Les élites récidivent, elles ne savent faire que ça
Ce que j’aime chez les intellectuels français, c’est la manière arrogante qu’ils ont d’être à côté de la plaque. Il faut reconnaître à leur décharge que parler pour dire quelque chose suppose d’abord de savoir de quoi l’on parle.
Pour s’éviter cet effort, les membres de nos élites ont trouvé la solution: soit ils disent tous la même chose –je parle bien sûr des bêtises qu’ils ânonnent et des lieux communs dont ils se repaissent–, soit ils s’entendent pour parler de sujets qui n’ont rien à voir avec la réalité, ce qui leur évite d’avoir à se confronter au réel.
Les détenteurs indivis du monopole de la parole creuse
L’important après tout, dans le marigot intellectualo-médiatico-politique qui nous tient lieu de réservoir de pensée correcte, est que chacun de ceux qui ont réussi à accaparer la légitimité du verbe autorisé continue d’être reconnu par ses pairs comme détenteur indivis du monopole de la parole creuse.
Comme cela, on ne fait de mal à personne et le monde des dirigeants peut continuer de ronronner en paix. Le seul problème –mais en est-ce vraiment un?– c’est que le reste de l’humanité, qui ne fait pas partie des quelques élus faisant métier de tout savoir sans avoir jamais rien appris, n’a pas d’autre choix que de croire ce qu’on lui dit ou de vomir ce conformisme gluant.
Pourquoi suis-je donc de si méchante humeur ce matin? Parce que j’en ai assez de voir qu’à chaque fois, on nous ressort les vieilles lunes. Je parle évidemment du "débat" sur la récidive, aussi médiocre que l’est notre classe dirigeante, intellectuels compris.
Le ton en a été donné par M. Badinter, vieux sage en fin de parcours qui est venu distribuer les bons et les mauvais points avec des arguments qui n’ont pas changé depuis Victor Hugo. Il a seulement oublié de voir, comme tous les autres avec lui, que de l’eau a coulé, depuis, sous les ponts.
De l’insondable indigence de la pensée correcte
Et ce matin, j’entendais encore sur France Culture M. Olivier Duhamel, requinqué par sa toute nouvelle nomination dans le comité Balladur, nous affirmer sans ciller qu’il n’y avait aucun pénaliste en France pour défendre le projet de loi sur la récidive. Qu’on me comprenne bien: je ne suis ni un partisan farouche, ni un détracteur acharné de ce texte, qui n’est ni aussi bon qu’on le dit, ni aussi mauvais qu’on nous le fait croire. Je voudrais simplement qu’on en finisse avec les radotages qui ne prouvent qu’une seule chose: l’insondable indigence de la pensée correcte dont nos élites, de droite comme de gauche, se sont arrogé l’apanage.
J’ai déjà proposé une analyse de cette réforme, dans mon premier post, sur laquelle je ne vais pas revenir. Mais je voudrais y ajouter une chose: le pire n’est certainement pas que l’on aggrave la réponse pénale envers une délinquance qu’il faudrait peut-être, un jour, étudier de plus près que ne le font nos spécialistes du n’importe quoi médiatico-politique (mais ce n’est pas mon propos d’aujourd’hui).
Il est dans la parfaite incohérence du projet gouvernemental lui-même, qui s’empresse de supprimer de la main gauche ce qu’il prétend apporter de la main droite. Contrairement à ce que pense M. Duhamel, une sévérité accrue pour les récidivistes n’a rien de choquant et le texte soumis au Parlement n’a rien de liberticide.
Je sais dans quel mépris nos élites (et d’autres) tiennent les magistrats français, mais ils pourraient au moins leur reconnaître qu’ils sont capables de dire et d’écrire pourquoi, dans les cas où ils ne voudront pas appliquer les peines planchers, ils descendent en dessous du seuil préconisé par la loi démocratiquement votée.
Mais au-delà de ces balivernes, le problème est tout à fait ailleurs et, bien entendu, aucun de nos doctes commentateurs n’en a la moindre idée. Le 27 juin dernier –ce n’est pas vieux–, la garde des Sceaux a envoyé une circulaire dans tous les tribunaux pour enjoindre aux magistrats d’accélérer la politique, engagée par son prédécesseur M. Perben, d’aménagement des peines. Très bien, dira-t-on, de personnaliser ainsi l’exécution des sentences en vue de la réinsertion des condamnés.
Développer au maximum une politique d’aménagement des peines
Sauf que ce nouveau droit à l’aménagement est tout sauf une personnalisation puisqu’il doit devenir automatique et qu’on peut même se demander ce qu’il reste à la sortie de l’exécution de la peine. Je cite: "La loi du 9 mars 2004 (loi Perben II) a affirmé le principe selon lequel les peines d’emprisonnement ont vocation à être aménagées (…). La conduite de cette politique pénale a permis d’obtenir des résultats encourageants puisque, entre le 1er avril 2006 et le 1er avril 2007, l’ensemble des aménagements de peine a augmenté de 28,6%…"
Et la ministre d’accorder un satisfecit particulier au bracelet électronique, qui a augmenté dans la même période de 59%, pour inviter les parquets à mettre tout en œuvre pour développer au maximum cette politique d’aménagement. Le problème, c’est qu’aménager la peine, cela veut dire: trouver les moyens pour que la peine d’emprisonnement ne soit pas exécutée en prison (voire pas exécutée du tout, comme avec le bracelet électronique).
On peut disserter longtemps, et j’en aurai d’autres occasions, sur la valeur punitive (et autres) de la prison. Mais aujourd’hui, je m’interroge sur une seule chose. Comment peut-on tenir les deux discours en même temps, celui sur la récidive et la nécessaire aggravation de la sanction, et celui sur l’aménagement de la peine et l’indispensable atténuation de ses effets?
J’avoue que cette logique m’échappe, sauf à relever que, comme je le disais en commençant, mais peut-être un peu plus clairement encore, je crois que l’on nous fait prendre les vessies pour des lanternes. Mais l’important, une fois encore, n’est-il pas que la droite continue d’avoir l’air d’être de droite, pour que la gauche puisse continuer de faire semblant d’être de gauche?
- 3339 visites







En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
On est en plein dans le sujet. Au fond, ce qui importe à Sarkozy et Dati, c’est moins l’intérêt de la réforme que sa perception par l’opinion…
Rien de mieux que d’être au côté de la majorité silencieuse, les « gens normaux », quoi(Raffarin nous aurait sorti la « france d’en bas », pour laquelle il éprouve de l’humanisme….), pour stigmatiser les autres, trouver des bouc-émissaires, attiser la vindicte, obtenir des soutiens. C’est bien d’une stratégie de conquête du pouvoir dont il s’agit.
« Et je vous montrerais que ce que je dis, je le fait », quite à trafiquer le truc par derrière pour atténuer les risques de surpopulation carcérale…
On est bien loin d’un débat serein sur un sujet qui le mérite… D’autant plus que de nouveaux pseudo-intellectuels, type Xavier Raufer, (voir sa fiche peu reluisante sur wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Xavier_Raufer)s’en mêlent en évoquant ces « fauves » de récidiviste (je l’ai entendu prononcer ce mot sur France 3, chez Taddeï, il y a quelques semaines).
Je ne suis pas sur que la menace de prison ait une quelconque vertu préventive, mais je pense par ailleurs qu’une société ne peut pas faire l’impasse d’un débat et d’une réflexion sur l’ordre et la sanction. Mais ce n’est pas l’objectif de ces gens…
C’est vrai que cette politique semble incohérente et ménager la chèvre et le chou !
Mais c’est l’opinion qui fait loi. NS semble mener la France comme si l’on était en campagne électorale permanente. Il veut surtout défendre la classe sociale dont il porte les intérêts et pour cela il n’a qu’un seul but : rester au pouvoir.
…en campagne éléctorale permanentes…nous le sommes pour les municipales non?
Ayant ecouté egalement Olivier Duhamel ce matin il a surtout fustigé l attitude dertains membres de la majorité qui parent maintenent la loi sur la récidive de toutes les vertus alors qu ils en rejettaient le principe il y a 6 mois .
Ceci etant le debat sur la pensée correcte ou le plitiquement correct est posé , sur le plan de la récidive en tout cas , NS en prend délibérément le contre pied d un coté en relançant le debat sur la récidive et en s appuyant sur les peurs des populations touchées par la petite délinquance .
De l autre il ressort le debat sur les institutions qui il le sait ne passionne pas les foules et en tout cas pas les banlieues et donne cet os à ronger à nos fameuses elites réunies et pour le coup d accord entre elles
En attendant la surpopulation carcerale grandit et son coté criminogéne avec . Circulez il n y a rien à voir .
Au dela d Olivier Duhamel c est le contraste entre les modalités d intervention de NS sur des dossiers tres differents
un coup de populisme sur la recidive en accentuant le cote repressif ( la peine plancher ) . En sachant qu il ne sera pas possible de l appliquer . Et la on fait la nique aux elites .
De l autre on caresse les elites dans le sens du poil en associant droite et gauche dans cette commission sur les institutions dont les masses populaires se tapent .
A la sortie nos elites sont inaudibles et ronronnent en rond
« Des arguments qui n’ont pas changé depuis Victor Hugo » ? Mais, Monsieur, les choses ont-elles changé depuis Victor Hugo ?
Thomas GREDAT
Ce qui a au moins changé, c’est que Bernard Tapie n’est pas jean Valjean et que les Thénardier seraient sûrement sous bracelet électronique.
Et le bourgeois Bamatabois, l’homme qui jette une boule de neige dans le dos de Fantine, courrait toujours.
Ce qui n’a pas changé, c’est cette vision culpabilisante que certains, notamment à droite, donnent des délinquants. Cette vision dix-neuviémiste selon laquelle il y a la bonne et la mauvaise graine, et selon laquelle quelqu’un qui a fait de la prison ne se réinsèrera jamais. Et que le seul moyen d’empêcher les délinquants de nuire, c’est de les sanctionner plus ou moins lourdement. Toute autre façon de voir les choses étant condamnée comme « laxiste », quand elle n’est pas attribuée à un courant de pensée socialo-communisto-bobo-utopisto-trucologiste, forcément en dehors des réalités.
Ceci étant, je n’ai pas plus que vous de la sympathie pour ce que l’on appelle les intellectuels, auxquels on devrait faire un procès pour captation d’héritage, celui de Voltaire. Et le débat actuel, en effet, n’est pas une simple question de bonne conscience. Peut-être le vénérable Robert Badinter devrait-il aujourd’hui se retirer, peut-être mène-t-il un combat d’un autre âge ? Malheureusement, le discours de certains, en particulier celui de monsieur Sarkozy, procède lui aussi d’une vision d’un autre âge. Encore plus reculé.
Je vous remercie d’avoir répondu à mon post, et vous adresse le témoignage de mon profond respect.
Cordialement,
Thomas GREDAT
Je souscris à l’idée que NS est lui aussi porteur d’un discours d’un autre âge. Très 19e, voire pire (n’oublions pas sa tendance à penser qu’on nait pédophile…).
Pour aurant peut on éviter un débat sur ce sujet ? Peut-on rester uniquement sur des positions « droit-de-l’hommistes » ?
L’angélisme, c’est sans doute ce qui a perdu la gauche. C’est aussi sans doute ce qui a discrédité ces intélo « socialo-communisto-bobo-utopisto-trucologiste » comme vous le dites.
Oui, il y a des déviants ! Oui, il y a des délinquants qui pourissent la vie d’un certain nombre de nos concitoyens qui font aussi partie des dominés, et qui souffrent. Et qui se sentent floués quand ils entendent les discours sur la souffrance sociale de ceux qui leurs pourrissent la vie (et je ne nie pas la souffrance sociale des délinquants, loin de là) !!
C’est sur cette souffrance et cette rancoeur que Sark et cie construisent leur pouvoir… Ils ont voté pour lui, alors qu’il s’en fout. Il se sert plus d’eux qu’il ne les sert !!!
Quand poura-t-on avoir un véritable débat sur ce sujet, qui prenne en compte à la fois le besoin de la société de se protéger et une approche compréhensive de la déviance (allez, j’ose : humaniste, mais pas raffarienne !!) sans sombrer dans des positions morales ou manichéennes ?
Quand-est-ce qu’on poura avoir ce débat qui nous permettra de renvoyer les néoconservateurs et leur discours puant vers les oubliettes de l’histoire ?!!
Bien entendu, il faut un véritable débat sur la question. Je partage entièrement le point de vue que vous exprimez dans ce post. Je ne dénonce pas le manichéisme chez Sarkozy pour l’approuver dans le droit-de-l’hommisme.
Le problème étant que la question n’a jamais été abordée de manière sereine, sa réduction au conflit répression-réinsertion empêchant qu’il y ait une vraie réflexion. Pour le plus grand bonheur de ceux qui ne veulent surtout pas que ça change. Et ce n’est pas maintenant que cette sérénité sera de mise, étant donné le climat actuel.
Ceci dit, je reconnais à Sarkozy qu’il a un pif monstrueux, presque cyranoien, pour renifler les préoccupations des Français (et les exploiter). Là encore, il a mis le doigt sur l’une d’entre elles. Je pense que le débat aura vraiment lieu, quand il aura débarrassé le plancher.
Ce qui finira bien par arriver.
Au plaisir de vous lire,
Thomas GREDAT
L’auteur de cet excellent article est un magistrat en colère parce qu’il est contrarié par une apparente contradiction entre ce que le politique annonce et ce qu’il fait. Cela le met en colère, c’est la réaction typique du cartésien devant l’absurde.
Je ne suis qu’un citoyen moyen mais les politiques ne m’étonnent plus. Ils usent toujours des mêmes ficelles.
1 - Ils annoncent « on va voir ce qu’on va voir ». Aujourd’hui: L’insécurité - promesses électorales obligent.
2 - Ils attendent les réactions et jaugent les conséquences politiques de l’annonce.
3 - A ce point, ils décident soit de laisser tomber dans la plus grande discrétion - s’il y a trop de risques - soit de pousser leurs pions si leurs électeurs semblent les soutenir.
4 - C’est alors seulement qu’ils se demandent comment ils vont faire pour faire croire qu’ils font quelque chose.
Dans le cas qui nous préoccupe, tout le monde sait que nos prisons sont surchargées et qu’il n’est pas possible de les bourrer d’avantage - l’Europe nous regarde.
5 - Le ministre en charge envoie donc une circulaire expliquant comment on ne va pas faire tout à fait comme il le raconte à la télé.
D’où les mesures qui permettent de ne pas envoyer les gens en prison..pour l’instant.
CQFD
Alain Renard
Bravo au fin RENARD qui vient d’exprimer très exactement ce que j’observe moi aussi et donc ce que j’en pense !
Badinter, sage tout court.
Quant à dire que les arguments sont les mêmes depuis Victor Hugo, je rappelle qu’à l’époque existait la peine de mort, qu’elle a perduré longtemps, et que cette sentence n’a jamais fait diminuer violences, assassinats et meurtres. Plusieurs condamnés à la guillotine avaient d’ailleurs assisté en direct à des exécutions publiques : l’effet n’est donc pas dissuasif. Il était même peut-être incitatif dans certains cas !
Actuellement, dans certains groupes, le passage par la prison est signe de reconnaissance des pairs, une sorte de passage obligé.
Le problème, c’est que les politiques penchent soit sur le tout répressif, soit sur le tout éducatif. Le premier doit bien sûr être « à la base » avant d’enclencher le répressif. Mais pour cela, il faut donner de vrais moyens et ne pas faire de saupoudrage qui donne lieu de temps en temps à un reportage sur TF1 ou France 2 du genre « Voyez, on fait ca qu’il faut, mais certains sont vraiment indécrottables » !
A force de tounrer sur eux mêmes, les élites-politico-journalistico-industrialo-medium en arrivent à ne créer plus qu’un bloc.
Un bloc presque soviétique pour ce qui concerne la liberté, ou le radotage des données du partis prime sur la liberté de chacun.
http://www.peuples.net/
Pourquoi les élites dans un domaine ne pourraient pas s’exprimer sur Rue89? Parce que le « pointu » n’est pas destiné aux lecteurs de Rue89? Le journaliste de Rue89 que je ne nommerai pas m’a pourtant répondu cela! Chers lecteurs de Rue89 vous savez donc pour quoi on vous prend! Pas pour vous interesser aux choses « pointues »! « Votre révolution de l’info » ne se fera pas par Rue89! Ou alors à la quantité d’audiences. A la qualité, j’en doute! Sauf pour les domaines liés à la politique ou qui mettent des personnes en danger de mort. Là oui, les reportages du vécu de Rue89 méritent d’être entendus. Mais j’ai encore en travers de la gorge, la réponse du journaliste! Normal me direz-vous! « Trop pointu! »
Je n’ai pas encore eu le temps de tout lire, mais la première phrase me fait réagir… je ne devrais pas m’exprimer dans ces conditions, c’est vrai…
Elites, peut être. Intellectuels, certainement pas, seulement prétendus tels, et surtout autoproclamés… Sortis préformatés d’usines à penser, voila pourquoi ils disent tous la même chose.
On m’a appris au lycée, il y a longtemps, qu’on commence par apprendre, acquérir de l’information et toute l’information, se nourrir l’esprit aussi largement que possible, de manière de plus en plus importante. Ensuite seulement, on se fait une idée sur quelque chose, et comme elle est solide car construite sur de la connaissance réelle, on la défend sans peine et sans esbrouffe. De la matière vient l’idée. C’est le propre de l’intellectuel.
Le phénomène est inversé maintenant. L’idéologie est l’élément précurseur et on ne fait que coller de l’argement autour, qu’installer un environnement qu’on pense propice à la diffusion de cette idéologie… quitte à… disons présenter les réalités de manière un peu orientée… C’est le fonctionnement même de nos dirigeants actuels… L’idée préexiste, l’acquérir ne demande ni temps ni effort. Ce ne sont pas des intellectuels.
On est élite par la place que la société nous donne, ou qu’on se donne soi même si on en a le pouvoir (le pouvoir n’est pas une affaire d’intellectuels, mais bien d’élite ???). On est intellectuel parce qu’on s’est construit et qu’on a subi l’épreuve du temps et de ses pairs.
Complètement différent. Ceux qui s’expriment ces temps-ci sont des élites. Pas des intellectuels. Cette confusion est fréquente et importante est je pense qu’elle est à l’origine de beaucoup de désastres actuels, dans la mesure où l’on confie des missions fondamentales à des individus au cerveau incomplet… (je m’emporte, là…)
S’il vous plait, ne confondez pas et soyez subtil dans vos propos…
Sarkozy fait partie d’une élite, et se vante de ne pas être un intellectuel…
Thomas GREDAT
et que dire alors des magistrats qui donnent des leçons de probité intellectuelle, quand ils pratiquent une justice de classe…
J’ai été plutôt gêné par la rhétorique anti-intellectuels de Jean de Maillard. Cependant, son article a le mérite de montrer concrètement que Sarkozy ne cesse de dire tout et le contraire de tout.
Je l’avais constaté au moment de la campagne électorale en lisant l’intégralité d’un de ses discours, celui de Bordeaux, où il annonçait à deux paragraphes de distance qu’il fallait que l’État cesse d’aider les parasites, mais soit toujours disponible pour aider les plus pauvres des Français.
En fait Sarkozy n’exprime pas un point de vue, il active la représentation d’un mode d’être. C’est pourquoi il peut se permettre de tenir des discours incohérents puisque ce n’est pas leur cohérence et l’homogénéité de leur point de vue qui comptent, mais la manifestation de son refus d’être déchiré entre deux options contradictoires. Cela ressort d’ailleurs de l’importance du rejet de la repentance dans sa rhétorique.
Plusieurs commentaires portent sur un aspect particulier de mon article, l’assimilation péjorative entre « élites » et « intellectuels ». Je ne m’attendais pas au tour pris par ces réactions, mais elles ne sont pas sans intérêt, bien au contraire. Je ne fais pas dans l’anti-intellectualisme, je crois que les intellectuels sont nécessaires pour produire des idées et de la controverse et tant mieux quand ils le font. Ce que je critique, c’est en revanche cette alliance, qui n’est pas nouvelle (voyez Julien Benda et la « trahison des clercs »), des intellectuels avec les pouvoirs et surtout d’ailleurs les hommes de pouvoir. M. Olivier Duhamel, qui est le dernier en date à m’avoir agacé, représente le type même de l’intellectuel membre de l’élite, qui cumule les deux casquettes et qui, parlant de ce qu’il ne connaît pas, nous faire croire qu’il parle en intellectuel (pour seriner des banalités et articuler des lieux communs) alors qu’il ne parle qu’en tant que représentant des élites dirigeantes. Ces élites sont certes indispensables, mais à condition qu’elles cessent de croire à leur supériorité existentielle et se comportent comme en autistes. D’autant que ni les uns ni les autres n’ont de leçon à donner, tant le débat intellectuel et politique est d’une pauvreté affligeante, particulièrement sur les questions de sécurité, de délinquance et de justice. La droite comme la gauche font semblant de se battre sur des idées qui n’en sont pas uniquement parce qu’elles n’ont rien à dire mais que l’important pour elles est de continuer à politiser en rond. Et le pire est que cette alliance entre pseudo-intellectuels (ou du moins la petite caste de gens de tous horizons qui se cooptent pour bavasser sur les ondes)et élites a fini par occuper tout l’espace de discussion.
Jean de Maillard
A propos de nos élites, ne pourrions-nous reprendre cette phrase de mai 68 :
« la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale »
… et plus on se produit à la télé ou sur les ondes, histoire de montrer sa bobine ou de faire entendre sa voix aux très chers électeurs.
:-))
c’est l’ère de la com banalisée, il faut parler de tout, surtout quand on ne s’y connait pas, mais il faut avoir l’air de connaitre.
De toute façon, le sujet sur la récidive est complètement pipé, purement électoraliste, parce qu’il faudrait traiter les problèmes en amont : la paupérisation, le mal vivre etc et aborder le problème de la récidive des « cols blancs » dont nos élites se gardent bien de parler…
_ba pourkoi ?
_diskute pa charles,c ton déss-tin ! tien lis ça ptite tête:
« et plus on se produit à la télé ou sur les ondes, histoire de montrer sa bobine ou de faire entendre sa voix aux très chers électeurs.
c’est l’ère de la com banalisée, il faut parler de tout, surtout quand on ne s’y connait pas, mais il faut avoir l’air de connaitre.
De toute façon, le sujet sur la récidive est complètement pipé, purement électoraliste, parce qu’il faudrait traiter les problèmes en amont »
_beu? édouard propose une « réforme de l expression existentialiste à l usage des crameurs de banlieue » ? koi çà ?
_ouais, en slam pyrotechnik,un plan « in » de Lang,pour 1 taf dans « secret-stoîcien » sur tf1.
_m embrouille pas j ai mon concours d’maton à bosser…
Je vous lis et toujours je me dis : mais qui a voté N$ ?
Pas moi en tous cas !
Je vous lis et toujours je me dis : mais qui a voté N$ ?
Pas moi en tous cas !
Je vous lis et toujours je me dis : mais qui a voté N$ ?
Pas moi en tous cas !
Je vous lis et toujours je me dis : mais qui a voté N$ ?
Pas moi en tous cas !
c’est une question et un positionnement qui méritait d’être répété pour les zélites et les zintellectuels !
Ne pas voter 4 fois pour NS , çà frise le bourrage des urnes !
Sacré Charly ! T’en loupes pas une !
MDR !
: ))))
c de l acharnement Victorien ,à moi napoléon.
charlou mollo du ragot , promoteurpublic du shadow-électorat newrupturel-concepto-bouyguo-berlusconnien .
tss tss, pa bien ,réveiller les morzinscrits tibéristochiraquien….
Conteur miraculo-multiplicateur à usage parlam*attentatoire !on t a calculé.
*amain (accent gourverneurial californien)
on te démasquera,nègre du directeur de sarkokom’ post-campagnard !
(pa sur d etre convaincant ,tu peux mécrire en catimini ton nanatheme simplifié en clair ?)
Coucou,
« Ce que j’aime chez les intellectuels français, c’est la manière arrogante qu’ils ont d’être à côté de la plaque. Il faut reconnaître à leur décharge que parler pour dire quelque chose suppose d’abord de savoir de quoi l’on parle. »
A mourir de rire… Démagogie, quand tu nous tiens…
LB
« Il est dans la parfaite incohérence du projet gouvernemental lui-même, qui s’empresse de supprimer de la main gauche ce qu’il prétend apporter de la main droite. »
MOâââ ki suis pas expert si j ai bien compris cest bien le reflet de la sortie sarkozienne .(« zaurez le droit oppozab’ à ségo en débat téloche,avec relookage des lois et tribunaux ensuite)
suis pas si crétin aleur,ça rassure.
pi dfaçon yaura des prisons bouigues toutes clinquantes et ça fra du taf pour le service civilcivik,avec les « fuités brassletronikés » ça équilibrera l bizness et la dette de l état.et le temps/juges consacré au vraix problemes genre clearstream,sûr !
mais ki c qui touche dans l histoire ?
pass pass,ni la main droite ni la main gauche ! HIHI,ci magik (accent garcimore)!
»_chirac ta pas un ptit cours juridikofinancier à nous vendre,tu fais rien là,si ?apres lodition ? » :)
Quoi qu’en disent les « intellos » de service, et en tant que magistrat pénaliste je m’en moque, il suffit de regarder se qui se passe aux États-Unies pour savoir que l’introduction des peines plancher et - plus encore - les coups portées au statut pénal des adolescents contribuent bien a remplir d’avantage les prisons, sans pour autant apporter une solution valable pour resoudre le problème de l’insécurité.
Pour sortir enfin des cercles vicieux de la délinquence et de la violence la justice pénale a besoin non pas d’une nouvelle loi mais de plus de moyens et plus d’alternatives a la prison !!!
Traitez moi d’angelisme si cela vous soulage.
Bien amicalement.