28/03/2011 à 19h22

Fukushima : les infos folles alimentent toutes les suspicions

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Dimanche, le Japon s’est réveillé dans un état d’affolement exponentiel. Le porte-parole de Tepco venait de déclarer que la radioactivité relevée dans une nappe d’eau échappée du réacteur 2 était « 10 millions de fois plus élevée » que la normale. Une erreur de calcul, due à la panique.

La bourde de l’opérateur japonais Tepco sur le niveau de radioactivité du réacteur 2 de la centrale de Fukushima est symptomatique du verrouillage de la communication dans les mains d’un seul acteur. (Voir la vidéo)

Thierry Charles, directeur de la sûreté des installations à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), souligne que malgré l’erreur de calcul qui a mené au chiffre erroné de « 10 millions », la situation reste extrêmement grave :

« Les débits de dose relevés près des volumes d’eau du bâtiment annexe sont bien de 1 000 millisieverts/heure, un chiffre qui interdit toute intervention à cet endroit.

Rappelons que la dose maximale est normalement de 100 mS/an en cas d’intervention (20 mS/an pour les travailleurs du nucléaire en France en temps normal), maximum déjà relevé à 250 mS/an à Fukushima. »

Lorsque Tepco a pris conscience de son erreur, une conférence de presse a été convoquée en urgence. (Voir la vidéo)

Même le président de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), Roland Desbordes, estime que pour cette gaffe-là, « il y a des circonstances atténuantes ».

L’IRSN résume la situation ainsi :

« Il faut de l’eau pour refroidir mais l’opérateur est gêné par cette eau qui est très irradiante. Cela retarde notablement les interventions. »

S’il y a une bonne nouvelle, souligne l’IRSN, c’est que « les Japonais viennent de se rendre compte qu’ils avaient besoin d’aide. »

Une aide française, mais dans les bureaux

D’ailleurs, le Japon a sollicité la France. Comme s’en est rengorgé Eric Besson, ce lundi sur RTL. (Voir la vidéo)

Chez Areva, on confirme que la demande s’est faite au niveau diplomatique. Le géant français du nucléaire a jusqu’ici fourni du matériel à Tepco, et s’apprête à envoyer des experts en renfort pour aider à rétablir le circuit de refroidissement. « Mais ils seront dans nos bureaux à Tokyo », précise Areva.

« Avec tous ces travailleurs déjà irradiés à Fukushima, il risque d’y avoir peu de volontaires pour aller sur la centrale elle-même », avance encore Roland Desbordes, de la Criirad.

Une galère de trouver des sources indépendantes

Dans une enquête intitulée « Une entreprise trop sûre d’elle-même », Le Monde expliquait que Tepco « avait refusé l’aide proposée par les Etats-Unis et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dès les premiers incidents samedi 12 mars ».

Dans la langue de bois qui caractérise sa communication depuis le début de la crise, un porte-parole de l’AIEA interrogé par Rue89 explique que « si Tepco nous demande de l’aide, nous la lui fournirons volontiers ». En revanche, l’agence nous dit que l’essentiel de ses informations lui viennent de l’autorité nippone de sûreté nucléaire, qui prend elle-même l’essentiel de ses infos de... Tepco.

L’AIEA a beau avoir des équipes au Japon pour surveiller la radioactivité dans l’environnement, elle n’a pas de rôle de gendarme et ne communique pas les données brutes de ses mesures. « Atoms for peace » est le slogan de cet organe onusien qui n’a, en matière de nucléaire civil, pas de pouvoir supranational.

D’ailleurs, tous les spécialistes du nucléaire ont le plus grand mal à obtenir des sources indépendantes pour faire un état du risque radioactif au Japon. Le président de la Criirad raconte ainsi :

« On a galéré au début pour trouver des informateurs locaux. C’est comme en France, les autorités protègent Tepco, tout le monde se tient. On a finalement eu de vrais chiffres en passant par des laboratoires universitaires indépendants. Mais je pense aux Japonais, qui n’ont pas d’infos... On a même fait traduire nos communiqués en japonais ! »

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  • Canaille le Rouge
    Canaille le Rouge
    Révolté constructeur
    • Posté à 19h48 le 28/03/2011
    • Internaute 92684
      Révolté constructeur

    Bourde ou calcul délibéré pour Tepco d’être déclaré incompétent et donc de se voir avec (un plaisir discret) dépossédé des responsabilités concrètes matérielles et financières de la catastrophe, nous la faire « médiator au pays du soleil rayonnant ? » par un Servier du MOX

    Tepco, le plus grand producteur d’électricité privé du monde on socialise ainsi les morts et le cataclysme,

    Cela laisse alors tranquille les actionnaires et limite la casse...financière pendant que montent à la mort les ouvriers et sauveteur kamikazés du nucléaire ?

    Que penser dans ces circonstances de ce communiqué de Tepco
    (notez bien la date) mis en ligne par la bourse de Tokyo ?

    Tepco, le plus grand producteur d’électricité privé du monde, responsable entre autre des 35 millions d’habitants de la mégapole de Tokyo, est en outre confronté à des soucis d’approvisionnement.

    La catastrophe du 11 mars a entraîné l’arrêt des dix réacteurs nucléaires de Tepco dans la préfecture de Fukushima (nord-est) et de quatre centrales thermiques dans les préfectures d’Ibaraki, Kanagawa (région de Tokyo) et de Fukushima.

    Produisant actuellement moins de la moitié de sa capacité théorique, la compagnie est obligée de recourir à des coupures de courant ciblées et temporaires dans la région du Kanto, comptant Tokyo et d’autres zones du centre-est de l’île de Honshu, afin d’éviter un black out soudain.

    Tepco devrait rencontrer des difficultés maximales pour fournir l’électricité nécessaire lors de cet été, lorsque la consommation augmentera à cause de l’utilisation de l’air conditionné.

    TOKYO ELECTRIC POWER

    (©AFP / 28 mars 2011 08h58)

  • -Candide-
    -Candide-
    Jardinateur
    • Posté à 20h27 le 28/03/2011
    • Internaute 40778
      Jardinateur

    En revanche, l’agence nous dit que l’essentiel de ses informations lui viennent de l’autorité nippone de sûreté nucléaire, qui prend elle-même l’essentiel de ses infos de… Tepco.

    Relativisons,

    Il est vrai que la press room de TEPCO est lamentable depuis le départ,
    Lien
    Mais l’organe national de surveillance du nucléaire MISA (Nuclear and Industrial Safety Agency) est complètement informée par TEPCO depuis le départ et a toujours communiqué ouvertement.
    Les médias occidentaux en faisant leur boulot dans la précipitation sont restés trop souvent scotchés dans l’attente des com de TEPCO, alors que les (médias) japonnais savent très bien que les informations factuelles sont communiquées par le NISA (y compris en anglais) et ceci depuis le début de la crise !
    Lien

    En résumé,
    Tepco ne fait pas ses synthèses d’informations car c’est l’institut gouvernemental qui s’en charge.
    Les informations directes de TEPCO au grand public sont très restreintes, mais il est faux d’insinuer que TEPCO communique de la même manière au NISA, il n’y a qu’à lire leur synthèses pour s’en apercevoir.

  • parousnik
    • Posté à 20h27 le 28/03/2011
    • Internaute 18991

    « “Greenpeace classe Fukushima au niveau 7 de l’échelle INES Le bureau allemand de Greenpeace a préparé un rapport, rédigé par un spécialiste en sécurité nucléaire, le Dr Helmut Hirsch qui établit qu’en raison des quantités de radioactivité libérée, l’accident de Fukushima relève du niveau 7 sur l’échelle INES comme Tchernobyl en 1986. Cette publication coïncide avec l’annonce de fuites d’eau radioactive au niveau du réacteur 3 de Fukushima.” » »

    Lien

  • Jean-Jacques Louis
    • Posté à 20h32 le 28/03/2011
    • Internaute 2277

    Vous savez, 1000 mSievert/h. au lieu de 100/an, c’est quand même 87600 fois trop élevé. On n’est pas à dix millions mais c’est néanmoins beaucoup. Beaucoup trop, en tout cas, même si on ne sait pas ce qu’est un Sievert.

    Le problème, c’est que des gens qui n’y connaissent rien (des managers embauchés grâce à des relations, des journalistes n’ayant jamais reçu le moindre cours de physique, des politiciens voulant se montrer et j’en oublie), tout ce beau monde veut dissimuler son ignorance en jetant au public des unités auxquelles ils ne comprennent rien eux-mêmes. Qu’en plus, ils confondent heures et années, il est logique qu’on arrive aux chiffres les plus farfelus. Ils ne savent pas combien de litres il y a dans un mètre cube mais ils veulent parler de Sievert. Pourquoi pas de litre.atmosphère par livre tant qu’ils y sont ? Ou mieux, de m².Hz² ?

    Mais, peu importe, ça doit être médiatique. Faire oublier la Libye et la débâcle des cantonales.

  • usky
    usky
    abstensioniste
    • Posté à 20h34 le 28/03/2011
    • Internaute 116455
      abstensioniste

    Un seul commentaire : Lien

  • tarugo
    tarugo
    anti tout, copain avec personne
    • Posté à 21h22 le 28/03/2011
    • Internaute 149250
      anti tout, copain avec personne

    Des milliers de tonnes d’eau fortement contaminée vont être déversées dans l’océan Pacifique

    Il ne nous faudra que quelques mois pour partager la bonne soupe japonaise

    voici la carte des courants marins, le courant chaud qui parcourt l’océan pacifique, puis traverse l’océan indien, vient virer sur les côtes européennes, tout le monde en profitera

  • alaixih
    • Posté à 22h36 le 28/03/2011
    • Internaute 19775

    Le problème avec une centrale nucléaire est qu’une fois qu’il y a de la radio activité partout on ne peut plus envoyer personne.

    Comme pour envoyer quelqu’un il faut que la radioactivité baisse deux choix se présentent :

    * Soit les gens font les kamikazes
    * Soit on fait tourner un maximum les gens pour qu’ils soient peu irradiés...

    Mais si les doses sont très importantes même le second cas de figure ne limite pas la casse.

    Le problème est manifestement insoluble.
    C’est un peu comme si pour éteindre un feu vous deviez mettre vos mains dans les flammes....

    Manifestement c’est une technologie qui lorsqu’on en perd le contrôle présente un certain nombre d’inconvénients.... Je dis cela en euphémisant mais c’est le cas....

    Rappelez moi : Combien de réacteurs sont en panne ?

    Ah.... Dernière solution : on peu attendre que la radio activité baisse toute seule.......... Pardon ?
    Le plutonium à une période de 300 000 ans ?

    Hé bien attendons 600 000 Ans... Après tout on n’est pas pressés n’est ce pas ? ? ?

  • Jonsnow
    Jonsnow
    =)
    • Posté à 23h06 le 28/03/2011
    • Internaute 86598
      =)

    Tout le monde est suspendu aux lèvres de Tepco alors qu’une bête recherche sur le net, dès les révélations d’emballement des réacteurs, suffisait à révéler ce qui allait arriver : mensonges, minimisation des risques, et encore mensonges !
    Le nombre de casseroles que traîne cette firme est tout de meme impressionnant ! (Et EDF ?)
    Comment ça se fait qu’elle soit encore charge des manoeuvres ET de la com ? Comment l’état japonais travaille-t-il avec tepco : spectateur comme nous ou commanditaire des actions actuelles ? On ne sait toujours pas.
    Je subodore qu’on a tranché la situation comme ça : l’état s’occupe de la population et tepco de sa merde... dans ce cas là...

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 00h03 le 29/03/2011
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro
  • thefrenchpat
    thefrenchpat
    technicien audiovisuel
    • Posté à 00h36 le 29/03/2011
    • Internaute 65354
      technicien audiovisuel

    Ce n’est pas 10 millions mais seulement 100 000 fois plus de radioactivité pour la nappe d’eau du réacteur 2. ouf !

    Y a 3 jours la mer autour de la centrale avait un taux de radioactivité 1250 fois supérieure à la normale.

    1000, 10 000, 100 000 ou 10 millions de fois le taux de radioactivité normale, les chiffres évoluent d’un jour à l’autre....

    On nous parle d’iode, de césium, de radium, de Mox.

    On nous parle en becquerel, et en millisievert ....du réacteur 2 puis du 3....

    Tous ces chiffres et ces mesures sont données par nos journalistes avec un ton neutre presque désintéréssé.

    A 20h25 sur France 2 lorsqu’on parle de la catastrophe nucléaire en fin de journal on pourrait presque regarder le sujet en baillant.

    J’ai l’impression qu’on se moque de nous, qu’on nous cache trop de choses sur un sujet aussi grave.

    J’ai envie de crier, de m’indigner, de m’insurger contre cette communication molle venant d’une source unique ! !

    Qu’on mette des caméras dans l’usine pour nous montrer de l’intérieur ce qu’il se passe et comment les sous traitants travaillent ! !

    Qu’on force Tepco à laisser des indépendants donner des infos et entrer dans cette satané centrale ! !

    Qu’on nous dise dans quelles conditions vont mourir les techniciens irradiés ! !

    Qu’on arrête de nous faire croire qu’on maitrise alors qu’on est dépassé par cette technologie infame ! !

    Qu’on nous dise ce qu’est vraiment une catastrophe nucléaire ! !

  • abhi
    abhi
    commerce
    • Posté à 02h54 le 29/03/2011
    • Internaute 150496
      commerce

    Je vis au japon depuis 3 ans, la situation politique ici est loin de l’opinion que l’on peut s’en faire de l’étranger.
    La démocratie ici est illusoire, l’opposition pratiquement inexistante, les dirigeants absolument corrompus, la mafia complètement affiliée au pouvoir.
    Les fonctionnaires publiques sont tout puissants, corrompus, gaspilleurs et incompétents.
    Je perçois autour de moi une situation extrêmement grave et pense que le japon est sur le chemin d’une catastrophe qui doit être évité à tout prix, c’est facile d’intervenir en Libye avec des forces militaires car il y a du pétrole en jeu, mais ici il faut intervenir d’urgence avec des armées cette fois scientifique et diplomatique. Il est nécessaire de forcer la main à ce gouvernement japonais incapable et hypocrite.
    Le gouvernement japonais nous trompe profondément sur la situation et les dangers que représente Fukushima.
    Les actions prise pour soi disant aider la population et éviter une catastrophe totale son de l’ordre de la négligence et de l’enfantillage.
    Je souhaite que les médias internationaux reconsidèrent tout ce qui se passe ici et dénonce le manque de coordination et d’organisation.
    Une partie du pays vis comme si rien de s’était passé, par exemple Osaka et Kyoto. L’autre tranche comme Tokyo et le nord du pays manquaient, il y a encore quelques jours d’eau potable et de bien d’autres choses importante comme l’électricité, l’essence, le ravitaillement des supers marcher, et manque surtout beaucoup de supports moraux.
    Le pays entier est prêt à accueillir les défavorisés, qui ont été retenus chez eux sans eaux, nourriture et chauffage pendant plus d’une semaine. Il y a des millions de maisons inoccupées dans les campagnes et les petites villes qui ont été désertées par la jeune génération. Reloger n’est qu’une question d’organisation.
    Les médias internationaux pourraient-t’elle informer les japonais dans leur langue à partir de l’étranger ? Car ici la censure est totale et a tous les niveaux, le peuple japonais doit être informé de ce qui se passe.
    Réagissons devant l’incapacité du gouvernement japonais qui emmène ce pays vers sa perte et le reste du monde vers une catastrophe nucléaire qui handicapera notre planète pour de très nombreuses années
    Contrairement a ce que l’on peut penser a l’étranger, les Japonais ne sont pas calmes et zens, ils sont effrayés et émotionnellement extenué.
    Les Japonais ne savent plus quoi et comment faire, ils ne sont pas conditionnés à réagir ni à faire face a leurs émotions, contrairement aux occidentaux.
    Par contre ils sont de plus en plus conscients d’une réalité qui les emmène au désastre. Désespérés et impuissants, ils se résignent. Ils désire intervenir, mais ne savent pas comment, car ils ne l’ont jamais fait auparavant.
    L’opposition, la rébellion, la désobéissance, même la différence d’opinion sont des notions qui sont détruites dans la conscience japonaise dès l’école secondaire.
    La répression policière ici est inconcevable pour un pays démocratique, il est très courant d’humilier, d’exagérer des situations minimes pour terroriser les individus, les récits d’arrestation pour délit mineur sont à la limite des droits humains.
    Le japon est un état policier.
    Comment pouvons-nous les aider à se défendre et à nous protéger nous même ?
    S’il y a danger sur leur vie, les populations doivent en être informé des maintenant, c’est un droit humanitaire de base d’expliquer les vrais risques encourus et ce qui se passe réellement, apporter des propositions d’actions et des idées de solutions.
    C’est un crime humanitaire, ne laissons pas ce génocide d’inconscience être commis par une poignée de politiciens, de lobbys et de fonctionnaires exclusivement intéressé par leurs intérêts personnels et leurs pôles électoraux.
    Les Japonais ne savent pas appeler à l’aide, ça n’est pas une raison suffisante pour les laisser sombrer et nous laisser embarquer avec eux.
    Ce n’est plus un problème uniquement japonais, mais bien une gravité et une urgence internationales, ou le monde entier a le devoir d’intervenir.

    Je ne suis pas scientiste, mais par bon entendement il semblerais urgent de créer un barrage artificiel entre la centrale de Fukushima et la mer.
    La terre va trembler à nouveau, imaginons un tsunami déferlant sur la centrale dans son état actuel ? ? ? ? ? ? ?

    Pardonnez- moi pour mes lacunes à écrire le Français.

    Abhi

  • Synopsis
    Synopsis
    Auteur -Metteur en scène
    • Posté à 09h33 le 29/03/2011
    • Internaute 37527
      Auteur -Metteur en scène

    Euh...
    Les chiffres de la radioactivité à Fukushima, c’est comme ceux des élections cantonales. Concernant les élections, vous pouvez jetez un œil sur cet article instructif de Marianne :
    Lien

    Concernant le taux de radioactivité, faut aussi y regarder à deux reprises. Si on regarde sur le site de l’IRSN, le taux « normal » de radioactivité en France est en moyenne de 100nanoSievert/heure :
    Lien
    Le taux de radioactivité de l’eau de Fukushima est de 1000milliSievert/heure.
    Vous ne voyez rien de bizarre ?
    Jetez un œil sur ce tableau de conversion :
    Lien
    On y apprend que 1 milliSievert c’est 10 puissance -3 Sievert, et que 1 nanoSievert c’est 10 puissance -9 Sievert, et donc que 1000x10.-3/100x10.-9=10x10.6 soit 10 millions... (les . quelque chose sont les puissances)
    Le chiffre donné par Tepco est bien le bon. Mais c’est le publier qui est une erreur : annoncer un taux 10 millions de fois supérieur à la normale ça fait paniquer, tandis qu’annoncer 1000mSv/h, ça semble bien plus rassurant, même si ce sont les deux visages de la même et terrifiante réalité.
    C’est fou que personne ou presque n’ait relevé cette duperie. Un blogger de Marianne ne s’y est pas trompé :
    Lien

  • trasher
    trasher
    Lanceur de pizzas professionnel
    • Posté à 09h34 le 29/03/2011
    • Internaute 91981
      Lanceur de pizzas professionnel

    Pour moi le chiffre est bon.
    La radioactivité naturelle est de l’ordre de 0,1 microSievert.
    La fameuse flaque de Fukushima a été mesurée à 1 Sievert, soit 1 000 milliSievert, soit 1 000 000 microSievert.
    1 000 000 / 0,1 : on a bien une radioactivité 10 millions de fois supérieure à la normale. pauvres gars...

  • laterjuju
    laterjuju
    Chercheur expat
    • Posté à 09h57 le 29/03/2011
    • Expert 101534
      Chercheur expat

    « ... On a finalement eu de vrais chiffres en passant par des laboratoires universitaires indépendants. Mais je pense aux Japonais, qui n’ont pas d’infos… On a même fait traduire nos communiqués en japonais... »

    Leur communiques sur les taux de radioactivite ont ete parmi les premiers... et j ai apprecie leur boulot de compilations dans les premiers jours, mon niveau de japonais n etant pas assez eleve pour chercher cette info moi meme...

    Maintenant, faut arreter de deconner... leurs infos sur les taux de radioactivite n’ont pas ete updatees depuis le 17 mars... Libre a chacun d aller vérifier ! ! ! !

    Et parmi les japonais que je connais ici, tous connaissent ses quelques liens que l on checke tous les matins et qui donnent les debit de dose (et la concentration de l’eau en Iode 131 Cesium 137 pour le premier lien) en continu pour chaque prefecture...

    Lien

    Lien

    Lien

    Lien

    Lien

    Lien

    Alors je vais etre clair, les mecs de la Criirad brassent de l air... Ici, personne ne les connait et personne n en a rien a secouer de leurs communiques en Japonais bases sur les donnees d’y il a 10 jours...

    Je precise (avant qu on me saute dessus) que je ne suis pas particulierement pro nucleaire... ni particulierement anti... Mais habitant a Tokyo (et toujours sur place), je suis juste excede de voir les uns et les autres se faire mousser bien au chaud en France, qu il s agisse des medias, des politiques, des assos, et qu il s agisse des pro ou des antis...

    Tout ca pour vendre du sensationnalisme, de nouveaux concepts de centrales (Areva et les politiques) ou defendre et faire avancer un agenda anti-nuke (les assos), dans un moment qui s’y prete assez peu je trouve...

    A chaque fois que j ouvre un media francais (surtout les teles), j ai l’impression de voir un mauvais remake de 2012, Apocalypse Now, Le jour d apres et la Route...

  • vociraptor
    vociraptor
    Ingénieur
    • Posté à 10h35 le 29/03/2011
    • Internaute 150517
      Ingénieur

    NON, NON, NON et encore NON, Tepco ne s’est pas trompé dans sa mesure, Tepco s’est trompé dans sa communication et tout le monde s’est fait avoir.
    Je m’explique : Que lit-on dans cet article ? Que la dose mesurée est de 1000 millisievert/heure.

    Or 1000mS/h, ça fait 1000 x 24 x 365 = 8 760 000 mS/an !
    Or l’exposition moyenne hors radioactivité et médical est de 0,060 mSv/an (voir le site Lien).

    On a donc bien une radioactivité non pas de 10 millions mais de 15 millions de fois supérieure à la radioactivité normale. Il y a effectivement lieu de s’inquiéter.

    L’auteur de cet article a procédé malheureusement comme beaucoup de gens qui se contentent d’écrire ce qu’on leur dit ou ce qu’ils ont eux-même lu, et ne se préoccupe pas le moins du monde de la moindre vérification.

  • kivepe
    kivepe
    La raison et l'amour sont le (...)
    • Posté à 18h01 le 29/03/2011
    • Internaute 127926
      La raison et l'amour sont le (...)

    Peut-on encore sourire du nucléaire ?

    Les éléments radioactifs de la centrale nucléaire de Fukushima vont se déposer sur les sols, se disperser dans l’air et se diluer dans l’eau.

    Les conséquences à court, moyen et long terme sont difficiles à évaluer surtout si on ne cherche pas à le faire selon le concept : ce qui ne se mesure pas n’existe pas.

    Ce que chacun peut comprendre, c’est que l’utilisation d’un compteur de radioactivité va se banaliser : pour se nourrir, pour boire, pour toucher des objets nouveaux et cela ou que nous soyons et qui que nous soyons.

    Les rejets nucléaires de la centrale de Fukuschima vont se cumuler avec ceux de Tchernobyl et ceux des explosions atomiques qui ont eu lieu à l’air libre entre 1945 et 1963.

    Avec un nombre de particules radioactives disséminées, le risque de cancer est un peu comme un jeu de hasard de même que les altérations des gènes des êtres humains.

    Il faut compter avec la chance pour ne pas respirer, boire, ingérer ou toucher une matière contenant une molécule de matière radioactive.

    De solution absolument sans risque dans les années 1960, la production d’électricité par le nucléaire est devenue une activité qui bénéficie du label : « le risque zéro n’existe pas ».

    Aujourd’hui le nucléaire apparaît comme une technologie à l’utilisation aléatoire à cause de conséquences imprévisibles.

    Malheureusement il faudra attendre l’évacuation totale ou partielle de Tokyo pour que le nucléaire soit jeté aux poubelles de l’histoire.

    C’est à l’oligarchie politico-financière et à une clique de scientifiques dévoyés que l’humanité doit tout cela.

    Cette élite arrogante qui justifie encore aujourd’hui les erreurs de sa « pensée unique » en imposant aux populations une technologie immorale, au sens sociétal du terme, en utilisant un discours de dédramatisation à l’apparence raisonnable mais véritable propagande mortifère .