De Gilles de Rais aux pédophiles, la justice face au diable

Il y a quelques années, un historien médiéviste, Jacques Chiffoleau, était l'invité sur France-Culture de l »émission de Jean-Noël Jeanneney, venu pour parler des justices inquisitoire et accusatoire, sujet alors à la mode (j'avais pu reproduire cet entretien, réalisé le 24 septembre 2001, dans la revue Panoramiques).

Au cours de la belle leçon d'interprétation de l'histoire des institutions qu'il donna ce jour-là, Jacques Chiffoleau expliqua que la procédure inquisitoire, qui est devenue le modèle de la justice française, est faite » pour sauvegarder la majesté » .

Justice moderne par rapport à la justice accusatoire, car elle repose sur un système de preuves objectives (ou qui se veulent telles) et non sur des comportements magiques ou irrationnels (ordalies, serments, duels, etc…), la fonction de la justice inquisitoire est de rechercher la vérité pour en faire la base du jugement.

Dans la procédure accusatoire, l'objectif n'est pas d'établir la vérité, mais de rétablir la paix sociale : le débat contradictoire, qui a remplacé les preuves magiques, n'est nullement une garantie d'objectivation du jugement même si sa magie est de nous le faire croire

La Vérité est en effet l'affaire du Prince, parce qu'elle objectivise le jugement. Si Dieu peut rendre sa justice sans nous mettre au courant, pauvres mortels, de ses ultimes desseins, le Prince a besoin d'une autorité qui légitime sa puissance : seule la raison (dont la vérité, celle du Prince bien entendu, est l'indispensable prémisse) lui permet de succéder à Dieu dans l'Histoire.

Gilles de Rais : plus qu'un pédophile, une menace contre la figure du roi

Bien entendu, cette » vérité » est une notion contingente : l'un des plus célèbres procès d'Inquisition fut celui de Gilles de Rais, le premier aussi à envoyer un grand de ce monde au bûcher, audace d'une modernité judiciaire que notre époque pourrait méditer. Il était accusé entre autres, en 1440, d'avoir eu commerce avec le diable, ce qu'il avait fini par avouer au même titre que ses relations pédophiles avec des garçons qu'il faisait ensuite trépasser…

Expliquant justement le sens qu'il fallait donner à ce procès historique, J. Chiffoleau le qualifiait de » procès de lèse-majesté » , alors que la mémoire collective n'a retenu que celui de pédophilie meurtrière.

L'explication, que je souhaite ne pas trahir, pouvait être comprise ainsi : la procédure inquisitoire, procédure du Prince opposée à la procédure accusatoire, procédure du Peuple, a été inventée et surtout généralisée en France pour faire prévaloir un principe de transcendance des institutions au moment où se constituait le pouvoir royal, qui deviendra la monarchie absolue, puis la nation souveraine et enfin la République une et indivisible.

Le procès de Gilles de Rais a donc eu à son époque une fonction non seulement politique, mais idéologique : derrière les accusations de sodomie, assassinat et sorcellerie, pointait aussi celle de félonie. Or ce n'est pas par hasard, affirme Jacques Chiffoleau, si ces incriminations sont liées.

Commettre des actes » contre nature » , à l'époque, c'est aller contre le Créateur et sa souveraineté, derrière laquelle se profile en réalité celle du roi en lutte contre ses grands barons. Ainsi, les crimes sexuels s'assimilent-ils à des rébellions tout à la fois contre l'ordre divin, contre l'ordre de la nature, contre l'ordre social, contre l'ordre politique, contre l'ordre humain. La quintessence du crime, en quelque sorte, preuve que même une procédure rationnelle a besoin d'un symbolisme inconscient.

Au coeur de la justice, la nation cède la place à l'individu

Les temps ont-ils donc tant changé ? Mon propos n'est pas de céder à cet exercice très à la mode qui consiste à mettre en cause la procédure inquisitoire, mais de soulever un coin du voile sur le fonctionnement de nos fantasmes collectifs, qu'aucune rationalité ne parviendra jamais à abolir.

Depuis l'exécution de Gilles de Rais, un cycle historique (au moins) s'est achevé : celui de la souveraineté politique. La notion de souveraineté, et celle de majesté qui lui est liée, sont entrées en rétrogression, sinon en régression.

Toute l'histoire politique et institutionnelle de l'Occident a été celle de la construction d'un pouvoir universel, où la raison (aidée plus récemment par la science) serait venue apporter aux hommes l'annonce d'un ordre enfin idéal.

Kant en fit la théorie, croyant qu'on pourrait assurer la paix perpétuelle entre les nations dans le respect des droits des individus catalogués sous l'appellation de droits de l'homme. On sait hélas ce qu'il est advenu de ce beau projet au XXe siècle, dont le dernier sursaut dans ce sens, il faut quand même le dire, furent les Trente Glorieuses, qui n'ont pas complètement à rougir du saut qu'elles ont fait accomplir à la cause sociale.

Depuis lors cependant, l'idée de nation a mauvaise presse, on lui préfère un cosmopolitisme bon teint qui n'a plus grand chose à voir avec celui de Kant, même s'il utilise le même vocabulaire.

Dans la mondialisation triomphante, en effet, et surtout dans la façon particulière dont l'Europe et la France la considèrent, il n'existe plus qu'un seul souverain en majesté : l'Individu, bardé des droits de l'homme comme d'une invincible cuirasse. Certes, tous les individus ne sont pas égaux devant les droits de l'homme, tant s'en faut. Mais notre ordre juridique a fait de ceux-ci sa nouvelle religion, ce qui permet au moins de savoir à qui il faut adresser ses prières, à défaut de les voir exhaussées.

La fonction » magique » remplie par les procès des pédophiles

Quoi qu'il en soit, la question à laquelle je voulais venir est la suivante : le retour des procès en sorcellerie contre les pédophiles n'a-t-il pas une fonction magique, symétrique de celle qui inspira le jugement de Gilles de Rais, pour consacrer la souveraineté et la majesté non plus du politique, mais de l'Individu, à l'acmé de la crise de l'Etat-nation ?

Cette hypothèse éclaire au moins une chose : pourquoi nous avons tant besoin de croire à l'effet cathartique d'une science ésotérique, alliée à la justice pour exorciser l'atteinte à l'ordre de l'innocence que constitue le crime pédophilique (l'innocence originelle de l'enfance incarne aujourd'hui toutes les valeurs dont les désillusions accumulées ont privé tous les autres ordres).

Quand on voit en effet l'usage qui est fait dans le débat politico-médiatique du savoir scientifique et médical, une conclusion s'impose : la science est la nouvelle alchimie, dont personne ne paraît douter qu'elle détient des secrets occultes échappant au commun des mortels, qui permet de guérir les criminels sexuels à travers l'incantation judiciaire, afin de redonner à la société humaniste dont nous rêvons sa pureté originelle.

La justice et la science, alliées dans la lutte contre le mal

Peu importe si cet extravagant programme ne peut se réaliser qu'avec le concours de la justice et en recréant une figure laïque du démon, éternel ennemi du bien : la justice et la science, unies par notre imaginaire dans un combat contre un diable caché parmi nous et qui a usurpé les traits humains, alimentent nos songes d'institutions enfin faites pour l'homme, cet être doué d'une naturelle bonté, et pour son bonheur ici-bas dont le nouveau Malin n'aspire qu'à le priver.

Nous sommes devenus trop rationnels, pensons-nous, pour croire encore au diable et au bon Dieu. Et surtout pour sacrifier aux rituels dans lesquels nos ancêtres mettaient leur espoir pour chasser le premier en mettant le second de leur côté. Est-ce vraiment si sûr ?

Dieu a changé d'apparence. Il s'est mué en la Science ou, mieux, en la Médecine. Quant aux juges et aux psychiatres, ils sont le nouveau clergé chargé d'un ministère bien ambitieux : nous garantir enfin le bonheur terrestre.

Et tant pis si nos simagrées autour des pédophiles, des récidivistes et de tous ceux qui se mettent en travers de notre chemin ne sont guère plus que des procès de sorcellerie au service de Sa nouvelle Majesté : l'Individu souverain, victime réelle ou imaginaire d'un monde toujours aussi endiablé.

44 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Courageux anonyme

De

11H27 | 28/08/2007 | Permalien

Rien compris !

Portrait de Courageux anonyme

De

12H10 | 28/08/2007 | Permalien

à mon avis c'est normal.
ça me rappelle les discours volontairement obscurs des médecins de Molière, destinés à protéger une sorte de supériorité sur la plèbe.
si tu lis les codes, tu n'y comprends pas grand chose, tout ayant été rédigé dans un français archaïque et ampoulé, plein de circonlocutions.

encore des diptères dont le fondement va être enflammé.

Portrait de Courageux anonyme

De

13H37 | 28/08/2007 | Permalien

relisez calmement ! ! !
(je trouve ce langage plus compréhensible que celui des SMS, rien à voir avec le sujet, ok)
MT

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean

alpha-béta | 03H11 | 29/08/2007 | Permalien

Lire à partir de « la fonction magique… ».
Ce qu'il y a avant n'est qu'une mise en perspective un peu difficile, je n'ai pas eu le courage de le dépiauter.

Portrait de Poilfar

De Poilfar

11H40 | 28/08/2007 | Permalien

je sens comme un truc chelou dans cet article, les predateurs existent et il faut les mettre hors d'etat de nuire. Après on peut gloser sur les phantasmes.

Portrait de Courageux anonyme

à Poilfar Portrait de Poilfar De

14H01 | 28/08/2007 | Permalien

Pour les prédateurs (sexuels) je ne sais pas, par contre je sais qu'il existe des fous qui pourchassent des fantômes. Et que ces gens sont prêt à tout pour concrétiser leurs fantasmes, quitte à détruire la vie d'innocents.

Outreau a été un bel exemple de procès en sorcellerie.

Portrait de Courageux anonyme

De

12H32 | 28/08/2007 | Permalien

Voila des questions fondamentales qui ont le mérite de nous pousser à réfléchir sur le devenir de l'humanité
en effet la science devient aujourd'hui le Dieu d'hier. La science serait par essence bonne (puisqu'elle ne veut que notre bonheur) donc ses intentions ne pourraient être que pures ?
l'homme n'a t il pas besoin de croire en quelque idéal pour vivre et s'approcher du bonheur ? le bonheur ne commence t il pas avec l'éradiquation de la souffrance ? une chance ce processus est déjà à l'oeuvre. les hopitaux se sont même doté d'une échelle évaluant le niveau de souffrance en vue d'une prescription d'analgésique fonction de ce dernier. A quand une électrode implantée directement dans le cerveau capable de stimuler la zone du plaisir ? comme sa adieu les états dépressifs et bonjour le « tout va bien dans le meilleur des mondes ». Meme plus besoin de matchs de foot, de tour de France, de Coupe du monde de rugby, de jeux olympiques etc.
Médecins et experts scientifiques me semblent cependant plus être devenu le clergé moderne d'une science toute puissante que les psychiatres et les juges.
La médecine ne promettrait elle pas l'accès à une vie éternelle si elle en avait les moyens. la recherche sur les cellules souches n'est elle pas le précurseur et la promesse d'une éternelle jeunesse ? les chercheurs ne sont ils pas les nouveaux apprentis sorciers des temps modernes. ne cherchent ils pas à percer les mystères de la vie pour mieux la comprendre et l'appréhender ? les recherches actuelles sur le cerveau ne sont elles pas dangereuses ? c'est vrai on peut toujours parer ces recherches de bonnes intentions (lutte contre des maladies neurologiques : alzheimer, sclérose en plaques, dystonie…). mais n'existe t il pas toujours un coté obscur à toute recherche (cf recherche sur l'energie nucléaire notamment) ? La recherche n'est elle pas financée de temps à autre par des fonds provenant des armées ? A moins que l'armée ne soit devenue une organisation humanitaire…

Portrait de Courageux anonyme

De

18H23 | 28/08/2007 | Permalien

l'hyperbole de Matrix n'est finalement pas si mauvaise que sa…
et si le plus dur restait de vivre réellement ? et si finalement nous n'étions plus libre et que la liberté ait un coup… l'indépendance et la souffrance ?

Portrait de Venezuela

De Venezuela

vit aux Pays-Bas | 13H20 | 28/08/2007 | Permalien

C'est en quelle langue ?

Portrait de Courageux anonyme

à Venezuela Portrait de Venezuela De

13H39 | 28/08/2007 | Permalien

En bon français, pourquoi ?

Portrait de Courageux anonyme

De

15H22 | 28/08/2007 | Permalien

Il ne faut pas attaquer le sabir de type SMS, c'est
anti jeunes, c'est fascite.
Vous savez bien qu'aujourd'hui tout se vaut.
Un graff, un tag, c'est du De Vinci.
Le Rap, c'est du Baudelaire.
Le tam-tam c'est idem à Mozart.
Une orthographe correcte c'est presque fascite.
L'art doit être égalitaire par le bas .
Vous savez, c'est ainsi depuis trente ans déjà.

Portrait de Courageux anonyme

De

15H27 | 28/08/2007 | Permalien

C'est quand même un petit peu difficile à suivre tout ça !

Bon, je crois avoir compris que le Prince a cédé la place à l'individu Souverain (voire à l'enfant Roi).

La Science a, quant à elle, remplacé Dieu.

Espérant mieux comprendre ce dont vous nous parlez, j'ai pensé qu'il pouvait m'être utile de remplacer (dans une phrase où vous les faites apparaître conjointement) les mots « Dieu » et « Prince », par « Science » et « individu ».

J'ai obtenu ce résultat :

« La Vérité est en effet l'affaire de l'individu, parce qu'elle objectivise le jugement. Si la Science peut rendre sa justice sans nous mettre au courant, pauvres mortels, de ses ultimes desseins, l'individu a besoin d'une autorité qui légitime sa puissance : seule la raison (dont la vérité, celle de l'individu bien entendu, est l'indispensable prémisse) lui permet de succéder à la Science dans l'Histoire. »

Bref, cette transformation n'est pas très éclairante ! !

Bon, je reviendrai plus tard pour proposer d'autres substitutions…parce que là je n'ai plus le temps !

Ena

Portrait de Courageux anonyme

De

16H27 | 28/08/2007 | Permalien

Ena, je vous envie ! Dans ce contexte (en un mot), vous fîtes un très bel effort. Transformer en jeu « belle marquise, vos beaux yeux, mourir d'amour, me font », est appréciable. Au moins cette phrase est courte et ne risque-t-on pas d'en oublier les premiers mots ou les dernières idées.

Dans l'équation offerte où un paragraphe égale une phrase, mon esprit vagabondait… errant de dieu à la science, puis m'interrogeant sur les relations improbables qu'ils pouvaient entretenir avec la justice.
De plus, dieu est mort… ce qui m'évite d'avoir des prières à exaucer.
Il semble que l'auteur préfèrait les confier à un maçon puisqu'il nous dit « de savoir à qui il faut adresser ses prières, à défaut de les voir exhaussées » Ah la grandeur des ambitions !

Mon prof de français citait souvent « l'art poétique » de Boileau :
« ce qui se conçoit bien s'énonce clairemnt
et les mots pour le dire arrivent aisément ».

Portrait de Courageux anonyme

De ena22

23H20 | 28/08/2007 | Permalien

L'effort a été de taille en effet !
Mon esprit comme le vôtre, a longtemps vagabondé (parfois jusqu'au déboussolage le plus complet, bref jusqu'à l'errance sans point de départ et sans espoir de retour) d'une phra…d'un paragraphe à l'autre.

Et puis mes neurones, cathécholaminisés, glucocorticoÏdisés, m'ont (dans cette situation de stress extrème générée par la lecture d'un texte auquel je ne comprenais rien), permis de développer la réponse sans doute la plus adaptée à la situation : tout relire mot à mot, découper, recouper les informations, donner du sens (symboliser) le Réel auquel je me trouvais confronté !

Et pour vous suivre, je crois qu'effectivement Dieu est mort, et que la question est : « Qui l'a tué ? »…
Quelles que soient ces relations passées avec la Justice, il n'a plus rien à voir avec elle (et pour le coup, le Diable non plus…puisqu'il « n'est » que parce qu'il « n'est pas » ce que Dieu « est », il disparaît avec Lui…c'est « structural » : ) : pour faire simple l'Un ne va pas sans l'Autre ! )

Le B.A.BA, le raccourci (remplacer un mot par un autre) appliqué à la lecture du texte de J. de Maillard, laisse entrevoir des failles (et ce n'est franchement rien de le dire) dans son raisonnement…jnotammant parce qu'il ne tient pas compte de la mort de Dieu !

Mais d'un autre côté…ce qu'en disent les riverains vaut (très heureusement) le mal qu'il s'est donné à écrire ce texte.

Et d'un autre côté, même si j'ai pu proser comme un neurolacanien, je Topifie votre référence à votre Prof de Français et à sa citation de N.Boileau :

« Ce qui se concoit bien s'énonce clairement… »

Portrait de janis06

De janis06

from Nice | 16H33 | 28/08/2007 | Permalien

Il faut remplacer le prince par autorité politique et non individu. Cet article bien qu'un peu compliqué est fort interessant et replace le crime pédophile dans un contexte historique où la religion était toute puissante. Qu'est ce qui a changé au XXIème siècle ? On ne brûle plus, on n'exhorcise plus mais on interne et on traite chimiquement. Eradiquera-t-on les crimes pédophiles ? Perso, je ne crois pas mais on voudrait le faire croire aux individus ou citoyens.
La Société idéale n'existe pas.

Portrait de Courageux anonyme

à janis06 Portrait de janis06 De ena22

23H37 | 28/08/2007 | Permalien

Ah ben oui mais non, parce que que J.de Maillard nous dit texto d'une part :

« Ainsi, les crimes sexuels s'assimilent-ils à des rébellions tout à la fois contre l'ordre divin, contre l'ordre de la nature, contre l'ordre social, contre l'ordre politique, contre l'ordre humain. »

… et qu'il nous dit plus loin :

« l'innocence originelle de l'enfance incarne aujourd'hui toutes les valeurs dont les désillusions accumulées ont privé tous les autres ordres. »

Portrait de Courageux anonyme

De

16H22 | 28/08/2007 | Permalien

je crois surtout que le plus important se situe dans ces deux phrases « la fonction de la justice inquisitoire est de rechercher la vérité pour en faire la base du jugement. // Dans la procédure accusatoire, l'objectif n'est pas d'établir la vérité, mais de rétablir la paix sociale ».
Il me semble en effet que les interventions de Nicolas Sarkozy tendent vers un éventuel retour d'une justice accusatoire : la population s'émeut des crimes pédophiles et autres, donc la paix sociale est troublée, le seul moyen de la rétablir n'étant pas la recherche de la vérité (pouvant éventuellement déboucher sur un non-lieu) mais l'exclusion de la société des personnes incriminées, un retour de la procédure du peuple que l'on peut manipuler en jouant avec ses émotions.

Nathalie

Portrait de Courageux anonyme

De

17H07 | 28/08/2007 | Permalien

Des prédateurs ont enfermé dans une cave peudant quatre heures deux témoins de Jéhova.
Ils ont obligé les témoins à manger une pile de magazine « Le Réveil “ en buvant du Coca.
Les deux victimes ont dû regarder un DVD classé X, en fumant du cannabis.
Une dame a été violée pour sa ressemblance physique et de taille avec Mimie Mathy.
Quels sont donc les critères de choix d'un prédateur ?
Quel type de personnes peut aujourd'hui échapper à un prédateur ?
Etre vieux, homme, femme, enfant, animal, pauvre, handicapé, ne suffit pas.

Portrait de Courageux anonyme

De

17H11 | 28/08/2007 | Permalien

Voilà un article brillant et rédigé en excellent français.
Le problème posé est d'autant plus pertinent que la volonté du gouvernement (du président, je veux dire…) de « juger » les gens irresponsables (tels Romain Dupuy qui a commis le double assassinat des infirmières du CHP de Pau) accèlère encore plus cette déification des droits individuels au détriment d'une logique sociale.
Par ailleurs on peut s'interroger sur cette mise en exergue permanente des victimes, cette « starification » de la douleur. Comment permet-on à ces gens de se reconstruire quand tout pousse à les labelliser à vie victime de quelqu'un ? La société actuelle est friande de tout ce pathos, impuissante qu'elle est à se passionner pour d'autres causes moins « remuantes » (au sens émotionnel) mais plus essentielles. Ça me fait penser à la Rome antique où on occupait le bon peuple avec des jeux (sanglants)… pour leur éviter de penser à autre chose.
Audrey - Pau 64

Portrait de Courageux anonyme

De

18H00 | 28/08/2007 | Permalien

Ah les victimes…

Ce qui a déclenché chez moi ma première réflexion sur ce qu'il faut faire pour les victimes, c'est une scène de l'extraordinaire « La Nuit du Chasseur ». Powell, un pervers qui a poursuivi des enfants après avoir tué leur mère, Wilma Harper, est jugé. Les Spoon, un couple d'épicemards cons et bigots (ça va de pair), ceux-là même qui avaient poussé Wilma vers Powell, voyant les enfants dans la rue, s'abattent sur eux en pleurant de toute leur compassion gluante, saluant ces « pauvres petits agneaux de Jésus ! ». Et là arrive Miss Cooper, qui les arrage aux griffes des deux grenouilles de bénitier.
Miss Cooper est la femme qui les a recueillis dans leur fuite, qui s'en occupe, qui leur donne la sécurité qu'ils n'avaient plus depuis le remariage de leur mère.
Et qui, si elle les écoute parler au bout de mois de présence chez elle, ne leur a jamais posé une seule question. Jamais.

Les victimes, c'est à la mode. Pour payer de vrais siècles d'indifférence, on fonce dans l'autre sens. On encourage la plainte plaintive, on empêche les nécessaires deuils de se faire : regardez la floraison nouvelle dans les rubriques nécrologiques des « nous ne t'oublierons jamais », des « dix ans après, la douleur est la même ». On oublie que les morts ne doivent jamais empêcher les vivants de vivre. On rejoint le système américain où les familles des victimes, des dix et vingt ans après, sont conviés à la vengeance par injection léthale. Pardonner ? Jamais. Oublier ? Jamais.

Je crois qu'il y a chez les victimophiles à la Notre Seigneur (Nicolas Sarkozy, si on préfère), un paquet de calculs :
- Une victime, c'est quelqu'un de faible et de manipulable. Qu'elle ne se vive plus en victime, et ils perdent un bon client.
- C'est un merveilleux emblème du combat contre les méchants, combat rendu plus facile par la Peur, peur de tout, de l'autre, du différent, de ce qui fait que les gens en sont à ne plus même mettre de nom sur leur boite aux lettres. Et les gens qui ont peur, comme les victimes, c'est tout bénef un jour d'élection.
- C'est un excellent moyen de se prouver qu'on est quelqu'un de bien.

Certes, il faut que ce soit une victime intéressante. Pas un petit salaud d'immigré russkof à la Yvan, tout juste bon à se payer un 16 de moyenne en classe au bout de seulement deux ans en France, rien que pour foutre la tehon à nos chers petits gaulois.

Jean Dupont

Portrait de Courageux anonyme

De

18H53 | 28/08/2007 | Permalien

Pour échapper à un prédateur, l'idéal serait de résider à Monaco et de n'en point sortir.

Portrait de Courageux anonyme

De

19H45 | 28/08/2007 | Permalien

La principale caractéristique de la procédure inquisitoire c'est l'extraction par le personnel judiciaire par tous moyens de la denrée magique appelée « aveu », chose toujours réelle de nos jours (cft Outreau).

Les sorciers et sorcières français étaient « jugés » selon une procédure inquisitoire et furent presque tous brûlés. Les anglais eurent beaucoup plus de chance car la sorcellerie devant être prouvée selon procédure accusatoire seulement 3% d'exécutions…Et le doute profite à l'accusé même dans le pire des cas (ex affaire OJ Simpson). C'est aussi ce système qui a favorisé le développement de la police scientifique.

Il faudrait arrêter de croire les polys de l'ENM et que nous sommes les meilleurs du monde ! Dans un système accusatoire Outreau çà n'aurait pas pu tenir 5 minutes !

Portrait de Courageux anonyme

De

20H08 | 28/08/2007 | Permalien

En Belgique un prédateur écolo à été condamné à
une forte amende et à 8 jours de prison avec sursis
pour avoir violé trois arbres. C'est un vert qui fume du cannabis. Il a prétendu « bander pour la nature “.
Un arbre est considéré comme adulte. Pour un arbuste la peine est plus lourde.

Portrait de Courageux anonyme

De

21H10 | 28/08/2007 | Permalien

Il me semble me souvenir que la justice d'Eglise au moyen âge, visait aussi, par ses peines -la prison et non la mort- (puisqu'il lui était interdit de verser le sang) le « rachat » du criminel, lui offrant la possibilité d'un retour dans la société.

L'évolution qui apparait ces derniers temps est à l'exclusion radicale, dénuée de toute idée qu'un individu peut changer, après un crime et l'accomplissement d'une peine.
La foi en l'humanité en prend un sérieux coup.
C'est que cela coûte trop cher à la société, c'est cela ? Oui, décidément, la foi en l'homme prend un sérieux coup.

Portrait de Courageux anonyme

De

21H22 | 28/08/2007 | Permalien

et pourquoi je vous prie, dans un système accusatoire Outreau n'aurait pas tenu 5 minutes ? Les Anglais n'ont ils pas leur lot d'erreurs judciciaires ?
Au fond, un système où un élément impartial cherche la vérité vaut il moins que celui où c'est l'avocat le plus tordu qui emporte la décision du jury ?
En vérité la solution idéale n'existe pas ; cherchons à améliorer le nôtre plutôt que de plaquer des solutions toutes des autres faites qui n'en sont pas.
Quand à croire que c'est la système accusatoire qui a apporté la police scientifique, c'est un peu court.

Portrait de Courageux anonyme

De

03H57 | 02/09/2007 | Permalien

C'est un seul homme en France, le juge d'instruction qui doit instruire à charge et à décharge, un schizophrène légal en quelque sorte, voilà notre système inquisitoire…

En accusatoire vous devez PROUVER ce que vous reprochez au prévenu, sinon pas de poursuite enclenchée, et beaucoup moins de préventive !

Portrait de Courageux anonyme

De

21H30 | 28/08/2007 | Permalien

Je connais aussi des prédateurs de sarkozistes.
Ils aiment -entre autres-, Castro, Mélanchon, les sans papiers, les palestiniens et détestent les américains. Le 11 septembre est pour eux un jour
de Fête. Nul besoin de faire appel à la chimie pour
tenter de les soigner. Dans une génération à peine
, la plupart d'entre-eux sera en phase avec le Principe de réalité.
Restera malgré tout quelques survivants comme aujourd'hui on peut voir encore un communiste
caricatural ou un « travailleur, travailleuse “.
Quelques ‘ il faut tout faire péter .
C'est notre folklore. Georges Marchais me manque et
je ne rate jamais Arlette.
Chaque semaine, j'en vois quelques uns de ces
vétérans dans un bistrot de quartier.
Je crois que je les aime bien.

Portrait de sinclair

De sinclair

21H44 | 28/08/2007 | Permalien

Petite perle intellectuelle et juridique que cet article mais qui le rend assez difficile a comprendre.

Voila ce que j'en ai retire comme reflexion avec tout le parti pris que j'en ai la comprehension partielle ect mais je vois rapidement plusieurs pistes de reflexions ici

-Justice inquisitoire et accusatoire bon c'est simple si on veut inquisitoire on recherche la verite qui est celle qui convient a celui qui est dominant hier le roi aujourd'hui l'individu. Dans les deux cas d'ailleurs c'est celui qui fait les lois directement ou par procuration. La justice accusatoire se contentant de rechercher la paix sociale et ce n'est pas rien

D'ou toute les justices modernes sont elles dans le meme camp ou certaines sont elles ou toute un melange des deux conceptions ?

-La verite qu'est ce que c'est ? autrefois la verite etait la parole de Dieu aujourd'hui c'est celle de la science des medecin des psychiatres des juges.

Corollairement la verite est relative. Celle d'aujourd'hui n'est pas forcement la verite vraie comme on dit dans le midi. Et cela pose ici la qualite de verite donnee par la science la medecine les experts psychiatre. Est ce la Verite vraie ces scientifiques sont ils en capacites de l'affirmer ? voir proces Outreaux

Reponse des faits et des scientifiques medecin et psychiatres serieux non !

Mais alors le souverain l'individu comment va t on faire pour lui expliquer que l'on fait dans l'approximatif que l'on est pas sur, qu'il n'y a pas de reponse unique mais des hypotheses des doutes ? que l'on tatonne

Comment le justiciable va t il prendre cela lui qui a besoin de reponses immediates, de certitudes de solutions simples et definitive ?

Dieu ne discute pas, ses reponses sont simples, indiscutables autant que justes pour le croyant. Comment l'incroyant celui qui doute fait il pour supporter ce poids de responsabilte et d'ignorance ?

Avec la methode accusatoire on pouvait donc aisement juger fous et animaux puiqu'il s'agissait de ramener la paix, les droits coutumiers s'y appuient donc.

Mais les psychiatre medecins scientifique n'ont pas de verite absolue en la matiere avec la jsutice ile painent a expliquer qu'il n'ont pas le pouvoir d'exorciser les craintes ?

Bien des sujets de reflexions sans trop de reponse et pourtant ?

Voila comment j'ai peut etre partiellement compris l'article de M Jean de Maillard

Qu'en pensez vous ? dur a avaler ? inquisitoire ou accusatoire

Portrait de Courageux anonyme

à sinclair Portrait de sinclair De ena22

00H07 | 29/08/2007 | Permalien

J'ai (je crois) compris comme vous, que notre justice était devenue, si l'on suit le raisonnement de J.de Maillard un sacré mix des deux : inquisitoire ET accusatoire !

Le problème, le buzz, dans le raisonnement de De Maillard, c'est qu'il pense que la Science à remplacé Dieu..et ça ne tient pas la route, c'est ne pas la Science qui à remplacé Dieu…elle s'est juste faite « avocat du Diable », et a si bien fait son job, qu'elle à supprimé Dieu (et enterré dans la foulée, son pendant négatif) !

La science a tué Dieu,mais ce n'est pas elle qui en à hérité et qui a pris sa place…

Portrait de Courageux anonyme

De

22H23 | 28/08/2007 | Permalien

Système accusatoire ou système inquisitoire…
Quand un « égaré “ est placé en détention provisoire, ça ne change rien.
Ajoutez arrestation au travail,la
suspension des permis de visite pour les proches qui vous pense innocent, la promiscuïté désespérante. Tout ça après 48 heures de garde à vue avec temps de repos sur une planche de 30 cm de large, ou la dalle de ciment.
Jambon-beurre ou jambon-fromage ou jambon pâté.
Un innocent n'a sans doute pas envie de manger.
Un innocent pour pédophilie encore moins.
Chez les gendarmes, c'est propre avec matelas en mousse et nourriture militaire destinée aux gendarmes. Placé en détention provisoire le
mandat de dépôt de type criminel est renouvelable
chaque année. Votre nom circule dans les médias,
le juge hésite pour signer une mise en liberté provisoire. Le Procureur peut faire appel de cette
mise en liberté.
Liberté de retourner chez vous au risque dans
certains cas d'être lynché ?
Liberté sous condition de résider hors du département ? Comment ?
Dans un foyer au RMI ?
Le citoyen tranquille risque peu d'être accusé d'un braquage ou d'un cambriolage.
C'est le plus souvent pour délits ou crimes
de type sexuels.

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