20/12/2010 à 17h23

Non, planter des forêts n'est pas acheter un droit à polluer


L’article « Planter des arbres pour polluer tranquille, la fausse bonne idée » (par Sylvain Angerand) est scandaleusement malhonnête et imprécis, et nous invite au démenti. Nous, WWF-France, Good Planet et ONF International, réfutons les accusations qui mettent gravement en cause notre éthique en présentant le débat de façon biaisée, sans respect intellectuel à l’égard des lecteurs, qu’ils soient néophytes ou connaisseurs du sujet.

On peut laisser à chacun la liberté de décider si planter des arbres et réduire la déforestation sont de fausses bonnes idées. Mais vouloir le démontrer en invoquant de vraies fausses informations... même Schopenhauer, (auteur de « L’Art d’avoir raison ») n’avait pas osé !

Dans un premier temps, il faut en convenir, le principe de la compensation est bel et bien inscrit au protocole de Kyoto. On y parle plus exactement de mécanisme de flexibilité. Ils sont au nombre de trois, dont le mécanisme de développement propre qui permet au pays soumis à quotas de compenser leurs émissions de gaz à effet de serre, notamment en investissant dans des projets de boisement et de reboisement dans des pays en développement.

A hauteur d’1% de ses émissions de 1990, un pays soumis à quotas peut donc planter une forêt (et non un arbre) au lieu d’effectivement réduire ses émissions.

Oui, les projets forestiers des entreprises se sont multipliés

Du côté des entreprises européennes, cette compensation forestière est impossible. Les directives dites « quotas » et « projets » ne leur permettent pas de faire appel aux crédits carbone forestiers pour atteindre leurs objectifs.

Deux restrictions qui doivent être soulignées puisqu’elles excluent d’emblée la possibilité qu’un pays ou une entreprise européennes soumis à engagement puissent « refuse[r] de réduire leur pollution » en « plant[ant] ou sauv[ant] des forêts ».

L’auteur a raison de souligner que malgré les restrictions du protocole de Kyoto et des directives européennes, les projets forestiers ont profité de l’intérêt grandissant des entreprises. Ces dernières années, les investissements dans des initiatives visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation et la dégradation ou maintenir et augmenter les stocks de carbone forestier (« REDD+ ») se sont multipliés.

Pour les entreprises européennes, il s’agit nécessairement et exclusivement d’initiatives volontaires dont l’auteur a tout droit de contester l’intégrité morale, mais qui ne permettent pas de déjouer la réglementation sur la réduction des émissions de ces gaz.

Pas de substitution possible non plus pour les entreprises américaines, mais pour une autre raison que nous déplorons tout autant que l’auteur : faute d’une ratification américaine du Protocole de Kyoto, elles ne sont soumises à aucune contrainte légale en matière de réduction de leurs émissions.

Air France ne s’achète pas un droit à polluer à Madagascar

Les faits présentés sont donc non fondés et laissent à penser soit que l’auteur verse dans une désinformation manipulatrice, soit qu’il ne lit pas suffisamment la littérature sur le sujet et ne va pas assez sur le terrain pour vérifier ses affirmations péremptoires !

Air France ne compense aucune de ses émissions de gaz à effet de serre via le projet que GoodPlanet met en œuvre à Madagascar en partenariat avec le WWF. C’est un projet de pur mécénat environnemental (5 millions d’euros sur trois ans et demi) qui vise notamment à faire progresser les connaissances scientifiques en terme de carbone forestier.

Ce projet ne délivrera aucun crédit carbone à son terme et ne permet pas à Air France de se soustraire à la réglementation qui s’impose progressivement au secteur aérien via les directives européennes sur la limitation des émissions de GES.

Le WWF France, partenaire de ce projet, dénonce vigoureusement les amalgames et le manque de recul dont font preuve les Amis de la Terre dans cet article. Le WWF tient de plus à souligner qu’il milite activement pour un engagement des nations vers un renouvellement du protocole de Kyoto -seul cadre multilatéral et contraignant de réduction de leurs émissions- et que le REDD+ fait partie de la solution.

Il peut apporter de réels et durables bénéfices tant pour la préservation des forêts naturelles, de leur biodiversité et des multiples services qu’elles fournissent, que pour le développement des populations locales et la reconnaissance de leurs droits.

La déforestation responsable de 15% à 20% des émissions

Libre à chacun, bien entendu, de continuer à brandir le drapeau de l’opposition au mécanisme REDD+... Mais son intégration à un accord international post-2012 sur le changement climatique a déjà été actée.

La première décision prise lors de la conférence climat de Bali en 2007 a été renforcée par une deuxième décision prise lors de la conférence climat de Copenhague en 2009 et affinée par une troisième décision prise lors de la récente conférence de Cancún.

Il reste bien sûr de multiples questions à régler sur la REDD+, mais les 192 pays parties à la convention climat ont bien compris le message lancé par le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (Giec) : responsables de 15% à 20% des émissions de gaz à effet de serre (autant que le transport terrestre), la déforestation et les émissions associées doivent être combattues de toute urgence.

Au lieu de remettre en cause des décisions prises par les Nations unies et en faisant le pari que la sauvegarde des forêts pourra profiter de financements additionnels et inédits, l’ONF International a décidé de s’activer pour réfléchir et tester les meilleures modalités de mise en œuvre de ce mécanisme REDD+.

Parfaitement consciente des dérives possibles, elle fait son possible pour les éviter lorsqu’elle assiste techniquement les pays du Sud dans leur stratégie de préparation au mécanisme REDD+.

L’ONF International n’a pas pas fait de scénario catastrophiste

Contrairement à ce qui est affirmé dans l’article, l’ONF International n’a soutenu aucun pays dans l’élaboration d’un scénario de référence de la déforestation exagérément « catastrophiste » pour obtenir des financements internationaux en faisant du chantage à la non déforestation.

Cette accusation est erronée et ne repose sur aucun fait. L’ONF International travaille en toute transparence et ne manipule pas de données ! Au contraire, elle appuie l’élaboration de tels scenarii en se basant sur l’historique de déforestation du pays, en accord avec les décisions onusiennes précitées, dans la limite de ses seules compétence techniques et dans un souci constant de justification scientifique.

Pour finir, la tentation est grande de reformuler l’une des questions posées par l’article : « L’urgence est-elle de réduire la déforestation ou de fermer le robinet à pétrole ? » Qu’il nous soit permis de penser qu’elles sont d’urgence égale et de nous concentrer sur les questions qui relèvent de notre compétence.

Que soient par ailleurs épargnés les raccourcis démagogiques ou mensongers à ceux qui veulent poursuivre la réflexion sur le mécanisme REDD+ et les actions sur le terrain. Les forêts valent mieux que de fausses polémiques !

WWF-France, Good Planet et ONF International

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  • soutenable lourdeur du néant
    • Posté à 22h04 le 20/12/2010
    • Internaute 134590

    WWF ferait bien de ne pas trop la ramener sur ces sujets-ci... Eux qui traînent au coeur du scandaleux jeu géostratégique de mise sous contrôle des ressources naturelles des pays en vois de développement, notamment à travers la création d’aires naturelles « protégées » (de la gouvernance démocratique des pays en question).

    WWF est aujourd’hui (et depuis sa création) un outil de CONFISCATION des ressources naturelles stratégiques (eau, biodiversité, sous-sol, pétrole en moindre mesure), au fallacieux prétexte de conservation.

    WWF, en outre, montre une gestion DÉSASTREUSE des zones protégées qui lui sont entièrement confiées, à travers, notamment, l’exclusion totale des populations locales et la criminalisation des modes de mise en valeur traditionnels.

    WWF, avant de s’insurger (de manière assez comique) sur les dégâts de la déforestation, ferait bien de s’occuper des concessions forestières et des coupes à blancs effectuées dans les parcs dont elle a la gestion par des compagnies qui n’ont rien, mais alors rien, de durable ou d’environmentally correct...

    Bref. Messieurs dames e WWF France, pour qui vous prenez-vous, et, surtout, pour qui nous prenez-vous ! ! !

    PS : la référence à Schopenauer est... succulente, une fois dressé le contexte de votre organisation et de ses activités !

  • Sylvain.Angerand
    Sylvain.Angerand
    Chargé de campagne
    • Posté à 23h41 le 20/12/2010
    • Internaute 135170
      Chargé de campagne

    Visiblement, cet article dérange et c’est tant mieux.

    Je ne répondrai pas sur la mise en cause de mon honnêteté intellectuelle, je souhaite rester sur le terrain du débat d’idées.

    La compensation carbone est une invention politique

    Vous avez raison de souligner que la compensation carbone est inscrite dans le protocole de Kyoto, je ne le discute pas, mais permettez-moi de préciser pourquoi : ce concept a été inventé par la délégation des USA à Kyoto pour obtenir de la « flexibilité » et éviter des efforts contraignants. Les USA n’ont jamais ratifié Kyoto, mais la compensation est restée. Comme je l’explique dans le premier paragraphe intitulé « Un écran de fumée », vouloir « neutraliser » des émissions de carbone fossile en plantant des arbres ou en achetant des morceaux de forêts n’a aucun sens scientifiquement. Les scientifiques appellent à une réduction des émissions des gaz à effet de serre, la compensation est une invention politique pour éviter de le faire. Je note que vous ne revenez pas sur cette critique, c’est dommage car, à elle seule, elle discrédite scientifiquement l’idée même de compensation carbone.

    Compenser ou réduire, il faut choisir

    Permettez-moi de tenter de résumer votre argument principal pour clarifier le débat : la compensation carbone ne serait pas incompatible avec une réduction forte des émissions de carbone. La compensation carbone serait un « plus », d’où l’intérêt de la compensation carbone « volontaire » qui permet à des entreprises de faire un geste pour la planète au-delà de leurs efforts de réduction.

    Je suis profondément en désaccord avec vous. Si ces entreprises investissent de façon volontaire dans la compensation carbone, c’est parce qu’elles en espèrent des obligations légales moins contraignantes pour l’avenir plutôt que d’avoir à réduire de façon drastique leurs émissions. Je cite l’exemple de General Motors dans mon article. Et l’expérience m’amène a relativiser le « pur mécénat » d’Air France. Certes, aujourd’hui il n’est pas question de crédits carbone mais uniquement « de faire progresser les connaissances scientifiques en terme de carbone forestier ». A votre avis pourquoi l’une des entreprises les plus polluantes et exposées de France s’investit dans ce genre de projet ? Par « pur mécénat » ? !

    De façon générale, la limite entre la compensation volontaire et la compensation officielle (système européen d’échanges des quotas) est poreuse car la logique et les mécanismes sont à peu près les mêmes.

    De plus, quand Good Planet, ONF International ou le WWF organisent des ateliers lors des conférences officielles sur le climat, comme à Copenhague ou à Cancun, pour présenter leurs projets de compensation « volontaire », qu’est ce qu’en retiennent les négociateurs officiels ? La compensation volontaire crédibilise la compensation officielle et parasite le débat sur la réduction des émissions. Un exemple : le paquet énergie climat de l’Union Européenne. Les Amis de la Terre, et de nombreuses ONG dont le WWF, ont dénoncé l’amalgame entre réduction et compensation dans les objectifs annoncés : plus des 2/3 tiers des efforts de réduction pourraient être réalisés sous forme de compensation. Lien Alors, que penser ? Il y aurait une bonne compensation carbone, celle volontaire de Yann Arthus Bertrand et une mauvaise, celle qui permettrait aux entreprises d’échapper à objectifs chiffrés et contraignants de réduction drastique. C’est un message incompréhensible pour les citoyens et les politiques.

    Je vous accorde qu’une entreprise européenne ne peut pas aujourd’hui compenser de façon officielle ses émissions ; aussi est-il nécessaire de préciser ma critique. D’abord, elle peut le faire de façon volontaire et le mettre en valeur auprès des politiques pour éviter une loi contraignante. Surtout, nous n’en sommes qu’au début. Le refus des pays riches de se fixer des objectifs contraignants de réduction est un tapis rouge pour la compensation carbone. Il suffit de voir le nombre de projets « volontaires » en cours. Les entreprises ne sont pas folles, elle anticipent : si les forêts entrent dans le marché du carbone, ces efforts volontaires pourraient être reconnus officiellement. C’est le type de service que l’ONF International propose à ses clients. Vous savez pertinemment que les dés sont jetés : j’en veux pour preuve un amendement de dernière minute qui s’est glissé dans l’article 34 de la loi Grenelle I et qui propose de soutenir « la prise en compte de la réduction des émissions de gaz à effet de serre issues de la déforestation et de la dégradation forestière dans le marché international du carbone, en lien avec le système européen d’échange des quotas d’émissions de gaz à effet de serre ». Les masques tombent, ce texte propose d’ouvrir la possibilité aux entreprises d’acheter des crédits carbone « déforestation évitée » plutôt que d’avoir à réduire de façon drastique leur pollution (précisons que la décision se joue au niveau européen mais au moins la position de la France est claire). Alors, impossible la compensation forestière pour les entreprises européennes comme vous l’affirmez ? Rien n’est moins sur.
    Lien

    A propos de l’ONF International

    Je ne souhaite pas ici faire une critique exhaustive des projets de l’ONF International et des polémiques qui les accompagnent. J’ai déjà eu l’occasion de l’expliquer publiquement et ça ne srera pas la dernière fois. Lien

    Encore une fois, tentons de clarifier les choses. Je pense que l’ONF International est truffée de conflits d’intérêts.

    D’abord, parce que le petit jeu de chaises musicales entre l’ONF International et le gouvernement français brouille le rôle de chacun. On est un jour, technicien à l’ONFI et le lendemain chargé de mission au Quai d’Orsay. On est un jour, expert sur les puits de carbone forestier au sein de la délégation française de négociation sur le climat et aujourd’hui responsable à l’ONFI. Je ne cite pas de noms, par politesse : une simple recherche sur Internet permet de le vérifier. Cette entreprise conseille à la fois les politiques et gagne de l’argent en vendant des projets de compensation carbone à des entreprises ou à des collectivités.

    Alors, oui je pense que les analyses de l’ONFI peuvent être biaisées et je prendrais l’exemple de l’étude réalisée pour la République du Congo pour préparer le pays au mécanisme REDD : cette étude a été réalisée en quelques semaines. Un temps record ! Les ONGs locales se sont plaintes d’un manque de consultation et d’une trop grande précipitation. Cette étude est pointée du doigt comme l’un des pires exemples de ce qu’il ne faut pas faire. Lien ou ici Lien. Plus grave, l’exploitation industrielle des forêts n’est pas citée comme l’une des causes principales de dégradation des forêts alors que les concessions couvrent le pays. De qui se moque-t-on ? L’ONFI nous ressert la soupe de la coopération française : les responsables, ce sont les paysans, pas les bons exploitants européens qui pillent les forêts, mais « durablement ». Là encore, l’ONFI était-il la structure la mieux adaptée pour réaliser une étude indépendante, puisqu’elle travaille également avec ces entreprises en leur vendant des plans d’aménagement. On ne coupe pas le bras qui donne à manger. Lien
    Indépendance, vous avez dit ?

    Je ne critiquerais pas ici le WWF et Good Planet et leurs partenariats douteux avec des entreprises, dont certaines sont impliquées dans la déforestation (Carrefour, Crédit Agricole, BNP Paribas, Sodefor et autres exploitants forestiers qui font de la gestion « durable » dans les forêts primaires du Bassin du Congo...). Ce serait trop long et nous aurons l’occasion d’en reparler ultérieurement.

    Lutter vraiment contre la déforestation

    Je termine cette réponse en précisant, une nouvelle fois, mon propos puisque vous le déformez en laissant entendre que « planter des arbres et réduire la déforestation sont de fausses bonnes idées ».

    Oui, il faut planter des arbres. Je pense qu’il est d’ailleurs plus judicieux de parler de restauration des écosystèmes. Mais il ne faut pas que ce reboisement soit orienté par une logique unique de stockage de carbone. Le risque est alors de planter des arbres à croissance rapide (comme l’eucalyptus) plutôt que des essences locales et adaptées aux besoins des communautés.

    Oui, il faut lutter contre la déforestation mais en agissant sur les bons leviers. Il s’agit de s’attaquer aux causes réelles, notamment la surconsommation d’huile de palme, de soja, bois exotique ou encore de papier des pays riches (et des grands émergents qui copient le même modèle insoutenable), de renforcer les droits des communautés locales et des peuples autochtones sur leurs forêts. Voici, par exemple, une contribution récente que nous avons faite lors de la mission du député Jacques Le Guen sur la déforestation et qui résume bien nos propositions : Lien

    Les Amis de la Terre militent pour la création d’un fonds international de lutte contre la déforestation, alimenté par de l’argent public plutôt que par le marché du carbone. Car, l’origine des financements impacte directement la façon dont les programmes et les projets sont menés.

    Les Amis de la Terre France font partie d’un réseau international présent dans plus de 76 pays et travaillent avec de nombreux mouvements de paysans, de défense des droits des peuples autochtones ou de droits des femmes. A Cancun, comme à Copenhague, ce large mouvement citoyen a manifesté pour que les forêts restent en dehors du marché du carbone et pour que de vraies solutions à la crise climatique et à la déforestation soient apportées.

    Les voici, les voix du « terrain ». Les voix de celles et ceux qui voient leurs droits restreints sur leurs terres et leurs forêts pour compenser la pollution des pays riches. Le message est clair : « Les forêts doivent rester en dehors du marché du carbone ».

  • Cyril.
    Cyril.
    Coopération et Agroécologie
    • Posté à 00h10 le 21/12/2010
    • Internaute 79073
      Coopération et Agroécologie

    C’est une grande blague cet article de WWF et autres ONG :

    - Le reboisement, c’est un joli mot pour dire « monocultures de plantations d’arbres non-natifs », et cela favorise la déforestation des forêts primaires et l’acceptation que les monocultures sont positives. L’absence de distinction et de claireté de l’auteur de l’article montre sa méconnaissance grave du sujet.

    - Dire que c’est positif que les entreprises puissent « librement, volontairement » planter des arbres dans des pays du Tiers-Monde, c’est continuer à croire que l’Occident est le centre du monde, et que le reste des pays est supposé être notre jardin, où l’on va planter des arbres, une vision eurocentrée détestable qui me fait vomir.

    - REDD+ est un mécanisme clairement rejeté par la grande majorité des mouvements sociaux de tous les pays du « soit-disant Tiers-Monde », même si la majorité des Etats y est favorable. Dire que REDD+ est une partie de la solution, c’est rendre légitimes les futurs conflits entre les gouvernements de ces pays et les mouvements sociaux, paysans, indigènes, etc. qui refuseront son implantation dans leur pays.

    Je n’en dis pas plus...

    Cet article fumeux et honteux me fait définitivement penser que WWF n’est clairement pas partie de la solution mais bien du problème.

  • Laurent Pellegrin
    Laurent Pellegrin
    géologue flâneur
    • Posté à 10h09 le 21/12/2010
    • Internaute 56444
      géologue flâneur

    Mouhai... m’enfin toujours cette même histoire de « forêts ».
    Il n’y a pas de « forêts » en général sur ce genre de sujet. Cela n’existe pas.
    Il en existe divers types tous très différent et qui lorsque l’on parle en terme chimique de capture de carbone ou d’émission d’oxygène, n’ont rien à voir les uns avec les autres.

    Ils peuvent replanter ce qu’ils veulent ça en changera rien à part sur une échelle de temps trop importante.
    Ce sont les forêts primaires, les forêts ancestrales quasiment disparues de l’hemisphère nord aujourd’hui (par rapport à leur niveau dans le passé) qui seules peuvent espérer avoir un certain impact écologique sur l’atmosphère.

    Lorsque l’on s’adresse au public cette distinction n’est pas suffisamment faite et il deviens facile de vendre des idées débiles du genre je plante alors je peux polluer.

    Autre chose, une aspect dont on entend que trop peu parler, parce que pas suffisamment « parlant » pour ceux n’ayant pas suivi l’enseignement correspondant :
    La conservation du patrimoine génétique. C’est une chose fondamentale et ce fait est contre-intuitif.

    N’importe quel biologiste travaillant sur l’écologie générale pourra vous l’expliquer. Il est très important de conserver la diversité génétique de chaque espèce, cela signifie conserver le plus d’organisme vivant possible pour chaque espèce, végétale ou animale.

    Si l’on veut sauver telle ou telle espèce, empêcher les réduction de tel ou tel cheptel de créature, ce n’est pas pour raison affective (oh mon dieu il n’y en aura plus ! mes enfants ne les verront peut etre pas) ou par peur des extinctions en chaîne (encore que), mais simplement que l’espèce humaine a besoin d’un environnement complet pour rester sain sur le plan médical.
    L’appauvrissement génétique enraye directement les mécanismes d’évolution et de dispersion génétique en cours et les dévie vers des formes plus restreintes, bien moins capable d’adaptation
    C’est une façon de « polluer » le déroulement de l’évolution des espèces si vous préférez.

    Cela assure un avenir dans lequel l’humain ne pourra directement plus vivre. Ceci peut paraître bizarre à certain, cela semble aller contre notre bon sens commun (qui soit dit en passant ne fonctionne jamais), mais pour le fonctionnement normal d’un systeme nerveux humain au cours de sa vie il a besoin de vivre dans un environnement
    complet comprenant d’autres espèces en quantité.

    Parce que du fait que l’on change rapidement tout les « équilibres » écologiques existant, on soumet un grand nombre d’espèces à une certaines pressions évolutives particulières ... et derrière on leur enlève une quantité incroyable d’information génétique, celle qui leur est nécessaire pour se transformer, évoluer, c’est à dire survivre à plus long terme.