Les vrais objectifs de la réforme du renseignement français

A quoi sert la réforme du renseignement intérieur, concrétisée par la fusion en cours de la DST et des RG ? La question n'a pas soulevé un intérêt massif. Jamais en France le secteur du renseignement n'a passionné l'opinion publique, le parlement ni les médias. Sans doute est-ce pourquoi le gouvernement ne s'est même pas donné la peine de justifier le regroupement des deux services policiers chargés du renseignement, qui correspond en fait à la quasi-disparition des RG et à la reprise en main de la lutte antiterroriste.

La presse, quant à elle, s'est mollement essayée à des interprétations peu convaincantes : créer un « FBI à la française », « éviter les coups tordus », ou simplement faire des économies en évitant les doublons et les gaspillages… Personne ne paraît en mesure de fournir une explication unique et satisfaisante. Personne à vrai dire ne paraît non plus vraiment s'en soucier, ni dans la presse ni ailleurs.

Copier le FBI ? La réforme américaine des services de renseignement apparaît, aux yeux des spécialistes, comme une monstrueuse usine à gaz emberlificotée dans des conflits internes insolubles, et donc comme le dernier des exemples à suivre. Eviter les coups tordus ? On ose espérer qu'une réforme de cette ampleur a d'autres mobiles… Enfin, si l'on se contente de réformer les services de renseignement par simple mesure d'économie, on peut s'inquiéter de perspectives aussi peu visionnaires ! Les structures du renseignement ne répondent plus aux nouveaux besoins

Le sujet est pourtant plus important que cette indifférence générale ne le laisserait croire. La situation n'est plus la même que durant la guerre froide, parce que les menaces ne sont plus du tout de même nature. Les besoins de renseignement se sont aujourd'hui considérablement diversifiés et peut-être même accrus. Or les structures traditionnelles du renseignement ne correspondent plus à ces nouveaux besoins. Mais la réforme de la DST et des RG n'y répond pas non plus.

Qui aurait cru, il y a cinq ans, que des émeutes déclenchées par la « racaille » des banlieues obligeraient le gouvernement à décréter l'état d'urgence ? Qui aurait songé, il y a dix ans, que les banquiers américains se lanceraient dans de vastes opérations de cavalerie en poussant des débiteurs insolvables à s'endetter pour l'achat de leur maison, au risque d'une crise financière mondiale ? Qui aurait pensé, il y a vingt ans, qu'un prêcheur illuminé perdu dans les montagnes afghanes ferait trembler l'Amérique sur ses bases et mobiliserait contre lui -mais en vain- toutes les polices et les plus grandes armées du monde ? Qui aurait deviné, il y a trente ans, que les mafieux russes, classés parmi les premières fortunes mondiales, s'approprieraient pierre après pierre -et impunément- le patrimoine français ? Ce qui rend surtout incrédule, par conséquent, c'est que cette réforme ne porte que sur le renseignement « intérieur » et qu'elle ne s'inscrit dans aucune réorganisation d'ensemble. Pire encore, elle délaisse l'essentiel. Depuis la fin de la guerre froide, la distinction entre « affaires intérieures » et « affaires extérieures » a perdu une grande part de sa signification.

Le terrorisme, la criminalité organisée, les enjeux stratégiques, les intérêts économiques et financiers, les soubresauts sociaux se mêlent désormais de façon inextricable.

Non seulement les frontières n'ont plus de sens en matière de renseignement, mais le seul rattachement du renseignement au pouvoir exécutif n'en a plus non plus. Certains pays ont compris qu'aujourd'hui, le renseignement devait devenir aussi l'un des outils de la justice, car les nouvelles menaces sont souvent criminelles : terroristes, mafieux, trafiquants de drogues, d'armes, de femmes et de tout ce qui s'achète ou se vend, chefs de guerre, hommes d'Etat corrompus, ploutocrates enivrés de leur pouvoir financier… entraînent la planète dans une immense sarabande dont seuls nos gouvernants paraissent ignorer le tempo.

Le pouvoir judiciaire placé au coeur de la lutte antiterroriste

Alors, quelle est la vraie raison de cette réforme qui n'en est pas une ? Elle est à chercher, hélas, dans des motifs regrettables. Pour le comprendre, il faut savoir comment fonctionnait en France la lutte antiterroriste, qui avait permis l'élaboration d'un modèle français d'une grande originalité et sans doute aussi d'une grande efficacité. Après la vague d'attentats que la France a subis dans les années 80, le pouvoir politique d'alors (et les suivants) s'est trouvé confronté à des contradictions quasiment insolubles.

Alors que la lutte antiterroriste n'était nulle part dans le monde une priorité, sa politique d'ouverture sur les pays arabes, plutôt originale en Occident, s'est trouvée en porte-à-faux. Ouvrir un front contre le terrorisme risquait de compromettre les relations que la diplomatie française voulait conserver au Proche et Moyen-Orient, mais en même temps il fallait bien se prémunir contre les bombes qui explosaient en plein Paris.

Le choix français a donc été d'organiser la lutte antiterroriste autour d'un pôle judiciaire composé, à Paris, de magistrats spécialisés qui oeuvraient dans l'ombre et la discrétion qui sied souvent à l'action de la justice autant qu'aux services de renseignement. Et force est de dire que tout le renseignement français s'est organisé autour des juges d'instruction antiterroristes, réunis derrière la forte personnalité de Jean-Louis Bruguière.

Le système français était donc doublement original : tandis que la justice est traditionnellement en France la cinquième roue du carrosse de l'Etat, elle est devenue, dans la lutte antiterroriste, le coeur du dispositif. Y compris pour la DST, qui s'est trouvée chargée de la mise en oeuvre conjointe, mais sous une direction de fait des juges, de la lutte antiterroriste.

Avec ce système, la France se distinguait aussi des autres pays, dans lesquels la justice ne joue jamais un rôle pilote en matière de renseignement. Bien entendu, les juges français ne dirigeaient pas la DST, mais celle-ci n'agissait que dans leur sillage et sous son contrôle, dans le cadre des enquêtes menées par le pôle antiterroriste.

Nombreux sont ceux, bien entendu, qui ont critiqué les « bavures » d'un tel système. Il n'empêche qu'on peut lui attribuer l'efficacité grâce à laquelle, au bout de quelques années, la France s'est trouvée épargnée par le terrorisme international.

La réforme actuelle permet à l'exécutif de reprendre la main

Jean-Louis Bruguière a pris aujourd'hui sa retraite et un nouveau pouvoir politique, dirigé par un ancien ministre de l'Intérieur qui a souvent manifesté son peu d'affinités avec la justice, s'est installé.

Le but de la réforme est donc là : reprendre la main aux juges en transférant vers un grand service intégré dans le ministère de l'Intérieur la direction effective de la lutte antiterroriste.

Avec cette nouvelle orientation, dont on voit que la réforme structurelle ne fait que cacher la véritable finalité, se dessinent trois changements majeurs de la stratégie française.

Le premier est l'élimination de la justice du dispositif antiterroriste. Autrefois pilote, elle se trouve ramenée au rôle d'exécutante.

Le second est l'alignement sur les Etats-Unis, qui ont fait de la menace antiterroriste la seule et unique menace sur laquelle sont mobilisés tous les moyens de l'Etat, aussi bien sur le plan du renseignement que sur celui de la police.

Le troisième en est la conséquence : les autres menaces -crime organisé, trafics, délinquance économique et financière, etc.- sont reléguées au second plan, et même carrément ignorées puisque la future DCRI ne recevra aucune attribution pour la lutte contre ce type de crimes et délits.

Pendant ce temps, le ministre de la Justice signait pourtant dans Le Figaro avec plusieurs de ses collègues européens, une sorte de déclaration de foi qui laisse perplexe :

« Anciennes et nouvelles “mafias” parlent plusieurs langues et sont capables de saisir toute opportunité de profit au travers et au-delà des frontières.

“Aux trafics de drogues et d'armes traditionnels s'ajoutent des ‘business’ très lucratifs. Elles savent pénétrer l'économie licite, en développant à des fins de blanchiment des systèmes financiers sophistiqués et en profitant de la dimension globale des marchés pour leurs opérations illicites.

‘Ces associations de malfaiteurs peuvent tisser des liens avec d'autres organisations criminelles.’

Qui trouverait à redire à un tel constat ? N'est-il pas ainsi évident que le renseignement et l'‘intelligence’ devraient être au coeur des nouvelles techniques d'enquête contre ces menaces ? Le malheur est qu'il n'en est rien, et que la lucidité du constat ne débouche que sur des retouches insignifiantes de la coopération judiciaire, à des années-lumière des besoins. Et l'on aura détruit entre-temps le modèle français de la lutte antiterroriste, l'un des rares dispositifs qui avait montré son efficacité.

21 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de Courageux anonyme

De

11H06 | 20/09/2007 | Permalien

Intéressante cette analyse du rôle du judiciaire dans le renseignement. Effectivement, le rattachement à un ministère risque aussi considérablement de « politiser » le renseignement, c'est-à-dire de contraindre ses objectifs et priorités relativement à des urgences conjoncturelles.
Il faut noter aussi le risque de distinguer un renseignement « noble » autour du terrorisme d » un renseignement voué à la sécurité publique, c'est-à-dire à la sanction rapide.
Compte tenu de la complexité des réseaux aujourd'hui et de leur caractère multifacette, je ne crois pas utile de reléguer le maillage territorial à une sous catégorie, comme cela semble être le cas avec ce projet de « tout en un ».

Portrait de Courageux anonyme

De

14H42 | 20/09/2007 | Permalien

Cette nouvelle architecture, plus proche du FBI américain, doit, nous dit-on, mieux s'adapter aux « nouvelles menaces ». Dans la pratique, il s'agit d'un démantèlement quasi total des RG. La partie noble des services pour « ce qui relève de l'intérêt de la Nation » passera sous la coupe de la DST, avec la lutte contre les ingérences extérieures dont le terrorisme « sous toutes ses formes », l'intelligence économique et la protection du patrimoine, et désormais la surveillance des « grands mouvements de contestation ».

La création de ce service de sécurité intérieure qui mélange police et services de renseignements ne serait-il pas l'embryon d'une future police « spéciale », potentiellement au service d'un seul homme ou du seul parti au pouvoir ?

On sait que pour débarquer chez un suspect, perquisitionner chez lui et l'interroger, les policiers ont besoin, sauf flagrant délit, d'une commission rogatoire délivrée par un magistrat, et on sait, par contre, que les agents des services de renseignements s'en passent.
Le mélange des renseignements généraux - dont le boulot consiste à ficher les gens et à surveiller les agissements, contacts et déplacements de ceux qu'ils considèrent comme « intéressants “ (y compris des militants politiques ou syndicaux) - et des services secrets, qui ont l'habitude de ne pas rendre de compte aux institutions mais à ceux qui les contrôlent, ne va-t-il pas entraîner ce genre de ‘ bavures , qui resteront alors inconnues du public ?

Pour peu que le recrutement dans ces services soit peu ou pas contrôlé et assujetti à l'appartenance à certains milieux politiques ou à la soumission à un pouvoir déjà en place, on a tous les ingrédients pour mener à des dérives incontrôlables. L'expérience passée du SAC (Service d'Action Civique) de De Gaulle nous a donné quelques exemples (pour le peu qu'on sache de la vérité) des exactions auxquelles cela pouvait aboutir.

http://chroniques-sarkosiennes.over-blog.fr

Portrait de Courageux anonyme

De

13H48 | 20/09/2007 | Permalien

Cet article est effraynt.
Si l'on va plus loin, le renseignement serai désormais juste un outil au service d'une cause politique ?
L'argumentaire est trés convainquant, cependant, il ne reflète le point de vue que d'une des parties prenantes à cette histoire.
Quels sont les arguments de la DST, des RGs et du Ministère de l'intérieur ?
Je comprends les réticences des magistrats (et au vu de l'argumentaire, je ne peux que les soutenirs à 100%) qu'en est-il des agents de renseignements ? Aprécient-ils la réforme ?

Portrait de Courageux anonyme

De

15H56 | 20/09/2007 | Permalien

La disparition des RG et leur éventuel transfert à la DCSP a provoqué une levée de boucliers des syndicats d'officiers et de l'Unsa-police, premier syndicat de gardiens de la paix, ce dernier se déclarant contre le « démantèlement du renseignement ».

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20070906.OBS3767/fusio…

Portrait de Courageux anonyme

De

14H18 | 20/09/2007 | Permalien

Jean-Louis Bruguière et la DNAT c'est surtout le fiasco du procès du réseau Chalabi : une centaine de personnes détenus plusieurs années sans preuves, jugé dans des conditions déplorables sans aucun respect des droits de la défense. Et pour la plupart acquitté parce que malgré tout il y a encore un semblant de justice et qu'on ne condamne pas des fantasmes.

Le problème est qu'effectivement, placé maintenant sous le contrôle total et direct de Sarkozy les choses seront pire. Les bocaux de farine serviront encore longtemps de support à la propagande fasciste ambiante.

Pour les réseaux mafieux Sarkozy l'a dit, il ne veut surtout pas de lois pouvant gêner les entreprises compétitives. Même si c'est sur le marché de la mort.

Portrait de Courageux anonyme

De

14H27 | 20/09/2007 | Permalien

Votre analyse est remarquable et fait trembler, ce qui est devenu une habitude. Pourriez vous la publier dans, disons au hasard, le Monde et en faire profiter les médias plus traditionnels ainsi que les intéressés … ?

Portrait de Jean de Maillard

De Jean de Maillard (auteur)

Magistrat | 12H30 | 21/09/2007 | Permalien

Pourquoi écrire dans Le Monde, puisque je le fais dans Rue89 : =) ? Quant aux autres, ils n'ont quà lire Rue 89, comme vous : =)) !

Portrait de C. Creseveur

De C. Creseveur

D'actualité | 14H28 | 20/09/2007 | Permalien

L'indépendance de la justice, autant que la délinquance financière, ne semblent évidemment pas des priorités pour un président qui ne saurait tarder à être rattrapé d'un côté ou de l'autre.
Pour le côté justice, ça devrait aller : il vient de nommer son ami Courroye au poste idoine.
Pour le côté délinquance financière on voit bien également comment notre président se mobilise dans le but de dépénaliser les affaires, et plus particulièrement l'abus de bien social !
Outre le fait que l'on comprend bien que le premier objectif vise à déminer le financement occulte des partis politiques, ne peut on suspecter que ces réformes profitent à l'individu Sarozy lui-même ?

Portrait de Alexad

De Alexad

14H31 | 20/09/2007 | Permalien

Comme à chaque fois, voilà un excellent article rédigé par Monsieur de Maillard.
On voit bien, comme l'indique l'analyste, que tous les domaines répréhensibles sont souvent imbriqués et qu'ils menacent de l'être de plus en plus : certaines affaires, les mafias, les terrorismes. En tirant sur un fil, le magistrat anti-terrorisme a peut-être…eu l'occasion d'y voir accrochés quelques hommes d'affaires. Oh ! surprise…..
Donc maintenant la justice, circulez il n'y a rien à voir ! ! D'ailleurs, le droit des affaires sera « dépénalisé », selon la volonté tranchée de Monsieur 1er et du MEDEF ! Plus de résolution des grandes affaires qui traînaient en justice, plus de nouvelles affaires défrayant la chronique. Effrayant.

Portrait de Servais-Jean

à Alexad Portrait de Alexad De Servais-Jean 4591

Hi-Han | 03H34 | 23/09/2007 | Permalien

Des grandes affaires il y en aura encore mais avec la bénédiction du ministère de l'intérieur donc de….

Portrait de Courageux anonyme

De

16H00 | 20/09/2007 | Permalien

Très bon article.

Merci !

Portrait de gargamelle

De gargamelle

19H12 | 20/09/2007 | Permalien

Chez Sarko, rien ne se fait vite fait bien fait, tout est toujours parfaitement conçu.

Depuis presque 5 mois, le constat est limpide, net et précis : notre président à eu de longues années pour monter son « coup », et là, il faut le reconnaître, c'est un artiste ! de la dentelle, des frises, de la porcelaine, du petit biscuit…. !

Musicien, nous le verrions en Wagner,
Chanteur, il aurait une tessiture partant d'une voix de contrebasse pour monter au contre-alto,
Peintre, il serait Goya de chair et de sang…
Danseur, petit rat de l'Opéra.

Homme : à fusiller.

Portrait de Courageux anonyme

De

20H04 | 20/09/2007 | Permalien

Merci pour cette réflexion.
Reste à trouver des personnes directement touchées par cette réforme et à les faire parler ouvertement. A moins que le cirage de pompes ne soit déjà passé maître de cérémonie…

J'ai cette impression désagréable qu'il n'éxiste qu'une poignée de médias a même de mettre cela sur la table…

Voilà un magnifique sujet pour notre assemblée nationale !
Un de plus oui ! Et celui-là est bel et bien croustillant. Doré à souhait.

Que les Renseignements Géniaux se réveillent ou qu'ils dorment à jamais.

Merci pour cet article.

Portrait de babakchit

De babakchit

00H45 | 21/09/2007 | Permalien

Les trois premiers paragraphes résument bien le peu que j'avais retenu de cette fusion annoncée dans la presse écrite et télé comme révolutionnaire mais sans plus d'explication.

Merci pour ce point de vue plus complet, explicite et qui nous change du politiquement correct qui s'est répandu dans la presse.

Portrait de Courageux anonyme

De

06H12 | 21/09/2007 | Permalien

Cette réforme est un pas de plus vers la dictature. Un service centralisé au sevice du pouvoir, un juge d'exception qui peut vous faire croire n'importe quoi, vu que tout est caché. Tous les ingrédiants sont prêts pour les arrestations arbitraires des gêneurs et mauvais penseurs sous couvert de lutte anti-terroriste. La gestapo est en marche, attendons simplement une alerte de niveau 5 au prochain attentat terroriste.

Portrait de jjezfm

De jjezfm

Internaute | 08H41 | 21/09/2007 | Permalien

excellent article
j'irais encore plus loin : un attentat arrangerait bien le pouvoir en place
entre les provocs destinées au monde arabe et le démentèlement des structures qui nous protègent, c'est à croire que c'est ce qu'on cherche, non ?

Portrait de gargamelle

à jjezfm Portrait de jjezfm De gargamelle

15H41 | 22/09/2007 | Permalien

Busch est douteux…. sarko un homme si noble, si honnête…..serait-ce possible ?

(gardons le commentaire dans les archives on ne sait jamais…..)

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

Hi-Han | 03H28 | 23/09/2007 | Permalien

Que la justice ait en priorité des informations sensibles et puisse donc en tirer des conséquences susceptibles de mettre en cause des individus où organisations non encore identifiés est semble-t-il impensable pour le nouveau pouvoir.

L'indépendance de la justice doit être totale.Elle ne se met en route qu'à la demande des citoyens où de l'exécutif.
Un pôle judiciaire composé de magistrats chargés du terrorisme devient pas là même hors circuit donc à supprimer.

A partir d'aujourd'hui les affaires vont se traiter les unes aprés les autres et complètement déconnectées, sauf avis contraire du gouvernement.

C'est à peu prés ce que j'ai compris de l'exposé de Monsieur De Maillard et je le remercie de cet éclairage qui n'était pas du tout évident même pour des journalistes chevronnés.

Portrait de Courageux anonyme

De

12H04 | 23/09/2007 | Permalien

Je me demande si M. de Maillard ne fait pas une comparaison erronnée. Le FBI dépendait, jusq'à récemment du département américainde la Justice et maintenant du département de la securité interieuree (homeland security). Une meillere comparaison serait avec le MI5 britannique qui dépend, lui, du « Home Office », combinaison de Ministére de l'Intérieur et de Ministère de la Justice (dont la scission est enviagée

Portrait de Courageux anonyme

De

17H41 | 29/09/2007 | Permalien

Que d'assertions légères !

Monsieur Maillard nous dit que « Le premier est l'élimination de la justice du dispositif antiterroriste. Autrefois pilote, elle se trouve ramenée au rôle d'exécutante ». Le code de procédure pénale reste inchangé. Il n'y a pas de quoi penser que les procureurs et juges d'instructions se voient dépossédés de leurs attributions.

Il nous dit aussi que « Le second est l'alignement sur les Etats-Unis, qui ont fait de la menace antiterroriste la seule et unique menace sur laquelle sont mobilisés tous les moyens de l'Etat, aussi bien sur le plan du renseignement que sur celui de la police ». Pourtant, vu la tendance actuelle concernant la lutte contre l'immigration clandestine et le discours pregnant sur la sécurité routière, on a du mal à croire que tous les moyens de l'Etat soient en France mobilisés contre le terrorisme.

Il nous dit finalement que « Le troisième en est la conséquence : les autres menaces -crime organisé, trafics, délinquance économique et financière, etc.- sont reléguées au second plan, et même carrément ignorées puisque la future DCRI ne recevra aucune attribution pour la lutte contre ce type de crimes et délits ». Et là, on se demande ce que monsieur Maillard connaît de son sujet, étant donné qu'il nous liste là des domaines qui sont de la compétence de la police judiciaire (DCPJ) ou encore des sûretés départementales (DCSP), qui n'ont jamais été du ressort de la DCRG ni de la DST.

L'auteur du texte est peut-être magistrat. Ses conclusions attestent néanmoins d'un manque de connaissance grave des attributions des différentes directions de la police nationale. Gênant dans le cadre de la publication d'un article portant sur son organisation.

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code