Affaire Chirac : Te Deum contre Requiem pour un système défunt

Dans la tradition, on honore les défunts par une messe de requiem. C'est un Te Deum, chant d'action de grâces, que Jacques Chirac nous invite, malgré lui, à entonner également sur la dépouille encore fumante du régime qu'il nous a légué.

L'article qu'il a livré au Monde jeudi dernier constitue en effet, à son insu, le dernier quoique tardif hommage qu'il pouvait rendre à la justice, abîmée dans les affaires. Hélas, le cortège qui conduit les funérailles du système défunt dont il était le centre, croise sur son retour celui d'une justice qu'il a déjà portée en terre.

Le sombre destin de notre pays est d'avoir cru, depuis Saint-Just, que sa grandeur résidait dans sa seule geste. S'enorgueillir d'apporter aux peuples le bonheur ou gouverner pour notre bien-être : seule l'ambition des discours a changé au fil du temps, s'amenuisant d'une République à l'autre. Mais, tandis qu'on s'égosillait du haut des estrades sur les vertus républicaines, on confiait secrètement aux pratiques véreuses du pouvoir la tâche prioritaire d'assurer une répartition équitable, et donc connivente, des prébendes, dans un système où les élites démocratiques se comportent comme une oligarchie de parvenus.

De fait, chaque détenteur du moindre mandat s'est toujours considéré, chez nous, comme propriétaire du pouvoir que le suffrage universel lui avait provisoirement confié. M. Emmanuelli, qui avait été, comme trésorier du Parti socialiste, au cœur des arrangements de son parti avec la légalité de droit commun, en appela au vote des électeurs pour effacer, pensait-il, la tache de sa condamnation. Comme si les scrutins devaient être les machines à laver des turpitudes de la politique.

Mais le pire, hélas, était que cela marchait. Condamné comme tant d'autres pour des faits de corruption ou assimilés, M. Carignon est le seul homme politique à n'avoir jamais pu retrouver (ou du moins pas encore) de mandat électif malgré ses désirs, si ma mémoire ne me trompe pas. A tel point que, sans vouloir le réhabiliter, on peut se demander s'il n'a pas servi d'exutoire commode à toute la classe politique française. René Girard aurait peut-être, là-dessus, une analyse en termes de « bouc-émissaire » (dont tous ses lecteurs savent qu'il peut être à la fois coupable des faits dont on l'accuse, mais otage d'un inconscient collectif qui permet à la société d'expurger ses propres démons).

Pasqua n'avoue rien, Chirac avoue tout

Mais le lecteur pressé, agacé par mes digressions, doit se demander pourquoi j'attache à un article d'autojustification satisfaite de M. Chirac les vertus laudatives d'un solennel Te Deum. J'y viens, internaute impatient ! Je voudrais seulement que vous compariez, car les hasards du calendrier ont du bon, comment son compagnon de route durant de nombreuses années –je parle de M. Pasqua– assure sa défense dans le même temps devant le tribunal correctionnel, où il est sommé de s'expliquer sur la manière dont il finança certaines de ses activités politiques.

Le créateur et ancien dirigeant du SAC, ancien ministre de l'Intérieur aussi -la France aime le mélange des genres et le frisson de la transgression– s'est d'abord muré dans un silence hostile envers ses juges, estimant n'avoir de compte à rendre que devant la justice politique de ses pairs. On le comprend, elle est si lente, si embarrassée et au final si prévenante…

Quand il sort de son mutisme tactique, c'est pour expliquer avec bonne conscience (on le sent quand même fatigué, comme s'il n'y croyait plus lui-même) comment les fructueuses combinaisons dont on le disait coutumier n'étaient qu'une innocente comptabilité domestique et pour tonitruer contre le harcèlement prétendu d'une justice dont les membres, une fois encore, ne songeraient qu'à comploter pour renverser la République. Sur le fond, M. Pasqua n'avoue rien, ne concède rien, ne regrette rien.

M. Chirac, au contraire, avoue tout (ou presque), concède tout (ou à peu près) et laisse à ses amis le rôle le plus douloureux de regretter pour lui les fautes communes du passé. Mission accomplie par M. Bernard Bled dans la même livraison du Monde. Tandis que M. Chirac plaidait sur ses bonnes intentions et la pureté de ses mobiles, son ancien collaborateur, également mis en examen, battait la coulpe collective : « Nous avons fauté », confessait-il, implorant seulement qu'on ne les prenne pas pour des parrains mafieux… Les aveux du chef, joints à la supplique de son lieutenant, constituent à eux deux une émouvante rémission, jamais vue dans l'histoire des « affaires ».

La divine trouvaille de l'enrichissement personnel

La stratégie de défense qu'il a amorcée dans Le Monde est en effet une première dans la vie politique française, puisqu'il ne conteste plus avoir utilisé les facilités qu'offraient les habitudes complaisantes de la vie politique française à des fins qui n'avaient pas grand chose à voir avec la gestion de la Mairie de Paris. Il est vrai qu'il continue de nous asséner l'éternel refrain, sésame de l'indulgence médiatique, sur l'absence d'enrichissement personnel.

Ah ! l'enrichissement personnel : divine trouvaille des défenses pénales quand il n'y a rien d'autre qu'on puisse encore faire excuser. Sauf que l'enrichissement personnel n'a jamais été en France le fond du problème, dans un système où la fonction publique, honnête, compétente et plutôt efficace, faisait tourner la boutique tandis que les politiques déployaient des trésors d'imagination, et parfois de rouerie, pour alimenter les caisses de leurs partis ou faire prendre en charge par d'autres, plus discrètement, les dépenses de leur vie publique.

La corruption politique, chez nous, n'était pas le moteur de l'Etat, ni sa courroie de transmission, car celui-ci fonctionnait sans que les politiques ne s'en mêlent. Personne, ou du moins pas grand monde, n'avait besoin de s'enrichir, puisque la corruption ne servait pas à cela, mais seulement à perpétuer la mainmise partisane sur les instances officielles du pouvoir. Même la IVe République, injustement décriée par De Gaulle parce qu'elle le faisait piétiner aux portes du pouvoir, redressa la France par l'action discrète de ses grands commis, entourés d'une administration loyale et dévouée au service public, tandis que la classe politique se livrait à ses piteuses pantomimes.

Mais je comprends que M. Chirac, au moment où il rend les armes, supplie qu'on lui sauve la face en le créditant d'un désintérêt personnel dans les vulgaires accommodements quotidiens qui lui ont permis d'accéder au pouvoir suprême. Après tout, accordons-le lui car, pour le reste, ses aveux ont un éminent mérite : ils signent la fin d'une époque, celle où les politiques considéraient n'avoir aucun compte à rendre de l'usage qu'ils faisaient du bien public et attribuaient exclusivement leurs déboires judiciaires au complot de juges revanchards.

Réjouissons-nous par conséquent de l'exemple de résipiscence donné par l'ancien président de la République, même s'il est évidemment incomplet. Sachons lui gré avant tout, je le dis sincèrement, de ne plus chercher dans quelque fumeuse cabale, comme tant d'autres qui l'ont précédé devant les juges d'instruction, l'explication à ses ennuis présents. Certes, on aurait préféré que M. Chirac aille jusqu'au bout de sa démarche et, quand il justifie l'injustifiable, mette au moins à l'imparfait les soit-disant bonnes raisons qu'il avait de faire payer par les contribuables parisiens son staff électoral ou le chauffeur de M. Blondel. Mais qui lui en voudra de trouver le chemin de Canossa trop rude pour être gravi d'une seule traite ? L'argent exhibé vaudra-t-il mieux que l'argent caché ?

Si je me laisse ici aller à un optimisme et une bienveillance qui ne me sont pas coutumiers, je vais toutefois les tempérer très vite. Je ne veux pas parler des nouvelles affinités entre la politique et l'argent que le successeur de M. Chirac semble vouloir promouvoir en montrant sans pudeur ce que ses prédécesseurs dissimulaient. Le temps nous dira si l'argent exhibé vaut mieux, en politique, que l'argent caché. Je voudrais plutôt évoquer le triste état de notre justice, au moment même où, Thémis se prenant pour Pyrrhus, elle peut enfin fêter le triomphe du droit, mais sur les décombres de son propre temple.

Humiliée, soumise, désorientée, neutralisée, épuisée, embrigadée dans la gestion statisticienne et misérabiliste d'une société malade, elle voit, quelques quinze années après que Thierry Jean-Pierre l'eut lancée dans une aventure qui s'achève, les efforts de quelques juges courageux couronnés à titre posthume tandis que Renaud Van Ruymbeke, l'un de ses derniers symboles encore en activité, attend en remerciement de la République de savoir si des poursuites disciplinaires initiées par M. de Villepin seront prononcées par M. Sarkozy, en épilogue d'une affaire où il a servi d'otage à des règlements de compte politiciens.

Ces juges, dont on a tant décrié le zèle à faire appliquer à quelques puissants le même droit qu'aux humbles, sont devenus les parias de la République alors même que M. Chirac, renonçant à les accabler, rend implicitement à la justice une dignité qu'elle n'a plus. On m'accordera que notre époque est pleine de surprises. Te Deum laudamus et Requiescat in pace !

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Portrait de Courageux anonyme

De

15H26 | 26/11/2007 | Permalien

Bonjour !
Merci grandement à vous pour cet excellent article, qui plus est véritablement petit trésor de lecture.
Aussi, petite question à un magistrat : les faits repprochés à Mr Chirac ne peuvent ils pas tomber sous le coup de la prescription ? Ca commence à remonter tout ca …
Et surtout, n'était ce pas le paris de Mr Chirac que de jouer avec les outils de son successeur - à savoir l'empathie et sa requete - pour assurer sa propre sortie ?
Merci d'avance pour ces éventuelle précisions.

Portrait de Jean de Maillard

De Jean de Maillard (auteur)

Magistrat | 17H24 | 26/11/2007 | Permalien

En droit français, la prescription est interrompue par chaque acte d'enquête et, dans ce cas, le délai recommence à courir (3 ans en matière correctionnelle, en l'espèce). Mais du fait de l'immunité présidentielle dont J. Chirac a bénéficié pendant 12 ans, le délai s'est trouvé, durant ces longues années, suspendu. Dès lors, les poursuites ont pu reprendre là où elles avaient été interrompues lors de son élection. C'est pour cela que cette affaire (et les autres) traîne depuis si longtemps mais que la justice, qui était saisie sans pouvoir intervenir, donne l'impression aujourd'hui de s'acharner alors qu'elle ne fait que reprendre les choses là où elles s'étaient arrêtées.

Portrait de Courageux anonyme

De

12H33 | 27/11/2007 | Permalien

La différence importante que vous omettez de citer entre les affaires « emplois fictifs » de Chirac et le « financement de la campagne Pasqua/Devilliers“/ :

Chirac s'était il y a 20 ans, à une époque ou aucun texte de loi n'assurait la transparence politique. Ca n'excuse rien mais ça aide à expliquer. C'était aussi AVANT que Chirac soit ministre.

Pasqua (etDevilliers) c'était APRES les lois sur les financements des partis politiques (c'est la 1ere raison).
En second, Pasqua était ministre durant cette période, et la loi venue après l'affaire du ‘sang contaminé’ a créer cette juridiction d'exception dont se réclame Pasqua.

Mal Lu

Portrait de sceptique

De sceptique

00H24 | 28/11/2007 | Permalien

bonsoir,
J'avoue avoir eu des difficultés à aller jusqu'au bout de l'article,tant par le style que par le contenu.
Je soupçone l'auteur -magistrat- de proner un systéme sans politiques -qui sont tous pourris comme de bien entendu- et de les remplacer par des serviteurs incorruptibles, comme des magistrats, par exemple.
Désolé,le magistrat n'est pas comme Dieu (s'il existe) l'arbitre supréme et les incorruptibles qui sont au pouvoir, on a connu ça et on sait ce que ça donne.
Je suis convaincu que l'immense majorité des politiques est honnéte et dévouée à la collectivité.
Bien sur qu'il y des pourris et qui sont réelus.Et alors, l'arbitre supréme c'est l'électeur.C'est lui seul qui peut décider de virer ou garder son élu. C'est la démocratie avec toutes ses dérives et défauts. C'est mieux ou le moins mauvais.

Portrait de Pierre-Guy-Raoul Namassepamousse

à sceptique Portrait de sceptique De Pierre-Guy-Raoul Namassepamousse

19H56 | 29/11/2007 | Permalien

Moi je trouve l'article très clair (et d'un style élégant, ce qui jure un peu avec les commentaires qu'on lit parfois ici).

Nul ne dit - et l'auteur pas davantage - que les politiques sont tous pourris.
C'est pour ça qu'il doivent être jugés… Par des magistrats, justement. Pour séparer le bon grain de l'ivraie.
C'est le principe de la séparation des pouvoirs. Et il n'y a pas qu'un juge qui juge.

Si l'immense majorité des politiques est honnête et dévouée à la collectivité, ils ne devraient rien risquer. Vous semblez mettre Chirac dans ce lot. Alors, laissons faire le magistrat instructeur.

Bien sur qu'il y des pourris et qui sont réelus. Mais, l'arbitre supréme - l'électeur - ne peut pas se prononcer valablement s'il n'y a pas d'instruction.

Et Chirac a utilisé toutes les ficelles (et elles sont nombreuses) pour empêcher cette instruction. Et toutes les autres…

Le fait qu'il ait 75 ans est dommageable : il eût mieux valu qu'il soit jugé il y a 12 ou 20 ans !

Mais on a bien jugé Papon…

Portrait de Courageux anonyme

De

15H46 | 26/11/2007 | Permalien

Jamais vous ne me ferez verser une larmichette sur un Chirac. Vous et moi ne parlons pas du type que vous décrivez, il s'agit d'un malentendu. L'éloge qui se dessine au travers de votre article vise une autre personne, que nous ne connaissons pas. Vous ne me ferez jamais oublié les 40 années de vie politique de Chirac, ses magouilles, ses orgies à la Mairie de Paris, la joie, oui je dis bien la joie quand il a enfin été élu président car ça signifiait un soulagement pour les parisiens qui se serraient la ceinture pour vivre en le regardant s'empiffrer et vivre comme un nabab avec sa « bernadette gros-sous(birou) ». Allez, vae victis. Les hommes se soutiennent toujours entre eux, et les femmes qui entourent ces hommes là ne valent pas mieux.

Des deux, l'indigne n'est pas celui qu'on pense, Pasqua se savait connu comme un mafieu, comme une crapule, lui aussi a cherché à redorer son image, avec des régularisations, et maintenant en se positionnant contre l'amendement ADN. Mais ces deux-là sont vraiment issus d'un monde que je voudrais voir disparu, celui de l'entre-deux-guerres et de son cortège puant de magouilles malfaisantes.

Pouark. Penser que Pasqua a été le mentor de Sarkozy devrait vous faire plus peur que de savoir un Chirac et un Pasqua devant leur juge.

Et puis, une question, qui a fait abattre Robert Boulin ?

Ca pue, un peu d'encens pour purifier l'atmosphère.

Portrait de Jean de Maillard

De Jean de Maillard (auteur)

Magistrat | 17H28 | 26/11/2007 | Permalien

Sur Robert Boulin, je ne peux vous répondre… Sur le reste, mon papier ne porte que sur les systèmes de défense comparés de MM. Pasqua et Chirac. Sur les reproches qui leur sont adressés, et sur lesquels ils ont à répondre, ne voyez dans mes propos aucune préférence ni aucune indulgence. Je voulais juste dire que je me réjouissais de voir, pour la première fois, qu'un homme politique ne s'en prenait pas à son ou ses juges pour le(s) rendre responsable(s) de ce qui lui arrive. Hélas, et c'est le second aspect de mon papier, ce respect nouveau pour la justice arrive trop tard pour la justice.

Portrait de Courageux anonyme

De

22H01 | 26/11/2007 | Permalien

et Mitterant c'est pareil plus pourri que les autres

Portrait de Courageux anonyme

De

18H02 | 27/11/2007 | Permalien

Et Louis XVI encore plus pourri.

Portrait de Courageux anonyme

De

21H55 | 27/11/2007 | Permalien

Il est toujours très étonnant d'entendre dire qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel. On ne nous fera pas croire que ce financement occulte n'a pas profité à J. Chirac puisque ça lui a permis de se élire, ré-élire et ré-élire encore. Aujourd'hui, dans la continuité de son actvité professionnelle, il continue à s'enrichir étant héberger par la famille HARIRI. C'est comme ce Président qui vient de s'augmenter de plus de 200% pour plus de transparence. Qui paie les voyages de ses fils en Afrique et de sa mère en Chine ?
La banlieue flambe … N'est-ce-pas une conséquence de ce système en pleine deliquescence ?
Kassis01

Portrait de personne

De personne

15H47 | 26/11/2007 | Permalien

« en le créditant d'un désintérêt personnel »

Les frais de bouches de la mairie de Paris ?
Les voyages aux frais du Glam ?
Les voyages à l'Île Maurice ?
Les voyages au Maroc ?
Les voyages…

il a vécu sur un grand pied grâce à la corruption et au détournement de fonds publics, qu'il n'en ai pas mis à gauche pour s'enrichir montre seulement sa mentalité de gagne petit.

Portrait de Jean de Maillard

à personne Portrait de personne De Jean de Maillard (auteur)

Magistrat | 17H35 | 26/11/2007 | Permalien

La question de l'enrichissement personnel est à mon avis le type même du faux problème car, en France en tout cas, la corruption n » pas servi principalement à faire fortune ou même gagner de l'argent, mais à permettre l'entretien et la reproduction de la classe politique, sans incidence sur le fonctionnement de l'Etat car c'était l'administration qui le faisait trouner et les fonctionnaires n'étaient pas, quantà eux, sensibles à la corruption (bien sûr, ce n'est pas aussi simple ni absolument vrai, mais ce que je dis vaut pour la majorité des cas). Si les intellectuels et les médias qui font l'opinion avaient voulu le comprendre plus tôt, ils n'auraient pas passé leur temps à répéter cet argument de défense des politiciens comme un leitmotiv. Et l'on aurait compris depuis longtemps que le vrai problème de la corruption en France était précisément qu'elle ne servait pas prioritairement à l'enrichissement personnel. Enrichissement personnel ou pas, le fonctionnement de la démocratie s'est trouvé tout autant perturbé.

Portrait de Courageux anonyme

à Jean de Maillard Portrait de Jean de Maillard De

20H17 | 26/11/2007 | Permalien

Chirac ne se serait pas enrichi personnellement ? ? ? Que faites vous de son compte bancaire japonais approvisionné de quelques 300 millions d'euros ! ! !

Portrait de Grégory

De Grégory

23H27 | 26/11/2007 | Permalien

De tout ce que j'ai vu sur le sujet, je n'ai rien vu qui transforme cette rumeur en autre chose, et j'ai tendance à trouver celà significatif.

Au passage, il faut signaler une chose importante à nos concitoyens : un type qui rentre à l'ENA rentre à HEC les doigts dans le nez. S'il rentre à HEC, il fera dans sa vie une fortune sans commune mesure avec ce que peut espérer faire le plus corrompu des politiques.

Le simple bon sens confirme bien ce que dit l'article initial : on ne rentre pas en politique pour faire de l'argent. Il y a des moyens à la fois plus faciles, plus rentables et plus fiables. En fait, si on veut juste du pouvoir, la politique peut rester un second choix. C'est pour ça que je crois que tous les hommes politiques ont une part de vocation citoyenne - et que le citoyen moyen, dans son mépris de la profession, a sa part de responsabilité dans la dégradation des élites. Prenez le jeune le plus brillant et intègre, a-t-il facilement envie de faire de la politique, la profession la plus meprisée de France ? Non. Du coup, on a les autres, ceux qui sont un peu malades…

Portrait de Courageux anonyme

à Grégory Portrait de Grégory De

09H40 | 27/11/2007 | Permalien

vous n'etes pas sans savoir que pouvoir rime avec argent et vice versa. alors la citoyenneté, les élus
n'en on que faire.

Portrait de Courageux anonyme

à Jean de Maillard Portrait de Jean de Maillard De

07H16 | 27/11/2007 | Permalien

Appellons un chat un chat.

Dire qu'il n'y a pas eu d'enrichissement personnel de Monsieur Chirac and consorts (tout en expliquant tout de même qu'il y en a eu … indirectement), c'est se fourvoyer.

Votre émotion est intéressante mais pas vraiment de mise. Si ce n'est qu'elle témoigne du pétrin encore plus grand dans lequel on se trouve actuellement.

Nous comprenons tous la différence que vous introduisez entre l'ancienne clique et la nouvelle, mais cette différence n'a que l'épaisseur d'une nuance sans intérêt puisque détourner les moyens publics (argents publics, influence publiques, réseaux publics ) pour s'assurer de rester aux commandes publiques afin de récolter tous les avantages du pouvoir politique et de l'Etat… qu'est-ce que c'est selon vous ?

Cela veut dire que le pouvoir politique de Monsieur Chirac pour ne parler que de lui… a été obtenu frauduleusement. Cela veut dire : un combat politique volontairement vicié par des manoeuvres frauduleuses visant à s'accaparer le pouvoir politique pour en tirer ou en conserver tous les avantages… avantages de charge qui eux sont bel et bien financiers, en nature et en espèces, et tout à fait personnels !

Faut-il les énumérer : économie de soucis pour l'avenir des gosses, économies de frais de logement, de cuisiniers, de bonnes, de nurse, de jardinier, de chauffeur, de bouffe, de loisirs intéressants, de fringues, de soirées chics, d'épargne retraite, d'assurance, d'essence, de voiture, d'électricité, de gaz, pour soi et tous les petits copains et les enfants des petits copains qui trouvent un boulot intéressant, bien payé et qui vous place pour l'avenir (c'est quand même là tout l'intérêt ! ) sans avoir à passer par la case de la compétition ni même parfois par celle des diplômes ou compétences requises… Voila tous ces avantages légaux d'une charge obtenue par des manoeuves illégales.

Ah ! bien-sûr… Ce n'est pas vulgairement taper à grosse poigne dans la caisse du parti comme un vulgaire voleur de mobilette ou un vulgaire parrain de la mafia, non… Non ! bien-sûr… ce n'est que de la délinquance en col blanc, propre sur soi et toujours avec le souci des limites apparentes et des apparences de la limite.

Alors quoi ? … Eh bien il y a qu'il n'y aurait jamais eu de voyage gratuit à l'île Maurice si l'Elu n'avait pas été élu… et sa fifille n'aurait pas été conseillère, ni bobonne dame patronesse de luxe… etc, etc…

Car quoi Monsieur Chirac aurait-il réellement été élu sans son joujou à gagner des élections qui elles-mêmes sont les sésames des rentes et des billets d'avions politiques gratuits ?

Ce n'est pas vivre aux crochets de la République, ce n'est pas taper dans la caisse ? Mais alors qu'est-ce que c'est ?

A vrai dire, je me fiche du train de vie que ces braves ont eu, mais je pardonne difficilement l'essentiel qui leur responsabilité morale devant le pays tout entier.

Car ce que faignez d'oublier un peu promptement, c'est que ce sont les pratiques de l'ancienne clique qui ont fait le lit des pratiques de la nouvelle.

Pendant quarante ans je m'applique à voler de manière courtoise, subtile et civilisée, il est clair que mes assisants piaffent d'impatience de faire pareil et même mieux : ils se doutent qu'ils n'auront pas 40 ans devant eux, et puis dans un monde plus rapide, on a pas la patience d'attendre et de tisser 40 ans durant, les fils de sa retraite… Ceux-là se disent, fort justement, qu'ils peuvent faire pareil sans s'embarasser de courtoisie, de limite et de subtilité….

C'est exactement ce qu'on est en train de vivre.
Aujourd'hui c'est le père Sarko qui emmène maman en Chine … et lui ne se gènera pas pour légaliser de taper directe dans la caisse en même temps que sur nos doigts.

Ps. : Merci monsieur Chirac. Et quand vous irez au Ciel, ( peut-être moi avant vous d'ailleurs), n'oubliez pas de saluer le père Mittérand qui n'était pas mal dans son genre non plus. Vous avez bien arrangé la France qui n'en demandait pas tant !

A vous donc les remerciements éternels des Français reconnaissants.

Portrait de Courageux anonyme

De

12H36 | 27/11/2007 | Permalien

Vous avez totalement raison.

J'ajouterai également que la position de chef de l'état Français permet de se brancher facilement sur les flux financiers d'un Bongo ou d'un Sassou. Mitterrand a son époque utilisait l'argent d'ELF pour régaler ses amis. A quoi cela servirait-il de tapper dans la caisse alors qu'il y a tant d'autre moyens, parfaitement sûrs d'un point de vue judiciaire pour se goinfrer.

Pensons ensemble aux vacances Bolloréennes de Sarko !

Et pour revenir à Chirac Jacques, ne vit il pas aujourd'hui dans un apaprtement prêté par la famille Hariri, pour laquelle le président Jacques Chirac a tant fait ? Et Bitty, et tout le reste….

Bien sûr que les moyens de l'état sont bien plus souhaitable que du simple argent. Ils sont illimités ! Et en plus, et c'est sans doute le plus important : on est à l'abris de la justice ! Et on bénéficie de la complaisance d'une opinion prompte au pardon dans un élan Freudien de soumission à la figure du bon Papa. Vous croyez que Jean Marie Messier, s'il était poursuivit par la justice, pourrait essayer de faire pleurer le bon peuple avec une simple tribune dans le monde ?

Portrait de personne

à Jean de Maillard Portrait de Jean de Maillard De personne

10H17 | 27/11/2007 | Permalien

Quand la corruption entache la majorité et surtout les plus gros contrats entre le privé et le public le fonctionnement de l'état est sérieusement compromis. Combien d'argent détourné sur les marchés de l'eau en France ont servie à financer le rêve américain de Vivendi ? Combien d'argent détourné sur la construction d'autoroutes, pont, lycée, etc. ont servi à Bouygues pour acheter TF1 et en faire une chaîne de propagande ? Quand chaque décision politique n'est plus qu'un renvoi d'ascenseur pour l'ami qui a financé vos voyages, vos vacances, qui vous embauche entre deux mandats ?

L'enrichissement personnel est le ciment qui à permis de fonder l'oligarchie française mélange de politiques, hauts fonctionnaires, patrons. Vous ne pouvez pas pleurer sur la justice sans oublier que les décisions politiques qui en sont responsables ont été majoritairement prise pour satisfaire quelques intérêts particuliers.

Que ça passe maintenant par un petit boulot le weekend dans un grand cabinet d'avocat travaillant directement avec l'état plutôt qu'avec une enveloppe de billets. Un rabais sur le prix d'un appartement par un promoteur ayant obtenu des terrains à vils prix de la mairie, ha pardon là je mélange ancienne et nouvelle méthode, j'ai encore du mal à faire la différence.

Portrait de Courageux anonyme

à Jean de Maillard Portrait de Jean de Maillard De

00H53 | 30/11/2007 | Permalien

Effectivement, c'est tout le fonctionnement de la démocratie qui a été perverti.
Les politiques ont instauré un système qui a amené, par étapes successives, la remise en cause de la liberté de la presse, la propension à « vérouiller » les médias, et à procéder au « démantélement » de la justice par la fermeture massive de tribunaux, les tests ADN, l'appauvrissement de tout un pays. Pervertie, la démocratie l'est dans le fond et dans la forme : ostentation,clinquant, vulgarité, impertinence et provocation. La fonction présidentielle elle-même n'est plus respectée : on court à la rixe,à la bamboche, aux scoop de mauvais aloi. Tout ce qui peut rappeller à la morale, à la mesure, « à la justice » est bazardé.
C'est le retour au Moyen-âge : mise à sac des finances publiques, pillages, picorée. On vit sur le dos des manants, on rend la justice tel Saint-Louis sous son chêne,le seigneur se déplace en convoi à grand renfort de charrois, et envoie ses séides accomplir ses basses oeuvres…Il n'y manque que d'incendier les villages !
« Ni responsables, ni coupables » ! En avons-nous lu des diatribes enflammées contre les juges, procureurs et autres qui avaient la prétention de traiter nos amis vêtus de lin blanc et de probité candide comme les voyous qu'ils sont….Victimes ! Ils sont victimes !
Voyez-vous, Monsieur, ce qui me choque le plus c'est que nous avons fait confiance à ces gens qui parlent de « leur honneur » et qui n'en n'ont aucun ! AUCUNE des célébrités mises en examen n'a jamais voulu assumer sa forfaiture citoyenne et sa malhonnêteté : c'est la justice qui est à abattre !
Vous trouvez tardif que , enfin, la justice ne soit pas accablée ? Il n'est jamais trop tard ! Néanmoins, puis-je vous rappeller que les ex-directeurs de cabinet de J.Chirac le soumettent à un chantage, que voulez-vous donc qu'il fasse en telle occurence ? Il ne peut qu'être on ne peut plus modéré par peur de « se mettre la justice à dos » : car elle en a « gros sur le coeur » cette même justice en rien parfaite, souvent déficiente, mais qui « respire encore » en dépit des coups de massue dont on l'a gratifiée au travers de certains de ses juges. Alphen, Van Ruymbeck, etc….

Portrait de Courageux anonyme

à personne Portrait de personne De

07H33 | 27/11/2007 | Permalien

Vous semblez oublier les comptes bancaires japonais…………Connaîtrons nous cette vérité là ?

Portrait de Courageux anonyme

à personne Portrait de personne De

13H48 | 27/11/2007 | Permalien

Pour ce qui concerne Chirac, on pourrait aussi fouiller dans l'amitié intéressée et avec intéressement que lui portait Feu Hassan II roi du Maroc.
Mohamed VI semblait moins empressé. Mais les biens de Chirac au Maroc et les obligés de la famille royale marocaine en France, montre bien l'avidité de nos politiciens.

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

HS | 18H00 | 26/11/2007 | Permalien

C'est toujours avec un immense plaisir que je lis les interventions de Monsieur Jean de Maillard.

Ce que je ne comprends pas c'est son défaitisme concernant l'état de la justice dans notre pays.

Le Législatif est passé dans les mains de l'Exécutif, le Judiciaire est notre dernier rempart à nous les citoyens contre un gouvernement qui se veut tout puissant et qui nous montre chaque jour son mépris.

J'ai le sentiment qu'au fil du temps nous sommes conduits vers une société où nous serons devenus des outils au service du grand Chef. Et lorsque je dis nous j'entends bien tous les citoyens qui ne sont pas au CAC40.

Portrait de Jean de Maillard

à Servais-Jean Portrait de Servais-Jean De Jean de Maillard (auteur)

Magistrat | 09H12 | 27/11/2007 | Permalien

Cher lecteur fidèle,

Mon scepticisme sur la justice provient d'une (trop) longue fréquentation. Notre justice, caporalisée et en réalité soulagée de l'être, ne fait plus que semblant. Le pôle financier de Paris, le seul qui a produit quelques affaires qui ont pu arriver jusqu'au jugement (mais dans quel état…), se décompose désormais sous l'oeil ravi des politiques et de la haute hiérarchie parisienne. Je peux témoigner de l'état de désarroi dans les juridictions, chez les juges de base, de ce qu'est devenue la justice. Cela n'ôte rien d'ailleurs à l'énorme responsabilité colective que les magistrats portent dans cette situation, mais n'excuse pas non plus la classe politique qui a trouvé dans la démolition de l'appareil judiciaire un moyen de répondre à sa propre crise.

Tout le monde sait que notre actuel président ne porte pas un amour immodéré envers la justice. Tout cela n'est donc pas près de s'améliorer.

Cordialement

 

Portrait de Courageux anonyme

De

18H33 | 26/11/2007 | Permalien

bonjour
et bien moi, je ne vous connais pas M. J. de Maillard, mais je trouve que votre prose est réjouissante et digne de louanges dans une société où tout semble partir à vol eau ! ! ! Tant sur le fond que sur la forme, je vous trouve exemplaire de ce que notre res publica peut produire de meilleur.
Chapeau l'artiste
Chris

Portrait de Courageux anonyme

De

19H49 | 26/11/2007 | Permalien

chirac ne serait pas enrichi personnellement ? ! ! , j'ai pour ma part lu dans plusieurs livres crédibles, trace d'un château, non pas en Espagne, mais en corrèze achetait par chirac ! ! ! .

Je pense pour ma part, outre l'affaire Boulin ? ? ! ! ! , chirac aurait il été élu président de la république, sans les moyens financiers produits par ses magouilles financières ? ? ? ? ! ! ! ! ! .

S'il veut se grandir, se placer en congé au conseil constitutionnel rendrait du crédit à lui même et à l'institution citée .

Portrait de Courageux anonyme

De

23H10 | 26/11/2007 | Permalien

Non non, le chateau est à Mme Chaudron de…mais les terres avoisinantes ont été (effectivement rachetées à bas prix)…….on va dire ça comme cela ! Il y a eu petit coup de pouce, mais vous vous en doutez par une bonne âme pure qui avait envie de faire plaisir ! Vous avez une façon de voir les choses, pouh ! c'est assez méchant ! ….

Bon allez, ce n'est pas grave….c'est, paraît-il normal, c'est même normal que notre Président affiche le pognon à tout va, qu'il s'augmente de 172%, qu'il ait un petit peu magouillé à Neuilly pour son appartement,

du moment qu'il trouve un système de défense le moment venu qui soit un petit peu innovant….et tout ira bien ! Bref avoir l'air….les magistrats sont des gens sensibles ! !

Oh, et puis zut je vais mal dormir en pensant à Carrignon….. le seul qui…..n'a pas retrouvé de mandat ! C'est le siècle de la misère la plus noire !

Portrait de Courageux anonyme

De

20H17 | 26/11/2007 | Permalien

Ce Monsieur de Maillard écrit bien certes, et on a plaisir à le lire, et à lui donner raison.
Mais tout ceci est inutile. Trop tard, du réchauffé.
La justice perd son temps et ..nous aussi.Bonsoir.

Portrait de skalpa

De skalpa

actif et militant ? | 08H29 | 27/11/2007 | Permalien

D'accord avec la première phrase quant à la qualité du texte…
Par contre, je suis désolé, mais ceci n'est pas inutile, le temps n'est pas perdu tant que ces affaires ne seront pas jugés et qui sait les protagonistes condamnés ?

Charlie et Jacquot derrière les barreaux, malheureusement ce serait trop beau, mais heureusement ça n'arrivera pas !
(cherchez l'erreur dans la phrase ci-dessus)


http://kprodukt.blogspot.com

Portrait de MARIOL

De MARIOL

21H29 | 26/11/2007 | Permalien

j'espère que la justice fera son devoir .
Indirectement, je pense que sa façon d'utiliser les fonds publics lui était profitable électoralement ; il se donnait les moyens de son maintient en poste d'élu de la république, ce qui lui a assuré son existence. Il y a bien enrichissement personnel.
Dire qu'il est trop tard n'est pas raisonnable. Je pense à Papon, Pinochet, Milosévitch etc. Même si les griefs retenus ne sont pas comparables, le principe reste le même. Si il y a impunité, c'est la porte ouverte à tous les abus et à l'exercice de droit divin pour ceux qui sont élus par les citoyens

Portrait de Lairderien

De Lairderien

22H10 | 26/11/2007 | Permalien

Merci pour cette tribune qui éclaire sous un certain angle le rapport entre nos élites et la justice.

Effectivement Chirac peut être encore plus cynique que d'autres reconnait les faits, mais sur de lui même et de la haute considération qu'il a pour sa personne n'y voit aucun mal.

il s'agit typiquement de l'attitude des puissants qui ne comprennent pas que la populace puisse avoir l'ombre d'un soupçon de vélléité de leur demander des comptes.

Quand à l'enrichissement personnel s'il ne vous parait pas flagrant, peut être que vu de la France d'en bas, vous savez notamment les 50% qui rament avec moins de 1500€ par mois (soit 18000€/an = 60% du revenu MENSUEL de Chirac ! ! ! ) l'enrichissement personnel de Chirac & Cie est plus évident.
Exemple au hasard : le chateau de Bity acheté une bouchée de pain , puis classé à l'inventaire des monuments historiques et restauré avec de l'argent public ce n'est pas de l'enrichissement personnel….

Lairderien

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