
Parti socialiste : l'opinion boude Reims, voici pourquoi
Une question d'actualité se pose : la phase interne que vit le Parti socialiste intéresse-t-elle l'opinion publique française, voire même celles et ceux que François Mitterrand nommait « le peuple de gauche » ? On peut en douter. Il est, en effet, frappant d'observer que la plupart des sondages opérés en ce moment se portent sur la popularité ou le désir de voir tel(le) ou tel(le) candidat(e) désigné(e), mais presque jamais sur l'intérêt, en lui-même, du débat et des stratégies en cours au sein de l'appareil socialiste.
Bien sûr, cette observation pourrait être l'énième occasion de faire le procès des sondages, acteurs et conformateurs plus ou moins légitimes de l'opinion.
Il n'en reste pas moins que, si l'on rentre « dans la boite noire » du congrès, avec ses phases de contributions et de motions, on s'aperçoit qu'il demeure un hiatus à première vue incompréhensible.
Un intérêt faible malgré la vraie capacité à produire une vision du monde
Quelque soient les convictions politiques de l'observateur, la lecture des contributions témoigne effectivement d'un certain travail, d'une capacité, parfois inégale mais indiscutable, à produire une vision du monde, une lecture critique, et des orientations idéologiques. Et pourtant, l'effet de passion, de mobilisation de l'intérêt, est faible.
Une tentative de réponse est peut-être possible, si l'on fait une expérience toute simple : imaginons que vous connaissiez bien un militant socialiste « de base ». Interrogez-le sur le processus d'élaboration des contributions : dans quelle mesure a-t-il été personnellement associé au processus, et quand, in fine, a-t-il reçu le texte ?
Sans malice aucune, on pourrait découvrir une structure, j'allais dire une technostructure, finalement assez efficace en terme de production écrite d'idées, mais où le liant avec les troupes militantes s'est distendu. Comme si au sein même de ce parti, un puissant processus de type oligarchique s'était insidieusement installé, transformant le militant en usager (j'allais dire en objet ! ) consommateur de la production de cette superstructure.
Une autre raison est peut-être en cause : la tradition du Parti socialiste est d'être le parti du débat, où l'on n'a pas honte de dire ses désaccords et de les afficher au grand jour. Cette réalité conduit à l'objectivation des différences, et à la nécessité de construire au sein de l'appareil des rapports de forces organisés (les fameux courants). En conséquence, le leader qui est capable de s'imposer est d'abord celle ou celui en mesure de montrer sa supériorité relative, puis sa capacité à rassembler une majorité, voire l'ensemble à travers l'exercice de la fameuse synthèse.
Utiliser les règles factuelles du parti pour contourner ses affres traditionnelles
Rappelons que cette notion mythique au sein de la culture PS (c'est ici la référence à Jaurès qui en fait un mythe), n'a pas toujours été de mise. Ainsi, François Mitterrand au congrès d'Epinay gagne la direction du parti contre la motion Savary dans un rapport de force complexe… et de très peu : 51% des votes !
C'est sans doute en partie cela que les politologues nomment le tournant d'Epinay et l'entrée dans un nouveau cycle de l'histoire du parti socialiste français. Au fond, au-delà de la tradition, fondamentalement liée au parlementarisme de la troisième République, qui caractérise le PS, un homme a su réunir une majorité, présenter une stratégie claire et crédible pour la conquête du pouvoir, affirmer avec qui il fallait s'allier pour cela, et in fine imposer son point de vue.
Stratagème de l'histoire, un leader a su utiliser les règles factuelles du parti pour contourner ses affres traditionnelles et se poser en incarnation incontournable de l'alternance possible. Incarner, telle est l'arcane qui transforme, sous la cinquième république, un candidat en leader, et donc en victorieux potentiel de la joute présidentielle.
A ce jour, les débats oratoires qui opposent d'un coté celles et ceux qui veulent d'abord reconstruire idéologiquement le parti et celles et ceux qui veulent qu'à cette occasion s'impose un candidat naturel pour la Présidentielle de 2012, paraissent un peu surannés, tant, il semble qu'en fait, la « fin du cycle d'Epinay » impose au Parti Socialiste de se transformer ouvertement, et fonctionnellement, en ce qu'il est déjà : une machine à faire voter pour conquérir le pouvoir.
Bref en structure homogène, conduite par un leader incontestable, capable par les idées défendues et par le charisme de sa personnalité, de susciter le désir des militants, de l'actuel « peuple de gauche » et, au delà, de toutes celles et tous ceux qui veulent un changement. Si cette évolution ne se fait pas, la nature politique ayant horreur du vide, d'autres, ayant déjà opéré cette mutation, occuperons forcément le créneau !
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De déluge
menuisier | 09H44 | 22/09/2008 |
Des militants de base j'en ai dans ma famille, et il ne s'agit pas d'un lien « distendu » qu'ils entretiennent avec cette « technostructure » : C'est de déconnection totale qu'il s'agit.
Le PS est mort depuis longtemps.
Le problème se circonscrit au cadavre qui encombre et bouche toute « rénovation » de la gauche.
Il est mort en 1982, avec le virage de la rigueur. A partir de ce moment clé, il ne fit plus que s'adapter vaille que vaille à la vision libérale, abandonnant pan après pan tout ce qui fait une vision de gauche.
Le role de l'Etat, les politiques salariales, la solidarité, la mutualisation, la vision de la société par classe, tout a été rabotté pour se couler dans une vision de droite, « marché centrée », le primat de l'économique sur l'humain.
Il faut qu'il disparraisse une bonne fois pour toute.
Pour qu'un vrai pole de gauche existe en France, et que l'on oublie la soupe tiède que le PS nous sert depuis plus de vingt ans.
à déluge
De Corsaire du Peuple et de la Raison
ingénieur | 10H13 | 24/09/2008 |
Tout ce débat autour de la mort ou de la vie du PS est stupide ! ! !
Si on le supprime quelque chose d'à peu près pareil apparaitra avec à coup sûr les mêmes pb, qu'on soit en colère face à ses pb c'est compréhensible mais ce n'est pas en supprimant le PS qu'on supprimera le pb…
De lesuperdidou
Saltimbanque | 09H59 | 22/09/2008 |
»…l'opinion boude Reims… »
L'opinion ne boude pas Reims : elle boude le PS !
à lesuperdidou
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 10H45 | 22/09/2008 |
Champagne pour tous et caviar pour les autres ..
à lesuperdidou
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 11H32 | 22/09/2008 |
L'opinion boude le PS ? Ca ne me paraît pas évident au vu du résultat de la sénatoriale partielle d'hier. Les « grand électeurs » doivent bien ressentir la pression de la base, voire vouloir exercer leur propre pression devant la déglingue de la société causée par Sarkozy et Cie. La soif d'alternance me paraît indéniable.
La question brûlante reste : le PS saura-t-il incarner cette alternance possible ? Il est permis d'en douter, mais en phase de crise profonde on ne peut rien exclure a priori.
à Jaycib
De nipivime
;- | 11H48 | 22/09/2008 |
Encore une fois, pourquoi confondre confond l'opinion et les faiseurs d'opinion ?
Que le PS ait marqué des points au Sénat ne me semble aucunement une preuve que l'opinion, ou « la base », soutient le PS.
à nipivime
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 13H08 | 22/09/2008 |
Les conseillers municipaux et autres élus qui composent les collèges de grand électeurs ne sont pas, dans leur immense majorité, des faiseurs d'opinion mais des personnes qui reflètent l'opinion populaire sous-jacente. Ce n'est pas parce que le Sénat n'est pas une institution suffisamment démocratique qu'il ne traduit pas un malaise à l'occasion d'une élection partielle. A ce point de vue, la poussée d'opposition aux « programmes » mis en oeuvre par la gouvernement et sa majorité parlementaire me paraît incontestable.
Cette poussée s'est traduite par un gain de sièges très appréciable par le PS, et, dans une mesure moindre mais également significative, par les radicaux de gauche et même le PCF.
Il y a donc une demande de leadership de gauche exprimée par le vote d'hier. Que ce leadership puisse être exercé par le PS est une autre affaire, ce que j'ai tenté d'exprimer dans mon post.
à Jaycib
De lesuperdidou
Saltimbanque | 12H24 | 22/09/2008 |
la question br^lante reste : « c'est quoi être à gauche pour le PS ? “
à lesuperdidou
De nipivime
;- | 12H36 | 22/09/2008 |
Exact.
A mon avis, pour les socialistes actuels, ca veut dire « prendre le temps d'expliquer pourquoi le libéralisme et la mondialisation telle qu'elle se construit n'est pas si mauvais que cela, à long terme, pour ceux qui en souffrent aujourd'hui ».
Empathie, mais pas sympathie.
à nipivime
De olivier p
face à la mer | 13H00 | 22/09/2008 |
encore faudrait-il parler concrètement : une économie de marché n'est pas nécessairement, automatiquement à but lucratif et hyper-capitaliste (l'économie sociale fondée sur la loi de 1901 n'est pas parfaite, mais elle est existe ! , les SCOP sont des entreprises qui prennent sens sur une économie de marché), voire même on peut aussi affirmer que marx avait comme préoccupation centrale la création de richesse (sa distribution) et dont ce qui constitue le commerce : la plus-value ; et enfin socialisme et libéralisme ne sont pas antinomiques…pour tous les démocrates, le libéralisme politique et culturel sont des enjeux fondamentaux, ce qui veut aussi dire que l'on accepte les autres et d'avoir tord sur la manière dont il faut sortir du capitalisme
bref, je crois que la confusion n'est pas le monopole du PS
à olivier p
De nipivime
;- | 13H34 | 22/09/2008 |
Entièrement d'accord avec cela.
Une des grandes confusions, savamment entretenue, qui tord la réalité depuis quelques années est de mélanger « capitalisme » et « capitalisme boursier » (pour aller vite).
à Jaycib
De marie 75
3563
10H37 | 23/09/2008 |
tu as raison …
23 sénateurs de plus !
article orienté…via UMP
Moi aussi, je suis politologue !
De nipivime
;- | 09H59 | 22/09/2008 |
Mouais…
La question se pose également de ce que les têtes d'affiche du PS proposent de défendre. Et de ce qu'elles représentent aujourd'hui dans l'opinion (je n'ai pas dit « pour » l'opinion, mais bien « dans »). Et de ce que représente le PS dans la société.
Avant même de penser à « reconstruire idéologiquement le parti » ou de trouver un « leader », la question de la représentativité de la structure se pose.
Angle d'attaque qui me servira d'exemple : le Ps semble être un parti globalement composé de personnes qui ne perdent pas directement beaucoup à la mondialisation (fonctionnaires, notables locaux), et qui élit à sa tête un condensé de cela (hauts fonctionnaires, avocats). Je ne dis pas que ces gens ne peuvent pas avoir de l'empathie pour « le peuple de gauche », mais je pense qu'ils ne peuvent vraiment partager les préoccupations que d'une partie de ce peuple de gauche (qui est multiple, rappelait Emmanuel Mounier). Aussi, ils (le PS, têtes et militants) se sentent investis d'une mission d'explication, alors que toute une partie de la population (en grande partie ceux, justement, que prétend défendre « la gauche ») cherche non pas une explication, non pas a être rassuré, mais à ce que les choses CHANGENT.
L'exemple de 2005 (referendum sur le TCE) me semble en la matière très symptomatique. Discussion interne sur les plus et les moins d'un texte incompréhensible, vote interne qui débouche sur un « oui mais » (en gros), et vote contraire de ceux qui, lorsqu'on leur donne le choix à une élection nationale entre PS et UMP, votent PS (je ne parle pas des « sympathisants », mais des « votants pour »).
Et aujourd'hui, au PS, la discussion continue autour de ces questions (que fallait il voter) au lieu de se demander pourquoi ce hiatus. Quand la question est posée, elle est généralement evacuée en avancant le déficit d'explication.
Je bavarde, je bavarde… Je voulais juste dire que ce papier de blog me semble passer sous silence une question que, moi, je vois comme primordiale : quel est finalement l'écart entre ceux que le PS veut (voudrait) représenter et ceux qu'il représente vraiment ?
Parce que ca me semble la réponse à la question posée (en plus de la lassitude, de la complexité, etc). Pourquoi l'opinion boude Reims ? Parce qu'elle s'en fiche, cela ne la concerne pas.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 10H44 | 22/09/2008 |
Vous exagerez : « Le capitalisme est méchant mais indispensable , nous allons le rendre moins méchant, bien qu » indispensable (avec Ségolene ou Bertrand ou Martine) « , c'est un bel objectif .
à Numerosix
De Jean-Philippe Roy
(auteur)
Politologue | 12H10 | 22/09/2008 |
Cher ami et cher(e)s ami(e)s,
Tout d'abord je suis heureux de reprendre nos échanges après un moment personnel un peu difficile.
Je place une réaction ici, mais elle s'adresse à toutes les réactions en cours.
En fait je pense que le PS se trouve face à deux crises emboitées : la crise générale de la sociale - démocratie et la crise du néolibéralisme. Cette dernière est manifeste quand on voit que Bush, néolibéral s'il en est, n'hésite pas à utiliser les ingrédients de l'interventionnisme étatique pour résoudre la crise financière aux USA. Or qui aurait pu imaginer que le champion du néolibéralisme eût pu commettre ce blasphème ? Les faits sont têtus, ils démontrent les limites du système néolibéral, et les difficultés actuelles de Mac Cain à justifier d'une analyse et d'une politique économique le montrent.
Mais les victimes politiques de cette crise sont essentiellement les partis socio - démocrates (cf. actuellement les difficultés du SPD avec Die Linke en Allemagne, même chose en Hollande, voire même au Danemark et en Autriche). En réalité, ils se sont tous, en terme de doctrine, convertis aux règle de l'économie libérale. Et comme, structurellement, un parti de gauche a besoin de doctrine, ils souffrent d'une doctrine globalement en crise qui les affaiblit.
D'où, en France, comme partout ailleurs en Europe, des partis socio - démocrates qui se rétractent dans leur créneau politique ouvrant des opportunités à leur droite et à leur gauche.
En face, les partis de droite qui, eux sont pragmatiques, se sont adaptés depuis bien longtemps à cette crise du néolibéralisme. Il suffit de voir comment, depuis près de 10 ans, les libéraux sont marginalisés au seins de l'UMP : la quasi disparition de M. Madelin et les tentatives désespérées actuelles d'H. Novelli en direction du Nouveau Centre d'H. Morin.
à Jean-Philippe Roy
De nipivime
;- | 12H33 | 22/09/2008 |
Un sursaut en vous lisant : les Etats Unis, et G.W Bush en particulier, ne sont pas du tout les « champions du néolibéralisme » (je ne donne pas ici mon seul avis, mais une vision que je crois largement partagée..). Et il me semble que l'intervention de l'Etat dans l'économie est récurrente, outre Atlantique.
En revanche, le néolibéralisme (supposé, donc) des E.U. est souvent mis en avant, et donné en raison de certaines décisions ici, en Europe et en France (décisions en général destinées à favoriser a court terme la classe dirigeante sous couvert de favoriser à long terme le « peuple » dont vous vous parlez, mais cette dernière remarque est mon opinion, je reprends un discours plus objectif).
Ce qui m'intéresse de manière plus substantielle, dans votre réponse, est votre « il leur faut une doctrine, parce qu'ils sont des partis de gauche, et comme la doctrine qu'ils épousent est en capilotade, eux même soufffrent ». Ce qui me chagrine, c'est là que le bat blesse : pourquoi ne pas se demander pour quelle raison ont ils choisi cette doctrine ?
Ou alors, vous supposez que le « libéralisme » est l'horizon indépassable de l'économie mondiale. Ce qui est un (votre ? ) avis, mais ne me semble pas être une vérité. Surtout quand on se veut « susciter le désir de l'actuel peuple de gauche », comme vous dites.
à nipivime
De Béatrice1
| 14H03 | 22/09/2008 |
« Un sursaut en vous lisant : les Etats Unis, et G.W Bush en particulier, ne sont pas du tout les “ champions du néolibéralisme ” (je ne donne pas ici mon seul avis, mais une vision que je crois largement partagée..). Et il me semble que l'intervention de l'Etat dans l'économie est récurrente, outre Atlantique. »
Très juste. Le prétendu « ultra-libéralisme » américain est un épouvantail agité en France. Au lieu de s'étonner de l'interventionnisme du gouvernement Bush (c'est loin d'être la première fois : les USA défendent leur agriculture et ce qui reste de leur sidérurgie), les Français feraient mieux d'admettre qu'ils avaient une vision FAUSSE.
Les « champions du néo-libéralisme », ce sont la Chine et la Russie, pas les Etats-Unis.
à Béatrice1
De Jean-Philippe Roy
(auteur)
Politologue | 14H17 | 22/09/2008 |
Je réponds à vous deux : il me semble qu'il y a eu deux tournants dans le socialisme français. Tout d'abord au lendemain de la seconde guerre mondiale, où le PS (la SFIO), au delà du discours, a tiré un trait sur la révolution pour pouvoir effectivement gouverner. Blum s'est souvenu qu'après 36, il y a eu 38 et que c'est sur cette question que l'alliance avec les radicaux a explosé.
Ensuite, il y a eu un deuxième tournant, le moment où les socialistes se sont rendus compte que les électeurs, même de gauche et même populaires, étaient devenus des consommateurs. C'est là que le lent travail d'acculturation, puis d'intégration à l'économie de marché s'est faites. Notamment sous Mitterrand, au moment du « tournant de la rigueur ».
Du coup, tout se passe comme si cette acculturation au marché anesthésiait l'intégralité des discours de gauche, y compris les plus radicaux.
Pour s'en rendre compte, prenons un peu de recul, au moins au niveau des discours : entre les 110 propositions de 1981 et même ce que propose O. Besancenot et son NPA : quel discours est le plus radical ?
Je précise ici, qu'il s'agit d'une analyse et non d'une prise de position politique. Simplement ma posture d'analyste me permet de prendre distance et de tenir un discours décalé.
à Jean-Philippe Roy
De nipivime
;- | 17H12 | 22/09/2008 |
« leurs électeurs…étaient devenus des consommateurs ».
Certes.
C'étaient les riantes années 1980. A l'époque, 70% de la valeur ajoutée dans notre beau pays allait aux salaires.
Aujourd'hui, c'est quoi, 55% qui y vont ?
Aujourd'hui, tous ceux qui sont exclus de la « consommation » (sinon en rêve, sinon dépréciée) peuvent ils être électeurs d'un parti qui assume, 20 ans apres, ce tournant ? D'un parti qui leur vend des rêves qu'ils n'ont plus ? D'un parti qui ne leur propose pas d'avancer avec eux mais qui leur propose de leur faire comprendre ce qu'ils vivent et de leur faire accepter leurs difficultés, au nom du risque d'un pire ?
Ils sont de plus en plus nombreux, ceux là. Auxquels s'ajoutent ceux qui, bien qu'ayant des moyens suffisants, ne veulent plus de ce choix. Autant de gens qui ne peuvent se reconnaitre dans un parti qui poursuit le fantasme consumériste de leurs parents.
à Jean-Philippe Roy
De nipivime
;- | 17H18 | 22/09/2008 |
PS (post scriptum, quoi)
Sans compter les mollesses coupables face à la désagrégation sociale construite par le pouvoir actuel. Ou sont les indignations instinctives face à Edvige ? Chez Corinne Lepage plus qu'au PS. Ou sont les prises de position face à la politique sécuritaire et la dérive d'affaiblissement des droits de l'homme dans les affaires de sans papiers ? Certainement pas chez les élites du PS. Ou sont les accompagnements de lutte sociales, quand il n y a pas de caméras ? Ou sont la générosité, l'ambition, le rêve, les indignations sincères ?
Ce n'est pas une autre histoire. Simplement une conséquence logique de cette dérive de désaffections réciproques entre le haut du PS et ceux qui furent ses électeurs… il y a 20 ans.
à Jean-Philippe Roy
De Desiderio
18H27 | 22/09/2008 |
L'alliance avec les radicaux aurait explosé après guerre ? Les radicaux n'ont jamais été aussi soutenus par la SFIO depuis et ils ont été de presque tous les gouvernements de la IVe en compagnie des socialistes. Et on en a même vu quelques-uns comme Mendès se convertir au socialisme. C'est l'alliance avec les communistes (et celle plus improbable avec le RDR fantômatique avec sa fameuse troisième voie qui ressuscite régulièrement pour s'évanouir de nouveau) qui a disparu alors.
à Desiderio
De Jean-Philippe Roy
(auteur)
Politologue | 19H26 | 22/09/2008 |
Euh, pardonnez moi, mais essayez de relire ce que j'ai écrit. Amitiés riveraines !
à Jean-Philippe Roy
De Béatrice1
| 22H33 | 22/09/2008 |
Ainsi donc il y aurait eu un Bad Godesberg français à la Libération, et on ne l'aurait pas su ?
« Simplement ma posture d'analyste me permet de prendre distance et de tenir un discours décalé. »
Un discours tellement « décalé » qu'il en tombe carrément à côté, tant en ce qui concerne les socialistes français que le « néo-libéralisme » américain. Décalé des réalités historiques de l'effondrement de l'URSS, par exemple.
Pour un professeur de sciences politiques, autrement auto-proclamé « politilogue », votre analyse me laisse aussi songeuse que votre maîtrise de la langue française :
« les socialistes se sont renduS compte »
« C'est là que le lent travail d'acculturation, puis d'intégration à l'économie de marché s'est faitES. »
« Du coup, tout se passe comme si cette ACCULTURATION AU MARCHE anesthésiait l'intégralité des discours de gauche, y compris les plus radicaux. »
Une « acculturation au marché » ? ? ?
à Jean-Philippe Roy
De Alain Pacifique
03H21 | 23/09/2008 |
au sujet des 110 propositions de 1981. combien d'entre elles ont été réellement mises en oeuvre ? je crois me souvenir que les plus radicales sont restées au placard.
à Jean-Philippe Roy
De nemo3637
Déchoukeur | 04H17 | 24/09/2008 |
Je me permets quelques remarques à propos de votre analyse.
1) Ce n'est pas au lendemain de la seconde guerre mondiale que la SFIO « a tiré un trait sur la révolution » mais bien avant. Dès le scission du congrès de Tours le choix était fait d'arriver d'abord au pouvoir par la voie électorale et non pas par une action subversive, comme en Russie. En 1936 déjà, Blum suivra le Parti Radical - parti centriste, opportuniste, pouvant être qualifié de « bourgeois ».
2)« le moment où les socialistes se sont rendus compte que les électeurs, même de gauche et même populaires, étaient devenus des consommateurs. » C'est plutôt la social-démocratie qui a initié, accompagné, l'intégration au fordisme. Elle ne peut vivre que sur le « compromis » keynésien.
3) Le phénomène d'acculturation de la classe ouvrière, que vous remarquez avec pertinence, représente effectivement un stade du développement de la société capitaliste où l'on a pu dire qu'après s'être équipé lui-même, le Capital a équipé le Travail. Du coup le « camp ouvrier » avec ses modes, sa culture propre s'est désagrégé. Et les sociaux-démocrates y voyaient là la justesse de leur vision réformiste.
4) Il n'empêche que la lutte des classes, sous des formes renouvelées existe toujours, de même qu'un prolétariat - il faudrait s'entendre sur cette définition. Fort imprudemment la gauche institutionnelle - peut-on encore vraiment la qualifier de sociale-démocrate ? - en se faisant fossoyeur de toute vision ou mouvement radical, s'est retrouvée peu à peu démunie, et, logiquement sans perspective, à côté de groupements plus radicaux, inattendus, qui, non seulement n'ont rien d'éphémère, mais qui semblent tout au contraire se renforcer.Pour les « socialistes » la marge est plus qu'étroite entre Keynes qui n'est plus visible et un prolétariat qu'on ne veut pas voir.
à Béatrice1
De Jean-Philippe Roy
(auteur)
Politologue | 15H35 | 22/09/2008 |
Je fais amende honorable, j'aurai du dire, à propos de Bush et Mac Cain, « crise du discours néolibéral ». Je ne parlais pas de la politique effectivement menée, qui comme toujours aux USA est marquée par un très fort protectionnisme. Constante qui permet de comprendre effectivement ces interventions massives de l'Etat.
à Jean-Philippe Roy
De nipivime
;- | 17H19 | 22/09/2008 |
Merci
De Tintinac
11H12 | 22/09/2008 |
« Un intérêt faible malgré la vraie capacité à produire une vision du monde »
Avant d'avoir une vision du monde, le PS devrait avoir une vision de la France et surtout de lui-même. Vu de l'extérieur je n'arrive pas à le situer et encore moins savoir où il veut aller. Le sait-il lui même ?
De JePise
retraité | 12H50 | 22/09/2008 |
Au lieu de parler de généralités il serait bon de parler de choses précises cela éviterait la langue de bois.
Au lieu de parler des hommes ou des femmes qui se battraient pour le pouvoir il serait bon de parler de leurs idées , les analyses seraient meilleures et plus éclairantes .
De Roderic
Entrepreneur | 14H53 | 22/09/2008 |
Pourquoi l'opinion boude les socialistes …
Bien entendu ce sociologue n'a rien compris de la victoire de Nicolas Sarkozy et sa prochaine aux présidentielles ……
Même mécontents de Sarkozy , les Français en majorité ne sont pas assez courageux pour voter FN …..
Il suffit de méditer sur la jeunesse socialiste et consorts , militants et suiveurs confondus , comme on a pu le voir au sujet du CPE, et si bien expliqué par le prof Finkielkraut, et l'image qu'elle a donné aux yeux de Français ….
Nos adversaires sont les gaucho-bobo qui ont toujours raison, avatar parmi les hommes, qui aiment tellement
les pauvres qu'ils en fabriquent à la tonne quand les socialistes étaient au pouvoir , ces gens ne sont pas le reflet de ce que pense la majorité des français …..
Le contraire, surtout les anciens ….
Le racisme anti-blanc, ou de la négation de l'identité française par ces demi-Dieu nommé « Bobo ».
Racisme anti-blanc qui a le droit d'exister car, rappellons le, le blanc de droite est un sous être, seul dans notre monde multicolore à être raciste.
Les journalistes sans sens éthique (l'inverse est un non sens en fait…), lâches et prêts à vénérer n'importe quel dictateur sur demande.
Pourquoi nous , peuple de France, nous détestons
( euphémisme …) la gauche …
Il faut les voir ces filles et fils de fonctionnaires, il faut bien les observer.
Tout les débecte, surtout l'Amérique et peu importe si elle seule les a vraiment sauvés des nazis .
Tout, tout, tout ! »
Il faut les voir hurler, sauter sur leur chaises commes des animaux furieux.
Il faut les entendre couiner contre le fascisme, contre le libéralisme, contre Pétain ! contre la mort, contre l'argent,contre le Pape , contre le christianisme , contre les hommes-qui-sont-des-phallocrates, contre Sarkozy , contre Lepen , tout et son contraire.
Il faut les voir et les entendre pendant
huit heures d'affilées dans le grand amphitéâtre transformé en forum.
Et quel forum…
Ils ont dessiné de jolie fresques contre les murs, des fresques pleines de couleurs.
Ne pas les aimer, c'est être faschiste assurément.
Un jour , se présente à vous l'occasion de faire la révolution.
Vous acceptez ? ? ? ! ! ! ! .
Que vont faire les fascistes ?
Nous …rire ….
Que doivent faire les fascistes ?
Vous taper dessus ? ? ? ! ! !
bien sûr, c'est la moindre des choses … non ? ? ? ? ! ! ! ! .
Rire…..
C'est écrit, il y a des milliers d'exemples, vous qui n'en doutez pas une seule seconde.
La question n'est pas de savoir s'ils viendront mais quand ils viendront.
A l'heure d'aller dormir, après avoir bu quelques bières, vous pensez à ce monde hostile, à ces faf-flics qui sont tout autour de vous et ça vous donne le vertige… et la haine.
En fait, quelle que soit la situation, votre formation (qui tient plus du formatage) idéologique vous
empêche d'imaginer sérieusement autre chose.
Encore une histoire de cases ?
Qui sont les ennemis des révolutionnaires ?
Dans la tête du blogueur, la case « méchants » vient d'être activée.
Réponse : les fachos !
Du coup, logique implacable, les étudiants qui vous défient et veulent étudier , réussir dans la vie, ne pas suivre vos manifestations débiles et manipulées, ne peuvent être que des fachos.
Une cuvette n'a qu'un trou.
Les jeunes socialistes et consorts pendant des années la même doctrine cramoisie.
Ils pourraient se révolter, dire « non, putain, être solidaire ça peut être nul », ou « je ne vois pas en quoi la disparition des frontières serait utile, avec cette nouvelle Europe .
Il ne le font pas parce que cette doctrine en putréfaction a encore des atouts, un en particulier : elle se présente comme subversive.
Un peu comme avec un chiot.
Si vous vous désintéressez de lui, ça l'intrigue encore plus, il vient renifler vos chaussettes, mordiller vos doigts.
Il sent que ce qu'il est en train de faire est hautement transgressif.
Eh bien, l'idéologie post-soixante-huitarde (et tous
ces avatars), c'est pareil.
Elle donne l'impression d'être insaisissable.
Vous lui demandez “t'es qui ? ”,
elle répond “dégages, je réponds pas”.
Alors vous avancez, vous trouvez ça encore plus transgressif, vous êtes déjà en rébellion.
Bien sûr, il faut être un tantinet prédisposé, tout le monde n'est pas, malheureusement pour vous , candidat à la lobotomie.
Comme toute les idéologies, le gauchisme (socialisme compris ) est un ensemble de codes, de valeurs, une morale, en somme.
Mais elle a l'avantage, et c'est pourquoi elle plait tant aux jeunes, de vous faire croire qu'elle n'en est pas une. “ Je ne suis pas une morale, je suis un comportement”.
Des droits, des droits et des droits …..
Ah, c'est autre chose que la vraie droite ça, quand même !
Un comportement.
Puis un comportement, ça n'exige pas de lire Marx, de Maistre ou Tocqueville, le Coran et ses sourates amusantes ….
Il suffit de copier sur les autres, leur musique ( rap, tectonike ..) leurs “fringues”, leurs indignations, leurs révoltes. Il n'y a pas a dire, c'est quand même plus facile, on ne va pas “se prendre la tête ! ”
Les Français ont les enfants qu'ils méritent.
Ne pleurez pas en les voyant se faire “dépouiller” de leurs portables place des Invalides ( lors du CPE par exemple …)………rire……
Ne soupirez pas en les entendant parler “comme ça pas'ke c'est trop un truc de ouf, tu vois”.
Ne soyez pas troublés en apprenant que les trois-quarts d'entre eux, quand on leur pose la question disent qu'en cas d'agression contre le territoire national, ils ne défendraient pas leur pays.
Ne vous lamentez pas quand ils hurlent vouloir un emploi à vie, un salaire à vie, un contrat à vie sans trop travailler parce que “le travail c'est pas bon pour la santé”…
Ne pleurez pas car ils vous ressemblent et parce que s'ils vous détestent tant, c'est que vous leur avez bien appris la haine de soi,la haine du pays par la repentance , contre la colonisation, la haine de ce que vous êtes actuellement : des spectateurs de l'histoire, comme ce pays que vous détruisez depuis des décennies par le laxisme et la gabegie de vos élus …
Les fils dégénérés de vos idées jetables et faciles qui reviennent vous hanter alors que vous ne pensez qu'à vos retraites, vos RTT… »
Vous avez peur du FASCHISME ?
Vous avez vraiment peur du FASCHISME ?
Encore faudrait-il que vous n'ayez pas vidé tous les mots de leur substance.
Le fascisme qui vous horrifie n'existe plus, exceptés quelques risibles groupuscules à croix celtique et mouvement compulsifs du bras droit.
Le seul fascisme contemporain, celui des kamikazes qui se font sauter dans des métros et des tours, celui qui a grandi chez vous, est allé dans vos écoles, a flirté avec vos filles, ce faschisme que vous ne voulez pas voir , va vous avaler tout cru.
Il avalera vos enfants qui, le canon d'une kalashnikov sur le front, murmureront encore « mais pourquoi ? »
Que leur répondrez-vous ?
Nous voyons bien le miroir d'une France qui n'a plus rien à donner au monde si ce n'est le spectacle toujours prodigieux de sa vacuité, de sa décadence.
Français ! , puisque la liberté , l'indépendance vis à vis de cette Europe inféodée aux USA, vous est si pénible, soyez rassurés,
Vos enfants sont mûrs pour l'esclavage.
Les Français ont les enfants qu'ils méritent …
Roderic.