
Comment François Bayrou tente d'étouffer le PS

Charmer l'électeur de gauche, étouffer l'appareil socialiste, mais lentement, sans qu'il s'en rende compte, tel semble être, de plus en plus clairement, l'objectif que se donne le leader du MoDem. Après la réunion qu'il a organisée dimanche à Paris, pour lancer sa campagne des européennes, on devine mieux encore le piège stratégique que François Bayrou tend presque ouvertement au parti de François Hollande.
En fin politique, il saisit la perspective que constituent les élections européennes de 2009 pour réussir une synthèse qui semble impossible au PS entre ceux qui ont opté pour le non et ceux qui ont voté oui au projet de Traité constitutionnel européen. En effet, nul ne peut contester l'europhilie naturelle du MoDem, héritier de la vieille famille démocrate chrétienne française dont Jean Monnet et Robert Schumann sont les symboles.
Mais, depuis 2002, et le désaccord fondateur avec Jacques Chirac sur la création de l'UMP, François Bayrou a décidé de s'opposer. Ainsi, Nicolas Sarkozy, élu Président, est devenu l'arme paradoxale du béarnais. Si l'on analyse le registre des critiques portées contre l'UMP et contre Nicolas Sarkozy, on découvre alors un « bayrouïsme » fort républicain, d'un rigorisme presque montagnard, alors qu'on s'attendrait plutôt à entendre une tonalité girondine.
Eva Joly en candidate MoDem aux européennes ?
Les résultats électoraux, et plus encore la « géosociologie » du vote Bayrou en 2002 et en 2007, suscitent une hypothèse possible : là où François Bayrou fait de bons scores en 2007, notamment dans les cadres urbains, tout se passe comme si une partie de la remarquable croissance de ses résultats était due à un transfert des électeurs qui ont voté Jean-Pierre Chevènement en 2002.
Le rappel des valeurs de la République, l'explication, presque pédagogique, que le président du MoDem fait de la laïcité, l'appel à la relance d'une Europe sociale, apparaissent comme des gages propres à fidéliser un électorat chevènementiste, voire à récupérer une part de l'électorat socialiste que Laurent Fabius ne put réussir à incarner en 2006. A ce titre, la présence d'Eva Joly ce week-end et l'annonce de son soutien, voire de sa candidature aux européennes, enfonce le clou.
Cette hypothèse peut aussi se confirmer au regard des élections municipales, notamment en ce qui concerne certaines candidatures. Prenons par exemple le cas de Blois dans le Loir-et-Cher. Voici une ville où le MoDem réalise un peu plus de 16% des suffrages exprimés au premier tour. La liste MoDem était emmenée par Jean-François Mortelette, avocat blésois bien connu, ancien chevènementiste et fils d'un député Ceres élu lors de la « vague rose » de 1981.
Bayrou dans une stratégie d'investissement à moyen terme
Comment se fait-il que le MoDem ne se soit pas maintenu au second tour ? La réponse est simple : il s'agissait de battre, à coup sûr, Nicolas Perruchot, le député-maire sortant, ex-bayrouïste, rallié à Nicolas Sarkozy au deuxième tour de l'élection présidentielle et membre du Nouveau Centre. Ce retrait illustre toutes les potentialités stratégiques qui s'offrent au MoDem. En effet, formellement, il ne fait rien contre le maire sortant de droite, mais son électorat étant en grande part issu de la gauche, il vient conforter le socialiste Marc Gricourt et ainsi ramener la ville dirigée jadis par Jack Lang dans le giron socialiste.
Face à un Président et à des leaders socialistes qui semblent souvent gouvernés par la conjoncture, François Bayrou semble au contraire dans une stratégie d'investissement à moyen terme. Il trace sa voie entre une UMP affolée qui envisage de changer le mode de scrutin européen en catastrophe et un PS en proie à sa crise de leadership au point d'avoir peur du prochain Congrès de Reims.
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De ApollonduRéverbère
11H29 | 10/06/2008 |
C'est ça votre stratégie d'étouffement ? mdr
Il lui faudra d'autres opportunités pour venir à bout du PS, vieille matrice soutenue par ses sympathisants et ses militants contre lesquels Bayrou s'est échoué. Continuez à rêver, Bayrou, Besancenot et consorts ne sont que des guignols dont l'électorat s'amuse pour faire entendre une autre musique aux bipolaires politiciens.
De Francois Toulouse
11H37 | 10/06/2008 |
Pour l'instant, il faudrait mieux pour lui trouver une stratégie pour sortir du placard
à Francois Toulouse
De Ludivine van de Spock
journaliste scientifique vulcano-be... | 12H50 | 10/06/2008 |
En effet : -) On n'a pas l'impression que Bayrou soit vraiment en mesure de poser des pièges en ce moment, il joue plutôt sa survie politique.
à Ludivine van de Spock
De Grégory
13H16 | 10/06/2008 |
A la prochaine présidentielle, et s'il fait une bonne campagne, je pense au contraire qu'il aura une position très forte. Sarkozy aura une sacrée pente à remonter et cette fois ci il ne pourra pas jouer la stratégie Chirac de l'épouventail Lepen. Le PS est tranquillement sur la route de son auto sabordement depuis un moment et semble bien s'y plaire. Bref je trouve qu'il y a tout lieu de penser qu'on retrouvera les mêmes, avec un Bayroux renforcé. Et si cette fois il arrive au second tour, je ne vois pas contre qui il perd…
à Grégory
De pingouin_force_attak
alcoolique, drogué et dépravé | 15H13 | 10/06/2008 |
moi, j'espère que le nouvel UDF (appellé aussi modem) fera naufrage…
pour parler du PS, le sabordage est tout récent. ceux qui le saborde sont Ségo (surtout ! ) et Delanoë dans leur quête de pouvoir, les autres tentent de se regrouper autour de personnages où l'ambition est moins marquée (Aubry, Moscovici, etc…)
De Consumeriste
Cadre commercial | 11H41 | 10/06/2008 |
Bouhhh…
Du journalisme dinosaurien (avec fôtes de frappe à la pelle), où le commentaire se mélange à l'info, faute d'info et faute de commentaire.
Dommage, le sujet est intéréssant.
L'exemple de Blois dans le Loir-et-Cher par exemple.
Les gens de Blois sont il fous, idiots ?
Contrairement à Kouchner, ils n'ont rien obtenu.
Bayrou s'est détaché de la droite dès les années 90 et comme la droite est denue très à droite… et que le PS a gouverné à droite (les 35 heures sont l'arbre qui cache…) sous Rocard-Béré puis Jospin, Bayrou s'est mécaniquement retrouvé au centre-centre.
La théorie de la vraie gauche menacée par une droite masquée est donc entièrement bidon.
à Consumeriste
De Julien Martin
Rue89 | 11H49 | 10/06/2008 |
Il s'agit effectivement d'une analyse (mais étayée par des exemples). Regardez, elle est signée de Jean-Philippe Roy qui est politologue.
à Julien Martin
De Dan51
13H14 | 10/06/2008 |
Elle est signée de Jean-Philippe Roy qui est politologue.
Et alors, depuis plus de 40 ans j'entends des « politologues » raconter des inepties à longueur d'analyses… tout dépend…
à Julien Martin
De Ferdinand.Bardamu
14H58 | 10/06/2008 |
Tiens tiens…je me disais aussi…quand on parle de Bayrou (en mal), Julien Martin n'est pas bien loin… : -)
à Ferdinand.Bardamu
De Julien Martin
Rue89 | 15H26 | 10/06/2008 |
Je n'y suis absolument pour rien, désolé de vous contredire, mais à Rue89 les intervenants sont totalement libres. Ce n'est pas parce que nous publions des tribunes PS que nous sommes PS, idem pour les tribunes UMP… Et puis je crois que si vous cherchez une animosité (ou l'inverse) de ma part envers le MoDem, vous vous trompez également.
à Julien Martin
De Ferdinand.Bardamu
07H45 | 11/06/2008 |
Oui oui, les intervenants sont libres, mais on peut aussi les choisir en fonction de la couleur de leur discours. Dans ce cas, la règle du jeu est faussée, non pas à l'oral si je puis dire, mais à la présélection… : -)
Mais bon, je ne veux pas polémiquer. C'est juste que j'ai trouvé « logique » votre « participation » à cet article. : -)
Edition du 11/06/2008 : même la photo est déjà de la propagande.
De Consumeriste
Cadre commercial | 11H44 | 10/06/2008 |
Le transfert des électeurs qui ont voté Jean-Pierre Chevènement en 2002… c'est vrai pour une partie d'entre eux.
C'est un électorat attaché aux valeurs d'intégrité, de démocratie, au delà des questions économiques.
Dans une économie plus complexe, sophistiquée, la démocratie est devenue un sport difficile, exigeant, beaucoup plus utile qu'avant mais à condition de retrouver des pratiquants de bon niveau.
à Consumeriste
De Prolo du livre
12H21 | 10/06/2008 |
« un électorat attaché aux valeurs d'intégrité, de démocratie, au delà des questions économiques. » Chevènement et Bayrou ? ! Mouarf ! ! !
De abaxil
11H55 | 10/06/2008 |
Lorsque l'on se dit politologue on évite des fautes comme Schuman (ne prend pas deux n) et Nicolas (ne prend pas de t). Vous prenez un exemple bâtard pour démontrer votre thèse. Un exemple bien particulier, celui du traître Nicolas Perruchot. Vous prenez le score de 16 % comme une preive que ce sonty les chevenementistes qui feraient les scores de Bayrou. Ce qui est du complet n'importe quoi. D'une part le MoDem a fait une moyenne de près de 16 % dans toutes, oui toutes, les villes où il se présentait. Il a fait ailleurs des scores dépassant les 20 % sans avoir aucunement une tête de liste issue du courant de Chevènement. De plus les analyses du vote présidentiel contredisent vos affirmations. 40 % des voix venaient de la gauche, 40 de la droite et le reste du courant habituel centriste. De plus ce ne sont pas les microscopiques pour cent de Chevènement qui pourraient apporter la masse des voix de Bayrou. Enfin vous réduisez le combat européen de Bayrou et du Modem à un étouffement de la gauche. C'est tout simplement mesquin et faux. Le positionnement européen du Modem n'a strictement rien à voir à une sorte de tactique électorale. Relisez vos classiques et allez voir du côté de Marc Sangnier et plus loin encore de Lamennais ou Lacordaire, aux divers discours de Giscard, Lecanuet. En fait à tout ce discours du MRP au MoDem qui est le même. Le discours de Bayrou n'est absolument pas celui d'une génération spontanée, mais est le reflet d'un courant de pensée qui dit la même chose depuis Sangnier dans le 20 é siècle et dont la déclaration de 1950 de Robert Schuman en est une transcription. Schuman député MRP (parti précédant le CDS puis Force Démocrate puis la nouvelle UDF puis le MoDem), premier président du parlement européen, ancêtre direct du MoDem. Votre article est assez médiocre.Il parle de la forme erronée d'une stratégie électorale plutôt que de traiter du fond des discours des intervenants à cette convention.
à abaxil
De Jean-Philippe Roy
(auteur)
Politologue | 12H13 | 10/06/2008 |
Je respecte votre point de vue, à ceci près que l'intitulé du Modem (Mouvement Démocrate) fait référence au parti américain éponyme, ce qui a du sens aussi.
à Jean-Philippe Roy
De Dan51
13H17 | 10/06/2008 |
Où l'on voit vos oeillères et vos préjugés bien avant que vous commenciez votre « analyse »…
Des DEMOCRATES, il y en a dans le monde entier, fort heureusement.
Et devant l'échec patent du néoconservatisme qui ne voit que le fric, et le socialisme, théorie du XIXème siècle sans aucun avenir - car il a aussi montré ce qu'il sait faire depuis plus de 60 ans, on commence à les écouter, ces DEMOCRATES…
De Asse42
Royalais | 12H03 | 10/06/2008 |
Franchement cette analyse existe pour nous faire peur parce que personne ne croit que l'on finisse par se retrouver avec deux droites comme aux USA.
Que ce soit la stratégie de Bayrou, grand bien lui fasse, mais qu'il y arrive cela m'étonnerait beaucoup !
par contre il est évident qu'il faut à la tête du PS une figure populaire puissante capable d'être attractive et de renouer avec son électorat pour redynamiser ce PS. Si c'est le cas Bayrou sera circonscrit à ses 7% habituels digne d'être respectés.
En fait je souhaiterais que Bayrou parvienne à se maintenir aux alentours des 10% car je suis persuadé qu'on a besoin d'un centre fort et que celui-ci soit compatible avec la gauche. Bien sûr Bayrou est de droite, mais ses militants peuvent s'allier avec nous dans le futur pour gouverner ensemble. C'est avec eux que nous pourrons former un pacte républicain susceptible de gagner en 2012.
Alors respectons le Modem mais ne lui faisons pas de cadeau non plus ! C'est le juste milieu…
De kawouede
12H05 | 10/06/2008 |
De toute façon, l'Europe à Papa c'est fini qu'on le veuille ou non. J'étais pour le oui, mais il faut se faire une raison, c'est dans l'union de la gauche qu'on peut refaire une dynamique qui conduira à l'Europe sociale et écolo dont on a besoin.
Si le PS a un train de retard, Bayrou en a deux.
De efji
12H07 | 10/06/2008 |
On peut dire qu'ils l'auront bien cherché. Si le PS se retrouve étouffé entre Bayrou et Besancenot, il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même.
Montebourg a bien résumé la situation : « Sarkozy n'arrivera peut-être pas à diviser le PS, mais il n'est pas exclu que le PS y arrive tout seul ! »
De jissé
Ingé retraité | 12H11 | 10/06/2008 |
Bonjour.
C'est qui Bayrou ?
Ca y'est, me souviens, le mec pour qui j'avions voté au premier tour.
En « CDD », juste le temps de battre Sarko.
Contrat non rempli.
Jc
De Maxfrerot
12H13 | 10/06/2008 |
Fançois Bayrou ? Non, désolé, je ne vois pas…
à Maxfrerot
De pingouin_force_attak
alcoolique, drogué et dépravé | 19H18 | 10/06/2008 |
Mais si ! ! ! le type de droite qui prend les gens pour des cons en cherchant à se donner l'impression qu'il est une alternative à la gauche française ! tu vois maintenant ? : -)
à pingouin_force_attak
De pingouin_force_attak
alcoolique, drogué et dépravé | 10H50 | 11/06/2008 |
en même temps, la plupart des politiques prennent les gens pour des cons… alors…
De le pillier du 59
( pillier actif et gourmand) | 12H26 | 10/06/2008 |
Laissez moi vous conter l'histoire de l'hermite de la politique. Dans des temps fort lointain ou la démocratie était totale en France avant l'arrivé du Mini Roi un homme avait pour idée de s'opposer au souverain afin de sauver notre beau Pays.
Le verbe et la claque haute Notre preux chevalier parcourit la France dans son modeste carosse respectant l'environnement afin de rallier le peupleàa ses idées…
La suite est bien connu La bergére du Poitou et le preux chevalier Béard ont perdu et depuis on murmure que Bayrou le vaincu un faible temps courtisé erre sur ses terres droit dans ses bottes en rêvant d'une vie qui aurait pu être politique
PLeurons mes amis sur cette triste légende
à le pillier du 59
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 12H47 | 10/06/2008 |
..erre sur ses terres droit dans ses bottes..avec une noix de coco pour faire le bruitage de la calvacale du cheval comme dans Monty Python : Sacré Graal ..
à le pillier du 59
De Buzhidao
Carte de presse n°343-F (oui, je sa... | 17H01 | 10/06/2008 |
Pleurer ? il ne manquerait plus que ça !
Je n'ai jamais été centriste, et encore moins de droite, mais j'avais l'espoir que Bayrou amène des choses intéressantes à la droite, et que cela aurait pour résultat d'obliger la gauche à s'améliorer…
Il m'a déçu (et le Ps à peu près autant). Je suis sceptique quant à un grand retour…
De brazz
12H34 | 10/06/2008 |
François Bayrou n'existe pas, son action est un ectoplasme politique qui ne survit que par des coups de pub comme celui auquel vous adhérez dans cet article !
à brazz
De Dan51
13H32 | 10/06/2008 |
Eh bien, vous aurez tout loisir de voir le contraire se prouver devant vos yeux ébahis.
Quant à ce que vous appelez « ectoplasme »… il vaudrait mieux chercher ce que cela signifie : -)))
à Dan51
De Nikoko
Chercheur...d'emplois | 13H45 | 10/06/2008 |
« Ectoplasme », on n'a pas besoin de savoir ce que ça veut dire, il suffit de savoir que ça fait partie d'une liste de mots et d'expressions tels que
« moule à gauffres, bachy bouzouk, … »
que l'on utilise pour insulter un adversaire.
à Nikoko
De jeclaude33
16H32 | 10/06/2008 |
bravo pour la culture Hergé, et marchand de tapis, ça lui va a ravir ! !