Japon : possibles « retombées radioactives en France », dit NKM
Selon la ministre de l’Ecologie, ces retombées de la crise nucléaire nippone seraient « sans risque sanitaire »
. Live blogging.

Claude Guéant et Nathalie Kosciusko-Morizet, ce 16 mars sur le perron de l’Elysée (Gonzalo Fuentes/Reuters).
9h20. Au cours de la nuit de mercredi à jeudi (heure française), l’armée japonaise a finalement réussi à déverser de l’eau par hélicoptère sur le réacteur 3 de la centrale de Fukushima. L’opération avait été jugée trop risquée la veille, en raison du niveau de radioactivité, mais « aujourd’hui, c’est la dernière chance », a expliqué le ministre de la Défense.
Selon l’agence Kyodo, deux hélicoptères militaires ont réalisé quatre largages d’eau de mer au-dessus du réacteur 3, avec un volume de 7 500 litres d’eau à chaque fois. Le niveau de radioactivité n’aurait pas encore baissé pour l’instant, annonce Tepco, l’opérateur de la centrale. (Voir la vidéo en anglais)
Pour aller plus loin
► Une infographie animée sur la situation de la centrale Fukushima-Dai-Ichi 1, sur le site du Washington Post, en anglais.
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► Une infographie animée sur le risque nucléaire, après séismes et tsunamis, sur le site du New York Times, en anglais.
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► Une carte interactive des dommages des séismes et tsunamis au Japon, sur le site du New York Times.
► Le diaporama de The Big Picture, sur Boston.com, en anglais
► Avant/après le séisme, en photos satellites, sur le site du New York Times.
Les autorités devraient expérimenter dans la foulée une autre technique, en utilisant douze camions équipés de canon à eau (l’un appartenant à la police, les autres étant des camions incendie de l’armée). F.K.
19 heures. L’ambassade des Etats-Unis à Tokyo a recommandé mercredi aux citoyens américains l’évacuation d’un périmètre de 80 km autour de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima.
16h50. Une catastrophe nucléaire au Japon aurait-elle des retombées en France ? La ministre de l’Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet ne l’a pas exclu, lors d’une audition devant des députés et des sénateurs :
Il pourrait y avoir des retombées radioactives dans l’hémisphère Nord et en petite partie en France mais sans risque sanitaire.’
La vidéo de l’audition est disponible sur le site de l’Assemblée nationale. Même ‘sans risque sanitaire’, le gouvernement semble vouloir préparer les esprits à une catastrophe au Japon et au-delà. Dans la matinée, NKM avait déjà expliqué que ‘le scénario du pire est possible et même probable autour de la centrale de Fukushima’. F.K.
16 heures. Pour l’instant, le bilan provisoire du tremblement de terre et du tsunami établi par la police fait état de 3 771 morts, 8 181 disparus et 1 990 blessés.
Capture de la Google map chronologique repérée par le Guardian. 
Cette carte fournit peut-être la meilleure chronologie de la catastrophe, en faisant apparaître chaque secousse au fur et à mesure. (Cliquer pour agrandir) F.K.
13h30. Voici le bilan de la situation à la centrale de Fukushima à la mi-journée (heure française). La centrale compte six réacteurs :
- Une nouvelle explosion dans le réacteur 4 a eu lieu ce mercredi, après celle de mardi, et le niveau de radioactivité a obligé à renoncer à une nouvelle tentative de refroidissement du combustible : l’armée aurait dû déverser de l’eau par hélicoptère ce mercredi, mais l’opération a été annulée.
- Des dégagements radioactifs autour des réacteurs 1, 2 et 3 renforcent les inquiétudes. Le réacteur 1 a déjà partiellement fondu, et on craint le même phénomène dans le réacteur 2. Une fumée blanche s’échappait ce mercredi du réacteur 3, et les canons à eau de la police pourraient être utilisés dans les prochaines heures pour refroidir le combustible.
- La température augmente dans les réacteurs 5 et 6.
- La population a été évacuée dans un rayon de 20 km autour de la centrale, et les habitants de la zone comprise dans un rayon de 20 à 30 km sont invités à rester calfeutrés chez eux.
- Les autorités ont également interdit le survol aérien de la zone, dans un rayon de 30 km autour de la centrale.
- Difficile d’évaluer avec précision les risques pour Tokyo : ils sont encore limités selon la Croix-Rouge locale, mais l’ambassade de France conseille aux expatriés de se déplacer vers le sud du pays, par précaution.
La situation est aussi critique pour les victimes du tremblement de terre et du tsunami :
- Près de 500 000 personnes ont perdu leur logement et sont accueillis dans des hébergements d’urgence.
- Une vague de froid et de neige au nord du Japon complique les opérations de sauvetage (voir le portfolio sur le site du Figaro). F.K.
13 heures. La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) dénonce ‘l’absence de toute donnée chiffrée sur le niveau de contamination de l’air au Japon’, alors même que ‘l’augmentation des niveaux de rayonnements à 100, 200 voire 300 km de la centrale traduit le passage des masses d’air contaminées’. S.V.-C.
12h30. Pour refroidir le combustible à la centrale de Fukushima, on envisage d’utiliser les canons à eau de la police dans la soirée (heure locale), selon la télévision NHK citée par l’agence Reuters. Cette technique serait utilisée pour refroidir le réacteur 3.
L’armée a, elle, renoncé dans l’après-midi (heure locale) à utiliser ses hélicoptères au-dessus du réacteur 4 en raison du niveau de radioactivité. F.K.

Des soldats japonais arrivent dans la région dévastée de Otsuchi, le 15 mars 2011 (Damir Sagolj/Reuters).
12 heures. Le plus inquiétant est que le niveau d’eau dans les piscines de combustible usé baisse, et certains seraient même à l’air libre. C’est ce qui a provoqué la très haute radioactivité constatée aux abords de la centrale. Michèle Rivasi, députée européenne, explique :
‘Les piscines sont situées au-dessus du réacteur et n’ont pas d’enceinte de confinement. Le toit a été abîmé, et c’est la raison pour laquelle la radioactivité s’échappe. Comment accéder à ces piscines désormais pour y injecter de l’eau ?’ S.V.-C.
11h45. Au cours du Conseil des ministres, Nicolas Sarkozy a proposé l’aide de la France et défendu l’énergie nucléaire. Extraits de son intervention, diffusés par l’Elysée sur Twitter :
- ‘Notre premier devoir est d’aider les Japonais’ : selon l’Elysée et le chef de l’Etat, ‘114 personnels de la sécurité civile sont déjà sur place pour secourir les victimes’ et ‘des moyens pour l’assistance aux personnes sans-abri seront acheminés dans les prochaines heures’.
- ‘La France se tient à la disposition des autorités japonaises pour leur apporter toute aide technique & humaine’, et notamment, elle ‘propose de fournir des moyens de radioprotection et sûreté’.
- Sur la politique nucléaire de la France, Nicolas Sarkozy ‘demeure aujourd’hui convaincu de la pertinence de ces choix’ : ‘Ce choix a été indissociable d’un engagement sans faille pour un très haut niveau de sûreté pour nos installations.’
- Nicolas Sarkozy promet une évaluation de la sécurité des installations françaises : ‘La France va procéder à une revue complète des systèmes de sûreté de nos centrales nucléaires’, et ‘ce travail sera rendu public’.
- La France propose aussi une réflexion sur le nucléaire au sein de l’Union européenne et du G20, qu’elle préside actuellement : les ministres chargés de l’énergie et de l’économie se réuniront ‘dans les prochaines semaines’.
Le texte intégral de l’intervention de Nicolas Sarkozy a été mis en ligne sur le site de l’Elysée. F.K.
11h15. L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire a expliqué ce mercredi matin pourquoi les Japonais ont renoncé à envoyer des hommes sur le site de Fukushima :
‘Vers 6 heures (heure locale) ce mercredi, les intervenants n’ont pas pu s’approcher de la piscine compte tenu d’un débit de dose ambiant trop important (de l’ordre 400 mSv/h) [millisievert par heure, ndlr].’
Sachant que la dose limite d’exposition recommandée aux radiations pour la population est de 1 mSv par an (chiffre qui va jusqu’à 20 mSv par an pour les travailleurs du nucléaire), qu’à partir de 100 mSv par an il y a un risque pour la santé, la dose de 400 mSv/heure est potentiellement mortelle.
‘La radioactivité ambiante dans les environs de Tokyo reste à des niveaux non-significatifs en termes d’impact radiologique , assure l’IRSN. Traduction de Sophia Majnoni, de chez Greenpeace :
Les mesures sont partielles car tous les radioéléments ne sont pas mesurables avec des appareils. Par exemple pour le plutonium, il faut faire des prélèvements et des analyses en laboratoire.’ Sophie Verney-Caillat
11 heures. Près de 185 personnes, pour la plupart françaises, ont été évacuées par avion du Japon et arrivent à Roissy, annonce l’AFP.
Elles se trouvaient dans la région de Sendaï, au nord du pays, sinistrée par le tremblement de terre et le tsunami. L’ambassade de France demande aux expatriés de quitter Tokyo.
10h30. L’armée prévoyait de déverser de l’eau depuis des hélicoptères sur le réacteur 3 de la centrale de Fukushima, pour empêcher la fusion du combustible nucléaire, mais l’opération a été annulée en raison du niveau de radioactivité dans la zone, selon l’agence de presse Kyodo.
L’empereur Akihito s’est exprimé à la télévision, un événement rare. Il s’est dit ‘profondément préoccupé’ :
‘Je prie pour la sécurité du plus grand nombre.’ François Krug
8h15. Un fort séisme s’est produit ce mercredi à la mi-journée (le matin en France) à l’est de Tokyo, où les immeubles ont tremblé. Une colonne de fumée s’échappe de la centrale de Fukushima-Dai-Ichi 1 depuis la nuit ; le personnel a été temporairement évacué.
Le taux de radioactivité mesuré ce jour à Ibaraki, au nord de la capitale, était 300 fois supérieur à la normale.
L’armée japonaise se prépare à déverser de l’eau sur le réacteur numéro 3 de Fukushima, qui a été victime d’une explosion dans la nuit de dimanche à lundi, au moyen d’un hélicoptère, rapporte la chaîne publique nippone NHK.
L’opération des forces d’autodéfense vise à refroidir les barres de combustible en surchauffe dans le réacteur, d’où s’échappe une colonne de fumée.
L’épicentre du nouveau séisme était situé au large de la préfecture de Chiba, à l’est de la capitale, selon l’Agence japonaise de météorologie. Sa profondeur était de seulement 10 km. Aucune alerte au tsunami n’a été
déclenchée.
Mardi soir déjà, une secousse de magnitude 6 s’était produit au sud-ouest de la capitale. Blandine Grosjean
(non-validés par la rédaction de Rue89)
Photo et illustrations : Claude Guéant et Nathalie Kosciusko-Morizet, ce 16 mars sur le perron de l’Elysée (Gonzalo Fuentes/Reuters) ; des soldats japonais arrivent dans la région dévastée de Otsuchi, le 15 mars 2011 (Damir Sagolj/Reuters) ; capture de la Google map chronologique repérée par le Guardian ; dessin de Na !
Mardi 15 mars
La crise nucléaire s’est aggravée mardi au Japon après une nouvelle explosion et un incendie à la centrale de Fukushima-Dai-Ichi, où les accidents se succèdent depuis le séisme de vendredi qui a fait offciellement 3 373 morts et de milliers de disparus.
Quatre jours après le séisme (de magnitude 8,9) et le tsunami qui ont ravagé le nord-est du Japon, c’est plus que jamais le risque nucléaire qui affole les Japonais et le monde entier. C’est désormais le réacteur 4 de la centrale de Fukushima qui inquiète, l’opérateur Tepco n’arrivant pas à le refroidir.
L’agence de presse Kyodo a fait savoir qu’elle organisait des va-et-vient entre les équipes de la salle de contrôle de la tranche n°4 car la radioactivité y est devenue trop élevée pour que les ingénieurs y fassent un travail normal.
14h45. Un séisme de magnitude 6 sur l’échelle de Richter a secoué Tokyo. Une réplique un peu plus forte que les nombreuses ressenties depuis vendredi.
14h30. Nicolas Sarkozy, qui s’exprimait lors d’un déplacement en
Tarn-et-Garonne a qualifié les événements au Japon d’ ‘absolument
dramatiques’, ‘d’une ampleur considérable’ et dit qu’il ne fallait ‘en
aucun cas les minimiser’.
A Matignon va se tenir une réunion de crise sur la situation au Japon. Même le ministre de l’Energie Eric Besson a reconnu qu’il s’agissait du ‘scénario du pire’, tandis que sa collègue de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet commentait :
‘C’est pas bon du tout’.
14h. Les Bourses dévissent : Paris a perdu 4% à la mi-journée et Madrid 3%. A l’ouverture, Wall Street suit la même tendance (- 2,42% pour le Dow Jones et - 2,89% pour le Nasdaq à l’ouverture).
12h. On passe un cap. Interrogé sur son appréciation lors d’une conférence de presse, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), André-Claude Lacoste a donné son avis sur la situation à Fukushima-Dai-Ichi 1 :
‘Il est tout à fait clair que nous sommes à un niveau 6, qui est un niveau intermédiaire entre ce qui s’est passé (à la centrale américaine de) Three Mile Island (en 1979) et à Tchernobyl. On est dans une catastrophe tout à fait évidente.’
Le niveau 6 de gravité sur l’échelle internationale est atteint, le niveau 7, le dernier, ne l’a été qu’une seule fois, lors de la catastrophe de Tchernobyl, en 1986.
Ce classement n’est pourtant pas repris par l’agence de sûreté nucléaire japonaise.
Par ailleurs, le directeur de l’Agence de l’OCDE pour l’énergie nucléaire a reconnu que la situation dans la centrale est ‘franchement mauvaise’.
Une explosion sur le réacteur numéro 2 qui a endommagé le bâtiment de construction et un incendie sur le réacteur numéro 4 (jusque-là épargné) posent de sérieux problèmes aux autorités nippones.
C’est la première fois qu’un dommage est rapporté pour le caisson de confinement d’un réacteur de la centrale.
Calfeutrés ‘à la maison ou au bureau’
‘Le niveau de radioactivité a considérablement augmenté’ sur le site de la centrale, a reconnu ce mardi le premier ministre japonais, Naoto Kan. Il a appelé les personnes habitant dans un rayon de 30 km à rester calfeutrées ‘à la maison ou au bureau’.
Cette mesure s’ajoute à l’évacuation, ordonnée samedi, des plus de 200 000 personnes résidant à proximité de cette centrale située au bord de la mer.
Samedi matin, une première explosion s’était produite dans la centrale Fukushima-Dai-Ichi 1, au niveau du réacteur numéro 1. Lundi, c’était le réacteur 3 qui avait été victime d’une explosion, et le 2, de la panne de son circuit de refroidissement.
Article initialement publié le 15 mars 2011 à 12h45.
Illustration : dessins de Baudry et Chimulus.
► Les événements du lundi 14 mars
Lundi 14 mars
20h30.Les opérations d’injection d’eau de mer dans le réacteur n°2 de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima-Daiichi ont repris mardi (heure du Japon) aux premières heures pour tenter de refroidir les barres de combustible du réacteur qui s’étaient de nouveau retrouvées lundi totalement exposées hors de l’eau censée les refroidir pour éviter tout risque de fusion.
19h15. Depuis ce week-end, le front antinucléaire s’élargit. Sur la plateau du ‘Grand journal’ de Canal+, Dominique de Villepin, ex-Premier ministre, rejoint Noël Mamère, député Europe Ecologie - Les Verts pour demander un débat sur le nucléaire en France.
Sur place les recherches et les secours s’organisent alors que le bilan humain, estimé à 10 000 morts, reste incertain. (Voir la vidéo)
18 heures. ‘Ça part en dominos’, prévient la députée européenne Europe Ecologie - Les Verts, Michèle Rivasi.
Interrogée par Rue89, elle craint que le réacteur 2 de la centrale de Fukushima ne prenne le même chemin que les deux autres :
‘Ils sont obligés de dégazer pour éviter l’explosion, sans être sûrs d’y parvenir, et l’explosion reste possible.’
Les informations en provenance du Japon montrent que Tepco fait tout pour parvenir à refroidir le réacteur, y compris en injectant de l’eau de mer. S’ils n’y parviennent pas, ‘c’est qu’il semble qu’il y ait des fuites’, explique Michèle Rivasi. ‘C’est sauve-qui-peut’, commente-t-elle.
Au téléphone, l’Autorité de Sûreté Nucléaire, qui n’a pas communiqué depuis lundi 15h, confirme que la situation est en dehors de tout ce qui est prévu et que l’urgence est de refroidir les cuves pour éviter la fonte du combustible.
La députée déplore que ‘vingt-cinq ans après Tchernobyl, on n’ait pas plus d’accès à l’info : aucun niveau de radioactivité n’est donné par les autorités, c’est incroyable’.
17h30. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) veut rassurer. Sur son site web (version anglaise), elle estime que les autorités japonaises ont une la bonne réaction et que ‘les risques pour la santé publique sont minimes’. De faibles taux de radioactivité ont été mesurés sur 22 personnes résidant à proximité des centrales nucléaires, ajoute l’OMS.
16h55. Des experts expliquent, sur la chaîne de télévision NHK, que le niveau de l’eau est redescendu dans le réacteur 2 de la centrale de Fukushima, ce qui accroît la fusion du cœur.
La situation semble bien incontrôlable, comme le craignait Mycle Schneider. Les barres de combustible seraient en train de fondre dans les trois réacteurs, confirme l’agence AP, citant les autorités japonaises.
16h45. Isabelle, riveraine française installée à Tokyo, raconte l’ambiance ce lundi dans cette métropole de 35 millions d’habitants, où l’électricité est rationnée et, où les combinis, ces supérettes ouvertes 24 heures sur 24, sont prises d’assaut.
‘Les gens font des stocks au cas où il y aurait un nouveau séisme. Chacun sait quand aura lieu la coupure d’électricité qui le concerne. Mais il n’y a pas eu de coupure dans le centre de Tokyo. Beaucoup de gens ne travaillaient pas ce lundi, à cause des problèmes de transports.’ (Ecouter le son)
Dans une supérette vide de Tokyo (Isabelle).
15h30. La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) pousse un coup de gueule contre les données fournies par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dénonçant ‘le manque crucial d’information tant sur les quantités de radioactivité rejetées depuis vendredi que sur les niveaux de contamination de l’air’.
La Criirad invite à relativiser :
‘Faute de ces données, il est impossible de se prononcer sur les niveaux de risques radiologiques. Les rares chiffres disponibles empêchent en tout cas de qualifier les rejets de mineurs’ [niveau 4 dans l’échelle INES, ndlr] ou de ‘faibles’ [déclaration télévisée de Nathalie Kosciusko-Morizet dimanche matin].
Si les autorités affirment que les rejets sont mineurs ou faibles, elles doivent le justifier sur la base d’éléments chiffrés, objectifs et vérifiables.”
Justement, la ministre de l’Environnement a changé son discours. Ce lundi, lors d’un point presse à Bruxelles, rapporté par l’AFP à 14 heures, elle a estimé :
“Ce qui se passe au Japon est manifestement un accident nucléaire très grave [...] et le risque de grande catastrophe ne peut être écarté. [...] Si le confinement du cœur du réacteur ne tient pas, alors on part dans un scénario catastrophe.” S.V.
15 heures. Quels risques pour la santé représentent les rejets radioactifs provenant de Fukushima ?
Rue89 a interrogé le directeur de l’environnement et de l’intervention à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), Didier Champion :
“On a eu la confirmation, par l’Autorité de sûreté nucléaire japonaise, qu’il y a eu des rejets après la première explosion : ce sont des bouffées, des pics qui ont duré moins d’une heure.
Comparer la radioactivité à ce moment-là avec la radioactivité naturelle qui est habituellement très basse, et dire que c’est 1 000 ou 10 000 fois plus, ça ne veut rien dire.”
L’expert reconnaît en revanche qu’autour de la centrale des personnes ont bien été irradiées, soit par inhalation de gaz radioactifs ou d’aérosols, soit par des rayons X qui traversent la matière, y compris la peau.
Rue89 : Jusqu’où ces gaz et particules vont-ils aller dans l’atmosphère ?
L’expert de l’IRSN se veut rassurant, avec l’habituel discours, toujours un peu troublant, qui consiste à dire qu’on mesure pour vérifier que tout va bien. Didier Champion :
“La radioactivité de ce nuage s’atténue au fur et à mesure que l’on s’en éloigne, ce n’est pas noir ou blanc. Les populations ont été évacuées dans un rayon de 20 km autour de la centrale parce que les autorités japonaises ont estimé qu’au-delà les doses sont suffisamment faibles.”
Les rejets de samedi et dimanche, quelque part au-dessus du Pacifique, se diluent de plus en plus, et vont rester dans l’hémisphère Nord pour atteindre le continent américain et possiblement l’Europe d’ici une semaine, d’après les prévisions de Météo France. L’IRSN précise :
“On n’a aucune inquiétude sur la dangerosité de ce nuage très dilué à une telle distance. Malgré tout, on va renforcer la surveillance des poussières atmosphérique, on est obligés pour attester de la véracité de nos discours d’experts, parce que la radioactivité c’est anxiogène.” S.V.
13h30. Interrogé par Rue89, le consultant international et prix Nobel alternatif 1997 Mycle Schneider estime :
“Condamner deux réacteurs nucléaires, ça n’est jamais arrivé dans l’Histoire, c’est inimaginable. A Three Mile Island, en 1979, on a eu une fusion avancée du cœur, mais on n’a pas perdu tous les moyens ; là, on perd tous les moyens. On est passés dans une phase palliative. [...]
Il faut dire clairement que ça dépasse le pire cauchemar possible, que la situation est très loin d’être stabilisée, que l’on est entrés dans des procédures U, ce qui signifie ‘ ultime ’.
Quand on abandonne une installation, qu’on dit aux ingénieurs : ‘ Oubliez votre travail habituel, inventez des procédures où l’objectif est exclusivement de réduire l’impact sur la santé et l’environnement... ’ C’est inimaginable.”
12h15. Tout le monde s’interroge sur les conséquences d’une fusion du cœur : se dirige-ton vers un nouveau Tchernobyl ?
Michèle Rivasi, députée européenne Europe Ecologie - Les Verts, explique à Rue89 que, oui, il y a bien un risque d’explosion de la centrale, comme à Tchernobyl. (Ecouter le son, recueilli par Sophie Verney-Caillat)
12 heures. Selon Tepco, cité par l’agence de presse Jiji, une fusion du cœur du réacteur numéro 2 de Fukushima-Dai-Ichi 1 n’est pas à exclure.
11h30. La VIIe flotte américaine annonce que l’équipage du porte-avions américain Ronald Reagan, arrivé dimanche au large des côtes nord-est du Japon, a été exposé à des radiations, via un nuage provenant de la centrale Fukushima-Dai-Ichi numéro 2.
Les navires et avions américains, sur zone pour une opération humanitaire, ont été éloignés des vents en provenance de la centrale.
10h30. Les secours ont trouvé 2 000 corps sur les côtes de la province de Miyagi. Le bilan des séismes et tsunamis pourrait atteindre 10 000 morts.
L’ambassade de France au Japon est sans nouvelles d’une vingtaine de Français qui se trouvaient dans le nord-est de l’archipel.

Une mère tente de parler à sa fille, en quarantaine après avoir été exposée à des radiations, à Nihonmatsu, le 14 mars 2011 (Yurkio Nakao/Reuters).
9h30. La France aurait-elle enfin des informations ? Ce lundi matin, Eric Besson, ministre chargé de l’Industrie et de l’Energie, a estimé sur France Inter, que “la situation est préoccupante” au Japon. Et juge que l’hypothèse d’une catastrophe ne peut être écartée :
“La catastrophe, ce serait la fusion du réacteur et surtout la rupture de [l’]enveloppe qui enserre le réacteur.”
9h15. Une autre explosion, due à l’accumulation d’hydrogène, s’est produite au niveau du réacteur numéro 3 de la centrale de Fukushima-Dai-Ichi 1, soufflant le toit du bâtiment sans affecter l’enceinte de sécurité, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). (Voir la vidéo de l’explosion du réacteur numéro 3)
Le nucléaire au Japon
Le circuit de refroidissement du réacteur numéro 2 de la centrale a cessé de fonctionner, a annoncé l’agence de presse Jiji.
L’opérateur Tokyo Electric Power (Tepco) envisage de percer une ou plusieurs ouvertures, dans le bâtiment qui abrite le réacteur, pour relâcher la pression et éviter une explosion de l’hydrogène accumulé.
9 heures. Selon Koichiro Genba, ministre de la Stratégie nationale, cité par l’agence de presse Jiji, l’Agence de sûreté nucléaire et industrielle japonaise exclut un accident nucléaire de type Tchernobyl dans la centrale de Fukushima-Dai-Ichi 1.
8h30. Sophia Majnoni, de Greenpeace France, estime que “ le Japon se trouve dans une situation d’une gravité inédite. Jamais plusieurs réacteurs d’une même centrale n’ont subi de telles avaries [...].”
“[...] Le réacteur n°3 touché cette nuit fonctionne avec un combustible particulièrement dangereux, le Mox, ce qui donne une ampleur plus importante à cet accident. ”
Article initialement publié le 14 mars 2011 à 10h30.
Photo et illustrations : dessins de Baudry, Na ! et Chimulus ; dans une supérette vide de Tokyo (Isabelle) ; une mère tente de parler à sa fille, en quarantaine après avoir été exposée à des radiations, à Nihonmatsu, le 14 mars 2011 (Yurkio Nakao/Reuters) ; l’équipement nucléaire japonais (Wikimedia Commons).
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intello précaire ?
intello précaire ?
de fait, la conception actuelle des réacteurs nucléaires, en surface, et sans recyclage complet de l’eau, les rends particulièrement dangereux en cas d’accident majeur. une solution simple aurait été de créer des réacteurs en sous sol, garantissant une chape de roche inamovible en cas de problème...
mais déjà que le stockage géologique est abandonné parce qu’il coûte trop cher, alors une centrale complète !
PS : pour les ramollis de la tétine, je parle évidement de construction en sous sol rocheux, en dehors des zones de bassin hydrographiques souterrains




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