Fukushima : les infos folles alimentent toutes les suspicions
Dimanche, le Japon s’est réveillé dans un état d’affolement exponentiel. Le porte-parole de Tepco venait de déclarer que la radioactivité relevée dans une nappe d’eau échappée du réacteur 2 était « 10 millions de fois plus élevée » que la normale. Une erreur de calcul, due à la panique.
La bourde de l’opérateur japonais Tepco sur le niveau de radioactivité du réacteur 2 de la centrale de Fukushima est symptomatique du verrouillage de la communication dans les mains d’un seul acteur. (Voir la vidéo)
Thierry Charles, directeur de la sûreté des installations à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), souligne que malgré l’erreur de calcul qui a mené au chiffre erroné de « 10 millions », la situation reste extrêmement grave :
« Les débits de dose relevés près des volumes d’eau du bâtiment annexe sont bien de 1 000 millisieverts/heure, un chiffre qui interdit toute intervention à cet endroit.
Rappelons que la dose maximale est normalement de 100 mS/an en cas d’intervention (20 mS/an pour les travailleurs du nucléaire en France en temps normal), maximum déjà relevé à 250 mS/an à Fukushima. »
Lorsque Tepco a pris conscience de son erreur, une conférence de presse a été convoquée en urgence. (Voir la vidéo)
Même le président de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), Roland Desbordes, estime que pour cette gaffe-là, « il y a des circonstances atténuantes ».
L’IRSN résume la situation ainsi :
« Il faut de l’eau pour refroidir mais l’opérateur est gêné par cette eau qui est très irradiante. Cela retarde notablement les interventions. »
S’il y a une bonne nouvelle, souligne l’IRSN, c’est que « les Japonais viennent de se rendre compte qu’ils avaient besoin d’aide. »
Une aide française, mais dans les bureaux
D’ailleurs, le Japon a sollicité la France. Comme s’en est rengorgé Eric Besson, ce lundi sur RTL. (Voir la vidéo)
Chez Areva, on confirme que la demande s’est faite au niveau diplomatique. Le géant français du nucléaire a jusqu’ici fourni du matériel à Tepco, et s’apprête à envoyer des experts en renfort pour aider à rétablir le circuit de refroidissement. « Mais ils seront dans nos bureaux à Tokyo », précise Areva.
« Avec tous ces travailleurs déjà irradiés à Fukushima, il risque d’y avoir peu de volontaires pour aller sur la centrale elle-même », avance encore Roland Desbordes, de la Criirad.
Une galère de trouver des sources indépendantes
Dans une enquête intitulée « Une entreprise trop sûre d’elle-même », Le Monde expliquait que Tepco « avait refusé l’aide proposée par les Etats-Unis et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dès les premiers incidents samedi 12 mars ».
Dans la langue de bois qui caractérise sa communication depuis le début de la crise, un porte-parole de l’AIEA interrogé par Rue89 explique que « si Tepco nous demande de l’aide, nous la lui fournirons volontiers ». En revanche, l’agence nous dit que l’essentiel de ses informations lui viennent de l’autorité nippone de sûreté nucléaire, qui prend elle-même l’essentiel de ses infos de... Tepco.
L’AIEA a beau avoir des équipes au Japon pour surveiller la radioactivité dans l’environnement, elle n’a pas de rôle de gendarme et ne communique pas les données brutes de ses mesures. « Atoms for peace » est le slogan de cet organe onusien qui n’a, en matière de nucléaire civil, pas de pouvoir supranational.
D’ailleurs, tous les spécialistes du nucléaire ont le plus grand mal à obtenir des sources indépendantes pour faire un état du risque radioactif au Japon. Le président de la Criirad raconte ainsi :
« On a galéré au début pour trouver des informateurs locaux. C’est comme en France, les autorités protègent Tepco, tout le monde se tient. On a finalement eu de vrais chiffres en passant par des laboratoires universitaires indépendants. Mais je pense aux Japonais, qui n’ont pas d’infos... On a même fait traduire nos communiqués en japonais ! »
- Sur Rue89Dessin animé, musée... Le lobby nucléaire manipule les Japonais
- Sur Rue89Dix idées fausses sur le séisme et le tsunami au Japon
- Sur Rue89Nucléaire : encore des questions que vous n'osez pas trop poser
- Sur lefigaro.fr"Comme un sentiment d'impuissance à l'AIEA", sur LeFigaro.fr
- Sur leparisien.fr"Centrale de Fukushima : l'opérateur Tepco sollicite l'aide d'experts français", sur LeParisien.fr
- Sur irsn.frLe point de l'IRSN au 28/03
- Sur www.rueFukushima : « Distribuons de l'iode à la moitié du Japon »
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Révolté constructeur
Révolté constructeur
Bourde ou calcul délibéré pour Tepco d’être déclaré incompétent et donc de se voir avec (un plaisir discret) dépossédé des responsabilités concrètes matérielles et financières de la catastrophe, nous la faire « médiator au pays du soleil rayonnant ? » par un Servier du MOX
Tepco, le plus grand producteur d’électricité privé du monde on socialise ainsi les morts et le cataclysme,
Cela laisse alors tranquille les actionnaires et limite la casse...financière pendant que montent à la mort les ouvriers et sauveteur kamikazés du nucléaire ?
Que penser dans ces circonstances de ce communiqué de Tepco
(notez bien la date) mis en ligne par la bourse de Tokyo ?
Tepco, le plus grand producteur d’électricité privé du monde, responsable entre autre des 35 millions d’habitants de la mégapole de Tokyo, est en outre confronté à des soucis d’approvisionnement.
La catastrophe du 11 mars a entraîné l’arrêt des dix réacteurs nucléaires de Tepco dans la préfecture de Fukushima (nord-est) et de quatre centrales thermiques dans les préfectures d’Ibaraki, Kanagawa (région de Tokyo) et de Fukushima.
Produisant actuellement moins de la moitié de sa capacité théorique, la compagnie est obligée de recourir à des coupures de courant ciblées et temporaires dans la région du Kanto, comptant Tokyo et d’autres zones du centre-est de l’île de Honshu, afin d’éviter un black out soudain.
Tepco devrait rencontrer des difficultés maximales pour fournir l’électricité nécessaire lors de cet été, lorsque la consommation augmentera à cause de l’utilisation de l’air conditionné.
TOKYO ELECTRIC POWER
(©AFP / 28 mars 2011 08h58)




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