EADS, Medef: les affaires reprennent... Elles allaient mal?
Quel est le point commun entre l’affaire Gautier-Sauvagnac, que les observateurs avertis s’accordent à considérer comme un financement occulte des syndicats par le patronat, et l’affaire EADS, goinfrage obscène par une clique d’initiés sur la dépouille d’une bête industrielle moribonde, sous l’oeil endormi de l’Etat et de ses serviteurs ?
Ne cherchez pas plus loin, je suis sûr que vous avez trouvé : la connivence de nos « élites », pour le pire et rarement le meilleur. Au nom de la République et en fait sur son dos.
Mon propos ne se veut pas moral, et moins encore moraliste. Il y a longtemps que j’ai renoncé à croire en la bonté naturelle de l’homme, surtout l’homme de pouvoir, et que je ne cherche plus à changer l’humanité. Le problème est ailleurs, dans la manière dont nous nous accommodons, tous autant que nous sommes, de l’incontournable médiocrité de ceux qui nous gouvernent.
Le pouvoir est une comédie, peu reluisante mais qui a son utilité
Que l’on me comprenne bien : je n’ignore pas à quel point le pouvoir est une comédie, il m’est arrivé plus d’une fois d’en contempler le peu reluisant spectacle. Une comédie qui a pourtant son utilité car le pouvoir doit agir d’abord sur le terrain symbolique, qui l’institue en surplomb de la société qu’il commande. Une comédie que l’on doit se jouer aussi entre soi, gens de pouvoir, surtout dans une démocratie qui se résume en fin de compte à n’être qu’un mode pacifié (et alterné) de transmission du pouvoir.
Il n’y a rien de nouveau dans ces ballets simulés, où l’on préserve toujours plus soigneusement ses adversaires -on a toujours besoin d’un adversaire pour exister dans la concurrence pour le pouvoir- que ses « amis », ceux qui sont là pour vous priver des joies de la conquête à leur propre profit.
Le dégoût qu’on peut ressentir pour les jeux du pouvoir n’empêche donc pas de reconnaître qu’ils soient dans certains cas nécessaires, ou du moins inévitables. La question n’est pas là. Elle est dans la manière, disais-je, dont on s’en accommode.
Quand la connivence atteint aussi les syndicats et l'opposition
Or notre pays a cette particularité que la fracture entre le peuple et ses institutions -et donc ses élites- est tel qu’il n’existe aucune régulation pour empêcher que ce qui est nécessaire au fonctionnement de la comédie du pouvoir ne soit pas en même temps ce qui la rend insupportable.
La seule possibilité qu’il y a de faire surgir, chez nous, un scandale est l’accident ou la catastrophe. Je parle d’accident ou de catastrophe pour désigner la révélation, le plus souvent fortuite, qui porte à la connaissance de l’opinion publique ce que l’ensemble des élites -je dis bien l’ensemble- s’entend pour lui cacher.
Et quand je parle des élites, qu’on ne s’y trompe pas : ce ne sont pas seulement les membres des conseils d’administration du CAC 40, les ministres ou les parlementaires, la jet set et le show biz. Ce sont aussi, et c’est là que l’affaire Gautier-Sauvagnac est intéressante, les syndicats et les partis d’opposition, tous unis dans la connivence.
Dans les années 80, les sidérurgistes marocains mis à la retraite
Qu’on me pardonne de raconter une anecdote que j’ai personnellement vécue. Dans les années 80, la sidérurgie était en crise, et il a fallu liquider les aciéries dont l’Europe n’avait plus alors besoin. Problème : comment se débarrasser des milliers de salariés (le secteur de la sidérurgie étant un employeur de masse qui faisait vivre des régions entières) ? On sollicita, très normalement, l’Union européenne pour subventionner ce qu’on n’appelait pas encore du doux euphémisme de « plans sociaux ». Mais quelqu’un eut un jour une idée aussi perverse que géniale. Plusieurs centaines, sinon quelques milliers, de Marocains -et peut-être d’autres nationalités, je ne l’ai jamais su- faisaient partie des effectifs qu’il fallait licencier. Mais licencier est un vilain mot, qui passe mal, tandis que mettre à la retraite, ou en pré-retraite, est un geste qui trouve toujours grâce aux yeux des syndicats.
L’idée géniale fut donc la suivante : le Maroc avait (j’ignore s’il l’a toujours) cette particularité de ne pas posséder de registres d’état civil. Le droit marocain se contente par conséquent de certificats délivrés par des témoins pour déterminer l’âge de ses sujets.
On accorda ainsi très libéralement, dans les semaines précédant l’inscription sur les listes de licenciement, un congé pour les travailleurs marocains qui le souhaitaient, pour passer une semaine ou deux de vacances au pays. Et ils revenaient vieillis de 10 ou 20 ans, certificat en main qu’on s’empressait d’inclure dans leur dossier pour les faire passer de la liste des licenciés à celles des heureux préretraités.
Aujourd’hui encore, ces ex-travailleurs en pleine forme continuent de toucher la pension d’une retraite qu’on leur souhaite très longue, financée en bonne partie par les subventions européennes.
La morale de cette petite histoire est la suivante : les syndicats auraient pu ne pas accepter ces entorse à la morale du travail. Mais aucune confédération ne broncha. Et comme un bienfait n’est jamais perdu, certains syndicats gagnèrent de nouveaux permanents, en pleine forme et déjà retraités, donc payés sans que les fonds syndicaux n’aient à en souffrir. Et nul n’en entendit plus parler. Escroqueries, corruption ? Quels vilains mots : petits arrangements entre amis, tout simplement.
Le silence de Tracfin, la cellule antiblanchiment, sur l'affaire Gautier-Sauvagnac
Changement d’époque, mais pas de moeurs, l’affaire EADS soulève quelques questions que je n’ai vue posées nulle part et notamment celle-ci : pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps avant que Tracfin se décide à dénoncer les faits à la justice ? Les prélèvements d’argent liquide de M. Gautier-Sauvagnac duraient, paraît-il, depuis 2000, et probablement depuis bien plus longtemps. Tracfin, la cellule antiblanchiment chargée de dénoncer les pratiques de blanchiment à la justice, a attendu l’automne 2007 pour faire ce à quoi elle est censée servir.
A-t-il fallu sept longues années à ses limiers pour comprendre que retirer 200 000 euros en liquide, toutes les semaines ou même tous les mois, méritait une enquête plus poussée ? Personne ne croira un seul instant qu’on n’a pas pris, pour le moins, le temps de la réflexion pour aboutir à cette fâcheuse lenteur.
Cela me rappelle une autre affaire : celle de Roland Dumas qui, pendant qu’il était ministre des Affaires étrangères, déposait régulièrement des valises de billets sur le comptoir de son agence bancaire, place Monge à Paris, demandant au banquier d’avoir l’obligeance de les convertir... en valises d’autres billets.
Le directeur de la succursale fit alors ce qu’il devait faire : il avisa immédiatement sa hiérarchie de l’étrange manège. Que fit la direction de la banque ? Ce qu’on fait toujours en France : rien. Motif : on ne dénonce pas à Tracfin un ministre en exercice...
L’affaire finit en eau de boudin, la justice n’ayant jamais jugé bon de s’en occuper sérieusement. Plus grave était sans doute l’affaire des bottines, qui s’acheva d’ailleurs, elle aussi, par une relaxe de Roland Dumas.
Un sentiment d'impunité né de l'indulgence de l'opinion publique
On a beaucoup jasé, durant les années 90, sur la corruption et quelques juges isolés -Jean-Pierre, Eva Joly, Van Ruymbeke, Courroye...- ont jeté un mince rayon de lumière sur les pratiques douteuses du monde politique. Celui-ci s’en est toujours tiré, d’abord en niant l’évidence et en criant au complot des juges, mais aussi en invoquant un argument plus subtil : à part quelques brebis égarées, cette corruption n’avait pas pour but l’enrichissement personnel, mais le fonctionnement des partis, donc de la démocratie. On a toujours porté au crédit (si j’ose dire) de ceux qui s’étaient fait prendre la main dans le sac, le fait qu’ils renflouaient les caisses de leur parti plutôt que la leur.
Or, le problème est précisément que l’opinion publique accepte d’accorder son indulgence à ces pratiques collectives, sans voir que le niveau de connivence dans lequel notre pays se complaît est l’une de ses tares, qui constituent le vrai « mal français ». Nos élites ne sont ni plus ni moins vertueuses que celles des autres pays, mais ce qui change entre ici et ailleurs est la façon dont on traite ceux qui se font prendre la main dans le sac.
Disons pour simplifier qu’il y a une façon américaine et l’autre continentale, qui tiennent à la différence de culture entre les pays latins et les pays nordiques. Les Etats-Unis n’ont rien à nous envier en matière de turpitudes, mais il existe une différence entre eux et nous : tant pis pour ceux qui s’y font prendre.
Jeff Skilling, l'ancien directeur général d'Enron, a été condamné à vingt-quatre ans et quatre mois de prison pour ses malversations, sans compter les 45 millions de dommages et intérêts à verser à ses victimes. A-t-on entendu parler en France d’une seule journée de prison pour les prédateurs du Crédit lyonnais ? On s’est contenté de créer un fonds de « défaisance », mot élégant pour désigner une structure chargée de payer avec l’argent des contribuables les conséquences du désastre financier.
Chez nous, la connivence est dans les gènes de la République. Les pouvoirs politique, économique et social, toutes tendances confondues, s’entendent toujours comme larrons en foire pour faire circuler les importuns qui voudraient bien savoir tout ce qui se fricote en secret pour notre plus grand bien. Hélas, non seulement ils n’en sauront rien, mais le système n’est pas près de se réformer.
On s'est débarrassé des juges encombrants, mais les « affaires » continuent
Depuis quelques années, les « affaires » semblaient moins nombreuses. Il y a bien eu les ennuis de Jacques Chirac, reportés judiciairement pour cause d’immunité présidentielle, mais rien de bien sérieux depuis la fin des grandes affaires vers la fin des années 90.
On s’est bien sûr empressé, dans les cercles des pouvoirs et dans les rangs des élites, de chanter partout que s’en était fini, même si l’on avait d’ailleurs toujours dit que cela n’avait jamais commencé et que tout était invention de petits juges aigris.
La vérité est qu’on s’est débarrassé des juges encombrants, qu’on a muselé les autres et qu’on a repris en main une magistrature qui, dans son ensemble, ne demandait que cela. Plus de juges, plus d’enquêtes, plus de scandales.
Sauf qu’il existe toujours quelques accidents et quelques catastrophes. Rien n’est jamais parfait.
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Très instructif…merci.
comme quoi ilest plus grave d’embrasser un tableau
que de voler l’Etat
Livre remarquable que celui d’Eva Joly! Ce n’est certainement pas notre Garde des Sceaux, la pauvre Rachida Dati, entrée à l’Ecole de la Magistrature sans en passer le concours (elle n’en n’aurait pas été capable selon l’avis des rares magistrats qui l’ont observée lors de sa météorique carrière judiciaire…) qui serait susceptible d’exprimer aussi clairement une opinion sur la Justice ou plus simplement d’exposer une idée originale ou personnelle. Elle n’est que le haut-parleur, bafouillant, en plus, de notre Président. Qui l’a entendue s’exprimer au Sénat, lorsque parlant des actes de délinquance commis par les jeunes, elle a employé à plusieurs reprises le mot « conneries » (à l’effarement général?…
votre commentaire m’interpelle
il y a en effet contradiction avec ce que le personnage public Rachida Dati nous donne à voir (psychologie rudimentaire, langage et culture limités ?) et le fait qu’elle ait fait l’Ecole de la magistrature.
je me disais aussi: pour avoir eu le concours, elle doit quand même être plus intelligente qu’elle n’en a l’air…
Mais non, même pas ?!
elle est rentrée comment, alors ?
merci
Votre remarque est très judicieuse. Peut-être faut-il y voir une application de ce qu’écrivait La Boétie sur la servitude volontaire : les tyrans et les dictateurs ne règnent pas par la terreur, mais parce que le peuple intègre les principes de sa domination comme une nécessité. Toutes proportions gardées, la distance entre nous et les élites marque cette même altérité du pouvoir, à laquelle nous sommes résignés et nous sommes effectivement beaucoup plus sensibles aux micro-inégalités ou injustices que nous côtoyons qu’à celles qui, autrement plus grandes et plus graves, sont commises par ceux que nous pensons instinctivement comme d’une autre nature que nous-mêmes.
Information en continu où un fait pousse rapidement l’autre vers la sortie, lassitude devant des phénomènes récurrents ?
Il est très courant, pour ne pas dire systématique, qu’à l’occasion d’une discussion au cours de laquelle on aborde un détournement de fonds, un délit d’initié ou autre gâterie, mes interlocuteurs me répondent: « bah ! ils font tous ça ! ».
Et donc sinon de justifier le délit, pour le moins de l’ignorer volontairement, choix totalement assumé de démission collective.
Quand Michel Drucker reçoit la famille Chirac ou Rachida Dati, où est la politique, où est le show biz ? La politique n’est-elle pas d’ailleurs en train de ce showbizer à grande allure ?
vous dîtes
« Pour moi, elite a ce sens d’être au-dessus du lot pour ce que l’on peut y apporter de pensée, d’un plus qui se remarquerait »
Pour moi, c’est beaucoup plus simple, l’élite n’existe pas, c’est un non-sens. Riche, « puissant » ou pas, nous avons tous exactement la même valeur et nos vies présentent toutes le même intérêt
je définirais donc l’élite comme ceux qui se proclament comme ayant une valeur différente (et supérieure, évidemment) des autres, mais qui se gourent lourdement.
Au moment de rendre leur dernier soupir comme chacun d’entre nous, qui sait, ils comprendront peut-être ?
Concernant les syndicats, je veux bien vous suivre dans votre « dénonciation » d’une collission d’intêtrets entre les syndicats et le CNPF ou Medef. Que les boîtes françaises arrosent les partis politiques tous azimuts avant les élections n’est pas un scoop non plus. Par contre je voudrais alors que l’on m’explique pourquoi les patrons s’organisent (entreprises de moins de 20 salariés, délocalisations, etc.)pour éviter tout ce qui peut ressembler à un syndicat dans leur boîte. Pourquoi systématiquement dès que l’on dirige un syndicat ou en fait parti tout de suite le plan de carrière est à la poubelle, les syndicalistes plus ou moins placardisés. Pourquoi aussi malgré la présence de syndicats dans des boîtes rien n’avance, rien n’est obtenu, et leur droit de regards sur les affaires de l’entreprise est juste un droit de regard. Je voudrais savoir aussi pourquoi tant de patrons s’insurgent contre les syndicats, le syndicalisme, à la télé, à la radio partout en ce moment. Je voudrais savoir aussi pourquoi quand ceux ci se mettent en grève, voir le 18 ocvtobre prochain, ça enquiquine tout le monde. Je voudrais savoir aussi pourquoi les situations de harcèlemtns moral, sexuel et harcèlement physique se retrouvent moins dans les entreprises fortement syndicalisées. Je voudrais savoir pourquoi alors le grand rêve des patrons est : pas de grève ou service minimum ce qui revient au même, pas de droit du travail.
Après tout la situation que vous dénoncez, les marocains vieillis pour qu’ils touchent une retraite convenable, ceci dans le silence des syndicats, n’est pas la pire des choses qui se soit passée en France. A la limite c’était le bon temps.Déguiser des licenciements en pré-retraite est un moindre mal par rapport à balancer les gens à la rue sans rien du tout, sauf une mise au hômage et après on glande jusqu’au minimum vieillesse.
Moi Monsieur le Magistrat je pourrais aussi vous raconter des patrons « de droite » chez lesquels j’ai bossé en dissimulant soigneusement que j’avvais une maitrise de droit sinon ils ne m’auraient pas embauchée. Ces gens-là ne voulaient tout simplement pas payer les commissions que je devais percevoir en tant que commerciale. Ils ont tout essayé, me mettre en faute etc. Pour ne rien payer du tout. L’un d’eux m’a dit « ah vivement les élections » (86), la droite va revenir aux affaires et on pourra enfin virer le code du travail. Déchirer le code du travail.Un syndicat m’a aidée à trouver un avocat, et on les a baisés non seulement sur le non paiement des primes mais en plus, comme leur contrat de travail était totalement bison, et mal écrits, mal conçus, j’ai bénéficié pendant deux ans d’un cadeau des dieux : dédommagment d’une clause de non concurrence qu’ils avaient négligés de retirer. Tout ceci se passant évidemment dans les coulisses publicitaires d’un hebdomadaire d’opinion français.
Bref. Où je veux en venir? Il faut des syndicats, il faut les aider, mon dieu quand je pense aux syndicalistes que j’ai rencontrés et qui font un boulot nécessaire et qui en prennent plein la tête, au niveau particulier, j’ai vraiment envie de les soutenir, quoique que l’affaire à partir de laquelle vous écrivez puisse laisser penser. Il faut des gens qui aident à lire la loi, qui fournissent des avocats (grand et noble métier n’est-cepas Monsieur Sarko?). Si vous saviez ce qui se passe dans les petites pme, les petites boîtes de province, les entreprises familiales, où lle principe premier c’est il vaut mieux payer aux prud’hommes plutôt que d’appliquer les lois sur le travail. Savez vous qu dans une des dernières boîtes où j’ai bossé, comme je suis une femme dragable et qu’on a envie de mettre dans sapoche, des patrons conseils aux prud’hommes, des gars du coin, m’ont dit plaide l’affaire ici, et on te fait un tarif de dommages intérêts au petit poil? Je n’ai pas suivi ces « conseils » et me suis retrouvée gros jean comme devant. Mais là n’est pas la question. Il n’y avait pas de syndicats, il n’y en aura jamais, chez ces gens très proche de JF Copé, celui de Meaux.
Quand j’ai découvert qu’il y avait enfin une division CGT sur le site dans lequel ma petite boîte avait créé sa petit entreprise (ah si Bashung savait!) j’étais très étonnée. Un peu comme quand les Bleus (dont je me fous super) ont étonné les français samedi soir en gagnant. Tellement contente que je les ai appelés pour les féliciter. Ils ont réussi à créer un syndicat à cet endendroit, c’est extraordinaire. Un taux de psychosomatisation dans ce « site » absolument hors compétition. Un endroit qui devrait bénéficier d’une cellule psychologique de soutien.
Alors, décidément, allez bosser trois jours dans une petite boîte dans syndicat, et racontez moi tout, vous verrez, c’est édifiant. Monsieur le Magistrat bien protégé lui par des syndicats de fonctionnaires. Vous avez de la chance et ne crachez pas dessus, sous couvert de dire des vérités. Ce ne sont pas ces vérités qui font avancer le droit du travail. Le droit au travail.
Pascale Mir
Bonjour à toutes et tous,
…C’est vrai et c’est tant mieux.
Mais là , nous sommes de plus en plus dans une République bannière que dans une République démocratique.
Mon petit doigt me dit que cela va « plutôt » empirer et qu’à l’arriver nous allons trinquer.
Reprenons le pouvoir !
Millions de bésitos.
Eric bloggeur Mulhousien
http://monmulhouse.canalblog.com/
Merci pour la clarté de la démonstration.Malheureusement je n’ai pas votre flegme ma tension continue de monter!
Cher anonyme de17h59 : ce n’est pas le ministère de l’économie et des finances que tracfin est chargé de prévenir, mais le parquet. La meilleure preuve de tout ce que je dis n’est-elle pas là ?Jean de Maillard
Digression, je sais… Mais rendons à César…
Cette célèbre formule, l’auteur en est le Curé Meslier, dont le manuscrit a été édité en 1970 aux Editions Anthropos: « Mémoire des Pensées et des Sentiments de Jean Meslier, Curé d’Etrépigny… » Trois gros volumes, une lecture austère certes, pas mal de longueurs, un style lourd parfois, mais un texte passionnant, et un apparat critique à couper le souffle…
Savez-vous que les choses en sont à un tel point, sous notre belle République, qu’il y a François Mitterrand qui donne actuellement dans le teasing des forces de l’esprit :
http://www.avoodware.com/blog/files/francois%20mitterrand%20forces%20esp…
@ suzB Les plus de 60 ans.
Ca y est on vient de trouver une nouvelle catégorie de français pour y taper dessus. Il y avait déjà les RMIstes,les SNCF,les RATP,les fonctionnaires,les militaires,les EDF,les GDF,qui donc encore?
Je saia qu’il est extrèmement difficile d’accepter ce que dit J. de Maillard, et d’essayer de tourner le regard ailleurs mais cela vous reviendra toujours dans la figure.
J’ai plus de 65 ans et moi aussi je ne ‘dérage’ pas depuis le 6 mai, mais en plus j’essaie de comprendre le monde qui m’entoure.
Mon expérience m’a beaucoup appris sur le genre humain. Mon travail me permettait d’être en contact avec pratiquement toutes les couches de la société,des travailleurs immigrés aux élus en passant par des chefs d’entreprises et des médecins psychiatres et psychanalystes, mais il me manquait un angle de vision que Monsieur de Maillard me donne à chacune de ses interventions dans Rue89.
Tout cela peut conduire à une forme de désespoir et pourtant chaque individu est indispensable pour changer ne serait-ce que d’une infime parcelle le monde sur lequel nous vivons.
Je pense que vous faites une confusion : selon moi, Mr. le Magistrat a voulu dire que la « connivence est dans les gènes de "notre" république », c’est-à-dire la française. Ce qui n’implique pas que ce soit inhérent à toute forme de république.
En d’autres termes, si on peut faire quelque chose pour l’améliorer (il y aura certes beaucoup à faire).
Mais c’est vrai, la confusion est possible.
JPL
PS (« Post Scriptum », pas le parti) : je n’ai pas mis de majuscules à la république française parce que, bien que je l’aime toujours, elle est si malade qu’elle n’en mérite plus tant. Hélas!
En ce qui concerne la dernière dont vous parlez, un peu de patience…
ET oui vous avez mille fois raison, mais ils n’ont pas de mémoire,il faut comme à l’école d’avant 68 tous les jours leurs rappeler:
des veaux, il avait dit,comme il avait raison.
ou est donc la famille du docteur guillotin?
vous avez entièrement raison pour la presse, mais c’est un sujet à soi tout seul
« Nicolas Sarkozy veut que l’enquête aille « jusqu’au bout »
la porte de sortie de crise toute désignée est celle du cimetière.
le Pdt. de la CDC de l’époque étant à ce jour DCD.
Pardon pour le style, on ne se refait pas. Mais j’essaierai quand même :=))
Hélas, Tout est dit dans cet excellent article de Monsieur de Maillard.
« Changement d’époque mais pas de moeurs » Oui, avec en plus, l’arrogance qui monte et la bêtise triomphante qui s’affiche.
Nous sommes aux portes de la dictature.
Le constat existe depuis longtemps et est admis dans l’opinion publique avec le secret espoir du sauveur incarne par l’election de ce dernier president..
Personnellement je pense que nous n’allons pas etre decus au mauvais sens du terme .
Pour en revenir a ce cher peuple francais qui considere les dirigeants de tous poils comme « tous pourris etc.. »
Combien de personnes s’impliquent dans la vie :
syndicale
politique
associative?
Qui sont bien sur « tous pourris » et seulement interesses par le pouvoir , entre parentheses les derniers ralliements ne sont pas la pour nous demontrer le contraire
Mais enfin rien n’empeche personne de s’impliquer quitte a essayer de faire bouger les archaismes
La prise de position derange , je pense que nous trimballons une vielle culture du « secret » typiquement francaise .
Le tout agremente d’une captation des manettes par une nomenklatura dont personne ne voudrait ailleurs !
L’affichage des revenus et des opinions politiques fait partie du paysage Anglo saxon en france elle fait partie du on dit .
La perpetuation de cet etat n’est elle pas culturelle?
il est bien évident que nous sommes très soupolait et beaucoup plus REACTIF qu’ACTIF.
désolé cher ami, mais je ne mets pas Sarkozy le parasite de la République (pour prospérer, je la mine de l’intérieur), malgré tout le mépris que j’ai pour lui, au niveau de la violence aveugle et imbécile des RAF et autres Action Directe…
Notre président a dit un jour « Il faut appliquer la loi dans toute sa sévérité ».
Chiche !
Pourquoi cette affaire ne sort que maintenant ? A mon avis, la réponse est simple : qui était premier ministre à l’époque ? et qui maintenant est l’un des principaux opposants à Sarkosy ? le même, De Villepin. Le pouvoir actuel sort lui-même cette affaire pour l’éclabousser et minimiser le rôle du grand patronat, les amis du pouvoir.
Non pas que je défende de Villepin, loin de là. Je pense qu’il n’y en a pas un pour racheter l’autre, y compris les élus de la gauche caviar.
Mais, à trop en faire, Sarkosy, qui a été ministre d’état et de l’économie dans le gouvernement de l’époque, risque, fort heureusement, de recevoir quelques gouttes.
Je tiens aussi à remercier Jean de Maillard (attention à Rachida) et Rue89 pour nous permettre de lire de tels articles.
Les gâteries de futurs chômeurs ou retraites (parachutes dores retraites chapeau stock option)
Daniel Bernard serait parti en 2005 avec 38 M d’€
Forgeard d’EADS serait parti avec 6 million d’€ en 2006
parachutes dorés des patrons en partance, entretenue depuis deux ans par les 10,5 millions d’euros d’Igor Landau (ex Sanofi), les 12 millions de Jean-Marc Espanoux (ex Accor), ou encore les 13 millions d’Antoine Zacharias (ex Vinci)
Les affaires de ces dernières années
EADS deja on peut lire sur ce lien
http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=4354 des interrogations sur les ventes et rachats des actions par le groupe lui-même article date du 21 juin 2006. Consultez le c’est édifiant et complète « l’affaire actuelle »
Executive Life coût 700 M d’€ au pénal négocie par l’etat français perte plusieurs milliard d’€ au civil résultat du procès de 13 administrateur ??
Ceci ne sont que quelques exemples datant de ces dernières années Banal sauf que les sommes ne le sont pas.
Si l’on rapproche le salaire SMIC net 1000€ / mois 12000/an soit 833 ans de salaire au million d’euros donc Denis-Sauvagnac aurait retire en liquide l’équivalent de 6,5 fois 833= 5414,8 ans de SMIC
D’autre part il n’y a aucune sanction ou si peu pour incompétence ou malversation (Le Floch –Prigen 300 millions € aurait été détourné 21 mois sous les barreaux 378 000 € d’amende a été un ce ceux le plus lourdement puni)
Je n’évoquerais pas les pertes d’emplois et les familles des salaries dans la panade cela ferait pleurer dans les chaumières notre Président s’en charge
On peut comprendre que le niveau de salaire varie de 1 a 100 au delà cela devient difficile a avaler. De même la sanction est en France très légère pour les délits financiers contrairement aux USA entre autres mais on ne prend exemple ailleurs que pour culpabiliser le salarie français. Comment aussi expliquer cette dépénalisation des « affaires » prévue par la majorité actuelle et notre omniscient - président
Pendant ce temps là ces nantis de fonctionnaires se gavent de salaires mirobolants de sécurité de l’emploi et de retraites inadmissible. Tout le monde va travailler plus pour payer plus et finalement gagner mois.
Bravo pour ce superbe article et pour ce militantisme raisonné et raisonable : on ne lache rien !!!
Y-EN-A-MARRE
Yeam
La République Française se résume actuellement à l’institution judiciaire et un petit peu à l’exécutif.Faisont leur confiance,c’est la seule base solide qu’il nous reste.
Très bon article Mr. le juge.
Merci pour l’article !
Si vous n’avez pas pu écouter l’émission sur France Inter de Daniel Mermet, Là Bas si j’y suis, aujourd’hui allez sur le site non officiel de l’émission pour plus d’infos sur le sujetet le rôle de/des lagardère:
Cher M. de Maillard,
merci mille fois d’avoir dit ce qu’il fallait dire!
Cher Mr. de Maillard
Excellent article. Juste une remarque sur le traitement réservé aux délits d’initié outre Atlantique. S’il est vrai que certains ont été assez durement frappés par la justice, vous citez Jeff Skilling. Il y a eu aussi Martha Stewart, attrapée pour avoir menti dans une autre affaire (Imclone).
Cependant, ces affaires très médiatisées servent surtout à faire croire que l’autorité de surveillance Américaine est très vigilante, en ciblant des personnes « médiatiques », ceci afin de rassurer le public.
Dans d’autres affaires pourtant, la justice n’a pas été alertée et de gros poissons on semble t-il pu passer à travers les mailles du filet. Par exemple l’affaire Pequot capital impliquant l’ex chef de CSFB (Credit Suisse First Boston). Cette affaire qui à été jusqu’a une audition du Sénat Américain à été close, du fait que la S.E.C à fait trainer les choses jusqu’au délai de prescription, apparemment grâce à des pressions politiques.
Que dire d’un système ou les régulateurs poursuivent très souvent leur carrière dans l’industrie qu’ils sont sensés réguler, immédiatement après avoir quitté leur poste dans une agence gouvernementale. (S.E.C, F.D.A…)