30/07/2011 à 18h16

Tachycardie, nausée : le bruit des éoliennes, nocif pour la santé ?



Des éoliennes en Andalousie (LordFerguson/Flickr/CC).

L'implantation de huit éoliennes industrielles a poussé une association de l'Allier à déposer plainte contre X pour mise en danger délibérée de la vie d'autrui. Une première. Les plaignants s'appuient sur des études qui prouveraient la nocivité de ces moulins à vent.

Dans la montagne bourbonnaise, plusieurs riverains du parc d'éoliennes géantes craignent en effet pour leur santé. (Voir la vidéo)

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Que disent les scientifiques invoqués par les « anti » au sujet des sons émis par les éoliennes ?

Nicole Lachat, une biologiste suisse députée suppléante des Verts au Parlement jurassien, vient de recenser dans une étude les recherches indépendantes réalisées par des médecins, des biologistes et des acousticiens.

Selon elle, le bruit provoque des « effets néfastes avérés sur la santé, et ces effets ne sont pas seulement auditifs ». (Télécharger l'étude)

Les éoliennes provoquent deux sortes de bruit :

  • un bruit audible : au niveau de la nacelle, celui-ci atteint 120 décibels et à 300 mètres, il est d'environ 45db. A comparer avec la puissance sonore d'une boîte de nuit (95 à 105 db).

    Les chercheurs Petersen et al. ont montré que le bruit des éoliennes était plus génant que celui provenant d'autres sources (trafic routier, aéroport). Et voir les éoliennes aggrave le sentiment de dérangement des riverains.

    Nicole Lachat explique :

« A des vitesses ne dépassant pas 15 m/s, les pales émettent le même genre de bruit qu'un planeur. Des vitesses plus élevées créent des turbulences autour des pales qui émettent alors des bourdonnements. De surcroît, à chaque passage de la pale sur le mat, un “wouf” est émis. »

  • des infrasons : on ne les entend pas mais le corps les perçoit. Certains chercheurs pensent que ces sons, puisqu'on ne les entend pas, sont sans danger pour la santé . Mais d'autres, de plus en plus nombreux, soutiennent au contraire que les infrasons produits par les machines sont les plus nocifs pour les riverains.

Le syndrome éolien : maux de tête, tachycardie

La pédochirurgienne américaine Nina Pierpont a mis un mot sur les souffrances des riverains liées aux nuisances sonores : le syndrome éolien. Elle a mené une recherche auprès de 38 habitants vivant juste à côté d'éoliennes industrielles et dont les symptômes se sont développés après la mise en service des engins. L'échantillon est certes faible, mais l'étude est plus qualitative que quantitative.

Elle a constaté plusieurs symptômes récurrents chez ses sujets :

  • troubles du sommeil,
  • maux de tête,
  • acouphènes (bourdonnements ou tintements dans les oreilles),
  • sensation d'augmentation de la pression à l'intérieur de l'oreille,
  • vertiges (étourdissements et sensations d'évanouissement),
  • vertige (sensation du corps ou de la pièce qui tourne),
  • nausées,
  • troubles de la vue,
  • tachycardie (accélération des battements du cœur),
  • irritabilité,
  • problèmes de concentration et de mémoire,
  • angoisses associées à des sensations de palpitations ou de frémissements internes, surgissant pendant l'éveil ou le sommeil.

L'apparition des symptômes n'est pas immédiate. Les personnes s'exposant quelques heures aux éoliennes ne sont pas affectées. Ils ne concernent donc que les individus en contact permanent avec les turbines. Parmi les riverains, les enfants et les personnes âgées sont les plus exposés au syndrome éolien.

D'après Nicole Lachat :

« Plusieurs études montrent qu'en présence de bruits de basse fréquence, les symptômes et le degré à partir duquel les personnes sont gênées augmentent au fil du temps et qu'il n'y a pas d'habituation. »

Elle cite un médecin australien, le docteur Laurie, qui a constaté les mêmes maux. Cette dernière se montrerait même plus alarmiste quant aux effets néfastes des infrasons : l'apparition des symptômes varie d'un cas à l'autre, de quelques semaines à plusieurs mois, avec une aggravation au fil du temps. Surtout, Laurie a constaté que les infrasons pouvaient se propager jusqu'à 10 kilomètres dans des zones montagneuses ou rurales.

8 000 éoliennes d'ici 2020

En France, la distance minimale entre une éolienne industrielle et une habitation est de 500 mètres. Des chercheurs préconisent d'augmenter cette distance. Nicole Lachat estime :

« [qu']un certain consensus semble se dessiner autour d'une distance minimale de 1,5 à 2 km. Il est toutefois nécessaire de prendre également en compte que chaque situation environnementale est particulière. »

Face aux résistances de plus en plus virulentes des riverains, la nécessité d'études sur le long terme pour connaître ces effets durables devient urgente. D'autant que l'éolien se développe considérablement en France. L'objectif affiché du Grenelle de l'environnement est d'atteindre 8 000 éoliennes d'ici 2020. Aujourd'hui, on en compte environ 3 500.

Mis à jour le 3/08 à 20h27. Suite aux remarques des riverains : le bruit de 120 db est bien au niveau de la nacelle, et celui d'une boite de nuit est inférieur. Précision sur l'échantillon.

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  • Loescalade
    Loescalade
    Etudiant
    • Posté à 18h42 le 30/07/2011
    • Internaute
      Etudiant

    J'habite dans l'un des département ou il y a le plus d'éolienne en france ( Plus exactement un village à la frontière des Pyrénées Orientales et de l'Aude ) dans un village ou les éolienne sont devenu mon paysage ( Sans le gâcher ! ). Le parc éolien a fait de l'embauche, ouvert quelques sentiers VTT et font le bonheur des photographes de couchés de soleil. Mais jamais j'ai eu tout les problèmes cité plus haut.

    Pour le bruit il est négligeable à 50mètres et n'est pas si fort même à proximité, le scooter du voisin par contre me les casses tous les matins et tous les soirs.

    Toujours des gens pas contents...

  • thierry reboud
    • Posté à 22h55 le 30/07/2011
    • Internaute

    Une petite remarque liminaire : un moulin est une installation destinée à moudre, généralement des grains. Les appareils dont il est question dans l'article ne sont donc pas des moulins. Je suppose qu'on les appelle comme ça pour faire plus joli, mais c'est quand même fautif.

    L'argument qui mériterait sans doute la médaille d'or de la [hors charte], c'est sans doute celui que sort Lockmann : d'une part parce qu'un territoire vierge, en France, ça n'existe tout bonnement plus depuis belle lurette (ça doit être aussi [hors charte] que de faire remonter un truc à la nuit des temps) ; d'autre part parce que ses motivations d'achat d'un terrain ne sont pas réellement une donnée valable en matière d'aménagement du territoire ; enfin parce qu'il crache le morceau avec une délicieuse candeur, à savoir que l'opposition aux éoliennes est par essence conservatrice. Je n'ai rien contre les musées, mais la France a déjà terriblement tendance à se muer en parc de loisirs international pour qu'on n'en remette peut-être pas une couche.

    J'aimerais assez connaître la position des membres de l'association sur l'installation d'une centrale nucléaire pas loin de son coin de paradis (pour ceux qui aiment la campagne). Dans la mesure où je présume (mais peut-être me trompé-je) que les membres de l'association sont hostiles à l'interruption de l'approvisionnement électrique, on a surtout l'impression d'assister à un modèle canonique d'opposition de type NIMBY : not in my backyard.

  • piecam
    piecam répond à PGC
    capenoule
    • Posté à 23h16 le 30/07/2011
    • Internaute
      capenoule

    l'argument du bruit me fait un peu sourire.
    Moi aussi.

    120db le bruit d'une boîte de nuit ? ? ? ? ?
    Plutôt celui d'une trompette.
    Un piano fait 80 db.

    Interdisons TOUS les instruments de musique et avant tout les orchestres symphoniques qui peuvent aller jusqu'à 300db.

    Pour être plus sérieux, 120db c'est au niveau de la nacelle et non au pied où là on ne trouve plus que 50 à 55db. C'est un mensonge.

    Je vis en face d'une peupleraie. Qui a calculé le bruit que faisait le moindre souffle de vent dans les arbres et les conséquences pour la santé ?
    Interdisons les peupliers.

    Interdisons tous les chantiers de BTP avec leurs grues, marteaux-piqueurs et autres toupies.

    Interdisons les coqs de villages grands fournisseurs de décibels et autres animaux bruyants comme les chèvres ou paons.

    Interdisons les oiseaux, avec leurs sons que nous les humains nous n'entendons pas ?
    Et faisons leur un procès pour mise en danger de la vie d'autrui.

  • StuntmanMike
    StuntmanMike
    Ingénieur de recherche Energie/ (...)
    • Posté à 23h36 le 30/07/2011
    • Internaute
      Ingénieur de recherche Energie/ (...)

    « un bruit audible : au pied de l'hélice, celui-ci atteint 120 décibels – l'équivalent de la puissance sonore d'une boîte de nuit. Plus on s'éloigne, plus il s'estompe. »

    Je viens de me fader le rapport. Il est écrit :

    « Le bruit produit par une éolienne atteint 120 dB au niveau de la nacelle (bruit d'une discothèque) »

    Au niveau de la nacelle, ça veut dire tout en haut, juste à côté de l'alternateur, DANS la boite... Ce qui me semble normale en fait. (Collez votre oreille sur le moteur de votre voiture, vous devez prendre un certain nombre de dB également...).

    Donc, le terme de « au pied de l'hélice » est tout de même tendancieux. On peut comprendre, « au pied de l'éolienne », ce qui fait quand même une différence de 90m environ...

  • A340AMIRI
    • Posté à 23h53 le 30/07/2011

    A force d'habiter a Paris et de me taper le RER B qui pue et qui a toujours une couille, j'ai les symptomes suivants, contre qui dois-je porter plainte ? la région ou la RATP ? ou les 2 ?

    « troubles du sommeil,
    maux de tête,
    acouphènes (bourdonnements ou tintements dans les oreilles),
    sensation d'augmentation de la pression à l'intérieur de l'oreille,
    vertiges (étourdissements et sensations d'évanouissement),
    vertige (sensation du corps ou de la pièce qui tourne),
    nausées,
    troubles de la vue,
    tachycardie (accélération des battements du cœur),
    irritabilité,
    problèmes de concentration et de mémoire,
    angoisses associées à des sensations de palpitations ou de frémissements internes, surgissant pendant l'éveil ou le sommeil »

  • Lionel Dominique Guérin
    • Posté à 10h00 le 31/07/2011

    Oh, le bel article à charge, l'air de rien : )

    J'ai réalisé mon mémoire de fin d'étude sur l'acceptabilité des projets éoliens, aussi je me permets de vous en livrer quelques conclusions qui permettront de compléter cet article engagé : )

    Tout d'abord, il faut savoir que depuis le tout, tout, tout début de l'éolien, trois reproches sont formulés :
    1 C'est moche (ça se discute)
    2 Ca fait du bruit (cf. ci-dessous)
    3 Ca tue les oiseaux (bon la ligue de protection des oiseaux soutient le développement éolien... Lien)

    Ces rumeurs sont d'autant plus tenaces que les premiers moulins éoliens étaient un peu ce que le Spirit of Saint Louis est au derniers drones furtifs américains derniers cri. Un tacot !

    Et les premiers ingénieurs, qui ne sont pas des sociologues et qui pensaient que la splendeur de leur idée allait naturellement emporter l'adhésion collective, n'ont pas pris soin de corriger le tir dès le départ.

    Or, depuis, les technologies ont évolué. J'invite tous les lecteurs du texte engagé ci-dessous à se rendre au pied d'une éolienne. C'est bruyant. Une sorte de « whompf whompf “ bas et désagréable. Or miracle de l'acoustique, faites quelques mètre, le bruit disparait !

    Quoiqu'il en soit, les rumeurs perdurent.

    Or, lorsque l'on y regarde d'un peu plus prêt - spéciale dédicace à au travail de recherche approfondi qu'a nécessité cet article : p - on remarque que les méfaits que l'on prête aux éoliennes sont complètement différents d'un territoire à l'autre.

    J'ai entendu pas mal d'anecdotes rigolotes. Ici, les éoliennes sont bruyantes, donc. Là bas, elle font tourner le lait des vaches, etc. Ailleurs, elles portent atteinte la qualité de la vinification...

    Bien sûr, je ne suis pas une scientifique suisse (j'aimerais d'ailleurs qu'elle m'explique par quelle mécanique biologique mystérieuse mon corps perçoit les infrasons et comment il y réagit ! Suis-je en danger lorsque j'utilise un sifflet à ultrason avec mon chien ? ? ? ? ? Les infrasons produits de façon régulière ont-ils étés inventés avec les éoliennes... ? ? ? ? ). Cependant, on peut faire le constat que les éoliennes, en réalité, cristallisent de façon cathartique les difficultés éprouvées par un territoire. Au fond, ce que l'on dit des éoliennes en dit plus sur ceux qui le disent que sur les éoliennes elle-mêmes.

    Ah, oui ! J'ai bien entendu oublié de préciserque lorsque l'on met en place des systèmes de répartitions équitables et participatifs des revenus fournis par une éolienne (les habitant sont invités à y investir et en touchent les dividendes, cela n'étant pas nécessairement réservé aux gros énergéticiens copain comme cochon avec le gouvernement), et bien figurez vous, que oh ! Miracle ! L'acceptabilité social des projets éoliens est beaucoup, beaucoup plus grande : )))

    Et ça, elles en pensent quoi la journaliste et la scientifique suisse ?

  • Corentin Sivy
    • Posté à 09h10 le 01/08/2011

    120dB au pied d'une éolienne c'est une belle erreur, il ne faut jamais avoir été au pied d'une éolienne....
    120dB c'est dans la nacelle de l'éolienne, qui est isolée. Au pied de l'éolienne c'est au maximum 55dB, inaudible à plus de 500m, distance reglementaire entre habitations et éoliennes (l'une des plus élevées au monde).
    Quand aux études « scientifiques » sur des panels de 38 personnes... On critique suffisamment sondages et labos pharmaceutiques sur la faiblesse de leurs panels (qui dépassent pourtant qq centaines de personnes) pour éviter ça. Il serait intéressant de réaliser une étude sur la perception des « nuisances » des éoliennes en fonction de l'apriori favorable ou défavorable qu'en ont les personnes concernées.

  • akordepo
    akordepo
    salarié
    • Posté à 09h53 le 01/08/2011
    • Internaute
      salarié

    Une éolienne, 100 éoliennes, 10000 éoliennes .... et alors ! ! ! !
    Le jours où l'on trouve une meilleur solution, on les démonte et basta.

    Par contre...
    une central nucléaire, ça pour être durable, c'est durable.... 8-(

    Ne soyons pas con, même si effectivement une éolienne ce n'est pas le super top c'est tout de même un progrès par rapport à un EPR ou une centrale à fioul ou charbon.. non ?

    Aller encore un petit effort intellectuel et on arrivera même à supporter les panneau solaire, la géothermie, et les économies d'énergies.

    Car l'énergie la plus propre c'est celle que l'on ne consomme pas.
    Mais là évidement, ça soulève le problème du capitalisme productiviste.

    He oui, l'écologie est politique avant tout.

  • Schtroumpf perplexe
    • Posté à 10h26 le 01/08/2011
    • Internaute
      physicien

    D'un manière générale, il est préférable que des installations industrielles (les éoliennes en sont) soient un tant soit peu à distance des habitations. Il y a toujours des nuisances.

    Maintenant, les allemands ont implanté un nombre d'éoliennes très supérieur au nôtre. Et leur territoire comprend bien peu d'espaces désertiques... De plus, ils ont un parti écologiste puissant, et des scientifiques aussi valable que ceux de chez-nous. Ils serait intéressant, vu l'avance de leur parc éolien, de savoir ce qu'ils disent au sujet des nuisances des moulins à vent.

  • Jeff_1982
    Jeff_1982
    Professionnel des Energies (...)
    • Posté à 11h54 le 01/08/2011
    • Internaute
      Professionnel des Energies (...)

    Il semblerai que cette chère dame ait déjà quelques critiques visant a plomber son étude :
    Chercher « Nicole Lachat » et « Isabelle Chevalley » sur un moteur de recherche... une brève étude est disponible.

    Il est évident qu'on voit son intérêt a agir en toute circonstance. A l'image de nos anti-éolien français il es toujours de bon augure de crier au loup et d'arranger la vérité pour servir sa notoriété : scientifiques et anciens politiques en mal de reconnaissance, journalistes sans articles ni sujets....

    Tous les 6 mois un nouveau dossier scientifique ou économique anti-éolien sort dans les médias. Il est en général suivi d'un démenti spontané et scientifique ou économique sur le même sujet.
    Il y a des hommes qui travaillent dans les éoliennes et ils n'ont jamais eu de problèmes de santé. Il y a des hommes qui travaillent leur terre sous les éoliennes et ils n'ont pas eu de problèmes de santé. Il y a des gens qui se baladent, chassent, cueillent des champignons et visites au pieds des éoliennes. Là encore pas de problèmes de santé. Il y a des gens qui regardent TF1, sont déçus pas la monotonie de leur vie, fâchés de ne pas avoir été élu ou simplement concerné par un projet éolien et cherche un moyen de s'y impliquer.
    Ceux-là ont des problèmes avec l'éolien... (et tout le reste d'ailleurs). C'est vérifié sur le terrain pas besoin « d'études bidons ».

  • yves zachman
    yves zachman
    patriote
    • Posté à 15h17 le 01/08/2011
    • Internaute
      patriote

    mais quelle couillonnade cette étude ! ! ils ont mesuré les pales ...d'un hord bord ? ? Il y a 12 éoliennes près de chez moi. elles sont parfaitement SILENCEUSES. Il y a un chemin de promenade qui passe à moins de 50 mètres et on n'entend RIEN ! ! elles sont gracieuses et semblent avoir toujours fait partie du paysage.