
EADS, Medef : les affaires reprennent… Elles allaient mal ?
Quel est le point commun entre l'affaire Gautier-Sauvagnac, que les observateurs avertis s'accordent à considérer comme un financement occulte des syndicats par le patronat, et l'affaire EADS, goinfrage obscène par une clique d'initiés sur la dépouille d'une bête industrielle moribonde, sous l'oeil endormi de l'Etat et de ses serviteurs ?
Ne cherchez pas plus loin, je suis sûr que vous avez trouvé : la connivence de nos « élites », pour le pire et rarement le meilleur. Au nom de la République et en fait sur son dos.
Mon propos ne se veut pas moral, et moins encore moraliste. Il y a longtemps que j'ai renoncé à croire en la bonté naturelle de l'homme, surtout l'homme de pouvoir, et que je ne cherche plus à changer l'humanité. Le problème est ailleurs, dans la manière dont nous nous accommodons, tous autant que nous sommes, de l'incontournable médiocrité de ceux qui nous gouvernent.
Le pouvoir est une comédie, peu reluisante mais qui a son utilité
Que l'on me comprenne bien : je n'ignore pas à quel point le pouvoir est une comédie, il m'est arrivé plus d'une fois d'en contempler le peu reluisant spectacle. Une comédie qui a pourtant son utilité car le pouvoir doit agir d'abord sur le terrain symbolique, qui l'institue en surplomb de la société qu'il commande. Une comédie que l'on doit se jouer aussi entre soi, gens de pouvoir, surtout dans une démocratie qui se résume en fin de compte à n'être qu'un mode pacifié (et alterné) de transmission du pouvoir.
Il n'y a rien de nouveau dans ces ballets simulés, où l'on préserve toujours plus soigneusement ses adversaires -on a toujours besoin d'un adversaire pour exister dans la concurrence pour le pouvoir- que ses « amis », ceux qui sont là pour vous priver des joies de la conquête à leur propre profit.
Le dégoût qu'on peut ressentir pour les jeux du pouvoir n'empêche donc pas de reconnaître qu'ils soient dans certains cas nécessaires, ou du moins inévitables. La question n'est pas là. Elle est dans la manière, disais-je, dont on s'en accommode.
Quand la connivence atteint aussi les syndicats et l'opposition
Or notre pays a cette particularité que la fracture entre le peuple et ses institutions -et donc ses élites- est tel qu'il n'existe aucune régulation pour empêcher que ce qui est nécessaire au fonctionnement de la comédie du pouvoir ne soit pas en même temps ce qui la rend insupportable.
La seule possibilité qu'il y a de faire surgir, chez nous, un scandale est l'accident ou la catastrophe. Je parle d'accident ou de catastrophe pour désigner la révélation, le plus souvent fortuite, qui porte à la connaissance de l'opinion publique ce que l'ensemble des élites -je dis bien l'ensemble- s'entend pour lui cacher.
Et quand je parle des élites, qu'on ne s'y trompe pas : ce ne sont pas seulement les membres des conseils d'administration du CAC 40, les ministres ou les parlementaires, la jet set et le show biz. Ce sont aussi, et c'est là que l'affaire Gautier-Sauvagnac est intéressante, les syndicats et les partis d'opposition, tous unis dans la connivence.
Dans les années 80, les sidérurgistes marocains mis à la retraite
Qu'on me pardonne de raconter une anecdote que j'ai personnellement vécue. Dans les années 80, la sidérurgie était en crise, et il a fallu liquider les aciéries dont l'Europe n'avait plus alors besoin. Problème : comment se débarrasser des milliers de salariés (le secteur de la sidérurgie étant un employeur de masse qui faisait vivre des régions entières) ? On sollicita, très normalement, l'Union européenne pour subventionner ce qu'on n'appelait pas encore du doux euphémisme de « plans sociaux ». Mais quelqu'un eut un jour une idée aussi perverse que géniale. Plusieurs centaines, sinon quelques milliers, de Marocains -et peut-être d'autres nationalités, je ne l'ai jamais su- faisaient partie des effectifs qu'il fallait licencier. Mais licencier est un vilain mot, qui passe mal, tandis que mettre à la retraite, ou en pré-retraite, est un geste qui trouve toujours grâce aux yeux des syndicats.
L'idée géniale fut donc la suivante : le Maroc avait (j'ignore s'il l'a toujours) cette particularité de ne pas posséder de registres d'état civil. Le droit marocain se contente par conséquent de certificats délivrés par des témoins pour déterminer l'âge de ses sujets.
On accorda ainsi très libéralement, dans les semaines précédant l'inscription sur les listes de licenciement, un congé pour les travailleurs marocains qui le souhaitaient, pour passer une semaine ou deux de vacances au pays. Et ils revenaient vieillis de 10 ou 20 ans, certificat en main qu'on s'empressait d'inclure dans leur dossier pour les faire passer de la liste des licenciés à celles des heureux préretraités.
Aujourd'hui encore, ces ex-travailleurs en pleine forme continuent de toucher la pension d'une retraite qu'on leur souhaite très longue, financée en bonne partie par les subventions européennes.
La morale de cette petite histoire est la suivante : les syndicats auraient pu ne pas accepter ces entorse à la morale du travail. Mais aucune confédération ne broncha. Et comme un bienfait n'est jamais perdu, certains syndicats gagnèrent de nouveaux permanents, en pleine forme et déjà retraités, donc payés sans que les fonds syndicaux n'aient à en souffrir. Et nul n'en entendit plus parler. Escroqueries, corruption ? Quels vilains mots : petits arrangements entre amis, tout simplement.
Le silence de Tracfin, la cellule antiblanchiment, sur l'affaire Gautier-Sauvagnac
Changement d'époque, mais pas de moeurs, l'affaire EADS soulève quelques questions que je n'ai vue posées nulle part et notamment celle-ci : pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps avant que Tracfin se décide à dénoncer les faits à la justice ? Les prélèvements d'argent liquide de M. Gautier-Sauvagnac duraient, paraît-il, depuis 2000, et probablement depuis bien plus longtemps. Tracfin, la cellule antiblanchiment chargée de dénoncer les pratiques de blanchiment à la justice, a attendu l'automne 2007 pour faire ce à quoi elle est censée servir.
A-t-il fallu sept longues années à ses limiers pour comprendre que retirer 200 000 euros en liquide, toutes les semaines ou même tous les mois, méritait une enquête plus poussée ? Personne ne croira un seul instant qu'on n'a pas pris, pour le moins, le temps de la réflexion pour aboutir à cette fâcheuse lenteur.
Cela me rappelle une autre affaire : celle de Roland Dumas qui, pendant qu'il était ministre des Affaires étrangères, déposait régulièrement des valises de billets sur le comptoir de son agence bancaire, place Monge à Paris, demandant au banquier d'avoir l'obligeance de les convertir… en valises d'autres billets.
Le directeur de la succursale fit alors ce qu'il devait faire : il avisa immédiatement sa hiérarchie de l'étrange manège. Que fit la direction de la banque ? Ce qu'on fait toujours en France : rien. Motif : on ne dénonce pas à Tracfin un ministre en exercice…
L'affaire finit en eau de boudin, la justice n'ayant jamais jugé bon de s'en occuper sérieusement. Plus grave était sans doute l'affaire des bottines, qui s'acheva d'ailleurs, elle aussi, par une relaxe de Roland Dumas.
Un sentiment d'impunité né de l'indulgence de l'opinion publique
On a beaucoup jasé, durant les années 90, sur la corruption et quelques juges isolés -Jean-Pierre, Eva Joly, Van Ruymbeke, Courroye…- ont jeté un mince rayon de lumière sur les pratiques douteuses du monde politique. Celui-ci s'en est toujours tiré, d'abord en niant l'évidence et en criant au complot des juges, mais aussi en invoquant un argument plus subtil : à part quelques brebis égarées, cette corruption n'avait pas pour but l'enrichissement personnel, mais le fonctionnement des partis, donc de la démocratie. On a toujours porté au crédit (si j'ose dire) de ceux qui s'étaient fait prendre la main dans le sac, le fait qu'ils renflouaient les caisses de leur parti plutôt que la leur.
Or, le problème est précisément que l'opinion publique accepte d'accorder son indulgence à ces pratiques collectives, sans voir que le niveau de connivence dans lequel notre pays se complaît est l'une de ses tares, qui constituent le vrai « mal français ». Nos élites ne sont ni plus ni moins vertueuses que celles des autres pays, mais ce qui change entre ici et ailleurs est la façon dont on traite ceux qui se font prendre la main dans le sac.
Disons pour simplifier qu'il y a une façon américaine et l'autre continentale, qui tiennent à la différence de culture entre les pays latins et les pays nordiques. Les Etats-Unis n'ont rien à nous envier en matière de turpitudes, mais il existe une différence entre eux et nous : tant pis pour ceux qui s'y font prendre.
Jeff Skilling, l'ancien directeur général d'Enron, a été condamné à vingt-quatre ans et quatre mois de prison pour ses malversations, sans compter les 45 millions de dommages et intérêts à verser à ses victimes. A-t-on entendu parler en France d'une seule journée de prison pour les prédateurs du Crédit lyonnais ? On s'est contenté de créer un fonds de « défaisance », mot élégant pour désigner une structure chargée de payer avec l'argent des contribuables les conséquences du désastre financier.
Chez nous, la connivence est dans les gènes de la République. Les pouvoirs politique, économique et social, toutes tendances confondues, s'entendent toujours comme larrons en foire pour faire circuler les importuns qui voudraient bien savoir tout ce qui se fricote en secret pour notre plus grand bien. Hélas, non seulement ils n'en sauront rien, mais le système n'est pas près de se réformer.
On s'est débarrassé des juges encombrants, mais les « affaires » continuent
Depuis quelques années, les « affaires » semblaient moins nombreuses. Il y a bien eu les ennuis de Jacques Chirac, reportés judiciairement pour cause d'immunité présidentielle, mais rien de bien sérieux depuis la fin des grandes affaires vers la fin des années 90.
On s'est bien sûr empressé, dans les cercles des pouvoirs et dans les rangs des élites, de chanter partout que s'en était fini, même si l'on avait d'ailleurs toujours dit que cela n'avait jamais commencé et que tout était invention de petits juges aigris.
La vérité est qu'on s'est débarrassé des juges encombrants, qu'on a muselé les autres et qu'on a repris en main une magistrature qui, dans son ensemble, ne demandait que cela. Plus de juges, plus d'enquêtes, plus de scandales.
Sauf qu'il existe toujours quelques accidents et quelques catastrophes. Rien n'est jamais parfait.
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De weezer
16H42 | 08/10/2007 |
Très instructif…merci.
à weezer
De
18H25 | 08/10/2007 |
eads et les régimes spéciaux de retraite ? ? ?
je suis ouvrier d'état , l'un des soit disant prévilégiés
ma retraite est un fond de pension géré par la caisse des dépots et consignations
tient ; en voici un rassourci ; moi le prévilégié
syndiqué et militant pour une retraite par répartition , . on m'aurrait menti
en fin de compte un fond de pension , qu'il soit américain ou français , c'est pareil jouer à la bourse, la retraite des salariés à la roulette russe
et lorsque l'état rempli le chargeur au maxi !
d'après les infos , la caisses des dépots et consignations viennent de faire un investissement au profit de messieurs « les parachutes en or de chez EADS » ,
par un étrange raccouci , cela devrait donner à nos saigneurs un argument , contre la remise en bourse de nos retraite , de celles de nos enfants et de celles de nos parents , mais NON ils continuent encore et encore
c'est vraiment le bordel , en France depuis les dernières élections
à croire que leurs CV ne seraient que des faux ?
et ont-ils au moin un CAP , cela n'est meme pas sure ?
De
18H57 | 08/10/2007 |
EADS, Medef : les affaires
il devient necessaire de faire passer un concour à notre « déclarer élite de la nation “
comme notre regretté Bourville , le disait , mon fils est un con : à un minitre .
réponse du ministe : c'est pas grave il serat secrétaire d'état
réponse de de notre regret humouriste : il faut passer un concourt
réponse du ministre NON ‘ surtout pas ; trop difficil .
pour les pros de la fot , je me mais dans la po du fil de lailite , sait pas fasil
ils sont si bon
De
20H17 | 08/10/2007 |
Dernières nouvelles de la Sarkosie : tout va très bien pour la Droite décomplexée, merci !
Sarkozy nous avait promis de nous faire oublier 68, mais apparemment la Droite décomplexée va beaucoup plus loin.
Si les théoriciens de 68 voulaient dépasser celles des lois morales qui paraissaient hors d'âge et injustement contraignantes, il apparaît que certains membres de la Droite décomplexée d'aujourd'hui ont décidé de se placer carrément au-dessus de toutes les lois et des institutions. C'est du moins ce que nous montre l'actualité.
Première nouvelle : Cécilia Sarkozy ne sera pas « contrainte “ de témoigner devant la commission d'enquête parlementaire sur la libération des infirmières bulgares, selon Pierre Moscovici, socialiste, qui devrait présider ladite commission. On est donc obligé de constater que le Parti Socialiste lui-même cautionne le fait que cette dame, qui n'a aucune fonction officielle, se place au-dessus des institutions de la République. On ne peut guère faire mieux dans l'esprit de consensus …
Deuxième nouvelle : Neuf membres du ‘ réseau Pasqua comparaissent à partir d'aujourd'hui pour détournement présumé de fonds au préjudice de la Sofremi, organisme sous la tutelle du ministre de l'Intérieur de l'époque, un certain Charles Pasqua. Cependant, celui-ci ne sera pas inquiété en raison de son immunité parlementaire.
Troisième nouvelle : Deux autres comptes bancaires ont été découverts par la brigade financière qui enquête sur les retraits de fonds suspects qu'avait opérés Denis-Sauvagnac, haut responsable du Medef. Les enquêteurs estiment que les retraits de fonds, jusqu'alors estimés à 5,6 millions d'Euro pourraient être beaucoup plus importants , deux ou trois fois plus. Trois perquisitions menées la semaine dernière ont permis de saisir entre 400 000 et 500 000 Euro en liquide.
Bref, si ceux qui nous gouvernent ne mettent pas plus d'ardeur à punir ceux qui transgressent impunément tous les principes de la morale sous prétexte qu'ils occupent des positions privilégiées, les simples citoyens que nous sommes pourraient être amenés à penser qu'il faudra un jour ou l'autre qu'ils fassent la justice eux-mêmes.
http://chroniques-sarkosiennes.over-blog.fr
De
12H02 | 09/10/2007 |
C'est quoi ce petit facho au dessus ? …
Il se croit ou pour vouloir faire justice au nom de la morale et au nom des autres ? …
Dans un western ? …dans la Taiga ? …
De
12H33 | 09/10/2007 |
Associer « facisme » à « justice » et « morale » : on comprends pourquoi t'as zéro votes !
De
12H13 | 09/10/2007 |
C'est quoi ce petit facho, la-haut ? …
Pour qui se prend-il pour parler au nom de la morale et au nom des autres ?
Dans un western ou dans la taiga ? …
De
12H25 | 09/10/2007 |
Tous les Che guevara de salon se montent un peu le bourrichon on dirait…
Bientot l'épuration les cocos ? …
De
19H38 | 09/10/2007 |
Par Courageux anonyme 13H25 09/10/2007
le Che…
Tous les Che guevara de salon se montent un peu le bourrichon on dirait…
Bientot l'épuration les cocos ? …
on peut réver
et si tous les che guevara du macadam se donner la mains , ils seraient nombreux , à ORLY , avec leurs malettes de billets ,les donneurs de lecons, pour demander une place pour le paradie made in USA
attention uniquement les grosses malettes , pour les autres ! ! !
De
14H10 | 09/10/2007 |
Il y a des progrès à faire en orthographe… la communication en sera facilitéé ! ! !
De
19H13 | 09/10/2007 |
Par Courageux anonyme 19H57 08/10/2007
> > > EADS, Medef : les
EADS, Medef : les affaires
il devient necessaire de faire passer un concour à notre « déclarer élite de la nation “
comme notre regretté Bourville , le disait , mon fils est un con : à un minitre
c'est pas Bourville , mais un autre
aller cherche ,
De
19H02 | 08/10/2007 |
il n'y a aucun journaliste qui donne monsieur SARKOZI tutulaire d'un CAP, meme pas d'un BEP
il doit faire partir des sans diplome sortie du système à un age avancé
De
10H06 | 09/10/2007 |
Coluche à dit « un pour tous tous pourris » comme il à raison.
De
11H44 | 09/10/2007 |
Comme quoi il est plus grave d'embraaser un tableau
que de voler la France
De Levieu
11H46 | 09/10/2007 |
comme quoi ilest plus grave d'embrasser un tableau
que de voler l'Etat
De
19H10 | 09/10/2007 |
Par Courageux anonyme 19H25 08/10/2007
> > EADS, Medef : les affairesTu peux aller cherché ton brevet si tu ne la pas daja fais ! !
c'est vraiment le bordel , en France depuis les dernières élections
à croire que leurs CV ne seraient que des faux ?
et ont-ils au moin un CAP , cela n'est meme pas sure ?
c'est pas con
et si on appliquer le code du travail à nos politques
un CDD de 5 ans , et tu pars avant ,
pour CV falsifier
en quelques sortes, tu n'as pas les compétences de ton CV , tu est licencier pour faute grave , et pour un fonctionnaire , sans allocation chomage et sans droits à la retraite .
tolérance zéro , d'accord pour tous , et surtous pour les « monstreurs » d'exemples
De
19H31 | 09/10/2007 |
Par Courageux anonyme 19H25 08/10/2007
> > EADS, Medef : les affaires
HO ; c'est pas possible , les génies à la tete de la france , ne seraient que des sous produits du système scolaire
pas celui de la France , non , certainement des immigrés made in USA ,
genre Master of univercity d'un village isolé, d'un coin perdue des USA
ou les diplomes sont payants
à weezer
De
20H54 | 08/10/2007 |
à weezer - 08/10/07 - 17h42 Très instructif vous avez raison… mais ô combien déprimant. Avez-vous lu le dernier livre de Madame Joly : « la force qui nous manque » ? Elle est conseillère contre la corruption et le blanchiment d'argent en Norvège mais on sent en la lisant qu'une partie de son coeur et de son esprit est restée préoccupée par ce qui se passe en France ; je me demande ce qui lui adviendrait si elle était encore chez nous sous les dérives sarkoziennes et de son entourage bien pires encore que celles qui ont eu lieu sous Chirac… En tout cas merci à ce magistrat d'avoir le courage d'exprimer ces vérités qui risquent de lui coûter cher. Suzb.
De Borderie
07H20 | 09/10/2007 |
Livre remarquable que celui d'Eva Joly ! Ce n'est certainement pas notre Garde des Sceaux, la pauvre Rachida Dati, entrée à l'Ecole de la Magistrature sans en passer le concours (elle n'en n'aurait pas été capable selon l'avis des rares magistrats qui l'ont observée lors de sa météorique carrière judiciaire…) qui serait susceptible d'exprimer aussi clairement une opinion sur la Justice ou plus simplement d'exposer une idée originale ou personnelle. Elle n'est que le haut-parleur, bafouillant, en plus, de notre Président. Qui l'a entendue s'exprimer au Sénat, lorsque parlant des actes de délinquance commis par les jeunes, elle a employé à plusieurs reprises le mot « conneries » (à l'effarement général ? …
à Borderie
De jjezfm
Internaute | 08H48 | 09/10/2007 |
votre commentaire m'interpelle
il y a en effet contradiction avec ce que le personnage public Rachida Dati nous donne à voir (psychologie rudimentaire, langage et culture limités ? ) et le fait qu'elle ait fait l'Ecole de la magistrature.
je me disais aussi : pour avoir eu le concours, elle doit quand même être plus intelligente qu'elle n'en a l'air…
Mais non, même pas ? !
elle est rentrée comment, alors ?
merci
à jjezfm
De
09H13 | 09/10/2007 |
Il y a 3 voies d'entrées à l'ENM : deux concours, l'un externe (pour tout le monde, qui fournit la très large majorité de chaque promotion), l'autre interne (réservé aux fonctionnaires titulaires depuis au moins 4 ans), et la « 3e voie » (qui n'est pas un concours), qui permet d'entrer sur recommandation de 3 « personnalités influentes ».
Dati est entrée par cette 3e voie sur recommandation de Simone Veil, d'Albin Chalandon et (sans doute) d'une 3e personne dont j'ignore le nom.
Cette « 3e voie », quand on est mal élevée (comme moi), on l'appelle piston !
à Borderie
De
08H55 | 09/10/2007 |
Borderie,
« la pauvre Rachida Dati, entrée à l'Ecole de la Magistrature sans en passer le concours (elle n'en n'aurait pas été capable selon l'avis des rares magistrats qui l'ont observée lors de sa météorique carrière judiciaire…) »
Voila bien la un « mec » car je suppose que vous en êtes un ? Bien « macho » bien « beauf », qui croit qu'avec une « paire de couilles » on est le roi du monde ! !
« selon l'avis des rares magistrats qui l'ont observée » ée, serait-ce des magistrats émasculés ou des trans… ?
Bien sur R. Dati, elle a tout les défauts, « elle copine avec les Sarko » et en plus d'être une femme elle est d'origine « immigrée ». On veut bien que les immigrés s'intègrent, mais faut pas pousser, « qu'ils restent à leur place… »
« Tu vois, j » suis pas un homme,
Je suis le roi de l'illusion
Au fond, qu'on me pardonne
Je suis le roi, le roi des cons »
« Je suis un homme de cro-magnon
La, la la, la…
De
09H22 | 09/10/2007 |
Ca commence à bien faire, ce n'est pas parce que Dati est une femme (j'en suis une, j'ai le droit de critiquer alors ? ) et une fille d'immigré (je suis une arrière petite fille d'immigré, j'ai le droit de critiquer alors ? ) que tout ce qu'elle fait est automatiquement merveilleux et qu'on n'aurait pas le droit de pointer ses pourtant visibles carences ! Y compris le fait qu'elle n'ait pas passé le concours de l'ENM, ce qui est de notoriété publique. Je ne vois au demeurant pas le rapport avec le fait que le commentateur précédent soit un homme : les femmes sont largement majoritaires aujourd'hui à l'ENM.
Par ailleurs, vous vous rendez ridicule en voulant pointer une faute de français qui n'en est pas une, mon cher (ou ma chère, plutôt ? ) ! « les magistrats l'ont observée », éE, oui, car lorsque l'auxiliaire utilisé est « avoir », le participe passé s'accorde avec le COD (qui est bien « l' », représentant Mme Dati), si celui-ci est placé avant le verbe, et non le sujet (« les magistrats »).
De
11H43 | 09/10/2007 |
La promotion canapé, ça existe ! Arrête de rêver !
De
17H48 | 09/10/2007 |
CA du 09/10/07 - 12 h. 43
Pourquoi lorsqu'une femme réussit, pense-t-on d'abaord que c'estr une promo « canapé » ? Je ne trouve ça ni juste ni correct… Et même si je ne l'apprécie pas pour ses décisions prises avant tout pour suivre la voie tracée par Sarko et sosn entourage, je ne pense pas qu'elle est « nulle »… sinon Madame Veil ne l'aurait pas cautionnée. N'est-ce pas un peu machiste de décider que seule la promo canapé permette la promo tout court ? Suzb.
à weezer
De
22H12 | 08/10/2007 |
Article effectivement très intéressant.
J'ajouterais cependant un point, j'aimerais savoir si vous etes d'accord. Vous parlez des connivences entre élites, ce que j'approuve. Mais vous ne précisez pas que cela se fait avec l'indifférence du peuple pour qui c'est le cadet de ses soucis. Je ne dis pas que les gens ont raison bien au contraire, mais ils pensent que les magouilles au sommet de l'état ce n'est pas si grave. Pourquoi me direz-vous ? J'y ai longuement réfléchi et je pense que la réponse c'est l'identification. Comme les élites ne font pas partie de leur monde, ils n'arrivent pas à leur en vouloir : « Ils ont bien raison ma bonne dame, à leur place j'en profiterait aussi, etc. etc. »
Par contre à contrario les gens sont infiniment jaloux de leur voisin. Ca les choque 100 fois plus que leur collègue ait 10€ d'augmentation plutot que de voir le patron de la boite piquer 1 million dans la caisse. Ca les choque plus de voir un RMIste gagner 450€ par mois sans rien faire plutot que voir un fils de milliardaire gagner 100000€ par mois en se dorant la pilule sur son yacht et sans jamais avoir travaillé de sa vie. Je trouve ca dramatique mais c'est malheureusement la réalité. Les gens sont jaloux des personnes de leur niveau social, mais jamais des élites. C'est comme si les gens avaient définitivement renoncé à la devise « Egalité » de notre République.
De Jean de Maillard (auteur)
Magistrat | 07H24 | 09/10/2007 |
Votre remarque est très judicieuse. Peut-être faut-il y voir une application de ce qu'écrivait La Boétie sur la servitude volontaire : les tyrans et les dictateurs ne règnent pas par la terreur, mais parce que le peuple intègre les principes de sa domination comme une nécessité. Toutes proportions gardées, la distance entre nous et les élites marque cette même altérité du pouvoir, à laquelle nous sommes résignés et nous sommes effectivement beaucoup plus sensibles aux micro-inégalités ou injustices que nous côtoyons qu'à celles qui, autrement plus grandes et plus graves, sont commises par ceux que nous pensons instinctivement comme d'une autre nature que nous-mêmes.
à Jean de Maillard
De JP_JP
11H50 | 09/10/2007 |
Information en continu où un fait pousse rapidement l'autre vers la sortie, lassitude devant des phénomènes récurrents ?
Il est très courant, pour ne pas dire systématique, qu'à l'occasion d'une discussion au cours de laquelle on aborde un détournement de fonds, un délit d'initié ou autre gâterie, mes interlocuteurs me répondent : « bah ! ils font tous ça ! ».
Et donc sinon de justifier le délit, pour le moins de l'ignorer volontairement, choix totalement assumé de démission collective.
à JP_JP
De
14H49 | 09/10/2007 |
Non vous avez tort. Car les fraudeurs du RMI ou du chomage sont également très courants dans la tete des gens (et beaucoup plus courants dans les JT) et pourtant ca les choque malgré tout. Dans ces cas-là ils ne diront pas : « bah ! ils font tous ça ! ». Pourquoi ? Je pense bien que c'est une question de nature. Les élites paraissent effectivement de nature différente au peuple et celui-ci leur accepte donc tout. Par contre il refuserait la même chose à quelqu'un de plus proche socialement. ca n'a rien à voir avec la récurrence ou non.
De
15H20 | 09/10/2007 |
Entièrement d'accord. Peut-être parce que, quand il s'agit des « élites », ou plutôt des puissants de ce monde, c'est bien « ils ». Quand il s'agit de petits fraudeurs au Rmi, c'est bien plus proche du « nous ». « Ils », les puissants, magouillent tous, alors qu'« ils » le fassent, mais « je » ne magouillerais pas alors qu'« ils », les petits, ne le fassent pas !
Bref, ce sont deux « ils » différents.