25/07/2010 à 21h28

A Fos-sur-Mer, « pourquoi tout le monde meurt d'un cancer ? »

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Comment vit-on dans « la zone la plus polluée de France » ? Mal. Des médecins dénoncent l'« omerta » sur la santé des habitants.

Infosignalée par
un internaute


Vue sur les usines de la zone industrielle de Fos (Daniel Moutet).

(De Fos-sur-Mer) Cette terre située entre Marseille et Camargue vit depuis quarante ans enserrée parmi les usines. Deux petites communes, Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône, comptant 25 000 habitants et 17 500 emplois, étouffent plus que les autres.

Pas moins de douze sites Seveso (présentant un risque d'explosion, d'émission de gaz toxiques ou d'incendie) et quelque 62 sites industriels sont recensés à proximité des habitations à l'ouest de l'étang de Berre. (Téléchargez la fiche territoriale de
Fos-sur-Mer)


Industries chimique, pétrochimique, métallurgique, gazière... émettent des polluants surveillés en permanence (NOx, ozone, CO2, dioxyde de soufre notamment) et d'autres mesurés occasionnellement (dioxines, benzène, métaux, hydrocarbures aromatiques, composés organiques volatils...). L'ensemble forme un cocktail aux impacts certains sur la santé des riverains, mais d'une gravité ignorée.

En l'absence de surveillance fine de ces populations, difficile d'accéder à une vérité chiffrée. L'Agence Régionale de Santé PACA reconnaît « manquer de données précises »... les associations en réclament pourtant depuis huit ans.

Ce n'est pas une terre d'écolos : là-bas on est bien content de trouver du travail dans l'industrie, et on ne devient anti-usines que quand leurs fumées deviennent trop gênantes.

Particularité locale, le maire et ses administrés n'ont aucun pouvoir sur le territoire de leur commune (50% de Port-Saint-Louis et 80% de Fos), les permis de construire industriels sont délivrés par le port de Marseille. C'est lui et donc l'Etat (son directeur est nommé par décret en conseil des ministres) qui sont souverains.

Il faut un terminal méthanier supplémentaire pour accueillir le gaz importé de l'autre coté de la Méditerranée ? On rase un bout de la dernière plage naturelle de Fos.

Marseille n'arrive pas à imposer un nouvel incinérateur dans ses frontières ? Sa communauté urbaine l'implante à Fos.

Tant pis si le maire de la ville concernée est contre... Sur ces terrains, le local ne fait pas le poids face à Marseille et son port.

Pas de débat public alors que le plafond est dépassé

Daniel Moutet est employé du port autonome et n'a eu l'idée de défendre son environnement que lorsqu'on a voulu toucher à « sa » plage.

Il préside aujourd'hui l'Association de défense et de protection du littoral du
golfe de Fos
et enrage de son impuissance à empêcher la mise en service de l'incinérateur début 2010, malgré huit ans d'opposition :

« On était peut-être 4 000 à se battre sur 92 000 habitants de la communauté de commune Ouest-Provence, le combat était inégal face à Gaudin. »


L'incinérateur de Fos-sur-Mer (Sophie Verney-Caillat/Rue89).

Il garde en travers de la gorge le « déni de démocratie » qu'a constitué l'absence de commission particulière du débat public sur ce projet d'incinérateur :

« Normalement, ces débats sont déclenchés automatiquement à partir de 300 millions d'euros d'investissement. Là, le projet initialement présenté se chiffrait à 290 millions ! Au final, l'incinérateur aura coûté plus de 500 millions... »

Véronique Granier-Dolot, riveraine de Rue89, salariée de la communauté de commune, m'a invitée à venir à Fos pour comprendre :

« Pourquoi tout le monde meurt d'un cancer ? Pourquoi tout le monde a de l'asthme ? Pourquoi tous les couples sont comme moi suivis pour des problèmes de fertilité ? »

« Véro » est un peu « marseillaise » dans son expression mais ses questions traversent nombre d'habitants. Comme Sandrine, secrétaire de l'association, dont la fille de 16 ans a de multiples malformations. Les médecins expliquent « en rigolant » que « ça doit être les restes de Tchernobyl » et lui conseillent d'envoyer sa fille prendre l'air ailleurs.


La zone industrielle de Fos (D. Moutet)

Pour comprendre, il faut des chiffres. Jacques Carle, bijoutier, que la multiplication des cancers chez des jeunes de son entourage a fini par affoler, a essayé de s'en procurer quand il a su que les poubelles de Marseille viendraient brûler dans son « paradis ». Il a créé un collectif Citoyen santé environnement de Port-Saint-Louis-du-Rhône et a réussi à se procurer des chiffres sur la mortalité par cancer à l'échelle des communes qui sont interdits d'utilisation faute d'accord de la Commission nationale informatique et liberté (Cnil), car le territoire est trop réduit.

En comparant ces chiffres à la moyenne départementale, il trouve une surmortalité de 11,4% des décès par tumeur, à Port-Saint-Louis-du-Rhône par rapport aux Bouches-du-Rhône, sur les années 2000-2002 et de 59,7% sur la période 2003-2005. L'Autorité Régionale de Santé (ARS) s'est penchée, à ma demande pressante sur ces chiffres, mais est restée très prudente : on ne peut pas « dire si ces évolutions sont statistiquement significatives ».

Le préfet : « Les ouvriers boivent et fument... »

Premier progrès à venir : l'ARS admet manquer de données précises et annonce la mise en place d'une « surveillance exhaustive de certains cancers peu fréquents, mais susceptibles d'être en lien avec l'environnement et les expositions industrielles, en particulier les hémopathies et les cancers des voies urinaires ».

Autre espoir, la comparaison des hospitalisations dans les communes du contour de l'étang de Berre et du golfe de Fos. Menée à la demande des associations, « ses résultats sont sans cesse reportés, les chiffres sont en train d'être pondérés », nous explique Jacques Carle.

Les riverains n'ont plus confiance dans la sincérité des autorités depuis que le préfet, en réunion publique en 2005 avait lancé : « Les ouvriers boivent et fument,
alors ce n'est pas étonnant qu'ils aient des cancers. »

Quand Jacques Carle interpelle l'administration sur les raisons des cancers, on lui répond que « toutes les usines sont aux normes ». (Voir la vidéo)


Des maladies dont les causes ne sont pas identifiables

Pour l'instant, impossible d'établir officiellement un lien entre la pollution et les cancers, et si un jour c'était le cas, qui paiera ? Comme le résume Véronique Granier-Dolot, avec lucidité :

« Si au moins on avait un problème comme l'amiante, ce serait simple : une cause, une pathologie, un responsable... Nous, comment prouver d'où viennent nos maux ? »

Pourtant, le docteur Vincent Besin, arrivé à Port-Saint-Louis avec son épouse, généraliste elle aussi, il y a huit ans, en provenance de Grenoble, constate que les gens sont « malades de la pollution ». Simple praticien sans engagement militant, il décrit ce qu'il a vu :

« La différence d'état sanitaire nous a sauté aux yeux. Ici, les patients ne connaissent que rarement la “paix naso-pharyngée” : on crache, on tousse, on se mouche toute l'année.

Nous avons aussi été frappés par le nombre de maladies auto-immunes, et des tableaux cliniques jamais clairs. Et puis le nombre de pathologies concentrées sur un seul individu. » (Voir la vidéo)


S'il sait que « la preuve scientifique [ndlr : du lien entre pollution et maladies], on ne l'aura jamais car il y a une multiplicité de facteurs », il qualifie la vie ici de « à haut risque » et hésite à en partir, notamment pour sa fille de huit ans.

Le Mistral, présent 150 jours par an, chasse-t-il le mauvais air ? Attention, prévient-il :

« Les gens pensent que ce vent fort est un permis à balancer des saloperies en l'air. Mais le reste de l'année, nous sommes dans un régime de brise, et les masses d'air tournent en rond autour de nous. C'est comme de fumer dans une pièce fermée. »

Cardiologue à Vitrolles et président de l'Association santé environnement France, le docteur Pierre Souvet réclame à cors et à cris des « registres cancer spatialisés » précis autour des zones concernées. En vain.

« On sait par exemple que les remboursements de médicaments pour des problèmes respiratoires et anti-allergiques sont supérieurs de 40% à la moyenne nationale, c'est un signe, non ? S'ils ne nous donnent pas ces registres, c'est bien qu'ils ont des choses à cacher. »

Lui n'hésite pas à affirmer que c'est « la zone la plus polluée de France devant le Grand-Quevilly près de Rouen ». A cette différence près qu'en Normandie, l'industrialisation ne connaît pas un renouveau, contrairement aux environs de Marseille, avec par exemple le projet Fos 2XL.

La qualité de l'air mauvaise près de la moitié de l'année

Pour savoir ce qu'il y a dans cet air, j'ai interrogé Airfobep, l'organisme qui surveille la qualité de l'air dans l'est des Bouches-du-Rhône. Son directeur, Jean-François Mauro, confirme que « les polluants que l'on mesure ont des impacts sur la santé », mais que ceux-ci, bien sûr, varient selon l'exposition des individus, leur âge, leurs prédispositions. Il précise ce qu'il mesure :

  • Les particules en suspension : on considère qu'il ne faut pas dépasser la valeur réglementaire plus de 35 jours/an, sinon l'impact sur la santé est avéré. « Port-Saint-Louis tutoie déjà ce chiffre depuis début de l'année, et va les dépasser. »
  • « C'est une des rares zones en France où on a encore des dépassements de seuil d'information pour le dioxyde de soufre. » Pour l'ozone, le seuil d'information des populations est régulièrement dépassé, comme dans tout le département.
  • L'indice de la qualité de l'air est « bon » ou « très bon » entre 49% et 60% du temps, ce qui veut dire qu'il est « médiocre » à « très mauvais » entre 40% et 51% du temps.

Le directeur d'Airfobep résume :

« La spécificité de ce territoire est de cumuler sur peu d'espace tous les polluants. Des effets de ces cocktails sur la santé on ne sait pas encore grand-chose. C'est trop récent. »


Plage de Fos-sur-Mer (Sophie Verney-Caillat/Rue89).

Mais les mesures ne disent pas tout : elles sont faites à un instant t et pas sur 24 heures. Des incidents peuvent survenir au sein des usines sans que les riverains en soient informés, regrette Véronique Granier Dolot :

« On photographie des panaches de fumée et aux réunions de concertation avec l'industriel, bizarrement il n'a pas relevé tous les incidents.

Quand les enfants sont confinés dans une pièce à cause d'une odeur bizarre dans les cours d'école, les pompiers viennent sur place, repartent, mais jamais l'industriel ne s'explique sur ce qui s'est passé. »

Un « Institut éco-citoyen pour la connaissance des pollutions » vient d'être créé par la communauté de communes Ouest-Provence. Son but ? « établir la paix par la science en connaissant précisément ces pollutions, dire ce qu'on sait et souligner tout ce qu'on ne sait pas », selon son directeur, Philippe Chamaret.

Notre riveraine Véronique Granier-Dolot en appelle au plus haut niveau de l'Etat :

« Sarkozy a dit en présentant son plan cancer qu'il voulait mieux connaître les risques environnementaux. Nous on est des cobayes depuis 40 ans, alors que les chercheurs viennent nous observer, on ne demande que ça ! »

Photos : vue sur les usines de la zone industrielle de Fos (Daniel Moutet), l'incinérateur de Fos-sur-Mer (Sophie Verney-Caillat/Rue89) ; plage de Fos-sur-Mer (Sophie Verney-Caillat/Rue89).

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  • mygalon
    mygalon
    mamiatempspartiel
    • Posté à 22h08 le 25/07/2010
    • Internaute
      mamiatempspartiel

    Hallucinant cette omerta sur la situation de Fos. Merci pour cet article qui je l'espère va être répercuté dans d'autres médias. On se croirait revenu au temps de Zola : « si les ouvriers sont malades c'est parce qu'ils boivent, qu'ils fument... » Ceci est d'un cynisme écoeurant. Décidément en France se sont les lobbies industriels, financiers qui nous dirigent, Sarko n'est que leur faire valoir.

  • femmedesbois
    femmedesbois
    dans sa forêt
    • Posté à 22h23 le 25/07/2010
    • Internaute
      dans sa forêt

    Bouleversée par cet article.
    En effet, j'ai vécu dans ce secteur étant enfant pendant 12 ans (de 1969 à 1981) à Martigues et Saint-Mître-les-Remparts (8 kms de Fos), j'ai un frère qui vit à Fos et une vieille amie de mes parents à St Mître. D'ailleurs, son mari est décédé en 2001 d'un cancer à 64 ans.

    J'habite maintenant entre Digne et Gap en montagne et franchement, lorsque je vais là-bas, c'est l'horreur, il y a une odeur épouvantable qui vous met tout de suite le grappin dessus et une fois, pendant l'été, j'ai eu mal à la gorge toute une aprés-midi comme si j'avais attrapé une angine mais tout avait disparu lorsque je suis rentrée chez moi..

    Pour parler franchement, lorsqu'on habite là-bas, on ne peut que devenir écolo sinon c'est qu'on a rien dans la tête : entre les industries, les lotissements sans âme à perte de vue, les incendies de pinède et de garrigue (comme celui de Sausset hier, c'est pas loin), des ordures jetées n'importe où dans la campagne (je l'ai encore vu il y a deux ans), c'est un véritable massacre, d'autant plus que les anciens affirment avec raison qu'à l'époque de leur enfance, c'était une région magnifique...

    en tout cas, je rêvais de montagne et je regardais souvent les premières hauteurs des préalpes (le Luberon en fait) que je pouvais voir de mon village... Rêve exaucé !

    Mes amitiés aux habitants de cette région...

    « c'est comme fumer dans une pièce fermée », qu'en pense les ayatollahs anti-clope ? Cela nous ramène à la tribune de Mouloud Akkouche ! !

  • tweesty
    • Posté à 23h19 le 25/07/2010

    Pour avoir passé quelques temps dans la région, je pense qu'il faudrait également mettre en lumière le fait que les sites fermés ne sont pas dépollués et sont accessibles à tous. On y trouve des vieux barils qu'il vaut mieux ne pas ouvrir parmi toutes sortes de produits plus ou moins dangereux. L'autorité qui gère le site (ce n'est pas la commune puisque les sites industriels sont administrés à distance par la mairie de Marseille et la préfecture) ne juge pas utile de nettoyer.
    On peut expliquer l'attitude dédaigneuse du Préfet par le fait que les populations de Fos et de Port St Louis sont essentiellement constituées d'ouvriers et de précaires et la communauté gitane y est assez importante.
    Tout ce petit monde est inconditionnel de la pêche et certains se nourrissent essentiellement du produit de celle-ci. Il faut bien comprendre que si l'air est pollué, la mer l'est également.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 23h32 le 25/07/2010
    • Internaute
      Chroniqueur Grolandais

    Tout en étant pro nucléaire, je suis depuis toujours pour les contre-pouvoirs. Dans ma région du Nord Cotentin pas moins de 3 INB (Installation Nucléaire de Base) sont en service.
    - La Hague centre de traitement des combustibles nucléaires
    - Flamanville , ses réacteurs en service et son EPR en construction
    - L'arsenal de Cherbourg est ses SNLE et SNA en construction
    La région fait régulièrement l'objet de démonstrations de force de la part du réseau Sortir du Nucléaire, ainsi que de Greenpeace, mais ces ONG servent d'aiguillon pour préserver la sécurité des citoyens et la sureté des installations.
    A partir d'affirmations d'un scientifique, le professeur J.F. VIEL des études épidémiologiques ont été menées en collaboration avec des ONG et notamment l'A.C.R.O.(Association pour le Contrôle de la Radioactivité de l'Ouest, laboratoire indépendant d'analyse de la radioactivité) qui ont conduit à la mise en place d'un registre des cancers, payé en parti par AREVA.
    J'attends avec impatience que la méthodologie soit appliquée dans le cas de Fos-sur mer, c'est à dire
    - Harcèlement d'organisations telles que Greenpeace ou de Robin des Bois
    - Dénonciation internationale de la situation sanitaire des populations locales de la part de la communauté médicale
    - mise en place d'une étude épidémiologique et d'un registre des affections morbides.
    Si cette méthodologie éprouvée n'était pas assurée, il serait facile de dire qu'il existe deux poids et deux mesures en France, que tous les citoyens ne sont pas protégés de la même manière ou qu'il existe des lobbys plus puissants que ceux du nucléaire.

  • Xa_chan
    Xa_chan répond à mygalon
    • Posté à 04h13 le 26/07/2010

    oui, en lisant cet article j'ai eu l'impression de relire « The Road to Wigan Pier » de George Orwell... Terrifiant, quand on sait à quelle époque il écrivait, et à quelle époque on est...

    Les « possédants » (terme à mieux définir, je le concède) auront réussi à plaquer un vernis « Web 2.0/écran plasma/ciné 3D/voitures hybrides/régimes divers et variés » sur la perpétuation de réalités du coeur de l'Âge Industriel... Chapeau !

    Maintenant qu'on l'a constaté, qu'est-ce qu'on fait ? On gueule et on retourne se carrer le postérieur devant TF1 ou Arte ? Ou alors on prend des mesures, radicales s'il le faut, pour changer le système en profondeur et définitivement ?

  • Athos10
    • Posté à 07h44 le 26/07/2010

    Bonjour à tous,

    Juste pour dire que nier la pollution sur cette zone est d'une bêtise sans nom. Juste pour dire que dire qu'elle n'a pas d'impact prouvé sur la santé et une vérité d'une mauvaise foi responsable et coupable.

    Je connaits très bien la zonne Fos/Istre/Berre pour y avoir habité, et pour y avoir eu de la famille. Certes nous avons 3 cancers dont 2 fatal cette année et effectivement il serait malhonnête de dire c'est à cause de X ou Y. Mais pour autan, qui peut croire à l'innocuité des substances rejettées ?

    Il se trouve que je suis plongeur. Je plonge (majoritairement en proche bande côtière) depuis prés de 20 ans sur une bande de Monptellier à Cavalaire (Var). L'étant de Berre n'a pas ou peu de vie depuis 20 ans. ET déjà, il y a 25 ans, lorsque le Mistral ne soufflait pas on portait tous à l'école avec la voiture recouverte de poussières jaunâtres.

    Fos possède un port de plaisance. Ce port est protégé d'une digue. Le long de cette digue, il y a encore 10 ans, on pouvait en heure ramasser 60Kg de moules de belle tailles en moins de 2 heures. Aujourd'hui il n'en est plus de même. La moule est un mollusque bi-valve qui est un filtre de la mer. Il est facile de mesurer le taux de polluant contenue dedans. Et ceux d'autan plus que la SPA ne dénonce pas trop la maltraitance faites aux moules marines.

    Dernière chose, tout le monde sait la-bas, que les contrôles de l'atmosphère, c'est la nuit qu'il faut les faire si on veux pécher du gros poisson...

    @++

    PS : A propos du PAM (Port Autonome de Marseille). S'il est exact de dire qu'il est gérer par l'état, il faut à mon sens emmètre une précision. La partie qui coute de l'argent, c'est à dire les infrastructures et leur maintien en condition opérationnel sont effectivement à la charge de l'état, région... Par contre les profits vont années après années au secteur privé. Nous avons ainsi à Marseille de magnifiques building ( Lien ). Même si ceux-ci ont beaucoup souffert de la crise.... Mais chut ! C'est la faute aux Dockers qui font trop grève...... Mais qu'on ce rassure avec Fos 2XL, y'aura plus de problème on mettre les équipes Privé/Public en concurrence sur le terrain...

    Athos10

  • newuser
    • Posté à 08h30 le 26/07/2010

    Et encore vous parlez de l'état de l'Etang de Berre.

    J'ai de la famille là-bas et c'est simple, on se baigne pas là-bas, on va pas à l'Etang et on mange rien de ce qui en sort... de tout façon c'est facile y'a plus rien dedans.

    L'eau y est bleu fluo et clairement elle fait peur.

    D'ailleurs comme ils savent pas d'où vient l'eau, tout est fait avec l'eau en bouteille.

    Enfin pour voir le côté débile, ils ont balancé des tonnes et des tonnes de limon venant d'eau de mer dans un lac d'eau douce... bravo les champions.

  • Milobrown1
    • Posté à 09h00 le 26/07/2010

    C'est scandaleux, le fait que chaque usine soit aux normes n'implique pas que l'accumulation des rejets soit acceptable. C'est le même raisonnement pour les ondes électromagnétiques : un téléphone, une borne wifi, ou une antenne relai peuvent être aux normes mais si vous êtes au milieu de 50 systèmes, l'accumulation risque de vous stimuler un peu trop les cellules jusqu'à vous donner un cancer...

    Quand on voit ces pauvres gens se battre face à des autorités dont la réponse officielle est qu'elles n'ont pas la preuve scientifique du danger, alors que leur vie est bousillée voire carrément abrégée, c'est vraiment ignoble. En toute logique ce serait aux promoteurs de cette situation d'apporter la preuve scientifique de son innocuité, et non aux gens qui en subissent les conséquences désastreuses.

    Apparemment il est aujourd'hui acquis que c'est au citoyen de montrer (mais avec quels moyens ? ) que les autorités font mal alors qu'elles devraient automatiquement donner, dans un effort de transparence comme on aime le dire, le bien-fondé des leurs décisions en incluant tous les critères quitte à avouer que certains (comme l'impact sanitaire dans le cas présent) n'ont pas fait l'objet d'études. Mais une certaine idée du citoyen et de la démocratie amène ces institutions à vouloir paraitre infaillible partout et tout le temps. C'est idiot car en reconnaissant ses erreurs de temps en temps (évidemment il ne faut pas qu'elle se plante tout le temps non plus) elle pourrait obtenir plus de confiance du citoyen moderne (et donc plus d'emprise) au lieu de le rendre tout le temps furax par des dénis de justice et de vérité pour lesquels on le sait bien, ayant nous-memes une certaine idée des institutions, la connerie faite perdurera enrobée de discours apaisants sans évoquer l'incompétence et la responsabilité de certains décideurs.

    Bref, on voit que les pouvoirs publics jouent définitivement trop avec le principe de précaution : ils l'exagèrent pour la grippe A et l'ignorent pour des affaires comme celle-ci, ou d'autres comme les infections nosocomiales en échographie vaginale que vous aviez révélée l'année dernière.

    C'est quand même grave, le pouvoir devrait imaginer une solution structurelle, une sorte de recours possible vers quelqu'un qui soit parfaitement indépendant et dispose d'un grand pouvoir... Ca existe : il y a le Médiateur de la République qui est une excellente chose, il faut juste espérer qu'en pratique notre Président souhaite lui donner vraiment beaucoup de pouvoir pour que le Médiateur se pense lui-meme au-dessus des ministères et des ministres. Le Président aurait d'ailleurs un super outil pour contrôler encore mieux son gouvernement. bref....

  • magneto13
    magneto13 répond à Pierrrrre
    • Posté à 09h57 le 26/07/2010

    Il y a des zones ou le cancer est plus élevé qu'ailleurs c'est vrai mais de là à tout attribuer à la pollution industrielle c'est quand meme osé.
    J'ai habité Fos de 1981 a 2007, je suis en très bonne santé à 40 ans, on verra plus tard.
    Quand jon vit dans la pollution urbaine de Marseille les jours d'absence de vent, je ne crois pas que Fos est pire qu'ailleurs, respirer les gaz d'échappements toute une vie en ville ou les vapeurs de pétrole et autres merdes à Fos c'est la même punition.
    Quand il y a le mistral a Fos on est relativement bien, quand il y a le vent d'ouest ça pue un max, Esso qui le jour ne fume pas et la nuit hypocritement recrachent un max par les grandes cheminées, personne ne dira rien. Les incinérateurs sont loin et pourtant autour les chasseurs chassent, tuent et mangent le gibier, pourquoi ils n'arretent pas pour protester ? Les pêcheurs des darses portuaires pêchent un poisson certainement pollué , personne dit rien ? Les moules de port saint louis sont vendus jusqu'en Espagne du coté de Salou (très loin pour pas qu'on comprenne leur origine ? ) et pourtant il y aurait tant a dire.
    Les populations de ces deux villes (Marseile et Fos) ont essentiellement des classes pauvres ou moyennes, ce QUI veut dire avant tout qu'elle se nourrissent très mal à cause de salaires indécents (nourriture discount), à cause aussi de parents indécents , quand les enfants pleurent pour manger frites, mac do et sucreries, jamais un légume frais, ou un fruit on peut se poser des questions sur la responsabilité des parents sur leurs santé future. (L'experience SUVIMAX bien que peu médiatisé a montré les effets comme l'expérience sur France 3 ou 3 témoins ont mangé, normal bio et dicount)
    Il posent les jalons d'un futur malade, ou d'un futur prédisposé à mourir d'un cancer.
    La plupart des fosséens ont travaillé et se sont enrichis grâce a ces industries, la plupart renient une fois à la retraite la main qui les ont nourris. C'est beau ! A Fos comme ailleurs que les gens regardent d'abord leur hygiène de vie, et qu'ils diminuent leurs facteurs de risques après ils pourront incriminer un facteur extérieur indépendant de leur volonté....

  • dad-ô-space
    • Posté à 11h15 le 26/07/2010

    Je me demandais quand ça allé sortir cette histoire...Savez-vous qu'il y a des fous qui vont se baigner à Fos, Carro ou autres plages moisies par les rejets toxiques ? Et ça avec leurs gamins ! ! Faut être totalement inconscient de sebaigner à moins de 500 mètres d'une usine EDF ! !
    L'éco-système de l'étang de Berre est littéralement dévasté, et en cela peu de gens s'en inquiètent...ça fait du boulot pour beaucoup de gens, dit-on...
    Je me rappelle les photos que mon père avait pris de l'Étang de Berre avant l'implantation des usines en question, c'était un coin magnifique, où les poissons n'avaient que deux yeux ! Mon padré était ingénieur de sécurité à la Sollac, pendant la construction de ces sites...au bout d'un certain temps, il s'est rendu compte, analyses à l'appui, que ces usines ne respectaient pas les normes de sécurité. Bien évidemment, son dossier compromettant a été mis au rebut...il démissionna (en étant incité...)quelque temps après.
    Je me souviens aussi d'un match de foot à Fos, où mon équipe avaient les yeux qui piquaient, et la gorge qui grattait tant les cuves gorgeaient de pétrole étaient à côté du terrain, et on se disait en arrivant là-bas que les gosses du club adverse aller avoir 4 jambes et trois bras (plutôt chiant pour jouer au foot...). On est parti à la fin sans prendre l'apéro, vite fait, on est remonté jusqu'aux Alpilles, du côté de Vernègues, pour respirer un air « pur » (les guillemets sont importants dans cette région...).
    Bref, la densité de population dans ce coin des Bouches du Rhône est proprement dit hallucinant vus les risques qu'ils encourent...

  • petiteve
    • Posté à 17h06 le 26/07/2010

    Un rapeur militant Duval Mc

    Le morceaux « Effet Domino » qu'on entend en partie dans le reportage est dédicacé à tous les gens du coin qui ont souffert du décès prématuré d'un proche, de maladies respiratoires ou de grossesses à problèmes...et au morts de l'explosion de La Mède en 96.

    Lien

    Lien

  • David Bouttin
    • Posté à 00h03 le 27/07/2010

    Si vous voulez un autre regard sur la zone de Fos-sur-Mer / Etang de Berre, regardez le film Une Seconde Nature de David Bouttin et Stéphane Lopez sur Lien

    Intervenants : Michel Puech (Philosophe) Jean-Louis Fabiani (Sociologue) Patrice Halimi (Médecin ASEF) Jacques Carles (Collectif Citoyen)...

    Synopsis du film Une Seconde Nature :

    Dans le Sud de la France, en Provence, au milieu des oliviers et du chant de cigales, la zone de Fos-sur-Mer et de l'Etang de Berre est considérée comme une des plus grandes zone industrielle d'Europe. Entre parcs naturels et sites Seveso, entre mer Méditerranée et pollution, ce territoire s'est façonné une double identité.

    Pourtant, ce paradoxe n'a rien de singulier, il est simplement à l'image de notre monde et de notre humanité. « L'Homme habite technologiquement la Nature et naturellement la technologie » met en évidence le philosophe Michel Puech. Et cette zone en est un exemple parfait.

    Car, au-delà de nous repousser, ce territoire nous questionne sur notre capacité à choisir entre la sauvegarde de la planète et notre confort quotidien.

    En regardant vivre ces populations au cœur même de notre paradoxe, et plutôt que de les critiquer, de les ignorer ou de les plaindre, on peut simplement se demander si nous sommes tous capables, aujourd'hui, de vivre au milieu de cette technique ? Les Hommes n'ont jamais vécu aussi confortablement et pourtant ils ont mauvaise conscience face à la technologie qui leur apporte ce confort. Il la rejette et il la nie.

    En s'intéressant à cette zone si paradoxale, de son état des lieux géographique et historique en passant par une analyse économique, sociale et sanitaire, ce film nous renvoie à notre évolution sur la planète.

    Seriez-vous prêts à abandonner votre voiture, votre chauffage, vos médicaments, votre réfrigérateur, pour sauver la planète ?

    Si vous deviez choisir entre votre confort et la survie de l'Homme sur la Terre, quelle serait votre décision ?

  • Seamasdubh
    • Posté à 08h59 le 27/07/2010

    Un article intéressant ! ! Dommage que ce soit gâché par des réflexions qui sentent bon le parisianisme de base, comme « “ Véro ” est un peu “ marseillaise ” dans son expression mais ses questions traversent nombre d'habitants ». En gros, elle est pittoresque, mais malgré son accent ridicule et sa tendance à l'exagération, elle ne raconte pas toujours n'importe quoi ?