Dans les banlieues, le pire reste à venir

J’avoue que je n’aimerais pas être aujourd’hui au gouvernement. Ni d’ailleurs habiter Villiers-le-Bel. Ni moins encore être CRS. Je crains en effet que les nuits d’émeutes de Clichy-sous-Bois, il y a deux ans, ne soient que le hors-d’oeuvre de ce que nous allons déguster dans les temps prochains.

Je ne cherche pas à mettre de l’huile sur le feu, de toute façon ces lignes n’ont heureusement aucune chance d’être lues dans le 9-3 et autres cités dont notre belle France a parsemé ses paysages sub-urbains. Mais je crois qu’il va falloir quand même appeler un chat un chat. Qu’on incendie deux écoles, une bibliothèque, un commissariat, un garage et quelques autres bâtiments dont la liste est déjà oubliée, outre quelques dizaines de véhicules par jour, nous y étions habitués. C’est devenu presque une routine.

En revanche, la seconde nuit de Villiers-le-Bel marque une escalade dont les médias et le gouvernement ne voudront sans doute pas faire la publicité, mais qui risque d’être le point de départ d’une nouvelle étape : l’utilisation des armes à feu. A vrai dire, la surprise n’est pas que les émeutiers commencent à les sortir, mais d’une part qu’ils ne l’aient pas fait auparavant (à part un essai passé presque sous silence il y a deux ans) et d’autre part qu’ils se contentent encore de fusils de chasse et de pétoires à grenaille. Car les banlieues sont armées depuis longtemps et les caches contiennent de belles armes de guerre, bien mortelles comme il faut, auxquelles les gilets pare-balles de dotation ne résisteront pas.

Autant dire que la situation est explosive dans tous les sens du terme. Il semble que, d’émeute en émeute, les techniques se durcissent, les méthodes se professionnalisent et que les policiers et gendarmes devront très prochainement affronter, si ce n’est déjà le cas, des experts en guérilla urbaine qui n’auront aucun scrupule à faire usage de leurs armes contre les forces de l’ordre. Avec les conséquences qu’hélas on imagine.

Que vont faire les pouvoirs publics ? Vont-ils minimiser la gravité des faits, comme ils l’avaient fait en 1994 quand les marins-pêcheurs avaient incendié le Parlement de Bretagne et tiré avec des harpons sur les forces de l’ordre ? Vont-ils décréter un nouvel état d’urgence ? Vont-ils noyer les banlieues sous les crédits d’un nouveau plan Marshall, mille fois annoncé et jamais réalisé ? Le problème est, une fois de plus, qu’on aura attendu au-delà du dernier moment pour affronter une réalité devenue ingérable. Depuis des années, on a démobilisé la justice et on lui a ôté ses moyens : il paraissait plus utile de la confiner aux excès de vitesse et aux violences conjugales (Outreau a mis un frein à une autre de ses prédilections : les agressions sexuelles intrafamiliales) que de la voir s’occuper des grandes délinquances qui érodent irrémédiablement mais insensiblement notre société. Aujourd’hui, les trafics en tous genres fleurissent sous le nez de policiers et de juges consternés, qui comptent les coups et relèvent les morts après les règlements de comptes. Là, les kalachnikovs et les 38 spécial sont entre les mains des voyous, qui ne s’en servaient qu’entre eux jusqu’à présent, mais qui s’en soucie ? Si, quand même : le ministre de l’Intérieur vient de créer un fichier national des armes à feu. Quand il fonctionnera, on aura une centralisation des armes détenues par les personnes qui disposent d’une autorisation. Pour celles qui sont dans les caves des cités, il faudra encore attendre. A moins qu’elles ne soient déjà sorties d’elles-mêmes et que l’irrémédiable ne soit commis.

Je crois que ce que je vais dire va choquer, et je ne le fais pas de gaieté de cœur, ni par provocation, car l’heure me semble grave. Mais je suis persuadé que nous avons encore eu de la chance jusqu’à présent, que les voyous et futurs tueurs des banlieues n’aient pas encore osé faire usage de leur puissance de feu. J’espère que les pouvoirs publics prendront conscience de l’imminence des drames et surtout qu’ils chercheront enfin des solutions. Je ne voudrais pas être à leur place, car la marge de manœuvre, s’il en existe une, sera étroite. Certes, il faudra impitoyablement châtier, si on les arrête, les auteurs de ces événements. Mais la répression ne résout rien à long terme.

Et il faut aussi cesser de rêver, à gauche et ailleurs : la police de proximité n’est pas non plus la panacée, car on ne greffe pas une police communautaire sur une société à ce point malade et éclatée, dont ses membres sont en rébellion ouverte avec la société. La police est un moyen, pas une solution. Les éducateurs ne seront pas plus utiles : on ne guérit pas le cancer avec un placebo. Arroser les caïds avec des subventions pour acheter la paix armée sera peut-être la voie choisie : elle ne nous donnerait qu’un court répit. Reste-t-il une autre solution ? Je l’ignore, et je suis bien content de ne pas être au gouvernement.

Rue89 cherche à entrer en contact avec Jamel. Si vous lisez ces lignes, merci d'envoyer un mail à webmaster@rue89.com. Merci d'avance.


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moxi
14H42 28/11/2007

franchement, dans les campagnes, on a tous un fusil de chasse (oui, du coup les huissiers sont bien plus polis quand ils frappent à la porte).

des chevrottines, des pavés, des grenailles, des couvercles de poubelles…

où est l’arsenal de guerre de ces jeunes « terroristes »?

 
Ehim
22H05 28/11/2007

Il pète le feu, notre Sarko :

http://images-d-immondes.over-blog.com/

 
machepro
18H59 28/11/2007

je crois jamel que vous etes pas loin de la verite,se monsieur n’est pas un magistrat,c’est un usurpateur qui vient semer le trouble sur ce forum,pour qui roule t il?

 
turonuscivis
21H28 28/11/2007

Donc, ce Monsieur n’est pas plus magistrat que moi Évêque. Bon pourquoi pas.
Mais Monsieur Jamel est-il bien l’habitant du 9-3 qu’il prêtant être ??
A ce petit jeux on va en gâcher de l’encre…..

 
andelle
22H26 28/11/2007

Et pourquoi Jamel, il n’écrirait pas bien ?

 
Adarshini | Idéaliste
20H12 29/11/2007

[ironie « profitons-en-tant-qu’on-peut-encore »] C’est vrai, c’est pas comme si on vivait dans un régime autoritaire!… [/ironie « profitons-en-tant-qu’on-peut-encore »]

 
PonG | rationaliste fondamentaliste à Paris
02H24 30/11/2007

>Que cherchez-vous en critiquant voire en insultant le
>pouvoir en place et tout ce que représente les
>institutions, qu’il y est un jour un POUTINE

Ah non, ça, c’est fait.

 
lavandula
19H37 28/11/2007

Pour tous les ISSISSIENS, du 91-92-94-93-95-merci Jamel, c’est insupportable ce que je viens de lire de Monsieur le Magistrat. Je ne comprends pas pourquoi la Rue 89 lui a donné la possibilité de dire, lui au moins ça lui a fait du bien, persuadé dans sa vérité, moi j’aurais bien aimé que d’autres magistrats s’expriment, et les avocats aussi ET SURTOUT. J’ai comme un doute? Je n’en dirais pas plus car j’ai peur.

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
21H26 28/11/2007

Non seulement magistrat, mais prof à Sciences-Po comme le montre la bio citée ci-dessous de Wiki http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Maillard. Ca en dit long sur l’enseignement à Sciences-Po…

Ca explique le mépris sous-jacent de la lettre écrite par Richard Descoings, dirlo de Sciences-Po, et heureusement publiée par Rue 89 

Il s’agit sans aucun doute du mépris social et d’un racisme social des élite. Ce qui montre que le racisme n’est pas l’apanage des beaufs! On n’est pas si loin que ça du racialisme de George Vacher de Lapouge pour qui…

« Le mot de «race» devient ainsi, chez lui, synonyme de classe sociale. »

Simplement, le mot « racaille » ou, plus euphémisé, « jeunes de banlieue » remplace « race brachycéphale », c’est vrai que c’est moins savant!

Enfin, M. le magistrat se flatte d’écrire des livres sur la « criminologie »? C’est peut-être pour cela qu’il parle de « guérilla urbaine », reprennant, peu ou prou,
les propos de Xavier Raufer (http://fr.wikipedia.org/wiki/Xavier_Raufer) sur le soi-disant « danger des banlieues »?

Il ferait mieux de s’intéresser au droit du travail, à la façon dont on pourrait donner un véritable statut social à tous les intérimaires, contrats précaires, stagiaires, intermittents de la recherche ou du spectacle, auteurs floués par la SACEM, etc. ; bref, tous ces gens qui, lorsqu’ils passent devant le tribunal, sont condamnés à du ferme parce qu’ils n’ont pas la « chance » d’avoir un CDI

 
mistral13
16H48 29/11/2007

Il y a assez d’employer le  » mot racisme » en permanence. Pour moi il y a les gens qui veulent s’intégrer dans la sté et être respectueux des lois et des règlements, et le voyoux qui sont majoritairement des féniants qui désirent travailler certe mais surtout dans des places réservées dans les mairies pour passer un coup de balai être bien payer et avoir la sécutité de l’emploi.Ce qui se passe est inadmissible et je suis pour la manière forte ,déploiement de l’armée et tir à vue .

 
turonuscivis
21H34 28/11/2007

Ah ah !!! voici voila les ciseaux de la censure qui pointe leur bouts ???
Madame la conseillère ne supporte pas la contradiction???
une seule ligne ? la votre ?, celle du silence ?

 
lavandula
01H22 29/11/2007

Merci de lire mon silence en page? il y a tellement de témoignages que je ne sais pas à quelle page, mais cherchez et lisez je suis toujours Lavandula.

 
PonG | rationaliste fondamentaliste à Paris
02H43 30/11/2007

> »J’ai encore l’article si ça intéresse quelqu’un ! »

Oui moi. Des références c’est possible ?

 
Adarshini | Idéaliste
20H43 29/11/2007

Ca fait du bien de vous lire… ouf…

J’ai vécu en « banlieue » quelques années, et j’ai toujours cette sensation ambigüe de malaise et de peine, quand je vois maintenant les « images » sur la boite magique, et non plus à travers ma fenêtre. Je ressens tout: la peur pour notre vieille voiture, l’odeur de pneus et de poubelles fondus et des gaz lacrymo, les nuits d’insurrection, et la peur de ces CRS armés jusqu’aux dents qui encerclent le quartier et qui contrôlent de jour comme de nuit nos sorties (papiers requis, mais bon, quand on a de la « chance », « on va pas s’embêter entre Français… »)

Qu’y a-t-il de pire que de ressentir le mépris?

Mais s’il est une chose que je veux garder à tout prix, c’est justement la richesse de ces cultures mélangées et le souvenir du partage que je n’ai pas trouvé ailleurs. Maintenant, au ramadan, personne ne m’apporte plus ces gâteaux délicieux au miel et à la fleur d’oranger, et je ne peux plus partager mes spécialités…

Désolée du hors-sujet…

 
SKEPTYKY
02H56 29/11/2007

djamel ,je comprend et partage tes propos envers ce
magistrat , on ne traite pas de voyous les jeunes français qui habitent les banlieues , car d’abord il faut preciser auparavant que rien n’as été fait depuis plus de trente
ans ,pour ameliorer la vie du peuple ,salariés ,retraités
et que les « reformes  » de nico sont toutes antisociale et
régressive ,sans parler de l’abus du tout repressif ; qui
sont les voyous? , les politiciens ,le patronat qui tapent dans la caisse ,d’autre qui se promenent avec des
valises remplit d’especes sonnante et trébuchante , toute
ces condamnations en haut de la pyramide ,pendant que les
jeunes galérent et les vieux sur le banc de touche a 55
ans ,que la misere est grandissante ,omnipresente dans ce
pays ;nico cherche l’epreuve de force ou la provoque ,
il va la trouver avec les jeunes et les vieux reunis
s’il ne resout pas et vite les problemes tres grave
de cette société française ; quelle honte de voir çà!!
soutiens a toi djamel et tous les jeunes !! ..;
JEUNES / VIEUX / ENSEMBLES ON VA LES MATER !! skeptyky

 
Jean de Maillard | Magistrat
11H32 29/11/2007

Cher Jamel,J’ai voulu lire toutes les réactions qu’a suscitées mon papier avant d’ajouter (avec réticence) ma réponse à de flot souvent nauséabond, vulgaire, voire obscène. J’ai choisi de vous répondre à vous personnellement car votre réaction permet de maintenir le débat à un niveau de dignité suffisant. Je ne vois par pourquoi je devrais adresser des excuses et à qui. Je constate simplement, ce que j’avais probablement sous-estimé, qu’on ne peut plus exprimer dans ce pays certaines opinions sans être immédiatement traité de raciste ou autre qualificatif qui décrédibilise immédiatement son auteur. J’aurais donc dû, mais aurais-je été mieux compris, écrire 9-3 en le mettant entre guillemets. Le « 9-3 » est devenu une appellation générique qui n’a rien à voir avec la localisation géographique de la Seine-Saint-Denis (d’ailleurs Villiers-le-Bel, comme le rappelle un CA, est dans le 95…) mais qui signifie une certaine forme de banlieue qui est celle dont il était question dans mon papier. Hélas, non seulement désormais chacun ne lit plus les textes qu’il a sous les yeux pour y comprendre ce qui est écrit, mais pour retrouver ce qu’il soupçonne son auteur d’avoir voulu dire, surtout s’il ne l’a pas compris.Vous n’avez réagi, cher Djamel, que par rapport à cette phrase. Laissez-moi par conséquent vous rappeler ce que j’ai dit dans le reste de ma chronique. Les banlieues, pas toutes évidemment et pas tout le monde dans ces cités que l’on a laissé se constituer en ghettos, sont devenues des zones de non-droit où les services publics ne fonctionnent plus, quand ils existent encore, et où les relations sociales sont trop souvent commandées par les besoins des trafics qui s’y déroulent dans une impunité à peu près totale. Je vois souvent à quel point, par exemple, la police n’a plus droit de cité dans ces banlieues, et pas seulement en Seine-Saint-Denis, et ne peut plus effectuer le moinde contrôle sans déclencher une mini-émeute et se faire évidemment traiter de raciste.Avez-vous remarqué par exemple que la police, dans l’accident qui a déclenché les dernières émeutes de Villiers-le-Bel, a été immédiatement taxée, sans le moindre début de preuve, d’avoir volontairement causé l’accident et de n’avoir pas porté assistance aux victimes ? Lorsque le procureur a donné des informations sur l’état de l’enquête, on a tout de suite accusé la justice de vouloir couvrir une « bavure ». La question que je posais dans ce papier - et c’était la seule, quoiqu’on m’ait accusé - est la suivante : on constate, que cela plaise ou non, une escalade de la violence et une professionnalisation des méthodes employées. On peut continuer de nier certaines réalités, mais elles ne nous rattraperont que plus vite. Que ferons-nous si, comme je le crains, le tabou de l’usage des armes à feu tirant des balles est transgressé ? Cette question est déjà d’actualité, seule l’omerta des pouvoirs publics la dissimule encore. Heuresuement il n’y a pas encore eu de mort par arme à feu. Mais, quand il sera évidemment trop tard, on devra constater que l’irrémédiable a été franchi et l’on cherchera alors, comme toujours, des solutions dans l’urgence, c’est-à-dire de la pire des façons.J’ai été consterné par le niveau des échanges, y compris de ceux qui prétendent apporter des solutions aux problèmes de fond que ces événements révèlent. Ce que je crains précisément, c’est que la haine sociale qui monte de tous côtés n’entraîne une situation qui sera non seulement ingérable dans les banlieues, mais aussi dans la société tout entière. Les discours sur les banlieues sont souvent la première cause des mauvaises analyses qui en sont faites. D’abord, parler à tout bout de champ des « jeunes des quartiers », non seulement ne signifie rien, mais implique l’idée que ceux qui posent de vrais problèmes de sécurité sont de gentils jeunes gens simplement victimes du mal-être social. S’il est évident que la dérive de toute une partie de la population doit être comprise comme une incidence directe des conditions de sa socialisation, lesquelles sont une honte de notre société, cela n’empêche que la société a aussi le droit de se défendre. L’impasse dans laquelle se trouve notre pays, c’est que nos dirigeants (de droite comme de gauche) n’ont pas la moindre idée ni de la manière d’offrir aux populations défavorisées d’autres conditions d’existence, ni de la manière d’isoler les noyaux durs de délinquance qui sont le résultat de cette absence de politique, pour les éliminer sans criminaliser non plus tout le reste de la population. En clair, on ne sait plus ni comment faire de la politique, ni comment faire une répression adaptée là où elle est nécessaire. Ce débat me paraît infiniment plus important et utile que celui sur une prétendue discrimination envers les habitants de Seine-saint-Denis qui ne sauraient pas lire. Pour revenir une dernière fois sur ce point qui vous a heurté, cette phrase voulait simplement prévenir que mon papier, il est vrai alarmiste, ne cherchait pas à aggraver les choses en disant des vérités que personne ne semble vouloir entendre, car je doute fort (mais peut-être me trompé-je) que ceux qui manient les fusils à pompe et les cocktails molotov perdent leur temps à lire des chroniques sur Rue89 ou ailleurs. La démocratie, à laquelle je tiens autant que vous, consiste à « médiatiser » les conflits en les manifestant selon des formes acceptables, ce que précisément ces voyous (et ces criminels, comme l’a rappelé Robert Badinter ce matin) ne font pas. Tirer sur les CRS ne fait pas partie de ces moyens d’expression. J’aurais aimé aussi -reproche pour reproche - que vous ayez un mot pour les policiers qui ont été blessés à Villiers-le-Bel et que vous désolidarisiez de ces comportements inacceptables dans une démocratie.

 
Clic-Clic | photographe de presse
16H10 29/11/2007

M. le magistrat pourquoi affirmes-tu que c’est un accident? (Désolé de te tutoyer, mais je ne vouvoierai personne sur ce forum, simple principe d’égalité hors classes sociales).

Je te cite:
« Avez-vous remarqué par exemple que la police, dans l’accident qui a déclenché les dernières émeutes de Villiers-le-Bel, a été immédiatement taxée, sans le moindre début de preuve, d’avoir volontairement causé l’accident et de n’avoir pas porté assistance aux victimes ? »

Et toi quelle preuve as-tu que c’est un accident (« évènement imprévu et soudain qui provoque des dégâts, met en danger » Le Petit Robert 1992), et non pas une bavure (acte intentionnel)?

Es-tu chargé de l’enquête? Es-tu plus rapide que la foudre?
Ou alors aurais-tu une opinion toute faite avant même toute conclusion judiciaire?

Tout ça me rappelle un ministre de la justice qui dès l’arrestation de Colonna, avant son procès et au mépris de la présomption d’innocence déclarait « nous avons arrêté l’assassin du préfet Erignac ».

Voyons ce n’est pas sérieux! Quel mépris pour la justice!

Mais peut-être comme disait Chateaubriand:  » Tout mensonge répété devient une vérité. »

 
PonG | rationaliste fondamentaliste à Paris
03H16 30/11/2007

Il ne dit pas que c’est un accident. Il dit que, jusqu’à nouvel ordre, ON NE SAIT PAS. Ni lui, ni les autres. C’est pourtant simple.

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
19H06 29/11/2007

Tout d’abord merci pour avoir le courage de répondre à vos critiques.

Il aurait pourtant peut-être été pertinent d’essayer d’y répondre, plutôt que de les écarter en les qualifiant de « nauséabondes, vulgaires, voire obscènes ». Ainsi, vous affirmez qu’il…

« faut défendre la société »…

Et cela passe, comme souvent, d’abord en discréditant la parole d’autrui, en traitant de sa forme (« vulgaire » & « obscène ») plutôt que du fond. Laissons de côté le refus de la parole populaire, « vulgaire », c’est-à-dire, venue du « vulgus »: le peuple, la populace (« populus »), etc.

« Nauséabondes »?

Vs parlez, sans doute, des accusations de discours racistes portés contre vous. Plus précisément, de « racialisation ».

En précisant d’abord que, sans même vous connaître, je suis à peu près certain que vous n’êtes absolument pas « raciste », n’est-ce pas vrai que votre tribune, peut-être écrite sous le coup de l’émotion, véhiculait un certain nombre de sous-entendus racistes?

Vous vous en défendrez, j’en suis sûr, et même je l’espère!

Le racisme, ou plutôt, la « racialisation », est un phénomène social, collectif, qui n’a rien à voir avec vos idées individuelles explicites.

Le discours raciste traverse chacun d’entre nous, et c’est pour ça qu’il est dangereux.

« Ainsi, pour reconstituer dans l’imaginaire une souveraineté en fait mythique, se développe un racisme institutionnel, beaucoup plus décisif pour l’évolution des attitudes collectives que le système des préjugés ou des idéologies de rejet de l’Autre. »

(Etienne Balibar, http://terra.rezo.net/article600.html)

Vous n’êtes pas sans ignorer, sans doute, les liens entre le discours racialiste et l’équation « classes laborieuses=classes dangereuses ».

Lorsqu’on affirme que les populations du 93 ne lisent pas Rue 89, on ne fait pas qu’une erreur d’analyse, on ne fait pas que prendre les gens pour des idiots…

Vu le contexte actuel, il est clair qu’on les traite, insidieusement, de « sauvages ».

Certes, cela n’était pas votre intention. Mais vous devez savoir qu’un texte ne s’évalue pas à l’intention de son auteur, mais à la réception qu’en font ses lecteurs.

Peut-être voulez-vous aussi tracer une ligne de démarcation, claire, nette et précise, entre le « bon peuple » et les « délinquants »?

C’est là, en effet, le travail de la police et de la prison depuis sa création:

« Au constat que la prison échoue à réduire les crimes il faut peut-être substituer l’hypothèse que la prison a fort bien réussi à produire la délinquance (…) Or ce processus qui constitue la délinquance-objet fait corps avec l’opération politique qui dissocie les illégalismes et en isole la délinquance » (Foucault, Surveiller et punir, p.323).

Permettez-nous de ne pas croire en cette frontière étanche entre les « délinquants » et le « bon peuple »!

Soyez lucide: voyez dans cette différence d’appréciation bien plus, et bien moins, qu’un différend personnel - car il faut savoir débattre et s’opposer politiquement avec ses amis mêmes!

Voyez-y plutôt l’existence, claire, nette et précise d’un conflit politique radical, entre ceux qui voudraient essentialiser la criminalité et en faire une sorte de seconde nature, la séparant ainsi du « bon peuple » travailleur et honnête, et ceux qui refusent toute essentialisation de quelque subjectivité, sociale ou individuelle, que ce soit!

Essentialiser la subjectivité d’un groupe social, considérer que les « délinquants » sont des personnes à part du reste du « bon peuple », considérer qu’ils sont irrémédiablement perdus,

Ce n’est pas seulement avoir perdu les bons sentiments que doit avoir tout chrétien pour le salut de son adversaire;

Bien plus: c’est affirmer qu’il y a une certaine « race » d’hommes et de femmes qui sont perdu-e-s pour la société, des « sauvages » analphabètes qui ne connaissent que la violence, dont on ne peut rien faire ni espérer, et que, puisqu’humains, trop humains nous demeurons, nous allons les enfermer, en prison, à l’asile, et encore en prison, afin de garder sauf notre propre santé mentale et notre bonne conscience.

En cela, lorsque vous perdez confiance en l’humanité, en la possibilité de changement et de poursuivre d’autres politiques que celles menées aujourd’hui, et qui sont largement inspirées du versant le plus triste de la criminologie états-unienne, qui rappelle parfois Cesare Lombroso;

lorsque vous affirmez qu’il faut « défendre la société »
de « délinquants » perdus à jamais;

oui, vous êtes bien le vecteur inconscient d’un processus social de racialisation.

Moi non plus je ne crois pas en la possibilité de la réhabilitation par la prison. D’ailleurs, dès sa création, personne n’y a jamais cru.

Mais je crois en la possibilité pour chacun de s’en sortir, quelque que soit le « péché » accompli;

je crois en la possibilité de trouver d’autres alternatives que la prison;

je crois en la nécessité, non pas de légitimer les actes qui sont contraires à notre sécurité, mais du moins d’y voir des véritables actes politiques, produits de notre société, réactions fébriles face au mépris et à l’injustice …

En outre, vs parlez de « guérilla », c’est bien triste.

Balibar, encore:

 »- 1. les méthodes répressives et humiliantes, qui se donnent libre cours dans les moments où l’Etat croit son autorité « défiée » par ceux dont il assimile la présence en France à une délinquance organisée, forment la face visible d’un vaste ensemble de pratiques contraires aux droits fondamentaux inscrits dans nos textes constitutionnels, auxquelles tous les étrangers catalogués comme « immigrés » sont quotidiennement soumis » (http://terra.rezo.net/article600.html)

Ne trouvez-vous pas scandaleux, plutôt, qu’il y ait aujourd’hui, en France, « d’éternels enfants d’immigrés » (titre du chap. V d’Evelyne Ribert, « Liberté, égalité, carte d’identité. Les jeunes issus de l’immigration et l’appartenance nationale, La Découverte, 2006)?

Selon Balibar, hérédité & désaffiliation se conjuguent pour former « une catégorie sociale juridiquement et humainement monstrueuse, qui est la condition héréditaire d’immigrant »

(« Uprising in the banlieues », Lignes n°21, nov 06, p.79; en anglais: www.blackwell-synergy.com/doi/pdf/10.1111/j.1467-8675.2007.00422.x).

Ne croyez-vous pas que, plutôt d’aborder ce problème du seul point de vue répressif, en s’effrayant de la présence d’ « armes de guerre » dans les cités, il conviendrait d’abord de s’interroger sur les façons de lutter contre ce racisme institutionnel qui s’insinue à l’intérieur de chacun de nous, en-deça de nos opinions proclamées?

Pensez-vous qu’il est légitime de dénigrer les travailleurs sociaux, comme si les politiques actuelles ne leur fournissaient pas assez de soucis, alors qu’ils font un travail difficile et admirable, au quotidien?

Enfin, vous parler d’ « experts en guérilla urbaine ». Avez-vous des preuves de cette expertise?

Un post laissé ici, sur cet article ou un autre, fort éloigné de vos opinions politiques, disait à peu près qu’il fallait rétablir les méthodes de la Bataille d’Alger et détruire toutes ces « casbahs » (sic).

Vous devez savoir que les techniques inhumaines de contre-insurrection développées par Bigeard & co. ont eut un grand succès, de la « sale guerre » en Argentine, aux « escadrons de la mort » du Salvador, en passant par la School of Americas (cf. Marie-Monique Robin, « Escadrons de la mort, l’école française »: http://www.mefeedia.com/entry/2926696/)

Vs devez savoir que le Pentagone a récemment visionné le film de Gille Pontecorvo, pour s’en inspirer pour l’Irak.

Vs n’êtes peut-être pas sans ignorer que des généraux israéliens sont venus en France, après les émeutes de 2005, pour s’instruire?

Enfin, vous n’êtes pas sans ignorer que, lors du procès fait contre la junte argentine, les juges ont déclaré qu’il n’y avait pas de guérilla, et que par conséquent rien ne justifiait les opérations inhumaines de contre-insurrection qui ont été lancées à cette époque (http://www.desaparecidos.org/arg/doc/secretos/conde.html)?

Quel rapport avec aujourd’hui?

Il faut, je croie, se méfier tout particulièrement de ceux qui parlent de « guérilla urbaine », qui prétendent nous faire peur ainsi, avec la seule conséquence possible de légitimer des méthodes de guerre. Qui dit « guérilla » dit en effet « contre-insurrection », et l’histoire nous apprend que de telles méthodes militaires n’ont besoin de nulle guérilla réelle, mais seulement d’un danger imaginaire, pour être utilisées.

Le moindre qu’on puisse espérer d’un magistrat, c’est qu’il fasse respecter l’état de droit et s’oppose, à tout prix, à toute importation, en France, de telles méthodes de guerre (c’est déjà fait, avec les drones… l’état d’exception n’en est pas loin non plus…).

Comment voulez-vous qu’il y ait « guérilla » s’il n’y a nul projet de prendre le pouvoir? Depuis quand peut-il y avoir une guérilla si elle ne nage pas dans le peuple comme un poisson dans l’eau? Et depuis quand une guérilla s’amuse à mettre le feu aux voitures dans les cités, au lieu de s’attaquer aux véritables centres de pouvoir?

Nous ne sommes pas, cher monsieur, ni en Irak, ni en Palestine, ni à Belfast, ni à Salvador.

Il n’y a nul danger révolutionnaire en France, nulle guérilla qui terrorise le bon peuple, et encore moins le pouvoir.

Affirmer le contraire, sans preuves publiques qui plus est, est tout simplement irresponsable.

Cordialement,

un étudiant qui préférerait qu’on sauve le système éducatif, culturel et intellectuel français, en le réformant de manière intelligente, afin de commencer par donner l’ombre d’une solution à ce fameux « problème des banlieues ».

 
Eleonore10
12H01 29/11/2007

Bien vu Jamel !
Monsieur le Magistrat fait un résumé de ce qui se passe, ok…
Il prône la répression forte. Mais contre qui ? Contre des gamins qui n’ont plus rien, donc plus rien à perdre. C’est courageux, hein ?
Ce soir, notre Cher Président va parler aux français pour leur annoncer des mesures afin d’augmenter leur pouvoir d’achat…
Etrangement, il devait déjà le faire la semaine dernière et il a vainement attendu que Bercy lui propose des solutions.
Hélas ! ces nuls (cf. Sarkozy) ne lui ont rien trouvé…
Il a quand même piqué une grosse colère (cf. Le Canard Enchaîné) en apprenant que son François (Fillon) a avoué devant des journalistes que les caisses de l’état sont vides.
J’ai une question pour vous, Monsieur le Magistrat : donner, en cadeau, l’argent des contribuables à des amis (plusieurs milliards) n’est-ce pas « abuser la communauté », et n’est-ce pas répréhensible ?
Imaginez le maire d’une commune qui rembourserait les impôts locaux à certains de ses « potes » en piochant dans les impôts payés par les habitants de la commune ?
Que ferait votre justice dans ce cas là ?
Car le problème est là, Monsieur le Magistrat ! Trop de facilités pour les uns et pour les pauvres, le fardeau.
Voyez, Rachida Dati qui ferme les tribunaux, les uns après les autres (après concertation, hein ? sauf qu’on a retrouvé un document datant de bien avant le début des doit-disant consultations des magistrats concernés, et tout était décidé).
Elle ferme donc les tribunaux, histoire de montrer qu’elle fait la réforme qu’elle veut! Mais la population augmente, donc était-ce bien nécessaire ?
Cette décision va amener encore plus d’injustice.
Avant la loi Perben, une personne condamnée qui interjetait un appel devait, selon la Cour Européeene des Drois de l’Homme, être rejugée dans l’année. Notre bon ministre de la justice (Perben) a aboli cette loi, et désormais un prévenu peut croupir des années en détention sans que personne ne s’en émeuve !
Bien entendu, si notre détenu habite Neuilly, ça ira très vite et la justice sera clémente.
Tiens ! qu’en a-t-il été de la peine « plancher » pour le frère de Rachida ? … 1 an, alors que la peine « palncher » est de 3 ans dans son cas… Et là, elle n’a pas convoqué le procureur pour lui signifier son mécontentement quant au verdict.
Alors, Monsieur le Magistrat, je ne peux vous dire qu’une chose : non, ce ne sont pas des émeutes, c’est une révolte, comme la France en a connu au cours des siècles quand le peuple n’a plus pu supporter d’être écrasé.
Les français ont même coupé la tête de leur roi…
Alors, la répression, c’est bien mais que proposez-vous à ces gens démunis, traités comme du bétail et ensuite mis en cage pour qu’ils ne fassent plus de vagues ?
Vous plaignez les policiers, soit… Mais pourquoi les jeunes des cités les ont-ils en aversion ?
Croyez-vous qu’ils se soient levés un beau matin, en se disant « tiens ! à partir de ce matin je vais pas aimer les keufs » ???
Non ! c’est l’attitude des policiers qui a engendré cette situation.
Depuis que leur mentor est à la tête du gouvernement, tout leur est permis, semble-t-il.
J’ai été fort étonnée que quelques instants à peine après l’accident de Villiers la justice ait pu annoncer que les policiers n’étaient pas responsables. C’est quelque peu rapide, non ?
Le policier de Marseille qui a tué un enfant en ne respectant pas un feu rouge est en liberté… Imaginez que ce soit un jeune de la cité qui ait renversé un policier dans les mêmes conditions… Notre magnanime et probe justice aurait jugé ce jeune pour un homicide volontaire, etc…
Alors, avant de juger ces jeunes « racailles », essayez d’aller vivre, ne serait-ce qu’un petit mois, dans leur cadre habituel, avec juste le RMI… ensuite je pense que vous serez plus compréhensif.
Dans votre tableau « noir » vous oubliez un paramètre. A attiser la haine de cette façon, ne risque-ton pas de voir un jour un kamikaze qui se fera sauter au beau milieu d’un groupe de policiers ?
 Pensez-y….

 
Vertjaune
15H57 29/11/2007

Bravo Jamel, belle leçon de pertinence. Mr le magistrat n’habite sans doute pas dans les quartiers, ou alors dans les beaux.
Formaté par son école de la magistrature, il correspond à ce qu’on lui a enseigné. Grandeur de la justice, d’autant plus grande qu’elle juge le petit.
Il n’empeche, avoir brulé la bibliothèque va, sans doute possible, empecher les jeunes de Villiers le bel, de lire ou relire « Le talon de fer » de Jack London. Tout y est dit voir décrit de ce qui arrive aujourd’hui.
Quel dommage que ces jeunes ne fassent pas plus de politique, et que les forces de gauche aient délaissées ces quartiers.
 Vertjaune

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
08H16 30/11/2007

Bah oui continue! on tape sur personne, nous, « de toute façon on fait pas de politique ». C’est l’avantage du peuple, du « vulgaire » comme ils disent…Dommage, le peuple est à trois échelles, et, en général, on aime bien être à tous les étages en même temps (la fête est + folle!) Et quand le peuple voit les peoples…

Evelyne a bcp + d’humour k tt le monde, elle vient de nous rappeler un truc… « Les français ont même coupé la tête de leur roi… »

Non! Messieurs les magistrats! Ceci n’est pas un appel à la révolte! Juste un constat : les forums internet, c dur, ca permet à tout le monde de s’exprimer !!! D’ailleurs, « the revolution will not be televised » (http://www.youtube.com/watch?v=uTCQSk2l8bc) You will not be able to stay home brother’! doin’ commercials, cus the revolution will not be televised !!!

Parlons sérieusement (tu crois:-), quelqu’un disait:

« les jeunes qui savent pas s’exprimer, ils ont qu’a à faire une liste municipale au lieu de bruler des biens » (privés ou publics)

Et Abraham Lincoln disait: « chaque fois qu’il y a conflit entre les droits de l’homme et la propriété, les droits de l’homme doivent prévaloir »

C un américain k’a dit ça!!! « The revolution will not give you sex appeal! »

Think about it! « The revolution will not be televised »… We’re not waiting for it…

Mais, « Les français ont même coupé la tête de leur roi… », et quand même, des listes municipales, c bien! Mais faut les monter alors, parce que le socialisme municipal, on attends que ca… mais y a comme ki dirait quelque chose ki bloque à chaque fois…

« The revolution will not be televised »… We ain’t doin’ no revolution’ boy! We just dancin’ tryin’ to save our lives !!!

 
louis75
19H42 29/11/2007

Cher Jamel, le magistrat a eu effectivement bien tort d’écrire que son texte n’aurait aucune chance d’être lu dans le 93. il a commis une faute et j’espère qu’il s’en excusera. issu moi même de l’immigration sud européenne par l’un de mes parents, je sais combien le parcours des migrants venus du Sud pour quitter leur misère et donner leurs mains à la reconstruction, puis à l’essor économique de la France, n’a pas toujours été facile. loin de là. Aujourd’hui encore, pour beaucoup, les conditions de vie sont très pénibles. C’est une réalité et nous ne pouvons plus la contourner. Mais n’oublions pas pour autant la misère matérielle et culturelle dans laquelle vit, loin des cités, aux tréfonds de nos campagne, une partie des français dits de souche. Je pense en particulier à une parente, veuve, ancienne agricultrice et qui vit avec moins de 300 euros/mois…Les exemples de paupérisation et d’exclusion ne manquent pas non plus de ce côté là du territoire.
Je ne vais pas revenir ici sur la longue histoire, douloureuse, qui m’appartient aussi, de celles et ceux qui furent parqués dans des bidonvilles à leur arrivée sur le sol français puis dans les grands ensembles peri-urbains. Permettez moi néanmoins et dans un premier temps de faire un petit rappel. Ceux ci étaient, à l’époque, prometteurs et garants d’un progrès social accessibles au plus grand nombre. Dans leur génie d’offrir, à des loyers dérisoires, chauffage, salles de bain et eau courante à une France majoritairement prolétaire, peu hygiénisée et déjà multicolore, les autorités n’avaient pas prévu qu’un jour ces lieux deviendraient le berceau d’un véritable recul du progrés social escompté à leur création. Force est de constater qu’ils constituent de véritables ghettos où prospèrent la paupérisation et l’exclusion sociale d’une partie des habitants de notre pays, venus d’ici où d’ailleurs. A qui la faute? Je pense que dans un sujet aussi complexe et vaste que celui évoqué ici, La Vérité Unilatérale n’existe pas. Certe, les manques de moyens et de volonté politique y sont pour beaucoup dans les crises actuelles qui secouent les banlieues. Pour autant, on ne peut affirmer que l’Etat et ses représentants n’y ont jamais rien fait pour en améliorer le quotidien de leurs habitants. J’en veux pour preuve que j’ai été moi même « travailleur social » précaire dans une cité « à problèmes » d’une ville de province. Les moyens humains et financiers mis en place par les pouvoirs publics pour y favoriser l’intégration sociale et la prévention de la délinquance d’une partie des jeunes issus de l’immigration,( majoritairement représentés dans cette cité) étaient considérables : embauches de personnel socio-éducatif, création d’un centre de loisirs et d’une ludothèque, travail d’accompagnement des parents dans leur rôle d’éducateurs, soutien scolaire auprès des enfants en difficulté, mise en valeur des apports culturels des uns et des autres, activités et sorties extra scolaires avec les enfants et les adolescents, favorisation de la mixité sociale. Cette politique préventive, voulue par la municipalité d’alors a statistiquement porté ses fruits car beaucoup de « nos jeunes » mènent aujourd’hui des vies exemplaires ou presque (la perfection n’existant pas chez l’homme). Je regrette fortement que ces moyens n’aient pas été étendus de façon systématique aux quartiers les plus défavorisés de ma commune mais aussi à ceux de tous les quartiers sensibles de toutes les villes de France. Si, entre autre chose, une véritable politique gouvernementale visant le recensement des zones à risque et l’intégration sociale des plus faibles par les moyens cités plus haut avait été menée à temps, nous n’en serions peut être pas là aujourd’hui. Malgré tout, je reconnais que notre travail quotidien sur le terrain n’a pas toujours été facile. Un noyau dur d’éléments très violents et perturbateurs a plus d’une fois remis en cause le bien fondé de notre action et à maintes reprises nous avons dû aller la défendre auprès des autorités compétentes pour en préserver le financement… Malheureusement, il nous faut aussi savoir admettre qu’une minorité de jeunes a été, est et sera réfractaire à certains moyens mis en oeuvre pour lui permettre de sortir du cycle infernal cité=exclusion. C’est sans doute cette minorité là que M le Magistrat a voulu évoquer dans son texte. Celle qui constitue désormais le relai de réseaux liés à la petite comme à la grande délinquance. Réseaux qui n’ont pas manqué de conquérir et maintenant de prospérer dans ces cités qui sont, pour certaines, devenues de véritables zones de non droit. Nous savons depuis longtemps, et M le Magistrat n’a pas tort de s’en inquiéter, que certains éléments de ces noyaux durs, détiennent et favorisent la prolifération d’ armes de guerre cachées dans des planques, caves, etc. On voit comment aujourd’hui ces armes sont utilisées contre la police. Il évoque aussi sa crainte de voir peut être les émeutes évoluer vers des guerrillas urbaines très organisées avec usage d’arme de guerre dirigées contre les forces de l’ordre avec toutes les conséquences que cela représente. Je me permets d’aller au delà des craintes de M le Magistrat. En effet, on sait que ces noyaux durs se retournent déjà contre les civils en brûlant les voitures, les commerces, les écoles, les bibliothèques, etc. Mais qu’adviendrait t’il si un jour les armes citées plus haut, de guerre ou non, venaient à être utilisées non plus seulement contre la police mais aussi sur les populations civiles? On pourrait imaginer que les premières victimes, innocentes, seraient les habitants eux mêmes des cités puisque résidant sur le théatre d’où probablement commenceraient les guerrillas évoquées ci-dessus. Accepterions nous que nos mères ou nos pères dont vous évoquez si justement la dure vie, après avoir vu leurs voitures brûler, se fassent descendre comme des lapins?Tout ça non pas seulement à cause de l’incurie de l’Etat mais aussi parce que certains individus, ont définitivement refusé de se soumettre à la moindre rêgle du savoir vivre ensemble. M le Magistrat, s’il a eu, je le répète, tort de prendre les habitants de Seine St Denis pour des couards, il a en revanche raison de s’inquieter des conséquences d’une escalade de la violence (quelque soit le motif qui la provoque) et des moyens utilisés par certains réfractaires à l’ETAT DE DROIT pour, non pas seulement exprimer leur colère suite à tel ou tel évènement dramatique mais aussi pour protéger « leurs territoires » et toutes les activités illicites, combien lucratives, qui s’y déroulent…L’histoire, récente ou ancienne, nous montre, hélas, que des « crises » localisées peuvent dégénérer dans un bain de sang généralisé à tout le pays. M le Magistrat n’a pas de solutions au problème, moi je suggère aux plus hautes instances de l’ETAT, bien sûr de punir très sévèrement ceux qui le méritent, mais aussi et surtout de prendre au plus vite en considération les malaises de celles et ceux qui vivent entassés dans des ensembles qui ne répondent plus, depuis longtemps, à leurs attentes, à leurs besoins et à leur dignité. Faute de quoi, nous nous acheminerons vers un conflit majeur entre sur le territoire.
Louis75, steward

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
09H11 30/11/2007

Louis, dommage de n’avoir pas tapé la touche « enter » pour passer à la ligne, votre post tient tellement de choses ensemble qu’il faut le suivre de la 1ere à la dernière ligne!

J’en rappelle donc juste une partie, qui me semble particulièrement pertinente:

« La Vérité Unilatérale n’existe pas. Certe, les manques de moyens et de volonté politique y sont pour beaucoup dans les crises actuelles qui secouent les banlieues. Pour autant, on ne peut affirmer que l’Etat et ses représentants n’y ont jamais rien fait pour en améliorer le quotidien de leurs habitants. J’en veux pour preuve que j’ai été moi même « travailleur social » précaire dans une cité « à problèmes » d’une ville de province. Les moyens humains et financiers mis en place par les pouvoirs publics pour y favoriser l’intégration sociale et la prévention de la délinquance d’une partie des jeunes issus de l’immigration,( majoritairement représentés dans cette cité) étaient considérables (…) Cette politique préventive, voulue par la municipalité d’alors a statistiquement porté ses fruits car beaucoup de « nos jeunes » mènent aujourd’hui des vies exemplaires ou presque (la perfection n’existant pas chez l’homme). Je regrette fortement que ces moyens n’aient pas été étendus de façon systématique »

En tant qu’ancien travailleur social, cela m’attriste néanmoins que vous aussi, soudainement, prennez peur de « noyaux durs » qui ne respectent pas « l’Etat de droit », en parlant de « guérillas urbaines très organisées » et de « conflits majeurs sur le territoire ».

L’Etat de droit, tout le monde l’attend, dans le « 9-3 » comme à Perpignan, et c’est marrant, personne n’en a jamais vu la couleur!

Par contre, c’est moins drole, mais à Toulouse, des avocats ont fait un boycott, en 2006, parce qu’ils se disaient que, quand même, juger des immigrés privés de titres de citoyens (« sans-papiers ») dans un centre de rétention, c’était limite… au niveau Etat de droit:

« Les magistrats de Bobigny, dont dépend cette annexe, ont toujours refusé de siéger au motif que «la justice ne peut être rendue sereinement dans un endroit où la présence constante de la police bafoue le principe d’indépendance». La même question s’est posée à Coquelles, dans le Pas-de-Calais, près du tunnel sous la Manche. »

http://www.lefigaro.fr/france/20060708.FIG000000453_les_avocats_toulousa…

Que quand on connait les conditions des centres de rétention en question… on se dit que « l’Etat de droit », c’est limite quand même!

Que quand on sait qu’un historien (Maurice Rajsfus en l’occasion) a le droit (ou le prend!) d’enquêter sur les archives de l’histoire de la police, mais que quand un groupe de rap (La Rumeur en l’occurence) reprend ses propos, ils se font condamner et censurer…

on se dit que « l’Etat de droit », c’est limite tout de même!

que quand Chirac envoie Villepin batailler à l’ONU contre la « sale guerre » de Bush en Irak, et que dans le même temps, il crée l’Alliance Base pour aider à la coopération de tout « l’Occident », (http://fr.wikipedia.org/wiki/Alliance_Base) à côté de l’Ecole Militaire, à Paris, rive gauche, on se dit que…

quand même, « l’Etat de droit », c’est limite…

Je ne crois pas que quiconque nous ait posé la question, ni pour installer des camps de rétention, ni pour faire des procès dans des camps de rétention, ni pour beaucoup d’autres choses… Mais ça ressemble beaucoup à l‘« Etat d’exception », tout ça…

L’Etat d’exception, quand l’Etat suspend lui-même le droit, qu’il s’autorise, par une décision « souveraine », à violer lui-même la loi qu’il a lui-même imposer, via des procédures parlementaires (et donc démocratiques)…

L’Etat d’exception est-il devenu, aujourd’hui, la règle (ce que disait Walter Benjamin en polémique contre le juriste nazi Carl Schmitt?)?

Il semble, en tout cas, que des personnes humaines soient en exception permanente de déni de citoyenneté… Et ça fait beaucoup de monde, quand même!!!!

Que des gens soient violents, cela a toujours été le cas, et vu comment on s’arrange pour faire les choses, ca sera peut-être de pire en pire. Mais il y a des problèmes autrement plus sérieux à régler que trois jeunes qui mettent le feu à une voiture… Condamnez-les! Et alors? On règlera la paix civile à coup d’années de zonzon?

Pas de justice pas de paix.

Alors, pourquoi ne pas étendre ces moyens municipaux, les soutenir au niveau national, bref, donner des moyens! au lieu d’envoyer tout le monde en prison…

(bientôt, on ira rendre visite à nos grands-parents derrière les barreaux, au rythme ou elle tourne, la machine ju-judi-judi-judiciaire!… Construire des prisons, et voilà la solution pour la croissance! )

 
louis75
19H45 29/11/2007

Cher Jamel, le magistrat a eu effectivement bien tort d’écrire que son texte n’aurait aucune chance d’être lu dans le 93. il a commis une faute et j’espère qu’il s’en excusera. issu moi même de l’immigration sud européenne par l’un de mes parents, je sais combien le parcours des migrants venus du Sud pour quitter leur misère et donner leurs mains à la reconstruction, puis à l’essor économique de la France, n’a pas toujours été facile. loin de là. Aujourd’hui encore, pour beaucoup, les conditions de vie sont très pénibles. C’est une réalité et nous ne pouvons plus la contourner. Mais n’oublions pas pour autant la misère matérielle et culturelle dans laquelle vit, loin des cités, aux tréfonds de nos campagne, une partie des français dits de souche. Je pense en particulier à une parente, veuve, ancienne agricultrice et qui vit avec moins de 300 euros/mois…Les exemples de paupérisation et d’exclusion ne manquent pas non plus de ce côté là du territoire.
Je ne vais pas revenir ici sur la longue histoire, douloureuse, qui m’appartient aussi, de celles et ceux qui furent parqués dans des bidonvilles à leur arrivée sur le sol français puis dans les grands ensembles peri-urbains. Permettez moi néanmoins et dans un premier temps de faire un petit rappel. Ceux ci étaient, à l’époque, prometteurs et garants d’un progrès social accessibles au plus grand nombre. Dans leur génie d’offrir, à des loyers dérisoires, chauffage, salles de bain et eau courante à une France majoritairement prolétaire, peu hygiénisée et déjà multicolore, les autorités n’avaient pas prévu qu’un jour ces lieux deviendraient le berceau d’un véritable recul du progrés social escompté à leur création. Force est de constater qu’ils constituent de véritables ghettos où prospèrent la paupérisation et l’exclusion sociale d’une partie des habitants de notre pays, venus d’ici où d’ailleurs. A qui la faute? Je pense que dans un sujet aussi complexe et vaste que celui évoqué ici, La Vérité Unilatérale n’existe pas. Certe, les manques de moyens et de volonté politique y sont pour beaucoup dans les crises actuelles qui secouent les banlieues. Pour autant, on ne peut affirmer que l’Etat et ses représentants n’y ont jamais rien fait pour en améliorer le quotidien de leurs habitants. J’en veux pour preuve que j’ai été moi même « travailleur social » précaire dans une cité « à problèmes » d’une ville de province. Les moyens humains et financiers mis en place par les pouvoirs publics pour y favoriser l’intégration sociale et la prévention de la délinquance d’une partie des jeunes issus de l’immigration,( majoritairement représentés dans cette cité) étaient considérables : embauches de personnel socio-éducatif, création d’un centre de loisirs et d’une ludothèque, travail d’accompagnement des parents dans leur rôle d’éducateurs, soutien scolaire auprès des enfants en difficulté, mise en valeur des apports culturels des uns et des autres, activités et sorties extra scolaires avec les enfants et les adolescents, favorisation de la mixité sociale. Cette politique préventive, voulue par la municipalité d’alors a statistiquement porté ses fruits car beaucoup de « nos jeunes » mènent aujourd’hui des vies exemplaires ou presque (la perfection n’existant pas chez l’homme). Je regrette fortement que ces moyens n’aient pas été étendus de façon systématique aux quartiers les plus défavorisés de ma commune mais aussi à ceux de tous les quartiers sensibles de toutes les villes de France. Si, entre autre chose, une véritable politique gouvernementale visant le recensement des zones à risque et l’intégration sociale des plus faibles par les moyens cités plus haut avait été menée à temps, nous n’en serions peut être pas là aujourd’hui. Malgré tout, je reconnais que notre travail quotidien sur le terrain n’a pas toujours été facile. Un noyau dur d’éléments très violents et perturbateurs a plus d’une fois remis en cause le bien fondé de notre action et à maintes reprises nous avons dû aller la défendre auprès des autorités compétentes pour en préserver le financement… Malheureusement, il nous faut aussi savoir admettre qu’une minorité de jeunes a été, est et sera réfractaire à certains moyens mis en oeuvre pour lui permettre de sortir du cycle infernal cité=exclusion. C’est sans doute cette minorité là que M le Magistrat a voulu évoquer dans son texte. Celle qui constitue désormais le relai de réseaux liés à la petite comme à la grande délinquance. Réseaux qui n’ont pas manqué de conquérir et maintenant de prospérer dans ces cités qui sont, pour certaines, devenues de véritables zones de non droit. Nous savons depuis longtemps, et M le Magistrat n’a pas tort de s’en inquiéter, que certains éléments de ces noyaux durs, détiennent et favorisent la prolifération d’ armes de guerre cachées dans des planques, caves, etc. On voit comment aujourd’hui ces armes sont utilisées contre la police. Il évoque aussi sa crainte de voir peut être les émeutes évoluer vers des guerrillas urbaines très organisées avec usage d’arme de guerre dirigées contre les forces de l’ordre avec toutes les conséquences que cela représente. Je me permets d’aller au delà des craintes de M le Magistrat. En effet, on sait que ces noyaux durs se retournent déjà contre les civils en brûlant les voitures, les commerces, les écoles, les bibliothèques, etc. Mais qu’adviendrait t’il si un jour les armes citées plus haut, de guerre ou non, venaient à être utilisées non plus seulement contre la police mais aussi sur les populations civiles? On pourrait imaginer que les premières victimes, innocentes, seraient les habitants eux mêmes des cités puisque résidant sur le théatre d’où probablement commenceraient les guerrillas évoquées ci-dessus. Accepterions nous que nos mères ou nos pères dont vous évoquez si justement la dure vie, après avoir vu leurs voitures brûler, se fassent descendre comme des lapins?Tout ça non pas seulement à cause de l’incurie de l’Etat mais aussi parce que certains individus, ont définitivement refusé de se soumettre à la moindre rêgle du savoir vivre ensemble. M le Magistrat, s’il a eu, je le répète, tort de prendre les habitants de Seine St Denis pour des couards, il a en revanche raison de s’inquieter des conséquences d’une escalade de la violence (quelque soit le motif qui la provoque) et des moyens utilisés par certains réfractaires à l’ETAT DE DROIT pour, non pas seulement exprimer leur colère suite à tel ou tel évènement dramatique mais aussi pour protéger « leurs territoires » et toutes les activités illicites, combien lucratives, qui s’y déroulent…L’histoire, récente ou ancienne, nous montre, hélas, que des « crises » localisées peuvent dégénérer dans un bain de sang généralisé à tout le pays. M le Magistrat n’a pas de solutions au problème, moi je suggère aux plus hautes instances de l’ETAT, bien sûr de punir très sévèrement ceux qui le méritent, mais aussi et surtout de prendre au plus vite en considération les malaises de celles et ceux qui vivent entassés dans des ensembles qui ne répondent plus, depuis longtemps, à leurs attentes, à leurs besoins et à leur dignité. Faute de quoi, nous nous acheminerons vers un conflit majeur entre sur le territoire.
Louis75, steward

 
louis75
19H49 29/11/2007

Cher Jamel, le magistrat a eu effectivement bien tort d’écrire que son texte n’aurait aucune chance d’être lu dans le 93. il a commis une faute et j’espère qu’il s’en excusera. issu moi même de l’immigration sud européenne par l’un de mes parents, je sais combien le parcours des migrants venus du Sud pour quitter leur misère et donner leurs mains à la reconstruction, puis à l’essor économique de la France, n’a pas toujours été facile. loin de là. Aujourd’hui encore, pour beaucoup, les conditions de vie sont très pénibles. C’est une réalité et nous ne pouvons plus la contourner. Mais n’oublions pas pour autant la misère matérielle et culturelle dans laquelle vit, loin des cités, aux tréfonds de nos campagne, une partie des français dits de souche. Je pense en particulier à une parente, veuve, ancienne agricultrice et qui vit avec moins de 300 euros/mois…Les exemples de paupérisation et d’exclusion ne manquent pas non plus de ce côté là du territoire.
Je ne vais pas revenir ici sur la longue histoire, douloureuse, qui m’appartient aussi, de celles et ceux qui furent parqués dans des bidonvilles à leur arrivée sur le sol français puis dans les grands ensembles peri-urbains. Permettez moi néanmoins et dans un premier temps de faire un petit rappel. Ceux ci étaient, à l’époque, prometteurs et garants d’un progrès social accessibles au plus grand nombre. Dans leur génie d’offrir, à des loyers dérisoires, chauffage, salles de bain et eau courante à une France majoritairement prolétaire, peu hygiénisée et déjà multicolore, les autorités n’avaient pas prévu qu’un jour ces lieux deviendraient le berceau d’un véritable recul du progrés social escompté à leur création. Force est de constater qu’ils constituent de véritables ghettos où prospèrent la paupérisation et l’exclusion sociale d’une partie des habitants de notre pays, venus d’ici où d’ailleurs. A qui la faute? Je pense que dans un sujet aussi complexe et vaste que celui évoqué ici, La Vérité Unilatérale n’existe pas. Certe, les manques de moyens et de volonté politique y sont pour beaucoup dans les crises actuelles qui secouent les banlieues. Pour autant, on ne peut affirmer que l’Etat et ses représentants n’y ont jamais rien fait pour en améliorer le quotidien de leurs habitants. J’en veux pour preuve que j’ai été moi même « travailleur social » précaire dans une cité « à problèmes » d’une ville de province. Les moyens humains et financiers mis en place par les pouvoirs publics pour y favoriser l’intégration sociale et la prévention de la délinquance d’une partie des jeunes issus de l’immigration,( majoritairement représentés dans cette cité) étaient considérables : embauches de personnel socio-éducatif, création d’un centre de loisirs et d’une ludothèque, travail d’accompagnement des parents dans leur rôle d’éducateurs, soutien scolaire auprès des enfants en difficulté, mise en valeur des apports culturels des uns et des autres, activités et sorties extra scolaires avec les enfants et les adolescents, favorisation de la mixité sociale. Cette politique préventive, voulue par la municipalité d’alors a statistiquement porté ses fruits car beaucoup de « nos jeunes » mènent aujourd’hui des vies exemplaires ou presque (la perfection n’existant pas chez l’homme). Je regrette fortement que ces moyens n’aient pas été étendus de façon systématique aux quartiers les plus défavorisés de ma commune mais aussi à ceux de tous les quartiers sensibles de toutes les villes de France. Si, entre autre chose, une véritable politique gouvernementale visant le recensement des zones à risque et l’intégration sociale des plus faibles par les moyens cités plus haut avait été menée à temps, nous n’en serions peut être pas là aujourd’hui. Malgré tout, je reconnais que notre travail quotidien sur le terrain n’a pas toujours été facile. Un noyau dur d’éléments très violents et perturbateurs a plus d’une fois remis en cause le bien fondé de notre action et à maintes reprises nous avons dû aller la défendre auprès des autorités compétentes pour en préserver le financement… Malheureusement, il nous faut aussi savoir admettre qu’une minorité de jeunes a été, est et sera réfractaire à certains moyens mis en oeuvre pour lui permettre de sortir du cycle infernal cité=exclusion. C’est sans doute cette minorité là que M le Magistrat a voulu évoquer dans son texte. Celle qui constitue désormais le relai de réseaux liés à la petite comme à la grande délinquance. Réseaux qui n’ont pas manqué de conquérir et maintenant de prospérer dans ces cités qui sont, pour certaines, devenues de véritables zones de non droit. Nous savons depuis longtemps, et M le Magistrat n’a pas tort de s’en inquiéter, que certains éléments de ces noyaux durs, détiennent et favorisent la prolifération d’ armes de guerre cachées dans des planques, caves, etc. On voit comment aujourd’hui ces armes sont utilisées contre la police. Il évoque aussi sa crainte de voir peut être les émeutes évoluer vers des guerrillas urbaines très organisées avec usage d’arme de guerre dirigées contre les forces de l’ordre avec toutes les conséquences que cela représente. Je me permets d’aller au delà des craintes de M le Magistrat. En effet, on sait que ces noyaux durs se retournent déjà contre les civils en brûlant les voitures, les commerces, les écoles, les bibliothèques, etc. Mais qu’adviendrait t’il si un jour les armes citées plus haut, de guerre ou non, venaient à être utilisées non plus seulement contre la police mais aussi sur les populations civiles? On pourrait imaginer que les premières victimes, innocentes, seraient les habitants eux mêmes des cités puisque résidant sur le théatre d’où probablement commenceraient les guerrillas évoquées ci-dessus. Accepterions nous que nos mères ou nos pères dont vous évoquez si justement la dure vie, après avoir vu leurs voitures brûler, se fassent descendre comme des lapins?Tout ça non pas seulement à cause de l’incurie de l’Etat mais aussi parce que certains individus, ont définitivement refusé de se soumettre à la moindre rêgle du savoir vivre ensemble. M le Magistrat, s’il a eu, je le répète, tort de prendre les habitants de Seine St Denis pour des couards, il a en revanche raison de s’inquieter des conséquences d’une escalade de la violence (quelque soit le motif qui la provoque) et des moyens utilisés par certains réfractaires à l’ETAT DE DROIT pour, non pas seulement exprimer leur colère suite à tel ou tel évènement dramatique mais aussi pour protéger « leurs territoires » et toutes les activités illicites, combien lucratives, qui s’y déroulent…L’histoire, récente ou ancienne, nous montre, hélas, que des « crises » localisées peuvent dégénérer dans un bain de sang généralisé à tout le pays. M le Magistrat n’a pas de solutions au problème, moi je suggère aux plus hautes instances de l’ETAT, bien sûr de punir très sévèrement ceux qui le méritent, mais aussi et surtout de prendre au plus vite en considération les malaises de celles et ceux qui vivent entassés dans des ensembles qui ne répondent plus, depuis longtemps, à leurs attentes, à leurs besoins et à leur dignité. Faute de quoi, nous nous acheminerons vers un conflit majeur entre sur le territoire.
Louis75, steward

 
thdu
14H47 28/11/2007

joli raccourci :

60 policiers blessés [ et certains ] par balle

»La plupart du temps les journalistes manipulent l’opinion

vous seriez un excellent journaliste ;))

 
thdu
15H25 28/11/2007

c’est le « il me semble… » qui est très journalistique

 
Richard D Andernos
17H29 28/11/2007

ah bon ??? 95%???  » mais que fait la police « ? !!!!…

 
moxi
15H14 28/11/2007

»60 policiers blessés [ et certains ] par balle

oui, 1.

je vous renvoie l’argument

;-)

 
Imbert
18H44 29/11/2007

Je ne partage pas l’avis désabusé de ce juge quant à l’avenir. Pourquoi ?
Mais parce que rien n’a été fait depuis 20 ans! Ah si! on a beaucoup parlé, beaucoup échangé, discuté, argumenté (un sport nationale), les politiques s’en sont bien servi (à droite je veux dire), mais on a rien fait!

Oh pardon ! J’avais oublié les politiques de rénovation urbaine! Mais bien sur, on jette quelques milliards pour faire tomber des barres et en créer de plus jolies un peu plus loin, avec l’idée simple qu’en rénovant l’habitat on va changer l’avenir des jeunes qui y habitent ! Et on y a cru ! Ces politiques sont vraiment très forts.

La ghettoïsation de certaines banlieues et la montée de la violence de la jeunesse qui y habite sont la conséquence la plus terrible de tous les échecs de la France depuis 30 ans en matière d’éducation, d’économie, de justice et d’immigration.
Cette faillite de l’état à améliorer le sort de ses concitoyens anciens, ou récents n’étant elle-même que la conséquence de la faillite d’une vision réaliste et responsable de la société, du monde, de l’homme au profit d’une vision idéaliste et idéologique. Cette idéologie de la « bien pensance » à la française est notre nouvelle religion depuis 30 ans et le principal verrou de notre société. Elle se fissure chaque jour d’avantage devant la terrible réalité que son angélisme patent a entraîné dans notre société. Elle reste néanmoins très largement dominante. Mais c’est un autre sujet.

Alors la vraie question serait : que faire pour inverser la hausse de la violence et de la ghettoïsation d’une partie de notre pays ?

- d’abord juguler l’immigration en France. Non qu’en soit l’immigration soit mauvaise (certains bien pensants aimeraient me taxer de xénophobe ou de raciste), bien maîtrisée elle peut-être une source d’enrichissement considérable pour un pays, et l’a été très largement pour la France à l’époque ou notre économie fonctionnait à plein. Mais l’échange d’autrefois ou le pays offrait du travail aux courageux qui voulaient le prendre et devenu impossible avec un chômage de masse, une crise du logement, l’augmentation sensible des « travailleurs pauvres », et la ghettoïsation de certains quartiers. Sur ce sujet, aucune statistique fiable (un scandale que nos politiques nous cachent) mais depuis la fin des années 90 tout le monde s’accorde à dire que l’immigration augmente très sensiblement. En fonction des spécialistes et des auteurs on peut évaluer aujourd’hui le nombre d’entrée net dans notre Pays à environ 300.000 personnes / an (les plus optimistes disent 200 et les plus pessimistes jusqu’à 500.000…) soit un peu moins de l’équivalent d’une ville comme Nantes… Si nous continuons sur cette pente, nul effort en matière d’éducation, d’économie, de justice ne permettra d’endiguer le phénomène de ghettoïsation de notre pays.
- Ensuite réformer en profondeur le système d’éducation avec deux maîtres mots : discipline, orientation professionnelle. Avec la création d’établissement adaptés à chaque situation : école normale public au départ, ceux qui ne respectent pas la discipline doivent être rapidement orientés dans des pensions d’état (plus ou moins strictes en fonction des cas), ceux qui travaillent mal doivent être orientés vers des formations professionnelles (après 16 ans), les places en faculté doivent un tant soit peu correspondre au besoin de la société, de très nombreuses bourses doivent être créé pour ceux, défavorisés au départ, qui réussissent à l’école. Cela demande beaucoup d’argent mais surtout cela demande à nouveau une révolution de nos mentalités (et plus particulièrement celle des principaux syndicats de l’éducation nationale que l’état n’ose pas affronter et qui garde une vision «  unique » de l’école).
- Ensuite augmenter sensiblement le budget de la justice : augmenter le nombre de juges (la aussi c’est effarant de lire les statistiques européennes en la matière, la France alloue un budget absolument minable à la justice comparativement aux autres pays). Mais surtout il faut réformer en profondeur le système pénitentiaire qui transforme un jeune délinquant en dangereux criminel. On mélange des jeunes voyous avec des petits délinquants, des vieux criminels, des meurtriers, des violeurs, des fous, des alcooliques, des drogués… Bref n’importe quoi ! Par ailleurs aucune politique de réinsertion par le travail, ou de formation digne de ce nom n’existe. Le rôle de la prison ne devrait il pas être la réinsertion de ceux, nombreux, que la société pourrait remettre dans le droit chemin ? avant qu’il ne soit trop tard ! Il faut donc des prisons adaptés au type de délits, au casier des délinquants etc. en assurant des conditions de détention digne de ce nom (et au moins la sécurité des prisonniers !).
- Et puis réformer en profondeur l’économie, d’abord en abaissant les charges qui pèsent sur le travail (ahurissante la encore par rapport à nos voisins !), en simplifiant drastiquement la fiscalité et les différentes réglementations etc. Une véritable révolution la encore pour offrir des emplois, des salaires en hausse bref un véritable avenir à ceux qui souhaitent s’en sortir. Et puis il faudrait aussi revoir les politiques d’assistance. Attention, on va me taxer d’ultra libérale, la encore pas du tout, le monde du travail est un monde dure et il y aura toujours une partie de la population qui ne s’y adaptera pas, la encore nous devons leur assurer des conditions de vie décentes. En revanche comment inciter au travail ceux qui en touchant différentes allocations, aides, RMI et autre, touche plus qu’un smicard sans rien faire ? Aberrant !! J’ai à ce propos vu une émission effarante ou l’on voyait des braves gens dire qu’ils gagneraient autant voir plus que leur SMIC en ne faisant rien mais que l’inactivité était pour eux une souffrance… Hallucinant !

Bon c’est un peu long tout ça, mais ce serait un minimum pour enrayer un tant soit peu le phénomène. Bref il nous faut une véritable révolution !
Alors bien sur on va me dire qu’on a plus de sous… Forcément la mise en place d’une telle politique doit s’accompagner d’une réforme en profondeur de l’état qui gaspille énormément d’argent, et ce, non pas contre, mais avec les fonctionnaires qui sont souvent sous employés, à des taches rébarbatives et uniques, noyés dans un formalisme administratif hallucinant et parfois incompréhensible même pour eux, sans perspective d’évolution importante pour ceux qui aimeraient faire plus, sans outils modernes dignes de ce nom.
Mais même en réformant l’état il est certain que les 2 à 3 premières années nous creuserions sensiblement le déficit. Cependant, en retrouvant une croissance vigoureuse avec un chômage à 4 ou 5%, les recettes fiscales recommencerait à affluer dés la 3ème année avec des dépenses moindre ! Et enfin, un cycle vertueux derrière.

Alors oui, j’oubliais l’Europe et les fameux 3% de déficit à ne pas dépasser sous peine de… de quoi ? de nous sortir de la zone Euro ? Alors que nous proposerions de réformer en profondeur notre société avec des mesures qui seraient saluées par tous nos voisins ?
Ils nous suivront et fermeront les yeux quelques années sur nos déficits pour que leur partenaire essentiel retrouve sa vigueur perdue.

Tout est possible, mais l’essentiel nous manque : le bon sens et le courage intellectuel.

 
Marine 2012 | Hymen troué par neuf hymen refait à neuf
15H01 28/11/2007

Jean-Marie le Pen l’avait prévue l’explosion des banlieues, de l’immigration, de la précarité. On lui riait au nez à l’époque. Maintenant on est en plein dedans. Bon courage, vous avez mis ces guignols de l’UMP au pouvoir, c’est bien fait. Je ne vois absolument pas comment les choses pourraient s’améliorer, rien n’est fait pour résoudre les problèmes, au contraire, le gouvernement met de l’huile sur le feu. Les Français n’ont que les dirigeants qu’ils méritent.

 
Marine 2012 | Hymen troué par neuf hymen refait à neuf
16H54 28/11/2007

Tu dois faire partie des imbéciles qui ont voté Chirac au second tour de 2002. Tu dois saliver en regardant le journal de 20h avec toute cette violence à la télé et ces flic blessés par balles. Depuis le temps que vous attendiez ça…On y est.

 
françoise.V | p'tite lyonnaise
19H55 28/11/2007

Je fais partie des imbéciles qui ont voté Chirac au second tour de 2002, gant blanc, pince à linge sur le nez…mais je ne salive pas du tout en regardant la violence à la TV, c’est grave, docteur?

 
Marine 2012&nbs