques nonos pour les centristes de gauche et les centristes de droite, t'as raison Alain mais j'ai du mal, ils se gavent depuis trop longtemps. Amitiés Riveraines.
à kebra
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 13H19 | 22/05/2008 |
- je n'aime pas parce que…On se croirait ds les émissions politiques de consommation ou les spectateurs jaugent de ce quest un bon homme politique a ce quil peut faire pour leur petit nombril. Ca n'est pas ma conception de la politique. Si Delanoe me refuse un autographe, je ne me dirai pas « je vote pas pour toi ».
- « néo ultra libéralisme ». Ce n'est pas encore asez. Je préfère « satanique démoniacus mother fucker libéralisme ». C'est encore mieux…
-nationalisation des autorautes. Ds un monde utopique pourquoi pas…Mais croyez vous quapres les avoir vendu (a un prix bradé d'ailleurs cf le canard enchainé), ils vont les racheter a un prix décuplé avec largent public ? ? ? ?
- Voyez, vous votez a la carte : je vote pour toi si tu dépénalise le shit et les putes(a le red light disctrict d'amsterdam je t'aime….), et que tu fais ce que je veux….D'autre part, évidemment que les cas Sébire et autres sont dramatiques. Mais sachez que vous réagissez comme ceux qui s'alarment en voyant je Jité et l'insécurité. La loi actuelle couvre plus de 99% des cas, une loi ne peut courir l'étendue de tous les cas. Et de ces cas malhueureux et médiatiséés, vous oulez, encore, une nouvelle avalanche de loi couteuses, ce qui est tres frcais, des lois pourtant et on y voit plus rien. Plutot que de faire une énième loi, ne suffit il pas d'aménager celle qui existe ? ? ?
à Jess Feuillie
De kebra
Bisounours killa | 20H14 | 22/05/2008 |
Vous aimez bien moucher tout ce qui bouge et je m'agite pas mal ces jours. C'est mon tour.
Je précise d'emblée que je ne suis pas un supporter de Delanoë car j'interviens rarement à son sujet et que je ne cache pas mes opinions avant de critiquer quelqu'un, j'explique le background. Pour Delanoë, c'est une histoire d'intérêt personnel et de copinages qui l'a poussé à organiser les manifs NRJ où la jeunesse défilait pour conspuer le gouvernement socialiste et exiger de la merde sur la bande FM. S'il n'avait pas été membre de la bande à Dalida, il aurait été exterminé au PS. En quoi mon nombril est-il concerné ? J'étais au parti à cette époque comme des centaines de milliers d'autres et j'étais un obscur animateur des ondes parisiennes comme des milliers d'autres en France.
J'étais contre les JO à Paris, il faut dissoudre ce ramassis de néocons qui siège au CIO et virer les marchands du temple. J'ai trouvé la campagne de promo, la présentation et le film de Besson archi-nuls, Deux mots d'anglais pour convaincre le monde, quel pédant, quelle suffisance et quel manque de fair-play face à l'échec, vous avez dit esprit olympique ? Mais je ne suis plus parisien, je ne paye pas la facture de cette pitrerie.
Je n'accepte pas la présence de squatters tradis et identitaires à saint Nicolas du Chardonay, une église désacralisé et propriété de la Mairie de Paris depuis des décennies alors que presque tous les squatts gauchos, artistiques, sans-papiers, toxicos, sans-toit… sont vidés en moins d'un an. Mais je ne squatte plus en France et je me suis suffisamment défoulé sur les abrutis de saint Nicolas pour ne pas ressentir de frustration personnelle.
Je n'accepte pas la place Jean-Paul II dans une ville socialiste dirigée par un gay, même ancien petit chanteur à la croix de bois. C'est une insulte aux millions de morts du SIDA, pour le coup, c'est personnel, j'ai beaucoup d'amis de plusieurs continents décédés du temps de l'ennemi de la capote.
J'ai encore bien des raisons de ne pas aimer Delanoë mais mon intention de départ était d'en dire du bien, pour une fois, votre intervention est donc contre-productive.
Néo et ultra cohabitent car j'hésitais sur le terme et j'ai oublié d'en effacer un avant d'éditer. Mais il n'est pas si tordu que cela, il reflète les différentes transformations de la doctrine libérale que je trouve intéressante et dont il est question dans cet article au Grand Domaine qui pille le monde actuellement.
Les autoroutes ont été volées au peuple français, il n'est pas question de les nationaliser au prix du marché mais au prix de cession plus les intérêts bancaires moyens sur la période. Sinon, commissions d'enquête sur les conditions d'attributions, mis en évidence des ententes pour la sous-évaluation et de la corruption, annulation de la vente et condamnation des responsables. Je propose un deal win-win, c'est mieux. L'idée n'est pas de moi mais d'Oncle Bernard, un économiste autrement mieux formé que vous sur ces questions.
Je parle de toutes les drogues et pas du shit. Je n'ai pas besoin de la permission de la loi pour consommer, le problème est plus socio-sanitaire que personnel et vous pouvez me croire, je suis un des experts pour la politique des drogues du PS, vous savez le parti de Bertrand et Bécassine. Et je suis pour le modèle de Cannabis Social Club pas pour la zone grise des coffeeshops hollandais.
Le quartier rouge d'Amsterdam n'est pas le meilleur exemple de réglementation de la prostitution, pas de transparence sur les propriétaires, pas assez d'assistance socio-sanitaire, une prostitution surtout pour hétéro, des maques, des dealers de produits frelatés. Non, il est possible de faire bien mieux pour endiguer le flot d'escorts sur Internet et de désespérés sur les trottoirs français.
Et je n'ai pas attendu les exemples récents pour militer pour une fin de vie digne, j'ai rencontré la souffrance et la mort il y a déjà bien longtemps. Sachez aussi que je ne regarde plus la télévision depuis au moins cinq ans.
Enfin, je propose d'abroger un gros paquet de lois Dati, Perben, Sarkozy, Marthe Richard, loi de 70 et d'adapter des lois existantes pour les taulards. Je parle de réglementations pour les drogues, la prostitution et le suicide assisté, pas de loi.
Pour conclure ce long post, l'attaque était dense, je vous conseille vivement la lecture des ouvrages, textes, discours, motions… de Jean-Marie…Bockel. Avec votre art déjà développé du brossage de pompe, vous devriez facilement prendre du grade dans cette petite structure de gauche mais de droite, comme vous.
à kebra
De Jess Feuillie
liberté et vérité | 03H46 | 23/05/2008 |
Je ne vois pas en quoi, memem avec votre argumentation, delanoe nest pas bon. LOrsque on choisit un candidat il y a toujours des points négaitfs et daiytres positiffs. Que croyez vous ? La police, cest une constante de l'histoire depuis au moins les grecs, est aussi faite de politique politicienne. Delanoe reste un type ouvert sur le plan des moeurs, libéral sur le plan économique, charismatique, il peut peut etre devenir une force pour le PS. L'afffaiblir tt de suite, comme royal lannée deniere cest recommerncer a préparer la défaite de la gauche. Attendons, avant de condamner, d'autant que vs le faites uniquement sur des choses en rappor, quasiment, a ce que vous percevez de lui subjectivement. Vs ne lr jugez quaismenet pas comme politique expert, hormis que lques petits trucs pour les squatts et les JO. Cela ne me parait pas convaincant.
à Jess Feuillie
De kebra
Bisounours killa | 11H12 | 23/05/2008 |
Pour la vue, de bonnes lunettes devraient suffire. Pour la compréhension du texte et la clarté du raisonnement, je crains que le travail ne soit long et ardu, courage Jess…
Libre à vous d'aimer la police et la politique politicienne, libre à vous d'aimer les divas de la politique. Libre à vous d'aimer les gens qui jouent perso, libre à vous d'aimer les boulettes de gros calibre. Libre à vous d'aimer les gens sans conscience, les idéologies flottantes, les petits arrangements entre amis comme avec Lagardère. Mais si vous aimez tant cela, qu'est ce qui vous déplait chez Sarko notre Leader Minimo ? Bécassine et Tramber, entre la peste et le choléra, je ne choisis pas, je lutte contre.
Delanoë est entré en politique en 1971, il y a 37 ans, il sera donc âgé de 62 ans et aura 41 ans de carrière en 2012, l'age d'une retraite bien méritée. Royal est entrée en politique en 1978, il y a 30 ans, elle sera âgée de 59 ans et aura 39 ans de carrière en 2012, l'age de la retraite dans le programme socialiste. Les seniors parfaitement lucide et actif ne trouvent pas de travail après 50 ans, je me souviens des galères de ma mère et ses copines. Ils sont jugés trop réactionnaire, plus assez vifs, créatifs, réactifs… Ils ont tous les défauts, ils ne sont plus compétitifs dans une économie mondialisée. Mais les politiciens pros, c'est autre chose, il faut être vieux pour avoir une vision d'avenir pour notre nation. Foutaise !
Les vieux votent pour des vieux qui appliquent une politique de vieux : Après moi, le déluge ! Les Sénateurs qui ont voté pour la loi sur les OGM seront tous crevés quand la Biodiversité aura disparu de notre pays par leur faute. Les plus jeunes, soit-disant de gauche, ont préféré ne pas participer au vote. C'est la grande spécialité de David Assouline, le conseiller de Ségo, il faisait sans arrêt le coup dans les AG étudiantes. Je suis contre mais je ne prends pas le risque de perdre le vote, NPPV, la formule magique des pleutres.
Pour conclure, je republie mon commentaire que vous n'avez certainement pas lu sur Ramzi Ham(on)madi, si je dois faire de la politique politicienne, je mise sur les chevaux légers du troisième millénaires, pas sur les troisièmes couteaux de l'écurie Mitterrand.
Qui est le plus jeune éléphant du PS ? Je crois que c'est Ramzi Hammadi, il sera parfait pour 2012.
C'est un tribun, il manie bien la brosse sur les militants et les réseaux utiles, il est encore de l'aile pas trop à droite du PS, il n'est pas nul avec les média, il ne déjante pas trop souvent.
Pour parler des points minorités visibles, il est encore jeune, issu de l'immigration, certainement musulman, abolitionniste sur les drogues, il ne manque plus qu'un coming-out bisexuel et il est au top. J'en fait mon favori. Ramzi, c'est notre Barak à nous.
Sinon, on pourrait aussi préparer un programme commun de gouvernement, le négocier avec les autres partenaires qui veulent gouverner puis faire une primaire pour désigner le candidat qui ira le défendre auprès des Français. Et si les politiques n'ont pas d'idées, ils peuvent redonner la parole au peuple en organisant des Etats Généraux qui élisent des représentants pour porter leurs doléances à une assemblée constituante de la 6ème république.
Enfin, n'importe quoi plutôt que le combat de momies égocentristes issues d'un autre millénaire. La bande à Mimi l'amoroso qui n'en fini plus de se fritter pour coiffer la couronne du commandeur, ce n'est pas mon désir d'avenir.